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  • Une longue série d’échecs pour la police roumaine

    Une longue série d’échecs pour la police roumaine

    Ceux qu’une partie de la presse roumaine appellent « les
    hommes de la loi » sont depuis quelques jours le sujet de critiques acerbes
    dans l’espace public pour violations grossières de la loi. Le ministre de l’Intérieur,
    Lucian Bode, vient d’annoncer le limogeage de toute la direction de l’Inspection
    départementale de la Police de Bacau et de la ville d’Onesti, après un double
    homicide perpétré dans cette ville de l’est du pays. M Bode a également saisi
    le Parquet pour négligence professionnelle. En effet, plusieurs officiers de
    police sont accusés d’avoir ignoré la gravité d’un incident sérieux, de ne pas
    avoir mis à profit toutes les informations disponibles et de ne pas avoir informé
    complètement et correctement l’échelon supérieur.

    Lundi, deux ouvriers qui
    rénovaient un appartement de la ville d’Onesti ont été poignardés à mort. Le
    double homicide a été commis par l’ex-propriétaire l’appartement, un septuagénaire
    furieux d’avoir été évacué de l’immeuble il y a plusieurs années. C’est
    pourquoi, aidé par son épouse, il a pris en otage les deux travailleurs, les menottant
    avec des colliers de serrage en plastique. Après l’échec des négociations avec
    les forces de l’ordre, les policiers sont finalement entrés dans l’appartement et
    ont ouvert le feu lorsque l’assaillant avait déjà commencé à poignarder ses victimes.
    Blessé aux jambes par des balles en caoutchouc, l’agresseur est actuellement
    hospitalisé.

    Le ministère de l’Intérieur promet un rapport complet sur cet
    incident, dont le dénouement sanglant serait une conséquence du manque de
    professionnalisme des forces de l’ordre. L’enquête a révélé aussi le fait qu’une
    des victimes avait même été touchée par les balles en caoutchouc tirées par les
    policiers, fait confirmé aussi par le ministre de tutelle, Lucian Bode :« Il y a des traces de munitions non létales
    sur le corps de l’une des victimes. Il se peut qu’elle ait été touchée par les
    tirs des policiers durant l’intervention des troupes spéciales. Une enquête
    pénale est en cours, deux cartouches ont été tirées, chacune composée de 15
    billes en caoutchouc. L’enquête illustrera exactement la position des tireurs,
    la position de l’assassin et des victimes »
    , a déclaré le ministre roumain
    de l’Intérieur.


    Entre temps, à Bucarest, le Tribunal de grande
    instance a décidé de placer en détention provisoire trois agents de la police
    nationale et a institué le contrôle judiciaire à l’égard de trois autres. Ils
    font partie d’un groupe de policiers accusés d’avoir battu, torturé et
    abandonné deux jeunes sur un terrain vague. Ils avaient reproché aux agents le
    non-port du masque et avoir émis des PVs sans aucune raison, ce qui a provoqué l’irritation
    des policiers. Cet incident n’est pas le seul d’une longue série d’abus
    perpétrés après la mise en place, il y a une année, de l’état d’urgence, suivi
    depuis le mois de mai par l’état d’alerte en raison de l’épidémie de Covid-19. Dès
    lors, les forces policières ont reçu de plus en plus de prérogatives.




    La situation est d’autant plus inquiétante dans le
    cas des différentes forces de police municipale, organisées et financées par
    les Conseils municipaux. La réforme d’il y a 15 ans s’est avérée un échec
    retentissant et nombre de maires élus l’année dernière promettent de démanteler
    ces structures coûteuses et inefficaces. Les anciens gardiens publics en charge
    de la sécurité et de l’ordre sur les marchés et dans les parcs ou au voisinage
    des écoles ont été transformés en policiers communautaires, dont la
    rémunération est parfois supérieure à celle des policiers nationaux, ils ont
    été munis de voitures flambant neuves, d’armes à feu et de menottes, ayant obtenu
    aussi le droit d’infliger des amendes et d’opérer des arrestations.

    La différence,
    c’est que si les policiers nationaux rémunérés par le ministère de l’Intérieur
    suivent plusieurs années de formation dans des écoles spécialisées, dans le cas
    des agents de la police municipale, les critères de recrutement sont beaucoup plus
    malléables. Malheureusement, même les années supplémentaires de formation ne
    garantissent pas la compétence et le professionnalisme des hommes de la loi.