Tag: Marily Le Nir

  • Le livre des nombres

    Le livre des nombres

    1. Au début il y a
    eu le père. Mon père. Ioachim. Mais avant mon père, il y a eu le père de mon
    père. Gherasim. Mon grand-père. Et avant le père de mon père, il y a eu le père
    du père de mon père. Anton. Mon arrière-grand-père. Qui vécut avec Maria et ils
    eurent quatre fils, Antim, Avram, Leontie, Gherasim, et une fille, Eva. Et
    avant le père du père de mon père il y a eu le père du père du père de mon
    père. Achim. Et ainsi de suite jusqu’au bienheureux premier jour.


    2. Au début il y a
    eu la mère. Ma mère. Ana. Mais, avant ma mère, il y a eu la mère de ma mère.
    Terezia. Et avant la mère de ma mère il y a eu la mère de la mère de ma mère.
    Mon arrière-grand-mère, Teodosia. Qui prit pour époux Varava, et ils eurent
    deux fils, Nicolae et Visarion, et deux filles, Terezia et Drosia, la
    folle-en-Christ. Et avant la mère de la mère de ma mère il y a eu la mère de la
    mère de ma mère, Iohana. Et ainsi de suite. Quand ma mère et mon père vivaient
    heureux au jardin d’Éden.


    C’est par ces mots que débute le roman de Florina Ilis, Le livre des
    nombres, sorti le 8 avril dernier en librairie, en France. Traduit du
    roumain par Marily Le Nir pour les éditions des Syrtes, le roman dont il sera
    question dans les minutes suivantes est comme on l’avait déjà dit, à la fois
    « une fresque historique, une saga familiale et une monographie d’un
    village de l’Europe de l’est ». L’action se passe en Transylvanie et
    couvre tout un siècle d’histoire, en suivant l’épopée sur quatre générations de
    deux familles apparentées. Avant de plonger dans l’univers littéraire de
    Florina Ilis, permettez-moi de vous dire qu’on se trouve devant l’une des plus grandes
    plumes de la littérature roumaine contemporaine. La preuve ? Le prix du
    meilleur livre étranger remis en 2010 par le Courrier international à Florina
    Ilis pour sa Croisade des enfants. Pour mieux plonger dans l’entreprise
    si courageuse de cette romancière qui a débuté en 2000, avec un recueil de
    haïkus, on a invité aujourd’hui au micro de RRI, Florina Ilis et l’éditrice
    Olimpia Verger des Editions des Syrtes, les éditions qui s’enorgueillissent de
    compter dans leur catalogue des grands classiques roumains tels Camil Petrescu
    ou des voix contemporaines comme celle de Tatian a Tïbuleac.

  • Marily Le Nir – Le goût de la traduction littéraire

    Marily Le Nir – Le goût de la traduction littéraire

    Née en Roumanie dans les années ’30, elle a été professeur d’allemand. C’est une fois à la retraite qu’elle se dédie à la traduction littéraire, une activité qu’elle n’associe pas à du travail, tant
    elle trouve cela passionnant. C’est à elle qu’on doit la traduction en français
    des œuvres de Norman Manea, Florina Ilis et Eugen Uricaru, pour ne citer que
    quelques-uns des écrivains roumains qu’elle a choisi de traduire.


    Les livres cités dans l’interview :

    Nicolae Steinhardt – Le journal de la félicité, Arcantères

    Florina Ilis – Les vies parallèles, Editions des Syrtes

    Florina Ilis – La croisade des enfants, Editions des Syrtes

    Ioana Pârvulescu – La vie commence vendredi, Editions du Seuil

    Une interview réalisée par Elena Diaconu dans le cadre du Festival de litétrature et de traduction FILIT.