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  • UNESCO-Kulturerbe in Rumänien in einem Buch vorgestellt

    UNESCO-Kulturerbe in Rumänien in einem Buch vorgestellt

    Der Orden der Architekten hat im Café Seneca AntiCafé“ in Bukarest den Band Das UNESCO-Patrimonium in Rumänien für alle verständlich erklärt“ präsentiert. Finanziert wurde der Band vom Zentrum für die Erhaltung und Förderung der traditionellen Kultur. Der Band entstand infolge der Zusammenarbeit mehrerer Experten aus Rumänien und der Moldaurepublik und zeichnet sich durch seine zugängliche, leicht verständliche Sprache aus. Die Ethnologin Ioana Popescu kommt zu Wort mit Einzelheiten:



    Ich habe versucht, diesen Band über das Kulturerbe mit den Augen des gewöhnlichen, durchschnittlichen Lesers zu lesen. Deshalb kann ich jetzt im Namen der Leser sprechen. Ich finde, der Titel ist sehr passend und der Band kommt sehr gut dieser Anforderung nach, alle Leser zu erreichen, egal ob jung oder alt, Fachleute oder Laien, die ein reelles Interesse für das Kulturerbe zeigen.“




    Der Band beruht auf einem Konzept der Kunsthistorikerin Adriana Scripcariu, Koautoren sind der Ethnologe Silvestru Petac vom Ethnographischen Museum Siebenbürgens in Cluj (Klausenburg) und Ana Iuga vom Bukarester Museum des rumänischen Bauern. Die Autoren haben das Phänomen der Entstehung eines kulturellen Erbes aus einer neuen Perspektive betrachtet. Ioana Popescu kommt erneut zu Wort mit Einzelheiten:



    Die Menschen sprechen immer öfter über das Kulturerbe, im Radio, im Fernsehen, auf Facebook, sie sprechen über die Erforschung des Kulturerbes, sei es für museologische Zwecke, sei es für die wissenschaftliche Erforschung des materiellen, immateriellen, mobilen, unbeweglichen oder natürlichen Erbes. Unter Erforschung des Kulturerbes versteht man im Allgemeinen die Dokumentation jedes einzelnen Artefakts oder natürlichen Gegenstands. Die Dokumentation dient dazu, alle Infos über das jeweilige Artefakt zusammenzustellen: den Namen des Gegenstandes, den Namen des Autors, die Form, das Material, die technischen Details, den Erhaltungszustand, die Abmessungen.“




    Der Band Das UNESCO-Kulturerbe in Rumänien für alle verständlich erklärt“ beschreibt kurz und offen, was einen gro‎ßen Schatz für Rumänien ausmacht:



    Dieses erste dem Kulturerbe gewidmete Buch sammelt kontextbezogene Informationen. Es gibt Erklärungen zu den in den Texten verwendeten Begriffen und auch Zitate, nicht unbedingt von Experten auf diesem Gebiet, sondern von rumänischen Persönlichkeiten, die mit gesundem Menschenverstand und Aufgeschlossenheit sprechen.“




    Und das vielleicht Wichtigste, was diesen Band ausmacht, ist, die Leser vor einer gro‎ßen Herausforderung zu stellen: seine eigenen Antworten auf die Fragen zu finden, die das Thema Kulturerbe aufwirft, sagt Ioana Popescu:



    Was mir sehr wichtig erscheint, ist, dass das Buch sehr einfache Fragen stellt, die wir uns alle stellen sollten. Aber wir tun es nicht, weil wir alles für selbstverständlich halten. So zum Beispiel die Frage nach der Entstehung des Kulturerbes. Wie kommt es, dass ein von meiner Gro‎ßmutter geerbtes Objekt, das ich bis vor kurzem in meinem Haus benutzt habe, plötzlich zum Kulturerbe wird? Ich kann es nicht mehr auf die gleiche Weise verwenden, seine Funktion ändert sich. Vielleicht wird dieser Gegenstand in einem Museum ausgestellt oder es wird erforscht. Wie wurde dieses Haus, in dem meine Gro‎ßeltern bis gestern lebten, zu einem Architekturdenkmal? Die Art und Weise, wie der Autor diese Fragen stellt, macht uns auf dieses Thema aufmerksam, und wir beginnen wirklich, über mögliche Antworten auf diese Fragen nachzudenken.“




    Ein solches Buch ist im rumänischen Kulturraum selten. Der Band bringt das Kulturerbe der Öffentlichkeit näher, sagt der Architekt Ştefan Bâlici, der ebenfalls die Bedeutung des Titels für die Fachliteratur betont:



    Es ist ein Buch mit vielfältigen Funktionen. Der Band hat von Anfang bis Ende einen sehr professionellen Diskurs und bleibt dennoch für alle Leser zugänglich. Der Band erklärt die grundlegenden Konzepte des Schutzes des Kulturerbes, gerade um diesen Bereich für jeden zugänglich zu machen. Ich halte es für sehr wichtig, mit der Veröffentlichung pädagogischer Schriften über das Kulturerbe zu beginnen. In anderen Ländern ist dies etwas Alltägliches. Ich will gar nicht daran denken, wie viel Literatur beispielsweise in Italien diesem Bereich gewidmet ist. Sie reicht von populären Büchern bis hin zu sehr spezialisierten Werken. Solche Bücher fehlen in Rumänien.“




    Der Band enthält über 500 Bilder, sowohl aktuelle als auch Archivmaterial, viele davon von weltberühmten Fotografen.

  • La vie de corporatiste

    La vie de corporatiste

    42 des plus grandes corporations au monde ont ouvert ces 20 dernières années des filiales en Roumanie. Il s’agit notamment d’importateurs et distributeurs de biens et services. En règle générale, les filiales locales de ces compagnies ont à leur tête des directeurs issus des pays d’origine des actionnaires. N’empêche.




    Pour la plupart des diplômés d’enseignement supérieur, près de 100 mille par an sur l’ensemble du pays, la meilleure alternative à l’émigration reste celle de se faire embaucher dans une multinationale implantée dans le pays d’origine. Et cela parce que les salaires y sont un peu plus motivants; s’y ajoutent les autres bénéfices, tels la voiture de fonction, l’accès à l’éducation continue, les assurances maladie privées, les bonus pour les heures supplémentaires et les performances sur le lieu de travail. Les employés du secteur privé représentent 14% de la population, indiquent les statistiques d’une organisation qui promeut les intérêts des PME (CNIPMMR). Ce que les jeunes séduits par les avantages d’un emploi dans une multinationale ignorent c’est que les bénéfices ne sont qu’en théorie directement proportionnels à l’effort déposé.




    La réalité est beaucoup plus dure, avoue Ioana Popescu. Elle a 38 ans et travaille dans le domaine bancaire: « Pour moi, jeune diplômée de la faculté, le milieu des multinationales était une terre d’opportunités. Je rêvais de travailler dans une multinationale. Je ne savais pas exactement ce que cela voulait dire. Je n’ai pas réussi du premier coup, mais petit à petit, j’y suis arrivée. Le niveau professionnel y est très élevé. Nous voulions tous monter dans la hiérarchie et apprendre sans cesse. Les multinationales étaient comme une sorte de Saint Graal. Mais la réalité est un peu différente. En effet, on a accès à un logiciel performant, on peut apprendre beaucoup de choses, grâce aux différents stages destinés aux employés. En revanche, on n’a plus le temps de faire autre chose. On renonce à ses hobbies, à la vie de famille, au plaisir d’aller voir un spectacle etc. Autant d’aspects dont je n’avais pas connaissance au début. On les apprend au fur et à mesure. »




    Quand on entre dans le milieu corporatiste on se voit dire que c’est une grande famille qu’on vient d’intégrer, une famille où chacun a ses responsabilités et son devoir d’aider les autres à respecter les délais. Mais en réalité, les délais ne finissent jamais. Métaphoriquement parlant, les gens se transforment en une sorte d’abeilles qui travaillent pour le bien-être de la ruche. Personne ne parle dès le début du nombre d’heures supplémentaires qu’on devra faire, ajoute encore Ioana Popescu: « Ce n’est qu’avec le temps qu’on apprend qu’il n’y a pas de programme fixe de 8 heures et que par programme on entend le temps qu’il vous faut pour mener à bon terme un projet. Et pas mal de fois, on y arrive à au bout de beaucoup d’heures supplémentaires. Personne ne vous y oblige, c’est le libre arbitre qui entre en jeu. Ca dépend de ce à quoi on aspire. Si on veut avoir une carrière à tout prix et arriver très loin alors c’est ce que l’on doit faire. Si l’on veut être un des deux parents qui se sacrifie pour pouvoir tout offrir à son enfant alors on peut dire « Oui, je le fais pour mon enfant ». Le prix à payer est assez grand, dans le meilleur des cas on peut devenir une mère de fin de semaines. C’est très difficile de s’en détacher, car, ne soyons pas hypocrites, si on sait comment se vendre, si on travaille beaucoup, si on atteint un certain niveau professionnel dans une multinationale, on est bien rémunéré. S’y ajoute aussi le niveau des connaissances qui vous rend compétitif sur le marché. C’est aussi peut-être à cause de tout cela qu’il est difficile de prendre des décisions tranchantes ».




    Au bout de quelques années de travail acharné et sans répit, la fatigue s’accumule et la motivation disparaît en poussant souvent le salarié au bord de la dépression : / « Petit à petit, on finit par changer en tant que personne. On s’en rend compte quand, au bout de trois semaines de vacances, on reprend le boulot, mais on se sent mal à l’aise. En plus, le fait de voir d’autres personnes rentrer chez elles à 4 ou 5 heures de l’après-midi nous pousse à croire qu’elles ont des problèmes, qu’elles ne savent pas mettre leur vie à profit. Souvent, il suffit d’un seul moment pour changer, pour réaliser que le chemin emprunté n’est pas le bon. Pour ma part, j’ai eu quelques problèmes familiaux qui m’ont ouvert les yeux pour voir que des changements s’imposaient. »




    Parmi les avantages de travailler dans une multinationale, notons les opportunités de faire carrière et d’évoluer, les stages professionnels de perfectionnement, les services médicaux à prix réduits et la liste pourrait continuer. Et pourtant, nombre d’employés finissent sur le canapé du psy, comme l’avoue le psychiatre Gabriel Diaconu: Les gens qui franchissent le seuil de mon cabinet sont pour la plupart très malheureux. Ils n’arrêtent pas de se demander : qu’est- ce que j’ai fait pour arriver dans une situation pareille? La réalité est des plus tristes. Dans le cas des salariés des multinationales, le risque d’insomnie chronique est 3 à 4 fois plus grand que dans le cas des autres employés. Pareil pour les substances énergisantes dont la consommation est souvent 6 fois supérieure à la moyenne enregistrée au sein du reste de la population active. L’explication en est des plus simples: ces personnes doivent stimuler tout le temps leur corps qui est comme une usine de fatigue et pour cela, les cigarettes ou le café s’avèrent impuissants. Ils leur faut de véritables boissons énergisantes à base de taurine le matin et des cocktails alcoolisés le soir afin de garder leurs cerveaux en alerte. »




    Ceci dit, une question s’impose: comment pourrait-on accepter un mode de vie tellement exténuant et plein de sacrifices? Le psychologue Gabriel Diaconu nous répond: « Ces personnes s’achètent un standard de vie dont ils n’arrivent à tirer profit que pendant leurs vacances de deux ou trois semaines, en Grèce ou en Thaïlande. Pour le reste, ils conduisent généralement une auto de luxe qui les dépose dans leur quartier chic, devant leur belle maison un peu plus large que d’autres, mais où ils n’arrivent que tard dans la soirée, juste le temps de se mettre au lit et de se blottir dans des draps achetés pour un prix deux fois plus grand que la normale. Pourtant, ce sont justement tous ces détails qui les poussent à croire que ce mode de vie est légitime et ordonné. »




    Aux dires du docteur Diaconu, il est paradoxale de constater que sur l’ensemble des salariés des multinationales, de plus en plus rêvent d’économiser quelques centaines de milliers d’euros afin de quitter le système et de démarrer leur propre affaire. Un rêve partagé par pas mal d’employés du monde entier, comme l’affirme le psychologue: « La Roumanie ne recense qu’une vingtaine d’années d’expérience dans les multinationales. Mais, à regarder vers l’autre bout de l’océan, on remarque que ce mode de vie est plein de cynisme. »




    Ioana Popescu a présenté sa démission il y a un mois et demi. Tout ce qu’elle espère faire, une fois le préavis expiré, c’est de profiter de sa vie. A ses 38 ans, Ioana est toujours célibataire et sans enfants. ( trad. : Alexandra Pop, Ioana Stancescu)