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  • MERITO, la communauté des professeurs méritoires

    MERITO, la communauté des professeurs méritoires

    Lancé en 2015 par un groupe
    d’entrepreneurs réunis sous l’ombrelle de l’Association Romanian Business
    Leaders, le projet Mérito se propose de récompenser chaque année, les
    professeurs méritoires du milieu préuniversitaire. A l’époque où ce projet a
    été envisagé, une enquête de l’Organisation de coopération et de développement
    économiques, OECD, montrait que seulement 40% des professeurs roumains se
    sentaient appréciés par la société civile. On a souhaité leur démontrer le
    contraire, témoigne Cosmin Chiriță, managère du projet Mérito








    Nous avons
    démarré ce projet afin de faire connaître à l’opinion publique des exemples de
    bons professeurs dans un espace médiatique dominé par le négatif. Car,
    avouons-le, il existe de nombreux exemples positifs qui méritent de se
    retrouver dans la lumière des projecteurs. Malgré les problèmes auxquels notre
    système d’Education se confronte, on continue d’avoir des professeurs
    passionnés, qui se consacrent à leur métier et qui encouragent les enfants à apprendre
    et qui méritent donc, d’être présentés comme modèles. (…) Si vous connaissez
    un tel professeur, n’hésitez pas d’entrer sur notre site pour laisser son nom.
    D’ailleurs, de telles recommandations constituent l’une de nos principales
    sources de documentation. La deuxième est constituée par les suggestions faites
    par les professeurs faisant déjà partie du réseau Mérito. Après, bien
    évidemment, il y a tout un processus de sélection qui dure presqu’un an et qui
    se fait aussi bien en fonction des recommandations que de ce que l’on constate
    de nos propres yeux, en faisant la connaissance des professeurs proposés. Nous
    avons aussi des critères de sélection dont une partie porte sur leurs activités
    en dehors de la salle de classe. Par exemple s’ils collaborent avec d’autres
    confrères ou avec des élèves issus des milieux défavorisés. Ce sont des
    critères qui définissent, selon nous, le profil d’un professeur méritoires et
    performant dont le travail est capable de transformer le système d’éducation
    nationale et de le faire inscrire dans la bonne direction.




    A part la joie et l’honneur de se voir primés lors d’un
    Gala annuel Mérito, les professeurs récompensés se voient réunir au sein d’une
    communauté censée les aider à échanger et à améliorer leurs performances
    didactiques. Davantage sur cette communauté avec le manager Mérito, Cosmin Chiriță.






    Cette communauté de professeurs méritoires s’est
    formée petit à petit, au fur et à mesure que l’Association Romanian Business
    Leaders s’est mise à investir dans leur formation professionnelle, en leur
    facilitant les échanges avec des experts étrangers, l’accès à toute sorte de
    documents et de livres et la participation à des conférences et des stages
    importants pour leur développement professionnel. (…) On espère qu’à leur
    tour, ils transmettent à d’autres
    professeurs, tout leur savoir-faire, les bonnes pratiques et les méthodes
    acquises lors de ces programmes de formation. En fait, nous nous proposons
    d’accroître les performances et la qualité des professeurs du système
    préuniversitaire de Roumanie, en les encourageant à collaborer entre eux, dans
    le sens où des professeurs formés au sein du réseau Mérito forment à leur tour, d’autres collègues.




    Doru Căstăian enseigne les sciences socio-humaines au
    Lycée Dimitrie Cuclin, de Galați et il
    est membre de la communauté Mérito.
    Voilà ce qu’il raconte au sujet des méthodes pédagogiques utilisées en classe.




    Il y a une grande différence entre la manière dont
    on enseigne l’éducation sociale à des enfants du collège et celle utilisée pour
    enseigner l’économie ou la philosophie à des jeunes de 17 ou 18 ans, en
    Première ou en Terminale (…) C’est leur âge qui fait la différence et non pas
    l’objet de l’étude. Or, malheureusement, on se heurte souvent à des préjugés du type toi, tu arrives à faire tout ce que
    tu fais en classe, car la matière te le permet. On me dit que si j’avais
    enseigné les Maths ou la Physique ou d’autres matières plus rigoureuses, je
    n’aurais pas pu avoir l’approche que j’ai, en enseignant les sciences
    socio-humaines. C’est faux. Je trouve qu’en termes de pédagogie, ce qui
    fonctionne pour les sciences humaines fonctionnent pour celles exactes aussi.
    Par exemple, ma méthode est souvent très classique, pour ainsi dire, si mes
    élèves sont en dernières années du lycée. Parfois, il vaut mieux éviter l’interaction
    excessive et le ludique à tout prix, car
    le cerneau a aussi besoin de se voir offrir de la substance et de la
    consistance pour bien fonctionner. Comme quoi, je suis capable aussi de tenir des
    discours en classe, d’encourager mes élèves à participer à des polémiques, à
    des débats parfois contradictoires, ainsi de suite.








    Liliana Olărașu enseigne les Maths au collège Vasile
    Conta de Iasi. Auprès de ses élèves, elle passe pour quelqu’un d’atypique,
    puisqu’elle est tout le temps de bonne humeur. En plus, elle a réussi à
    empêcher le décrochage scolaire de certains élèves. Liliana Olărașu.




    J’en ai connu plusieurs cas. Je me souviens, par
    exemple, d’un garçon qui avait redoublé la sixième. C’était un élève qui
    restait toujours au fond de la classe, à qui personne n’adressait la parole et
    qui avait totalement perdu la confiance en soi-même. Ce fut mon élève en
    sixième et même s’il n’était pas trop fort en Maths, c’est l’Histoire qui l’a fait
    redoubler (…). Sauf que ce gamin, il jouait très bien de l’accordéon, mais
    personne ne le savait. Moi, c’est par hasard que je l’ai appris. Et il prenait
    aussi des leçons de théorie musicale, en dehors de l’école. A l’époque,
    j’enseignais aussi l’Informatique et un jour, j’ai demandé à mes élèves de
    faire une présentation de leurs passions, en PowerPoint. Et même si dans un
    premier temps, ce garçonnet a été plutôt réticent, son travail a été
    magnifique. Je fus éblouie par toutes les choses qu’il savait. Il est pourtant
    vrai, que ce gamin séchait les classes de temps en temps, mais à partir du
    moment où il m’ fait découvrir une autre facette à lui, il a commencé à être de
    plus en plus présent en classe. Il n’a pas abandonné l’école et il a terminé le
    collège. On doit communiquer davantage avec nos élèves, on doit essayer de les
    comprendre, de nous adapter à leur rythme en classe, à leurs besoins et on doit
    faire en sorte pour qu’ils souhaitent venir à l’école. Une fois tous ces
    critères respectés, ils vont bien travailler.