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  • La ville de Sinaia

    La ville de Sinaia

    Destination convoitée à la fois par les amoureux des sports dhiver et daventures que par les touristes en quête de tranquillité, Sinaia se dévoile aux visiteurs sous lapparence dun véritable musée situé en pleine nature, selon Paul Popa, le responsable du Centre national pour la promotion du tourisme. Ecoutons-le : « Lessor de la ville a débuté au 19e siècle, au moment où le premier roi de lhistoire moderne de la Roumanie, le roi Carol 1er, avait jeté son dévolu sur lendroit pour y établir la résidence dété de la famille royale. Suite à cette décision, la ville de Sinaia a connu un développement fulgurant, se dotant dun véritable patrimoine architectural, dont nous en avons hérité. La ville a également abrité, à la Belle époque, le célèbre casino homonyme, et dont la renommée avait dépassé les frontières. Des navettes ferroviaires y amenaient, depuis Bucarest, les inconditionnels des jeux de hasard. De nos jours, le palais du Casino est devenu un Centre de conférences internationales, abritant également un musée, géré par la ville. Le musée dhistoire a, lui, élu domicile dans la plus ancienne demeure privée, le palais Stirbey. Il sévertue à dérouler devant les yeux ébahis du visiteur près de 4 siècles dhistoire, qui commence en 1640, à la naissance de Mihail Cantacuzène, celui qui fonda le monastère de Sinaia, après avoir été en pèlerinage en Terre sainte et au mont Sinaï. Dans lacte de fondation, il est écrit, je cite : « Nous avons érigé ce monastère en souvenir du grand Sinaï », fin de citation. »



    Un des monuments phares de la ville de Sinaia demeure sans nul doute le château Peleș, la résidence royale, fondée par le roi Carol 1er. Paul Popa : « Le roi avait dabord acquis de ses propres deniers un terrain, situé dans une région très pittoresque, la vallée de la Peles. Une petite rivière traverse, en effet, la zone, et cest elle qui donnera plus tard le nom au château, ainsi quau domaine royal. Le château, inspiré de la Renaissance allemande, sera érigé à partir de la fin du 19e siècle. De nos jours, il se trouve dans un excellent état de conservation, en dépit du climat de montagne, caractérisé par des hivers rudes et des étés humides. Comptant plus de 160 pièces, dont 70 sont accessibles au public, son histoire se confond avec lhistoire de la dynastie et avec celle de lEtat roumain. En été, la ville de Sinaia devenait la capitale informelle du royaume, car la famille royale au grand complet déménageait ici, et que cest ici même que les décisions dimportance étaient prises. Le château garda son statut de résidence royale pendant sous tous les quatre rois de notre dynastie, jusquà labdication, arrachée par les communistes, du roi Michel 1er, fin 1947. »



    Plusieurs remontées mécaniques, vouées à relier les sommets des monts Bucegi à la ville de Sinaia, ont vu le jour au fil des années. Ecoutons à cet égard Paul Popa, le responsable du Centre national pour la promotion du tourisme : « Grâce à ces remontées mécaniques, laccès aux sommets, depuis le centre-ville, est extrêmement aisé. Cela prend 25 minutes au grand maximum. Cest inhabituel. Mais Sinaia savère être aussi un véritable paradis pour les amoureux de randonnées. Deux chemins de randonnées, dûment marqués, et qui mènent aux lieux dits « Cota 1400 » et « Cota 2000 », selon leurs altitudes, partent depuis la gare de la ville. Un autre chemin mène au sommet du mont Furnica, la Fourmie, qui sélève à 2.200 mètres daltitude. De là, plusieurs sentiers vous portent les pas vers les célèbres mégalithes des monts Bucegi, nommés Babele, les Vieilles, et le Sphinx, ou encore vers la croix du Caraiman et le sommet Omu, le plus haut sommet des massifs qui nous entourent. De là, le randonneur peut encore descendre vers le lac Bolboci ou encore vers le lieu-dit Peștera, la Grotte, en traversant une région magnifique. Des trajets pour les VTT qui valent le détour ont aussi été aménagés dans les monts Baiu. »



    Sinaia demeure en outre une valeur sûre dans le paysage des stations de montagne reconnues pour leur joie de vivre, tellement caractéristique en période des fêtes dhiver. Des maisons dhôtes et des auberges coquettes, convoitées notamment par les familles avec enfants, se disputent la vedette avec les hôtels classiques, dont certains sont de vrais palaces, érigés à la Belle époque. Puis, dès larrivée des premiers flocons de neige, Sinaia se drape tout dun coup de son manteau blanc, pour devenir le paradis des sports dhiver. (Trad. Ionut Jugureanu)

  • Le pont Carol 1er de Cernavodă

    Le pont Carol 1er de Cernavodă

    Les chemins de fer ont contribué pour beaucoup à l’unité et à la cohésion du Royaume de Roumanie, dans la période comprise entre 1859 et 1878. L’Etat roumain et ses institutions sont nés sous le règne du prince Alexandru Ioan Cuza (1859 –1866). L’union proprement-dite des Principautés roumaines allait être accomplie dans la période comprise entre 1866 et 1877-1878. Une fois que la Roumanie a gagné son indépendance et la reconnaissance à l’échelle internationale, les voies ferrées ont rendu plus accessible l’accès aux quatre coins du pays et facilité la mobilité économique et sociale des citoyens. En 1869, on inaugurait le tronçon ferroviaire Bucarest-Giurgiu. Après 1870, la ville de Iasi, ancienne capitale de la province de Moldavie, était déjà reliée à Bucarest, la nouvelle capitale des deux Principautés unies. C’est à ce moment que s’évanouit l’esprit séparatiste de certains milieux moldaves, esprit qui avait persisté un certain temps même après l’union de 1859.



    En 1878, aux termes du Traité de paix de Berlin, la Roumanie recevait la province de Dobroudja en guise de dédommagement pour actes de guerre. Pour intégrer la nouvelle province au territoire de la Roumanie, ont fit appel à la même solution, à savoir la construction de chemins de fer. Un pont géant, le plus spectaculaire d’Europe, à l’époque, allait enjamber le Danube, permettant aux voies ferrées d’atteindre la côte roumaine de la Mer noire. Cet exploit n’avait pas été possible auparavant, même si en 1879 on avait dressé un pont au-dessus du chemin de fer reliant Bucarest aux stations de montagne de Sinaia et Braşov. L’idée de jeter un pont sur le Danube, entre les localités de Călăraşi et Silistra, se profilait aux alentours de 1878, lors des négociations sur la future frontière méridionale de la Roumanie. Impossible, pourtant, de la mettre en œuvre, car il aurait fallu que cette frontière s’étende du sud de Silistra jusqu’à la Mer noire, au sud de Mangalia.



    Le pont sur le Danube allait être dressé sur l’initiative du souverain de Roumanie, Carol 1er, mort le 27 septembre 1914. Les travaux de construction de la voie ferrée entre Bucarest et Cernavodă commencèrent en 1890, en présence du roi. Ce tronçon devait faire la jonction avec les chemins de fer construits en 1860 par l’administration ottomane de Dobroudja.



    L’ingénieur roumain Anghel Saligny était responsable de projet. La superstructure métallique du pont aurait dû être l’œuvre du célèbre Gustave Eiffel, mais les négociations ayant échoué, le pont fut finalement exécuté par la Compagnie des Chemins de Fer Roumains. Cette construction impressionnante a une ouverture centrale de plus de 190 mètres et 4 autres mesurant 140 mètres chacune. Entendons par ouverture la distance ente deux culées, c’est-à-dire entre deux appuis. Il y a aussi un viaduc avec 15 ouvertures ont 60 mètres. Le pont s’élève à 30 mètres au – dessus des eaux fluviales, une hauteur qui rend possible la navigation des navires équipés des plus hauts mâts. Le pont qui traverse le bras Borcea comporte ouvertures de 140 m chacune, un viaduc avec 11 ouvertures de 50 m. Sur l’Ile de Borcea on réalisa un autre viaduc avec 34 ouvertures de 42 m. Les rampes d’accès comprises, les 4087,95 m de constructions formaient le plus long ensemble de ponts de Roumanie et le troisième au monde du point de vue de la longueur. Le pont de Cernavoda, qui, à l’époque, présentait la plus grande ouverture en Europe, pesait au total 16.500 tonnes. La construction de tout cet ensemble de ponts et des gares a coûté l’équivalent en poids or de 35 millions de lei. En 1895, lors de l’inauguration du pont, on procéda à des tests d’endurance. Il fut donc traversé par 80 locomotives circulant à une vitesse de 80 kilomètres/heure.



    Parmi les points d’attraction de cette impressionnante charpente métallique, il convient de mentionner les statues en bronze du sculpteur français Léon Pilet (1836-1916) représentant des « dorobanti», nom sous lequel étaient connus à l’époque les fantassins de l’armée roumaine. Elles gardent les extrémités du pont et rendent hommage aux soldats tombés au champ d’honneur pendant la guerre d’indépendance de 1876-1878. Les deux oeuvres sculpturales constituent un don fait au peuple roumain par l’Ambassade de France à Bucarest.



    Durant les deux conflagrations mondiales, le pont de Cernavoda a été avarié, sans pour autant être anéanti, excepté la voie de chemin de fer qui traverse le bras Borcea.



    Baptisé d’après le nom du souverain de Roumanie, Carol 1er, le pont de Cernavodă allait être redénommé Anghel Saligny”, dans les années du communisme”. En 1987, fut inauguré un deuxième pont, situé à 80 km plus loin du premier. Fermée depuis cette même année, la majestueuse construction métallique de Cernavoda a été déclarée monument historique. (Trad. Mariana Tudose)