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  • Escapade dans la nature à Zărnești

    Escapade dans la nature à Zărnești

    Nous nous dirigeons aujourd’hui vers Zărnești, une des portes d’entrée dans le Parc National Piatra Craiului des Carpates Méridionales. Zărnești est facile d’accès, étant situé à moins de 30 km de la ville de Braşov. La zone est propice aux randonnées pédestres ou à vélo, aux excusions en montagne et à l’alpinisme, ainsi qu’à l’observation des animaux sauvages.

    Le coordinateur du Centre d’information touristique Ștefan Balogy affirme que : «Zărnești est une petite ville de montagne qui compte environ 20.000 habitants. Avant la chute du communisme, c’était un centre industriel, mais après ’89, peu à peu, elle est devenue une destination touristique, étant située au pied du massif de Piatra Craiului. C’est un endroit idéal pour les amateurs de tourisme actif et une destination éco-touristique en plus, la première des 4 autorisées par le Ministère du Tourisme. »

    A Zărnești, les possibilités d’hébergement ne manquent pas. Ștefan Balogy opine : « C’est une zone accessible à tous, y compris aux touristes qui disposent d’un petit budget pour leurs vacances. Il y a des chalets une ou deux étoiles, mais aussi des ensembles hôteliers 4 étoiles, comportant des centres de remise en forme et de relaxation. Chaque touriste peut trouver très facilement une place d’hébergement qui lui convienne. Le nombre des vacanciers continue d’augmenter. Plus de 6.500 touristes ont visité Zărnești en 2018, dont 43% Roumains et 57% étrangers. 28% des touristes étrangers arrivaient d’Allemagne – et ce n’étaient pas des ethniques Saxons. C’étaient des touristes qui venaient notamment découvrir la beauté des Carpates et le massif de Piatra Craiului. 27% des touristes étrangers arrivaient d’Israël. Nous avons également eu des Britanniques, des Espagnols, des Portugais et des Français. »

    Bien que Zărnești soit une destination pour tous, les agences de la zone essaient d’y promouvoir surtout le tourisme familial. Ștefan Balogy ajoute que: « Je conseille aux touristes des randonnées pédestres faciles d’une heure ou deux, mais aussi de 10 à 12 heures. Nous disposons actuellement de 42 itinéraires balisés, dont les cartes peuvent être téléchargées aussi sur Smartphone en format GPS. L’année dernière nous avons également commencé à développer le cyclotourisme. Il existe 11 itinéraires balisés à travers le Parc National Piatra Craiului. Elles relient Zărnești aux villages de Bran et de Peștera, situés en montagne, totalisant plus de 120 km. Une autre attraction de la zone est l’équitation. Nous disposons de 4 centres d’équitation qui offrent des promenades à cheval dans les forêts environnantes et des promenades en traîneau pendant l’hiver. S’y ajoutent l’alpinisme et l’escalade, que l’on pratique dans la zone la plus connue et la plus visitée du Massif de Piatra Craiului, les Gorges de Zărnești. Ajoutons, enfin, comme nouveauté, le parapente et le moto parapente, un sport extrême qui attire de plus en plus de jeunes. »

    Au printemps et en automne, la plupart des touristes viennent pour l’observation des animaux sauvages. Ils y sont surtout attirés par les grands carnivores. Plusieurs agences spécialisées organisent des tours guidés destinés à l’observation des animaux. Pourtant, en hiver non plus on ne s’ennuie pas à Zărnești. Le ski y a gagné du terrain et au pied du massif de Piatra Craiului il y a quelques itinéraires que l’on peut parcourir sur des raquettes à neige.

    Ștefan Balogy a également quelques suggestions pour les touristes moins attirés par l’aventure : « Je leur conseille de se rendre aux Centre de visite du Parc National, un musée très intéressant et interactif, qui présente toute la réserve naturelle de Piatra Craiului par des moyens modernes : diaporamas, projections vidéo et 3D. Nous leur suggérions aussi une visite de la réserve d’ours « Libearty », considérée par National Geographic Traveller comme une des attractions sur la vie sauvage les plus éthiques. La réserve de Zărnești est le plus grand sanctuaire des ours bruns du monde. Créée il y a 10 ans par une association de Brașov, elle accueille 107 ours sur une superficie de plus de 100 hectares. Les ours ne vivent pas dans des cages ou dans des espaces fermés. Le terrain est ouvert, boisé et protégé par une clôture électrique, les ours y vivant en toute liberté. Les tours y sont guidés et réalisés avec de petits groupes, pour ne pas perturber les animaux. Tous les ours de la réserve de Zărnești avaient vécu avant dans des conditions impropres et ils ont été sauvés. De nombreuses célébrités ont visité la réserve, dont Brigitte Bardot, Natalie Imbruglia, Lionel Messi, Leonard Lewis, Evanna Lynch. » (Trad. : Dominique)

  • Traditions pour le Nouvel An

    Traditions pour le Nouvel An

    Parmi les vœux traditionnels formulés à lapproche du Nouvel An, une coutume est appelée la Petite Charrue. Des groupes de jeunes, munis de fouets, de clochettes et dinstruments rudimentaires, vont dune maison à lautre souhaiter aux villageois de la bonne santé, de la bonne chance et beaucoup dabondance pendant la nouvelle année. La Petite Charrue est un rituel magique de facture agraire. Elle saccompagne toujours de cris, de claquement de fouets et du son des clochettes. Jadis, les jeunes et les adultes, qui accomplissaient ce rituel, emportaient avec eux une vraie charrue tirée par des bœufs. De nos jours, ils lont remplacée par une charrue en miniature et par un instrument rudimentaire qui imite le beuglement des bœufs. Le texte de La petite charrue a perdu aujourdhui son caractère dincantation magique. Il est récité dans un rythme alerte, les vœux devenant de plus en plus gais et optimistes à mesure quils approchent de leur fin.





    Dans les villages de Bucovine, dans le nord-est du pays, les jeunes portent des masques. La coutume de lOurs est à rencontrer en Moldavie. Lours est figuré par un jeune homme portant sur sa tête et ses épaules la peau dun ours avec des pompons rouges aux oreilles. Lours est accompagné par un cortège de musiciens et de personnages, dont éventuellement un enfant jouant le rôle de lourson. Au son du tambour ou dans les sonorités de la flûte champêtre, le personnage masqué grogne et imite la marche balancée de lanimal, frappant le sol avec ses pieds. La signification de cette tradition est la fertilisation du sol pour la nouvelle année. Un culte thrace se trouverait à lorigine de cette coutume.



    Eugen Amaria, qui est le meneur dun tel groupe de la commune de Preuteşti, du département de Suceava, nous décrit cette coutume : « Ça se passe de la façon suivante : un groupe dhommes habillés en ours entre en scène ; ils savancent sur leurs coudes et leurs genoux, ensuite ils se lèvent sur deux pattes, ils meurent. On prononce des incantations, lours retourne à la vie, puis il danse. Nous sommes un groupe de13 personnes. Nous fabriquons les costumes nous-mêmes en peau de mouton. Chacun le travaille à sa guise. Nous sommes accompagnés par des musiciens, qui portent, eux, des costumes traditionnels du coin. Nous commençons à parcourir le village le 31 décembre. Cette coutume chasse les mauvais esprits et attire des esprits bénéfiques pour la nouvelle année. »





    Cosmin Rusu, de Dolheşti, département de Suceava, fait partie du groupe des « Tziganes », une autre coutume spécifique de la Bucovine : « Je suis le « Tzigane » – personnage dune danse traditionnelle conservée depuis les temps les plus anciens. Cest une danse par laquelle on accueille les fêtes de fin dannée. Lorsque les « Tziganes » sont là, les fêtes sont là aussi. »





    La Chèvre est une autre danse rituelle pratiquée entre Noël et le Nouvel An. La Chèvre est surtout spécifique de la Moldavie, des masques figurant dautres animaux étant à rencontrer dans dautres régions du pays : le cerf dans la contrée de Hunedoara ou le bufflon en Transylvanie du Sud.





    Le masque de la Chèvre est fabriqué dune pièce en bois taillée pour ressembler à la tête de lanimal. Cette pièce en bois est prévue dune partie mobile, que le personnage figurant la Chèvre fait claquer au rythme de la musique. Selon les ethnologues, la danse de la chèvre, ainsi que dautres danses utilisant des masques zoomorphes – les chevaux ou les taureaux – pratiquée dans les villages roumains à loccasion des fêtes de fin dannée proviennent de cérémonies sacrées archaïques.





    Une coutume pittoresque sest conservée à Cavnic, au Maramureş, dans lextrême nord du pays, celle des Brondoşi. Ioana Petruţ, manager de la Maison de la culture de Cavnic, explique : « On dit que dans le passé, les gens des parages portant des masques ont chassé les Tatars qui avaient attaqué la bourgade de Cavnic en 1717. Les Tatars se sont enfuis, effrayés, ne sachant pas qui ils affrontaient. Depuis, les habitants de Cavnic ont gardé cette coutume, seulement, à présent, on ne chasse plus les Tatars, mais les mauvais esprits. La plupart des jeunes gens parcourent les rues du village portant des habits de Brondoşi. »





    Le matin du 1er janvier est réservé aux tous petits, qui vont dune maison à lautre, munis dune petite branche ornée de rubans, appelée Sorcova, dont ils touchent tous les membres de la famille, en chantant une petite chanson pour leur souhaiter une année prospère. Pour les remercier de leurs vœux, les gens leur offrent des bretzels, des noix, des pommes, des sucreries ou de largent. (Trad. : Dominique)

  • La menace de la surprotection

    La menace de la surprotection

    Un rapport paru il y a quatre ans avertissait déjà qu’une espèce de mammifères sur quatre et une espèce d’oiseaux sur huit étaient menacées d’extinction. Il semblerait, en effet, que les espèces, qu’elles soient végétales ou animales d’ailleurs, s’éteignent mille fois plus rapidement qu’avant l’apparition de l’humain. La cause évidente n’est autre que l’impact des activités humaines sur les autres habitants de la Terre. La situation est d’autant plus préoccupante que le phénomène s’accélère, et que l’on parle de la « sixième extinction massive », après celle des dinosaures, il y a 65 millions d’années. De nombreuses espèces de mammifères semblent vouées à l’extinction, affirment des spécialistes danois et suédois dans une étude parue récemment dans « Proceedings of the National Academy of Sciences ».

    Les chercheurs nordiques démontrent que l’on est en train de vivre à l’heure actuelle cette 6e extinction massive, dont l’humain est à l’origine. Selon les chercheurs, l’extinction est tellement rapide qu’il est impossible que l’adaptation puisse intervenir. Que faire dans ces conditions? Selon le scénario le plus optimiste, les hommes vont brusquement arrêter de détruire l’habitat des animaux et d’éradiquer les espèces. Mais, même ainsi, les mammifères auraient besoin de 3 à 5 millions d’années pour se diversifier suffisamment afin que l’arbre de l’évolution régénère ses branches qu’il perdra les 50 prochaines années, selon les spécialistes. Grâce à son relief et à sa situation géographique, la Roumanie compte parmi les pays avec une faune encore fournie. Aussi, pour garder ce trésor, la variété des espèces qui vivent sur le sol roumain, des lois de protection de certaines espèces sont en vigueur. L’ours brun, le cerf, le chevreuil, le coq de bruyère, le lynx, le renard, le sanglier, le bison d’Europe en font partie. Mais la surprotection peut mener à une surpopulation difficilement gérable. Cela était déjà arrivé pour la population d’ours qui, selon les chiffres officiels, compterait 6.800 exemplaires, alors que les évaluations donneraient pour probable une population de 8.000 exemplaires, bien au-delà de 6.000 que la Roumanie avait déclarée devant la Commission européenne.

    L’universitaire Mircea Duţu, président de l’Université écologique de Bucarest, précise « il existe toujours un équilibre dans la nature. Lorsque cet équilibre est rompu, l’on sort de l’état naturel et l’on entre dans une situation de déséquilibre dommageable pour tout le monde, d’une part pour l’homme, de l’autre pour la biodiversité. Pour ce qui est de la situation particulière de la Roumanie, chez nous, l’ours et même le loup sont fortement connotés culturellement, et représentent de véritables symboles. On les trouve toujours à l’origine des conflits locaux, des campagnes médiatiques, de celles lancées pour la sauvegarde de l’habitat naturel. Dans une perspective européenne, il s’agit de protéger ces espèces rares et menacées. En Roumanie, l’on risque de se voir confronté à un problème différent : il s’agit du risque de la surpopulation d’une certaine espèce, ce qui menace de rompre l’équilibre écologique et avec des conséquences d’ordre économique ou sur la vie humaine. »

    L’ours constitue une espèce d’un grand intérêt communautaire, et il faut évidemment lui assurer les meilleures conditions. Pourtant, selon le professeur Dutu, ce n’est pas tant une situation de surprotection qui pourrait causer en Roumanie la surpopulation de l’espèce qu’un ensemble de facteurs. Ce qui fait que cette espèce a outrepassé la capacité naturelle qui assurait l’équilibre optimum.

    Mircea Duţu affirme « Nous sommes en période de crise. A compter de 2016, les quotas annuels n’ont plus été prélevés et l’équilibre de l’espèce a été rompu. Si on laisse la situation se dégrader, il est fort à parier que les choses vont nous échapper. Ce dont on a besoin, c’est d’une étude qui fasse l’inventaire de la population actuelle, qui détermine les causes et les conséquences de cette situation, mais qui mette aussi au point un mode d’intervention, à court, moyen et long terme, pour maîtriser le problème dans un laps de temps raisonnable. Voyez-vous, on est devant un dilemme : l’Europe entière manque d’exemplaires d’ours brun, alors que la Roumanie est confrontée actuellement à une surpopulation. Et cette surpopulation devient une menace pour l’équilibre écologique, pour l’économie et pour la population, ce qui risque de devenir une situation absurde. »

    Dernièrement, dans certaines zones de Roumanie, les ours descendent de plus en plus volontiers au milieu des villages, menaçant les biens, les animaux, voire la vie des villageois. Ces derniers se font de plus en plus pressants pour demander leur relocalisation. (Trad. Ionut Jugureanu)

  • Prévenir les accidents auxquels tombent victimes les animaux sauvages

    Prévenir les accidents auxquels tombent victimes les animaux sauvages

    Pour survivre, les ours doivent répondre au cours de leur cycle annuel à une succession de besoins précis et variés tels le besoin de se nourrir, d’hiberner ou encore de se déplacer. Du coup, il est essentiel de protéger les différents habitats qu’ils fréquentent avec une attention particulière prêtée aux corridors écologiques qui les relient. A l’heure où l’on parle, l’activité humaine et le développement social et économique ont causé un morcellement des habitats de cette espèce.

    Ces derniers mois, 3 ours ont perdu la vie dans des accidents survenus sur l’Autoroute A1 reliant la ville de Sebes à celle de Sibiu, en Transylvanie. Une réalité dramatique qui risque de se répéter puisque la route traverse un des corridors biologiques de ces grands carnassiers. Pour se sentir à l’aise, les ours ont besoin de larges habitats afin de pouvoir se déplacer librement pour trouver nourriture et abri.

    C’est pourquoi, WWF Roumanie (le Fonds mondial pour la nature) a appelé les pouvoirs locaux à prendre des mesures censées garantir aux ours un déplacement en toute sécurité. Il faudrait donc faire construire des corridors selon le modèle occidental pour que ces animaux puissent traverser l’autoroute. Ces passages devraient avoir une largeur de 120 mètres et être bien intégrés dans le paysage, pour donner aux ours l’impression de continuité de leur habitat naturel.

    Pour empêcher la faune sauvage d’accéder aux voies, des clôtures devraient être placées tout au long du tracé, affirme Cristian Remus Papp, expert des grands carnivores et de l’infrastructure écologique :«Malheureusement, tous ces incidents témoignent du fait qu’au moment où l’on a conçu cette autoroute, on a complètement ignoré les corridors écologiques fréquentés par les animaux sauvages, notamment par les ours. C’est pourquoi, à l’heure qu’il est, nous assistons à des cas tragiques, avec des répercussions sur la biodiversité. Nous espérons que tous ces incidents n’aient pas de conséquences sur les gens. L’autoroute A1 croise un corridor biologique important que les ours empruntent souvent, notamment à l’approche de l’hiver lorsqu’ils cherchent à se nourrir pour faire des réserves de graisse en vue de la saison froide. Ils se déplacent beaucoup et l’autoroute est au beau milieu de leur itinéraire. Il existe un passage par-dessous la route, mais il est trop petit pour les ours, il est plutôt adéquat pour les renards ou les chevreuils. Il est donc important de revoir aussi l’efficacité des passages déjà installés».

    Notons pour terminer que la Roumanie participe au projet Transgreen qui vise à développer dans les Carpates une infrastructure routière et ferroviaire à impact réduit sur l’environnement. Démarré l’année dernière, le projet est censé se voir mis en place le 30 juin 2019. Il est financé à hauteur de 2 millions et demi d’euros. (Trad. Valentina Beleavski)

  • Protéger ou chasser les ours des Carpates?

    Protéger ou chasser les ours des Carpates?

    Les Carpates roumaines abritent près de la moitié des grands carnivores d’Europe. Le plus grand parmi les grands est « le roi des forêts » – l’ours brun, espèce protégée dans l’UE et figurant sur la « liste rouge » des espèces menacées. Si dans de nombreux pays européens, les ours ont quitté leurs habitats naturels -détruits par l’intervention humaine – dans les forêts de Roumanie vivent encore des populations viables, mais difficiles à gérer. Depuis quelques années, les ours descendent dans les zones habitées et y provoquent des dégâts. Personnes blessées, animaux domestiques tués, cultures, bergeries et ruchers endommagés – voilà le bilan de ces visites de l’ours. Les autorités locales de plusieurs comtés des zones de montagne semblent ne pas pouvoir gérer la situation et demandent au ministère de l’Environnement d’intervenir pour résoudre ce problème.

    Pourquoi en est-on arrivé là ? Voici les explications de Cristian Papp, coordinateur du programme régional des Aires protégées menée par la branche roumaine du Fonds Mondial pour la Nature : « On en est arrivé là suite à un cumul de facteurs, dont la perte ou la fragmentation des habitats naturels de l’ours. Dans toutes les montagnes du pays des forêts sont abattues. La quantité de nourriture a également diminué, les espèces-proies sont de moins en moins nombreuses. Les fruits rouges se font eux de plus en plus rares, car on les cueille, pendant un mois ou deux chaque automne. Alors, les ours descendent dans les localités, attirés par les déchets accessibles et par les fruits des vergers. On peut pourtant parler aussi d’un changement du comportement de ces bêtes suite au management cynégétique pratiqué. Il y a des chasseurs qui nourrissent intensément l’ours pour le maintenir dans leurs fonds cynégétique. »

    L’été dernier, 12 des 18 associations de chasse du comté de Harghita ont déposé des requêtes, demandant la permission d’abattre 73 ours et 12 loups. Le feu vert a été donné pour 6 exemplaires d’ours seulement, bien que 340 dégâts provoqués par des bêtes sauvages aient été enregistrés dans ce comté, dont 80 dus aux ours. Cet automne, le ministère de l’Environnement a approuvé la capture de 140 exemplaires dangereux sur l’ensemble du pays, ce qui, de l’avis des représentants des associations de chasse, est loin d’être suffisant. Par exemple, on estime que dans le comté de Covasna, l’effectif optimal d’ours se chiffrerait à 700 exemplaires, alors que leur nombre actuel est presque double.

    Alors que les autorités locales demandent l’approbation d’urgence d’autorisations pour abattre des ours, les écologistes proposent des solutions non létales, pour protéger cette espèce. Ils rejettent le système des dérogations permettant de tuer des ours comme mesure préventive contre de nouveaux dégâts. A leur avis, le but caché de ces Associations est de pouvoir se livrer à la chasse aux trophées.

    L’écologiste Gabriel Păun : « En fait, la principale cause de cette hystérie est la chasse aux trophées. A notre avis, c’est elle qui a engendré le problème auquel nous sommes confrontés actuellement. Si l’on jette un coup d’œil en arrière, on constate que jusque dans les années ’80 – ’90, la coexistence entre l’homme et l’ours fonctionnait très bien. Lorsque l’industrie des trophées a pris racine et a commencé à se développer en Roumanie, cette coexistence est devenue un problème qui a dégénéré en hystérie. Il faut dire que cette industrie apportait avec elle des services : l’installation, à proximité des communautés locales, de points d’observation pour la chasse à l’ours. La plupart d’entre eux se trouvent dans les comtés de Covasna et Harghita, qui comptent également, selon les estimations, les plus importantes populations d’ours. Et c’est toujours là que l’on enregistre les plus grands problèmes, car les ours y ont été attirés hors des forêts, amenés à leur lisière et même s’ils ne reçoivent plus de nourriture à proximité de ces points d’observation, on est confronté à des problèmes ».

    De l’avis des écologistes, l’ours brun a besoin de vastes habitats qu’il puisse traverser sans se heurter à l’homme, par l’intermédiaire de certains couloirs de déplacement. La branche roumaine du Fonds Mondial pour la Nature a déjà mis en œuvre des projets et lancé des campagnes pour protéger les ours bruns des Carpates et leur milieu naturel.

    Cristian Papp, coordinateur du programme régional des Aires protégées : « Entre 2012 et 2014 nous avons déroulé au Maramureş, dans l’extrême nord du pays, le projet « Frontières ouvertes pour les ours des Carpates de Roumanie et d’Ukraine». Le projet visait à préserver la biodiversité et à protéger les grands carnivores de cette région, en favorisant la connectivité écologique dans les Carpates et en diminuant le risque de fragmentation des habitats. Nous avons même identifié les besoins de reconstruction écologique de ces couloirs, qui suppose une utilisation durable des ressources naturelles. Toutes nos activités de conservation vont d’ailleurs de paire avec le développement durable des communautés. D’autres projets ont visé les Carpates du sud-ouest de la Roumanie, où nous avons essayé d’identifier les zones où les habitats de l’ours étaient en danger, les zones sauvages. « Transgreen » est un autre projet en déroulement. Il s’agit d’un projet international censé offrir des solutions pour une infrastructure de transport avec un impact réduit sur l’environnement. Avec le concours des responsables, nous avançons des solutions concrètes censées assurer le développement de l’infrastructure et préserver la connectivité écologique. Il s’agit donc d’une infrastructure verte, essentielle aussi bien pour l’homme que pour les animaux. « UE Grands Carnivores » est un autre projet en déroulement. C’est un projet Life, par le biais duquel nous essayons de diminuer ces conflits entre les hommes et les carnivores. Et là aussi, nous faisons attention à la connectivité écologique, car, dans certaines zones, c’est le manque de connectivité qui détermine les conflits entre les hommes et les ours. N’ayant pas des couloirs de déplacement pour passer d’une zone à l’autre, les ours peuvent arriver dans des zones habitées et alors, malheureusement, on assiste à des accidents qui devraient être évités ».

    Les solutions proposées par les organisations écologistes sont multiples : mise en place de clôtures électriques, création d’un Service des urgences destiné aux animaux sauvages, meilleure gestion des déchets dans les localités situées au pied des montagnes. On a également proposé de transférer des ours vers d’autres zones, mais la plupart des exemplaires risquent de retourner dans les zones où ils ont été capturés.

    Cependant, le ministère de l’Environnement est en train d’élaborer un plan de gestion des effectifs d’ours, document qu’il promet de soumettre au débat public en janvier prochain au plus tard. On envisage également de procéder à un recensement des ours des Carpates, pour savoir combien nous en avons, en fait. (Trad. : Dominique)

  • A la Une de la presse roumaine 31.10.2017

    A la Une de la presse roumaine 31.10.2017

    Une fois de plus, les débats du jour
    tournent autour des salaires. L’augmentation des revenus dans le secteur public
    aura des effets négatifs, mettent en garde les représentants de plusieurs
    secteurs d’activité, qui risquent de perdre un nombre significatif d’employés.
    Par ailleurs, les attaques des ours se multiplient alors que les autorités ne
    semblent pas avoir de solution à ce problème.



  • Les ours des Carpates

    Les ours des Carpates

    Les Carpates roumaines abritent de nombreux ours. Lorsqu’ils deviennent trop nombreux et que leur population soit trop dense, les animaux quittent les forêts pour descendre dans les villes se trouvant au pied des montagnes, où, souvent, ils causent des dégâts. Chaque année, on rapporte des cas où des ours ont attaqué des bergers qui accompagnaient les troupeaux ou les personnes qui cueillaient des fruits des bois ou travaillaient leurs terres. Des fois, les ours entrent dans les fermes où ils causent de sérieux dégâts. Par exemple, l’année dernière, l’Agence pour la protection de l’environnement de Harghita (Transylvanie) faisait état de 176 attaques par les animaux sauvages, dont la plupart étaient des ours. Depuis le début de cette année, au même département de Harghita des dizaines d’animaux ont été tués et 4 personnes ont été hospitalisées après avoir affronté un animal sauvage. Si bien que les autorités locales ne disposent pas des capacités légales d’intervention et demandent l’approbation d’urgence des dérogations à la loi portant sur la capture des ours.

    Détails, avec Borboly Csaba, président du Conseil Départemental de Harghita : « La situation est très grave, non seulement à Harghita, mais aussi au départements de Covasna, Mures, Brasov, Arges et Prahova vu la croissance des effectifs d’ours. Par exemple, à Harghita, la population d’ours a augmenté de 15% par rapport à l’année dernière. L’espace ne leur suffit plus. Selon les spécialistes, un seul ours aurait besoin d’au moins 1000 hectares de forêt pour avoir une bonne vie en toute tranquillité. Par conséquent les ours descendent dans les villes, dans les rues, dans les cours des fermes, dans les champs et, malheureusement, bon nombre d’entre eux attaquent les gens. Ils tuent les animaux des fermes, détruisent les arbres fruitiers, les ruches d’abeilles. C’est donc un très grand problème. Il faudrait trouver des solutions pour contrôler ce surpeuplement. Le problème n’est pas causé par les défrichements. Au contraire, au département de Harghita, l’aire des forêts s’est élargie ces dernières années, donc le problème est d’autre nature. Nous avons demandé au Ministère de l’Environnement d’intervenir d’urgence parce que la vie de gens est en danger. »

    Voici maintenant quelques solutions proposées par les autorités de Harghita, département où les effectifs d’ours sont 4 fois plus grands que la capacité du fonds cynégétique.

    Borboly Csaba : « Il faut approuver au plus vite, par décret ministériel, les quotas d’abattage, modifier la législation, car, à l’heure actuelle, les animaux sauvages sont protégés par la loi, alors que les gens ne bénéficient d’aucun droit. Si quelqu’un est blessé ou reste avec un handicap après avoir été attaque, la loi n’offre aucun appui. Donc il faut réglementer les droits de l’homme dans le cas d’un conflit avec un animal sauvage de taille moyenne. Ce n’est pas valable uniquement pour la Roumanie, mais pour l’ensemble de l’Europe. Moi, je suis membre du Comité des Régions, où j’ai déjà avancé un rapport censé modifier la directive portant sur les espèces protégées, de sorte que le conflit entre l’homme et l’animal sauvage soit réglementé aussi par la législation européenne. Ensuite, il faudrait rembourser d’urgence les dégâts causés par ces animaux. Nous devons coordonner nos actions avec celles des associations environnementales, avec les chasseurs et les spécialistes afin de trouver des solutions viables et réelles, pour pouvoir au moins faire le décompte des ours qui vivent dans nos forêts, parce qu’à l’heure actuelle personne ne peut dire exactement combien d’ours nous avons en Roumanie. En même temps, il faut décider des mesures à prendre à l’égard des ours qui causent des dégâts. Chez nous, il n’y a pas de compensations pour les aires protégées du réseau Natura 2000. Par contre, dans d’autres pays on offre 200 euros par hectare pour que les fermiers puissent prendre des mesures de précaution. Comme vous voyez, il y a nombre de solutions à ce problème. »

    Avant de terminer, précisons aussi que les départements de Covasna, Harghita, Mureş et Braşov (en Transylvanie) réunissent plus de 80% de la population totale d’ours de Roumanie, dont la moitié est à retrouver dans les forêts des départements de Harghita et Covasna. (Trad. Valentina Beleavski)

  • 11.02.2017 (mise à jour)

    11.02.2017 (mise à jour)

    Protestations — De nouvelles protestations antigouvernementales de grande ampleur sont annoncées pour dimanche, à Bucarest, près du siège de l’Exécutif, où les participants ont l’intention de créer, ensemble, le plus grand tricolore humain — rouge, jaune et bleu — les couleurs du drapeau national. Samedi, un marathon a été organisé autour du bâtiment du gouvernement. Des protestations ont lieu quotidiennement à Bucarest et dans d’autres villes du pays depuis le 31 janvier, dirigés contre le gouvernement de gauche de Bucarest, accusé d’avoir essayé de modifier par décret d’urgence la législation pénale, dépénalisant partiellement certains délits, au bénéfice de certains politiciens. Les plus amples manifestations ont eu lieu dimanche dernier, lorsque plus d’un demi-million de personnes sont descendues dans les rues. Le même jour, le cabinet PSD-ALDE a abrogé ledit décret. Jeudi, son initiateur, le ministre de la Justice Florin Iordache, a démissionné. Il a été remplacé par intérim par Ana Birchall. Elle a annoncé qu’elle aurait une première rencontre avec les représentants du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), du Parquet national anticorruption (DNA) et de la Direction d’investigation des infractions de criminalité organisée et de terrorisme (DIICOT) ainsi qu’avec tous ceux qui ont un mot à dire dans le domaine de la Justice. Le but, c’est de trouver les meilleures solutions dans la lutte contre la corruption, mais aussi de défendre les droits fondamentaux de l’homme. D’autre part, des manifestations de soutien au gouvernement Grindeanu, et contre le président du pays ont lieu aussi depuis une semaine, mais leur ampleur est moindre. Il est reproché au président Klaus Iohannis de ne pas avoir joué le rôle de médiateur dans la crise créée.



    Statistique — Les Roumains occupent la première place d’un classement européen des dépenses mensuelles destinées aux aliments, avec près de 28% de l’ensemble, soit environ le triple de la moyenne de l’Union européenne. Selon un classement de l’Eurostat, les Roumains paient pour l’alcool et le tabac 5,7%, soit 4% de plus que la moyenne européenne. En revanche, la Roumanie occupe la dernière place au classement de l’UE en matière de dépenses pour les vêtements et les chaussures, avec 3,4%, par rapport à la moyenne européenne de 5%. Les Roumains sortent très peu dans des restaurants et des cafés, se situant à la dernière place, avec 1,1%, par rapport à une moyenne de près de 7%.



    Ours — L’organisation le Fonds mondial pour la nature (WWF Roumanie) a lancé une campagne de dons pour l’Orphelinat pour oursons des Carpates Orientales, la seule institution de ce type d’Europe, qui connaît des difficultés financières. La campagne se propose de communiquer aux Roumains du monde qu’ils peuvent adopter un ourson, donc qu’ils peuvent soutenir financièrement des soins pour cet animal, en vue de sa libération dans la forêt, au bout de deux ans. Plusieurs vedettes roumaines ont déjà adopté des oursons. WWF Roumanie attend que les citoyens fassent aussi des gestes similaires.



    Rugby — La sélection nationale de rugby de la Roumanie a perdu, de manière surprenante, contre l’Allemagne, score 38-41, en déplacement, au début de la nouvelle saison de la Coupe d’Europe de rugby. Officiellement, la campagne de qualification à la Coupe du monde 2019, au Japon, commence par ce match aussi. Cette qualification allonge la durée de la compétition européenne avec les matches aller et retour. Dans la Coupe d’Europe de rugby, la Roumanie jouera le 18 février contre l’Espagne, le 4 mars contre la Russie, rencontrera la Belgique le 11 mars et affrontera la Géorgie le 19 mars.



    Tennis – La Belgique mène la RO 2–0, après le premier jour de la confrontation de Fed Cup qui a lieu à Bucarest et compte pour le premier tour du Groupe mondial II. Monica Niculescu (36e WTA), a perdu, samedi, 2-0, devant Kirsten Flipkens (74e WTA), et Sorana Cîrstea (62e WTA), s’est inclinée devant Yanina Wickmayer (60e WTA). Dimanche, au match de simple, Niculescu jouera contre Wickmayer, puis Cîrstea rencontrera Flipkens, alors que la partie de double opposera les paires Irina Begu (29e WTA) /Patricia Tig (106e WTA) et Elise Mertens (83e WTA)/Maryna Zanevska (123e WTA). L’équipe de la Roumanie évolue sans Simona Halep, la mieux cotée dans la hiérarchie mondiale (4e WTA). La Fed Cup est la variante féminine de la Coupe Davis.

  • 11.02.2017

    11.02.2017

    Ministre — La ministre par intérim de la Justice, Ana Birchall, a annoncé qu’elle aurait une première rencontre avec les représentants du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), du Parquet national anticorruption (DNA) et de la Direction d’investigation des infractions de criminalité organisée et de terrorisme (DIICOT) ainsi qu’avec tous ceux qui ont un mot à dire dans le domaine de la Justice. Le but, c’est de trouver les meilleures solutions dans la lutte contre la corruption, mais aussi de défendre les droits fondamentaux de l’homme. Ana Birchall a précisé qu’elle n’avait pas d’agenda caché et qu’elle était ouverte à toute solution, indiquant que la décision finale devait toutefois être donnée par le Parlement. Rappelons que Mme Birchall a repris le mandat de Florin Iordache, qui a démissionné sur la toile de fond des protestations de grande ampleur engendrées par l’adoption d’un décret d’urgence, portant modification de la loi pénale. Même si le décret a été ultérieurement abrogé par le gouvernement et le ministre Iordache a démissionné, les manifestations contre le gouvernement de la coalition PSD-ALDE ont continué à Bucarest et dans d’autres villes. Des manifestations de soutien au gouvernement Grindeanu, et contre la manière dont le président du pays, Klaus Iohannis, a assuré la médiation relative au décret d’urgence entre les institutions de l’Etat ont aussi eu lieu.



    Statistique — Les Roumains occupent la première place d’un classement européen des dépenses mensuelles destinées aux aliments, avec près de 28% de l’ensemble, soit environ le triple de la moyenne de l’Union européenne. Selon un classement de l’Eurostat, les Roumains paient pour l’alcool et le tabac 5,7%, soit 4% de plus que la moyenne européenne. En revanche, la Roumanie occupe la dernière place au classement de l’UE en matière de dépenses pour les vêtements et les chaussures, avec 3,4%, par rapport à la moyenne européenne de 5%. Les Roumains sortent très peu dans des restaurants et des cafés, se situant à la dernière place, avec 1,1%, par rapport à une moyenne de près de 7%.



    Ours — L’organisation le Fonds mondial pour la nature (WWF Roumanie) a lancé une campagne de dons pour l’Orphelinat pour oursons des Carpates Orientales, la seule institution de ce type d’Europe, qui connaît des difficultés financières. La campagne se propose de communiquer aux Roumains du monde qu’ils peuvent adopter un ourson, donc qu’ils peuvent soutenir financièrement des soins pour cet animal, en vue de sa libération dans la forêt, au bout de deux ans. Plusieurs vedettes roumaines ont déjà adopté des oursons. WWF Roumanie attend que les citoyens fassent aussi des gestes similaires.



    Tennis – L’équipe de Fed Cup de la Roumanie rencontre la Belgique, en cette fin de semaine, à Bucarest, au premier tour du Groupe mondial II. Les deux premiers matchs, ceux de simple, sont prévus aujourd’hui. Monica Niculescu (36e WTA), jouera contre la Belge Kirsten Flipkens (74e WTA), et Sorana Cîrstea (62e WTA), affrontera Yanina Wickmayer (60e WTA). Dimanche, au match de simple, Niculescu jouera contre Wickmayer, puis Cîrstea rencontrera Flipkens, alors que la partie de double opposera les paires Irina Begu (29e WTA) /Patricia Tig (106e WTA) et Elise Mertens (83e WTA)/Maryna Zanevska (123e WTA). L’équipe de la Roumanie évolue sans Simona Halep, la mieux cotée dans la hiérarchie mondiale (4e WTA). La Fed Cup est la variante féminine de la Coupe Davis.



    Rugby — La sélection nationale de rugby de la Roumanie débute, aujourd’hui contre l’Allemange, sur le stade d’Offenbach sur le Main, dans une nouvelle saison de la Coupe d’Europe de rugby. Officiellement, la campagne de qualification à la Coupe du monde 2019, au Japon, commence par ce match aussi. Cette qualification allonge la durée de la compétition européenne avec les matches aller et retour. Dans la Coupe d’Europe de rugby, la Roumanie jouera le 18 février contre l’Espagne, le 4 mars contre la Russie, rencontrera la Belgique le 11 mars et affrontera la Géorgie le 19 mars.



    Météo — Le temps est particulièrement froid aujourd’hui pour cette date dans les régions à l’extérieur des Carpates et partiellement dans le centre du pays, où les températures vont généralement de –8 à –2°. Dans le reste du territoire, les températures approchent les normales de saison et vont de 0 à 7°. A Bucarest, nous avons –5°. Le ciel est variable dans les régions à l’intérieur des Carpates, mais nuageux sur le sud et l’est, où il neige faiblement par endroits.

  • Un service des urgences destiné aux animaux sauvages

    Un service des urgences destiné aux animaux sauvages

    En ce début octobre, la ville de Sibiu et notamment ses forces de l’ordre faisaient la Une de la presse roumaine. Après avoir cavalé, pendant trois heures, dans les rues, sur des toits et des places de la ville du centre de la Roumanie, un ourson âgé d’environ 5 ou 6 ans était finalement abattu par balles. Une cinquantaine de policiers, gendarmes et agents de la Direction sanitaire vétérinaire départementale avaient été mobilisés pour capturer l’animal vivant, une mission déclarée impossible après l’utilisation, sans succès, de seulement quatre projectiles tranquillisants. Une vague de protestations a suivi à travers le pays, les Roumains se déclarant scandalisés par la légèreté avec laquelle les autorités de Sibiu ont pris la décision d’abattre l’animal. Pour leur part, les autorités ont affirmé qu’aucune procédure n’existait actuellement pour gérer une telle situation de crise, à savoir l’incursion d’un animal sauvage dangereux dans une agglomération urbaine.

    Et pourtant, ce genre de cas semble se multiplier en Roumanie et notamment à Brasov, dans le centre du pays. Ironiquement, cet incident est survenu juste après le rejet, par le ministère, de l’environnement d’un projet de décret gouvernemental introduisant des quotas très élevés d’ours, de chat sauvage et de loup qui pourraient être tués au cours de l’actuelle saison de chasse. Bref, s’il entrait en vigueur, ce très controversé projet législatif aurait permis aux chasseurs d’abattre plus de 1700 animaux sauvages protégés par la loi. Pour leur part, les associations des chasseurs affirment que les animaux en question devraient être tués s’ils provoquaient des dégâts dans les communautés humaines. Vu que ces associations font le comptage des animaux et organisent des parties de chasse avec des participants étrangers pour faire des profits notables – un trophée d’ours vaut environ 8000 euros, les associations de protection de l’environnement ont proposé une révision des quotas de chasse et des solutions alternatives dans le cas des animaux protégés par la loi.

    Parmi elles, un Service des urgences destiné aux animaux sauvages, soit une organisation qui aurait pu capturer l’ourson de Sibiu sans le tuer, par exemple. Ecoutons Cristiana Pasca Palmer, ministre roumaine de l’environnement : Nous allons créer, au plus vite, immédiatement même, un service des urgences pour les animaux sauvages. En appelant le numéro unique d’urgence 112, les personnes qui ont souffert des dégâts causés par ces animaux ou celles, qui se sentent menacés, recevront l’aide d’une cellule de crise qui interviendra dans une première phase sans tuer l’animal. C’est uniquement en cas de situation grave que cette équipe peut l’abattre. Le Ministère de l’environnement pourra invoquer alors l’Article 16 de la Directive européenne Habitats et obtiendra une dérogation. C’est ainsi que nous utilisons correctement la Directive Habitats. Donc, si nous avons un problème, un seul ours peut être abattu, l’intervention est ponctuelle et vise seulement l’animal qui a produit des dégâts. Mais en même temps, nous devons mettre en page une méthodologie claire, même si elle est assez chère. Son élaboration peut couter jusqu’à 2 ou 3 millions d’euros parce qu’il faut réaliser des études génétiques. Dans un premier temps, ce service d’intervention rapide, mis en place en partenariat avec le Ministère de l’intérieur, sera doublé par un Comité de permanence au Ministère de l’environnement. Un spécialiste y sera disponible 24 heures sur 24, pour approuver une dérogation, donc pour assurer un cadre légal à une telle intervention, si besoin est. En même temps, un groupe élargi, formé d’experts, mais aussi des représentants des fermiers et des chasseurs, sera chargé de mettre à jour les conclusions d’une ancienne étude dont nous sommes, en quelque sorte, les prisonniers, a expliqué Cristiana Pasca Palmer, la ministre roumaine de l’environnement.

    Selon les chiffres officiels, environ 5 mille animaux sauvages, d’espèces protégées, soit 2374 ours, 1586 loups et 898 chats sauvages, ont été chassés en Roumanie entre 2007 et 2015, sur des dérogations établies par ordre des différents ministres de l’environnement, en vertu de l’article 16 de la Directive Habitats de l’UE. Pour ce qui est du lynx, le quota de chasse a été supprimé en 2013 et donc le nombre d’exemplaires tués entre 2007 et 2012 s’est arrêté à 120. Malheureusement, pour un certain ourson égaré dans la ville de Sibiu, l’initiative du ministère de l’environnement, de créer un service spécialisé dans la gestion des animaux sauvages, est venue un peu trop tard.

  • Le Petitjournal radio 09.02.2016

    Le Petitjournal radio 09.02.2016

    Nous revoici devant une nouvelle synthèse dactualité proposée par RRI et LPJ de Bucarest, avec Jonas Mercier, co-rédacteur en chef de lantenne roumaine de la plus importante publication en ligne destinée aux Français et aux francophones de l’étranger. Cette semaine, au menu: le débat sur lorganisation des élections municipales en Roumanie en un ou deux tours de scrutin, le changement de mission dArcub, le bras culturel de la Municipalité de Bucarest, la bouquinerie solidaire Bucabooks et larrivée prochaine de deux ours arméniens dans la réserve de Zarnesti, près de Brasov (centre de la Roumanie).






    http://www.lepetitjournal.com/bucarest

  • De nouvelles espèces animales protégées

    De nouvelles espèces animales protégées

    De nouvelles espèces animales protégées ont été inscrites sur la liste des espèces migratrices à protéger par les 120 pays signataires de la convention de Bonn, dont les représentants ont récemment participé à la conférence internationale organisée à Quito. Après six jours d’intenses négociations, la réunion mentionnée à débouché sur linscription sur cette liste de 31 nouvelles espèces migratrices de poissons, doiseaux et de mammifères. Parmi les animaux figurant sur la liste des espèces de faune sauvage protégées, on retrouve lours polaire, la grande outarde, ainsi que certaines variétés de gazelles, baleines et requins. Malheureusement, le lion africain na pas pu être intégré à cette liste, faute d’informations disponibles de la part des pays de la région.



    Avec une population estimée entre 20 et 25.000 spécimens, lours polaire vit exclusivement sur les zones côtières de lArctique, dans les régions nordiques de la Sibérie, de lAlaska, du Groenland, du Canada (qui abrite le plus grand nombre dexemplaires) et en Scandinavie. Les plus grandes menaces pour cette espèce sont liées à lactivité humaine. La pollution de lArctique est toujours plus agressive. On a découvert des pesticides et des polluants fort dangereux dans lorganisme de certaines populations dours. Laccumulation de ces substances nuisibles entraîne laffaiblissement du système immunitaire et explique la naissance dun nombre de plus en plus grand doursons présentant des défauts génétiques. Les déversements de pétrole constituent un autre grand péril. Lours qui tombe accidentellement sur une tache de pétrole mourra de froid, car cette substance a pour effet de faire perdre au pelage sa capacité thermo-isolatrice.



    Le danger le plus redoutable est sans doute représenté par le réchauffement climatique dû aux activités industrielles. Ce phénomène, qui se fait ressentir le plus aux pôles, a pour conséquence la fonte de la calotte glaciaire. Une autre retombée du réchauffement global est la dilution génétique des populations dours blancs, causée par les ours bruns. Ces dernières années, les températures ont enregistré une hausse continue et cette tendance se maintiendra. Ceci étant, les ours bruns ont étendu leur habitat vers le nord, leurs contacts avec les ours polaires sétant ainsi multipliés. Un processus dhybridation est né, vu quils sont très proches génétiquement les uns des autres. Les ours hybrides sont fertiles et présentent des caractéristiques physiologiques communs aux deux espèces. Les nouveaux exemplaires, appelés Grolaire tirent leur nom de grizzly et de polaire et sont chassés en général au Canada et en Alaska.



    Loutarde sera désormais protégée elle aussi. Cet oiseau, à la plus grande taille parmi ceux des plaines dEurope, a disparu suite à la chasse et à lindustrialisation de lagriculture. En Roumanie, loutarde vivait notamment dans la plaine du Bărăgan et les steppes de la Dobroudja, dans le sud-est. Cest au début des années 80, à Călăraşi, dans le sud du pays que lon a observé pour la dernière fois une outarde. A cette époque-là, les ornithologues avaient déclaré cette espèce comme officiellement éteinte, en raison de la chasse excessive. Entrée en vigueur en 1983, la Convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage stipule que les Etats signataires doivent protéger les espèces qui vivent à l’intérieur ou qui traversent leurs territoires respectifs. La prochaine conférence de cette Convention se tiendra en 2017 aux Philippines. (trad. Mariana Tudose)

  • La campagne «Appréciez la nature»!

    La campagne «Appréciez la nature»!

    En Roumanie, les Carpates abritent une des populations de loups, ours, chamois et lynx les plus nombreuses d’Europe. La Roumanie est d’ailleurs le seul pays européen à couvrir 5 régions biogéographiques, sur les 11 identifiées sur le continent. N’empêche. Les aires protégées des Carpates sont sous-financées. Selon une étude élaborée par la Régie Nationale des Forêts en partenariat avec le Fonds Mondial pour la Nature, les 25 prochaines années, la Roumanie risque de perdre près de 9 milliards d’euros, en l’absence de mesures en vue d’une meilleure gestion des aires protégées. L’étude a été réalisée dans le cadre d’un projet visant à accroître le financement du système d’aires protégées des Carpates, mis en place par le Programme des Nations Unies pour le développement. Selon cette étude qui repose sur des données et des chiffres recueillis dans 5 parcs pilotes, les aires protégées représentent un bien économique important et productif, mais le sous-financement peut entraîner un déclin de la biodiversité et la perte d’importants bénéfices pour l’économie du pays.



    Et c’est toujours dans le cadre de ce projet qu’a été lancée la campagne « Appréciez la nature » qui appelle à la protection de la nature et à un meilleur financement de ce secteur. Dragos Mihai, chef service Aires protégées dans le cadre de la Régie nationale des forêts Romsilva : « On estime que la diversification des sources de financement est un but à défendre à l’avenir aussi. Il est difficile pour un seul financeur d’assurer les montants nécessaires à une gestion adéquate de ces aires protégées. En 2014, hormis les sources de financement provenant de Romsilva, et destinées aux 22 administrations sur un total de 29 à l’heure actuelle, on considère comme utile le financement par le gouvernement roumain d’une partie des besoins dans ces aires protégées. De même, on s’attache à convaincre le secteur privé d’accorder une attention accrue et en même temps un appui financier à la gestion de ces zones. Et ce justement parce qu’une partie de leurs recettes est due à la bonne gestion et à la conservation de la nature dans les régions concernées ».



    Romsilva investit chaque année près de 3 millions d’euros dans la gestion des 22 aires et parcs naturels, soit 2 millions de moins par rapport au montant nécessaire. Selon la Fédération des Patronats du Tourisme et des services, les aires protégées de Roumanie ont un potentiel incroyable et pourraient entraîner des recettes substantielles si une taxe d’accès y était mise en place. Bien qu’elles ne bénéficient pas de promotion, ces aires accueillent chaque année près de deux millions de touristes. Les auteurs de l’étude affirment que les opérateurs économiques qui déroulent des activités dans le domaine touristique ou celui des eaux minérales devraient faire leur devoir envers les ressources qui permettent à leurs affaires d’exister. Par exemple, une partie des fonds obtenus par un tour opérateur pourrait être investie dans l’infrastructure nécessaire à la visite de l’aire protégée ou encore dans sa promotion.



    D’autre part, une partie des fonds nécessaires à la conservation des espèces d’intérêt communautaire pourrait être assurée par le budget de l’Etat ou à travers des projets financés par le Fonds destiné à l’environnement, opine le chef service Aires protégées, Dragos Mihai: «La Roumanie doit rendre compte périodiquement du statut de conservation des espèces d’intérêt communautaire et des habitats. La Roumanie a pris cet engagement et c’est pourquoi je pense qu’un certain montant du budget de l’Etat pourrait être alloué à ce secteur. De même, les projets sont très importants mais ils visent pour la plupart des aspects ponctuels de surveillance d’une espèce, d’un habitat, d’identification de l’aréal d’une espèce à l’intérieur d’une aire protégée. »



    Plusieurs ressources issues de mécanismes de financement internationaux, en l’occurrence le Fonds Global de l’Environnement, sont arrivées en Roumanie à travers le PNUD, fait savoir la directrice des programmes PNUD Roumanie, Monica Moldovan. Le Fonds Global d’environnement est le mécanisme financier de plusieurs conventions des NU sur l’environnement, dont celle sur la biodiversité. Monica Moldovan : « Ce projet est une suite naturelle du partenariat avec la Régie des forêts, Romsilva, et le ministère de l’Environnement. Ce partenariat a commencé il y a plus de 8 ans. Plusieurs initiatives et projets ont vu le jour dans certains parcs nationaux et naturels. L’occasion de tester plusieurs mesures que nous mettons à présent en œuvre à l’échelle nationale. En 2007-2008 on a procédé à une évaluation économique des services dans les écosystèmes du Parc national les Monts Macinului et du Parc naturel les Monts Maramures. A présent on se propose d’aller plus en profondeur et d’élargir notre travail à l’échelle nationale. De même, on souhaite partager les résultats obtenus avec d’autres pays carpatiques. L’actuel financement des aires protégées assure seulement la moitié des besoins des parcs gérés par la Régie nationale des forêts. Or, les sources de financement devraient être doubles, voire triples ».



    La campagne «Appréciez la nature» s’ouvrira sur une action de marketing direct destinée aux parlementaires et aux membres du gouvernement, lesquels pourraient mettre en place des solutions pour la diversification des sources de financement de ces zones. Et c’est toujours dans le cadre de cette campagne qu’a été lancé le site www.punepretpenatura.ro contenant entre autres des informations sur la législation en vigueur… (trad. : Alexandra Pop)


  • Protection des ours – la réserve “Libearty” de Zărneşti

    Lours brun européen est une espèce strictement protégée par la Convention de Berne. Bien que la Roumanie ait ratifié cette convention en 1993, cest seulement depuis 2005 que le fait de tenir en captivité un ours capturé en milieu sauvage est considéré comme un acte illégal. Cest toujours en 2005 que la Société mondiale pour la protection des animaux (WSPA) a rejoint lAssociation roumaine « Un million damis » dans ses efforts de créer à Zărneşti la réserve Libearty destinée aux ours. Cétait le début dune démarche visant à mettre un terme à la captivité illégale de ces animaux et à leur vie dans des conditions inadéquates.



    Cette réserve est devenue réalité. Elle se trouve au pied des Carpates Méridionales, non loin de la ville de Braşov. Liviu Cioineag, son manageur, nous la présente: « Le sanctuaire des ours de Zărneşti est le plus grand au monde comme superficie et le deuxième parmi les plus peuplés. Cette réserve couvre 70 hectares boisés ; 75 ours y vivent dans leur milieu naturel, ils bénéficient de plusieurs piscines, de nourriture qui leur est offerte deux fois par jour et ils sont même gâtés, de temps en temps : cest que nous avons des ruches dans ce sanctuaire et nous avons notre propre production de miel dont nous nourrissons les ours. En été, ils se voient offrir beaucoup de fruits – notamment des pastèques et des raisins. Nous appelons ça un séjour formule « tout compris », pour les ours qui, avant darriver ici, ont eu une vie bien triste et pleine de souffrance, captifs dans des espaces étroits, presque sans eau et sans nourriture. Le matin, cest le buffet suédois : on leur jette la nourriture par dessus la clôture. Après, ils se baignent dans la piscine et prennent aussi un bain de soleil. Dans laprès-midi, ils font leur sieste à lombre des chênes. Cette réserve a une importance particulière, car elle témoigne du niveau que la protection des animaux peut atteindre en Roumanie.»



    Chaque ours de la réserve de Zarneşti a sa propre histoire, mais elles sont toutes tristes. On est ému et heureux de les rencontrer. Et il est vrai quon peut leur rendre visite, pourtant, puisque cette réserve nest pas un zoo, il faut sinscrire à lavance. Liviu Cioineag explique: « Puisque cest le plus grand sanctuaire dours bruns dEurope, nous avons décidé de donner aux gens la chance de connaître lhistoire de ces ours et dapprendre des erreurs du passé, pour ne plus les répéter. Aussi, au mois daoût, la réserve est-elle ouverte aux visiteurs, qui sont toujours accompagnés par un guide. Au début de leur visite, nos hôtes se voient proposer un film documentaire sur la construction de ce sanctuaire et sur les souffrances que ces animaux ont subies. Le film présente également la manière dont lAssociation « Un million damis » sy prend pour sauver les ours bruns vivant en captivité en Roumanie. Ensuite, les visiteurs montent dans un petit train qui leur facilite laccès à ce milieu sauvage, propre aux forêts de montagne. Nos guides leur racontent lhistoire de ce sanctuaire ou celle de nos amis velus. »



    Considérée, par beaucoup de spécialistes, comme la meilleure réserve au monde destinée aux ours bruns, la réserve de Zărneşti a accueilli un grand nombre de bêtes après ladhésion du pays à lUE, lorsque beaucoup de zoos, qui noffrait pas aux animaux les conditions exigées par la législation, ont été fermés. (trad. : Dominique)