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  • Le cas Kövesi : la décision de la Cour européenne des droits de l’homme

    Le cas Kövesi : la décision de la Cour européenne des droits de l’homme


    La Roumaine Laura Codruţa Kövesi a gagné le procès contre
    l’Etat roumain à la Cour européenne des droits de l’homme, concernant sa
    révocation de la fonction de cheffe de la Direction nationale anticorruption. Selon la CEDH, en
    la révoquant avant la fin de son mandat, la Roumanie avait violé les droits de
    l’ancienne procureure en chef. Plus encore, sa destitution a été abusive,
    alors que Mme Kövesi n’a pas eu la possibilité de la contester. Laura
    Codruţa Kövesi a dénoncé à Strasbourg sa destitution par décret présidentiel, suite
    à une décision de la Cour constitutionnelle de Roumanie, précisant que deux de
    ses droits fondamentaux avaient été ainsi transgressés. Il s’agit du droit à un
    procès équitable, vu qu’elle n’a pas eu d’accès à un tribunal pour se défendre,
    et du droit à la liberté d’expression, puisque son limogeage avait eu lieu sur
    la base d’une évaluation du ministre de la Justice de l’époque, Tudorel Toader,
    réalisée après que Mme Kövesi avait exprimé son opinion sur plusieurs réformes
    législatives visant le système judiciaire roumain.






    A l’heure où l’on parle, Laura Codruța Kövesi estime que la
    décision de la Cour européenne des droits de l’homme ne doit pas rester sans conséquences
    et que la Cour constitutionnelle de Roumanie (CCR) devrait se prononcer « sur des principes » et non pas à
    l’égard « des personnes ». Cette décision est « une victoire de tous
    ceux qui ont soutenu la justice ces dernières années », estime Mme Kövesi,
    actuellement
    à la tête du Parquet européen.






    A
    son tour, le chef de l’Etat roumain a déclaré que la décision de la Cour européenne
    des droits de l’homme était « sans précédent » et que la Cour
    constitutionnelle de Roumanie était donc obligée de réviser « sans plus
    tarder » aussi bien la décision concernant la révocation de l’ancienne
    cheffe de la DNA, que toute autre décision «concernant de simples déclarations,
    fussent-elles nature politique». « La crédibilité de la Cour
    Constitutionnelle, de toute façon compromise par certaines décisions
    controversées prises ces dernières années, est désormais fortement ternie », a
    martelé le chef de l’Etat roumain, Klaus Iohannis.






    Par
    contre, le président de la CCR, Valer Dorneanu, affirme que ceux qui souhaitent
    analyser de « manière objective et sans parti pris » cette décision
    de la CEDH constateront « qu’elle ne comporte aucune critique à l’adresse
    de la CCR ».






    Pour
    le président du Parti National Libéral et premier ministre, Ludovic Orban, la CCR est compromise suite
    à cette décision de la CEDH. Il insiste donc sur la nécessité de réexaminer la
    manière dont la Cour est formée et son fonctionnement.






    Depuis
    l’opposition, le porte-parole du Parti Social Démocrate, Lucian
    Romaşcanu, déclare que la décision concernant Mme Kövesi sanctionne une
    procédure liée aux droits et aux libertés et que le PSD n’en est surtout pas
    responsable.






    Les réactions internationales n’ont pas tardé non plus.
    Le New York Times écrit par exemple que l’actuelle procureure en chef antifraude de
    l’UE « a été injustement révoquée » de son ancien poste. « Sa
    révocation fut l’apogée des manœuvres du gouvernement social-démocrate de
    l’époque pour changer la législation judiciaire et remplacer les procureurs en
    chef, ce qui a entraîné des protestations de rue massives et a alarmé la
    Commission européenne », ajoute le quotidien américain. En même temps, comme le
    souligne la publication londonienne Emerging Europe, « la victoire à la
    CEDH de l’héroïne anticorruption place la CCR sous des projecteurs
    non-désirables ». D’ailleurs, la même publication désignait récemment Laura
    Codruța Kovesi « personnalité de l’année 2020 ». Vu que l’ancienne cheffe
    de la DNA n’a pas demandé des dommages-intérêts, « le verdict de la CEDH
    coûtera sans doute cher la CCR, dont l’indépendance et la crédibilité sont
    mises visiblement en question », conclut la publication britannique Emerging
    Europe.



  • 22.01.2015 (mise à jour)

    22.01.2015 (mise à jour)

    Enquête — Toni Grebla, un des neuf juges de la Cour Constitutionnelle de Roumanie, fait l’objet de poursuites pénales dans un dossier où il est accusé de trafic d’influence et de constitution d’une association de malfaiteurs. Selon des sources judiciaires, il est soupçonné de prise illégale d’intérêts de la part d’un homme d’affaires, entre les années 2010 et 2015. En échange, Toni Grebla aurait promis d’user de son influence pour que plusieurs hauts dignitaires publics favorisent les sociétés contrôlées par l’homme d’affaires en question. Par ailleurs, la Haute Cour de Cassation et de Justice a admis la demande de la Direction nationale anti-corruption de placer en détention provisoire pour 30 jours un ex-ministre de l’Intérieur, le libéral Cristian David, accusé de corruption. Il aurait reçu en 2007 et 2008, 500 mille euros de pots-de-vin, pour intervenir auprès d’un président de conseil départemental récemment retenu, lui aussi, dans un autre dossier pour avoir émis un titre de propriété pour un terrain de 15 hectares. Jeudi encore, les procureurs anti-corruption ont déféré à la justice l’ancien député social-démocrate Viorel Hrebenciuc, son fils, Andrei Hrebenciuc, le député du Parti Social Démocrate, Ioan Adam, l’ex ministre de la Justice, Tudor Chiuariu ainsi que et 13 autres personnes accusés de création d’une association de malfaiteurs. Celle-ci aurait permis la rétrocession illégale de plus de 43 mille ha de forêts dans le département de Bacau, au terme d’une décision illégale et avec l’implication de plusieurs parlementaires. Le préjudice causé à l’Etat dépasse les 300 millions d’euros.



    Cybersécurité — Le président de la Cour Constitutionnelle de Roumanie, Augustin Zegrean, a dénoncé jeudi la pression exercée par certains responsables politiques et institutions de l’Etat au sujet de la lois sur la cybersécurité que la Cour a jugée de non constitutionnelle. Selon la Cour, qui avait été saisie par un groupe de parlementaires libéraux, d’opposition, cette troisième loi du paquet appelé « Big Brother » contrevient au libre accès à la justice, au droit à un procès équitable, au droit à la vie privée et au secret de la correspondance. La loi de la sécurité informatique, proposée par le gouvernement, a été adoptée par le Sénat, en décembre dernier, après l’approbation tacite de la Chambre des députés.