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  • Ils sont célèbres, ils sont Roumains – Alina Cojocaru

    Ils sont célèbres, ils sont Roumains – Alina Cojocaru

    « Quand je ferme les yeux et je pense à Giselle, c’est la silhouette légère d’Alina Cojocaru que je vois flotter sur scène, en ondoyant, ses bras et sa tête gracieuse composant l’image parfaite de la danseuse romantique », écrivait récemment la journaliste Sarah Crompton dans The Telegraph.



    La danseuse Alina Cojocaru est née à Bucarest ; voici son parcours en bref. A 10 ans, elle quitte la Roumanie pour étudier la danse à Kiev, pendant 7 ans. Elle se perfectionne ensuite à l’Ecole royale de danse de Londres, après avoir gagné la bourse du Prix Lausanne. Elle revient à Kiev, où elle débute avec « Don Quijote », mais après moins d’un an, elle repart à Londres où elle rejoint le Ballet royal. C’était en 1999. Très vite, elle devient première soliste. En 2010, à Moscou, Alina Cojocaru est sacrée Danseuse de la décennie. En 2012, elle décroche le prix Danseuse de l’année, de la critique allemande, et Benois de la danse pour la meilleure danseuse. Et ce n’est qu’une sélection des nombreux prix de sa carrière.



    En 2002, Alina Cojocaru évoluait pour la première fois sur une scène roumaine, interprétant, avec l’ensemble de l’Opéra national de Bucarest, le rôle de « Giselle ». C’est le ballet romantique le plus connu et le plus souvent monté ; Alina Cojocaru affirme qu’elle le danse chaque année: « Difficile de trouver une raison pourquoi j’aime tant danser « Giselle ». peut-être bien que c’est aussi l’histoire, celle de l’amour, qui est éternelle, étant la raison de la vie en tant que telle. C’est un des spectacles que j’ai dansé le plus, en fait, et dans lequel je trouve à chaque fois de nouvelles émotions, de nouveaux moments. Chaque spectacle est nouveau pour moi. C’est peut-être pourquoi c’est une joie de danser. La différence entre le premier acte avec Giselle amoureuse et naïve et le deuxième, avec Giselle — la femme qui lutte pour la vie de son aimé est exactement le sentiment de l’amour qui est infini. »



    « Giselle » c’est le spectacle avec lequel Alina Cojocaru a eu un grand succès en 2001 à Londres. Sa évolution a été classé 10e dans le top des meilleures danses de la décennie selon Times online. « Son interprétation de début a été merveilleuse et elle a joué un des meilleurs rôles, pour devenir rapidement danseuse étoile à l’âge de 19 ans, pour devenir rapidement la plus jeune danseuse de l’histoire du ballet royal », notait la publication britannique.



    A partir de 2002, Alina est revenue de temps en temps sur les scènes roumaines. Récemment elle a figuré à l’affiche du spectacle « La Sylphide » mis en scène par Johan Kobborg, son partenaire sur la scène, mais aussi dans la vie, à l’Opéra National de Bucarest. Au sujet de ce duo, The Guardian a récemment écrit qu’il était un des plus emblématiques de l’histoire du ballet. Pour ce qui est de la relation avec son pays natal, Alina Cojocaru affirme se sentir toujours roumaine : « Je suis toujours entièrement liée à la Roumanie, puisque c’est d’ici que je suis partie. Je suis Roumaine, c’est dans mon sang. Nous les Roumains, nous voulons toujours améliorer notre image à l’étranger, vu que de nos jours les frontières sont ouvertes et on parle beaucoup de chaque pays, tant du point de vue politique que culturel. Si dans le passé, j’apprenais à l’école l’histoire de chaque pays à part, maintenant les problèmes sont globaux. Et c’est probablement pourquoi j’estime partager aussi cette responsabilité. Je suis Roumaine et tout ce que je fais sera lié à la Roumanie ».



    Après 13 ans passés au Ballet Royal de Londres, Alina Cojocaru s’attaque à un nouveau défi et quitte en début d’année cette compagnie pour devenir membre du ballet national anglais. En tant que danseuse étoile elle continue d’interpréter des rôles importants dans des spectacles donnés par des compagnies prestigieuses telles le Ballet de Hambourg et le Théâtre de ballet américain. Au mois de décembre, Alina Cojocaru a figuré à l’affiche de « Casse noisette » avec le Ballet national anglais, tandis quen janvier 2014 elle peut être suivie aux côtés de la même compagnie dans « Le corsaire ».

  • Johann Kobborg, directeur du ballet de l’Opéra national roumain

    Johann Kobborg, directeur du ballet de l’Opéra national roumain

    Johann Kobborg est un des plus éminents danseurs classiques de sa génération. Partenaire en ville et sur scène de la danseuse étoile d’origine roumaine Alina Cojocaru, il a enchanté, pendant de longues années, des milliers de spectateurs présents dans la salle de l’Opéra Covent Garden à Londres. A la fin de la dernière saison, il les a pourtant attristés par sa décision de quitter Covent Garden, pour aller plus loin — comme il l’affirmait dans une interview à Radio Roumanie Culture. Heureusement pour nous, « plus loin » a signifié Bucarest, où, le 7 décembre, Johann Kobborg ouvrait la saison avec « La Sylphide » sur la scène de l’Opéra Roumain. Un spectacle dont il signe aussi la chorégraphie.



    Comment l’idée de réaliser un spectacle à Bucarest est-elle née? Johann Kobborg nous le dit lui-même: « J’y suis venu à plusieurs reprises avec ma partenaire, Alina Cojocaru, et donc cette connexion a toujours existé. Il y a quelque temps, j’ai fait une visite à Bucarest et je me suis entretenu avec le directeur de l’Opéra national. Et ce fut là, le point de départ de ce projet. Heureusement, j’étais libre à ce moment-là, et nous avons pu le mettre sur pied sans difficulté. »



    Pourquoi « La Sylphide » ? Qu’est-ce que ce ballet représente pour Kobborg? « La Sylphide » a été un de mes premiers spectacles et il continue d’être un de mes ballets préférés. C’est le genre qui vous permet de vous épanouir — en tant qu’être humain et en tant qu’artiste ; un ballet où les murs tombent et toute votre vie se passe là, sur la scène. C’est une expérience extrêmement intéressante pour un danseur, car la façon dont je l’interprétais lorsque j’avais 20 ans est tout à fait différente de celle d’aujourd’hui. Pourtant, toutes les versions sont valables, on ne peut pas dire : ça c’est bon, ça c’est mauvais. Du point de vue historique, ce fut le premier ballet où une danseuse ait jamais dansé sur pointes. Il est donc très important. Il est peut-être le plus important ballet danois, le plus fameux que nous ayons — même si la musique a été composée par un norvégien, même si le premier chorégraphe n’était pas tout à fait danois, il était mi-suédois, mi-français, même si l’action se déroule en Ecosse, il demeure la plus magnifique création de tous les temps. Ce ballet m’a fait faire le tour du monde et ma carrière internationale, je la dois entre autres au ballet « La Sylphide ».



    Johan Kobborg a été danseur étoile du Ballet Royal Danois et du Ballet Royal de Londres et il est invité par les plus importantes compagnies de danse classique du monde. Ces dernières années, Johan Kobborg s’est fait aussi remarquer comme chorégraphe, ses créations étant présentées entre autres par le Ballet royal de Londres, par le Ballet du Bolchoï à Moscou et par le Ballet Royal de Nouvelle Zélande. En 2009, « La Sylphide » qu’il a réalisée au Bolchoï, a été nommé au Prix « La Masque d’Or » de Moscou récompensant le meilleur spectacle de l’année.



    La danse a porté ses pas partout dans le monde. Aussi, le syntagme « chez soi » a-t-il acquis pour lui une autre signification. Où Johann Kobborg se sent-il chez soi ? « Je ne sais effectivement pas à quel pays penser : le Danemark, le Royaume Uni ? Toute ma vie, j’ai voyagé, il y a eu des périodes où j’ai habité dans une valise, pour ainsi dire. Je ne suis pas obsédé par la danse, je ne peux pas dire que je suis incapable de penser à autre chose, mais je peux dire que lorsque je me trouve dans un studio, ma maison est là. Mon « chez moi », e sont les gens que j’aime et la plupart des gens que j’aime se trouvent dans les studios de danse. Je ne suis donc jamais très loin de chez moi. »



    Pendant la saison qui vient de débuter dans la capitale roumaine — justement avec le spectacle « La Sylphide » dont il signe la chorégraphie — Johann Kobborg est chez lui à l’Opéra national de Bucarest, d’autant plus qu’à partir du 1er janvier prochain, il occupera le poste de directeur du Ballet national roumain. (trad. : Dominique)