Tag: Google Roumanie

  • La charrette « view » nous emmène dans le Delta

    La charrette « view » nous emmène dans le Delta

    Un explorateur virtuel peut admirer les pélicans qui prennent leur envol sur Trofilca, un petit canal du delta qui sillonne à travers une forêt inondée, des lacs et des marais. Le même explorateur peut ensuite se promener sur le canal de Șontea, bordé de vigne sauvage ou sous les branches des saules ployant sur le canal Rădăcinos et créant un tunnel de végétation spectaculaire. Il lui suffit ensuite d’un click pour changer de paysage et admirer un lac couvert de nénuphars, des rochers, des aigrettes et des pélicans. S’il est passionné d’oiseaux, il peut voir les cormorans se nourrir sur le lac Puiu ou peut faire un saut pour voir la Lagune Sacalin. En terre ferme, il peut explorer l’architecture traditionnelle de Letea, spécifique du delta, ou emprunter les ruelles du village Mila 23. Il peut, enfin, se reposer sur la plage sauvage de Sfântu Gheorghe ou admirer le panorama qui s’ouvre du haut de l’ancien phare de Sulina. Et tout cela, parce que, depuis une semaine, le delta du Danube est disponible sur Street View.

    Pourtant, lorsque Street View a permis la navigation virtuelle le long du Danube, depuis Bratislava jusqu’à Cernavodă, cette aventure semblait s’être bloquée en 2012 pour Google Roumanie. L’année dernière, enfin, on trouva une modalité d’explorer le delta. Gabriela Chiorean, responsable communication chez Google Roumanie, raconte : « Là où nous n’avons pas pu aller à pied, les vues ont été prises depuis une charrette tirée par des chevaux. Le « trekker » a été utilisé jusqu’ici de différentes manières, étant même placé à dos de chameau, mais c’est pour la première fois qu’il a été installé sur une charrette. Nous avons couvert 1500 km, soit le long des canaux, soit sur les chemins du Delta. Le «trekker » pèse 20 kilos et compte 15 caméras orientées dans toutes les directions, pour que l’on puisse prendre des vues à 360°. Les images sont prises toutes les 2 secondes et demie. »

    WWF Roumanie, soit le Fonds Mondial pour la Nature, a été partenaire du projet. Comment est-il arrivé à collaborer avec Google ? Camelia Ionescu, responsable de projets du Fonds Mondial pour la Nature : « Nous sommes une organisation qui milite pour la protection de la nature. Or, le delta du Danube compte une trentaine d’écosystèmes, plus de 10.000 espèces dont un grand nombre sont protégées. Le delta du Danube comporte la plus vaste zone compacte de jonchaies de la planète. Il est habité et les gens qui y vivent ont leur propre culture, unique. Ils ont utilisé les ressources naturelles du delta : ils ont décoré leurs maisons de poissons, ils ont fait des toitures en jonc. Le delta a aussi une valeur économique et il est également une importante destination touristique : les gens viennent le voir, pêcher, goûter la soupe authentique de poissons que l’on y prépare. Dès l’année dernière, quand nous avons entamé le dialogue avec Google, nous nous sommes rendu compte que cette technologie extraordinaire permettait à toute personne de n’importe quel coin de la planète qui dispose d’une connexion Internet de « visiter » le delta. Le delta trouvera ainsi beaucoup plus facilement son chemin vers les cœurs des gens. Et de là, jusqu’à le priser et le protéger, il n’y a qu’un pas. »

    Cristian Mititelu Răileanu qui a charrié le trekker à travers le delta – et à qui nous devons donc ces vues – nous raconte son expérience: « Si, en additionnant les longueurs de tous les canaux et de tout ce qui est en bleu sur Street View, on a l’impression qu’elles ne totalisent pas 1.500 kilomètres, je vous dirai que j’ai parcouru même davantage, car certains trajets, je les ai refaits deux ou trois fois, pour couvrir certaines zones. Le sac à dos trekker est un équipement mobile, une caméra portable, prévue d’un support adapté au véhicule censé le transporter. Nous avons dû utiliser un canot. J’ai dû bricoler un support en bois et bien fixer le trekker, car le mouvement de déplacement du canot est différent de celui d’une voiture qui roule. Pourtant, finalement tout a bien marché, les images ont été excellentes et les couleurs magnifiques. Je peux dire que tout est comme je l’avis souhaité. Les plus beaux moments, c’étaient ceux où j’entrais sur un canal et, en prenant un tournant, je voyais un très grand nombre de pélicans ou de cormorans ; et je pensais que ces images allaient se trouver sur Google. Certaines images, le delta ne les offre pas tout le temps. On peut longer un canal et n’apercevoir aucun pélican, mais on peut aussi avoir de très grandes surprises, découvrir des centaines de pélicans sur un lac ou sur un canal. Alors je me demandais comment ça se verrait sur Street View. »

    Pour nous rendre compte de l’utilité de ce projet, imaginons ce scénario proposé par Elisabeta Moraru, de Google Roumanie : « 8 h 15, un matin d’octobre, dans une école de Vişeul de Sus, dans l’extrême nord de la Roumanie. Les enfants sont assis à leurs places respectives. Le professeur entre et dit : sortez vos portables, aujourd’hui ce sera une leçon sur le Delta du Danube. » Chouette, non ? ( Trad. : Dominique)

  • Internet et les Roumains

    Internet et les Roumains

    Les Roumains sont les utilisateurs dInternet les plus mobiles de lEurope Centrale et de lEst. Pour la plupart dentre eux, la journée commence en-ligne et ils sont très ouverts aux nouvelles technologies. A la demande de Google, létude “Internet dans la vie de tous les jours” a été effectuée dans 5 pays : la Roumanie, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne. Selon lenquête, un tiers des Roumains ayant une connexion Internet surfent sur la toile dès quils se réveillent.



    Doina Costache, manager de Google Roumanie, passe en revue les principales conclusions de létude: “Les Roumains aiment Internet et la technologie, ils aiment socialiser en ligne – ce sont les principales constatations de lenquête. Certes, on distingue des différences de comportement entre les sexes: il est très intéressant de voir que les femmes préfèrent les réseaux sociaux à tout autre outil qui pourrait leur sauver la vie. Et pour cause: à la question de savoir ce quelles amèneraient sur une île déserte, les femmes ont répondu quelles prendraient un dispositif doté dune connexion Internet, alors que les hommes, plus pragmatiques, ont déclaré prendre, en première option, un couteau, avant ledit dispositif.”



    Comment sexplique cette passion pour la toile? Selon Doina Costache, la raison est à retrouver dans notre esprit latin. “Nous sommes le seul peuple latin des 5 pays participants à létude. A mon avis ce qui nous différencie des autres cest justement ce désir de socialiser, dêtre constamment présents au milieu dune foule, soit-elle virtuelle ou réelle. Nous aimons échanger, car nous sommes accueillants — qu’il s’agisse de notre propre maison, d’un espace public ou d’Internet. La très bonne infrastructure Internet qui existe dans le pays, nous aide beaucoup en ce sens. Les cafés, les hôtels, même les parcs de Bucarest sont connectés à Internet. Cest ce qui nous distingue des autres peuples de la région et nous aide à rester tout le temps en ligne”.



    Plus concrètement, que font-ils les Roumains lorsqu’ils sont en ligne? Ils regardent des films, cherchent des adresses, des recettes de cuisine et même des prospectus de médicaments. Les sites de divertissement (musique, comédies) sont les plus recherchés. Plus dun tiers des usagers roumains se servent de You Tube pour décider du film quils vont regarder, 11% sintéressent aux vidéos de gastronomie et 8% à ceux qui ont trait à la beauté. Un sur 5 hommes roumains met en ligne des vidéos sur You Tube, la plupart étant des moments comiques ou inédits de la vie personnelle.



    De même, pour la majorité des utilisateurs roumains dInternet les vacances et les voyages commencent en ligne. Plus exactement, 86% des participants au sondage consultent les cartes en ligne. Les hommes savèrent les utilisateurs les plus fervents de dispositifs portables: un sur deux utilise les cartes de smart-phones et les tablettes pour calculer les distances entre les destinations choisies et se sert de lapplication Google Maps pour éviter les embouteillages. De même, un sur deux Roumains “se promène” sur Street View, pour revoir des endroits lointains qui lui tiennent à cœur, pour sorienter sur un nouveau trajet ou pour des fins immobilières.



    Toutes ces habitudes sont très faciles à expliquer, affirme Doina Costache: “Je crois que nous avons brûlé quelques étapes. A mon avis, les changements que nous avons vécus après la chute du communisme et depuis lintégration européenne, nous ont aidés à aller plus vite que prévu. Au lieu dutiliser une infrastructure sur câble, qui existe toujours à lOccident et même aux Etats-Unis, la Roumanie a opté d’emblée pour les connexions par fibre de verre et wi-fi. Pratiquement, nous avons été obligés de faire ce saut technologique; sinon, nous aurions mis beaucoup plus de temps pour arriver là où nous en sommes aujourdhui. Tous ces changements nous ont aidés à être beaucoup plus progressistes que nos voisins”.



    La toile est le seul moyen de communication qui se développe dune année à lautre – cest là un autre élément qui distingue la Roumanie des pays voisins. Mais il y a aussi des aspects que les Roumains regardent dun oeil plutôt sceptique, tels les sites de rencontre ou les paiements en ligne. Doina Costache: “Les Roumains sont plutôt réticents à payer en ligne et il faudrait les éduquer davantage en ce sens; cela aiderait sans doute lensemble de léconomie dInternet. En Grande Bretagne et aux Etats-Unis par exemple, léconomie dInternet est considérée comme une source distincte du PIB. En Roumanie et dans toute la région, cette source de revenu est encore très peu développée. Et il faut éduquer la population, en familiarisant les gens avec les services bancaires électronique (e-banking), en leur expliquant les manières de développer des affaires en ligne. Ce sera bénéfique pour tous”.



    Les téléphones intelligents et les tablettes sont de plus en plus présents dans notre quotidien. Il y a des applications pour toute sortes dactivités: achats, recettes gastronomiques, emploi du temps, journal du bébé, horaires des cinémas, réservations de billets en tout genre… il suffit de toucher lécran pour y avoir accès. Quest-ce qui nous attend de plus à lavenir? Doina Costache: “Personnellement, jaimerais que la technologie soit davantage mise au service de la santé. Lénergie verte est un autre secteur que je voudrais voir décoller plus vite. Jaimerais voir toujours plus de technologie verte: automobiles électriques, initiatives censées diminuer la pollution de la planète et le réchauffement climatique. A mon avis, ce sont ces deux aspects quil faudrait inscrire au plus vite à lagenda des compagnies des technologies de l’information, de sorte que tout le monde en tire profit”.



    Selon Doina Costache, la technologie nest pas intrusive. Bien au contraire: elle est vraiment utile et complémentaire de la socialisation dans la vie réelle. Certes, elle est à utiliser avec modération. (Trad. : Valentina Beleavski)