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  • Récompenses internationales pour un film documentaire roumain

    Récompenses internationales pour un film documentaire roumain

    Le film documentaire Pentru mine tu ești Ceaușescu/You
    Are Ceauşescu To Me/Pour moi, tu es Ceauşescu, du réalisateur roumain Sebastian Mihăilescu, a reçu, à la fin
    de l’année passée, des prix festivali
    ers importants : celui du meilleur
    film d’Europe centrale et orientale et celui de la meilleure photographie au
    Festival international du film documentaire de Jihlava, en République Tchèque,
    ainsi que le prix du meilleur premier long-métrage (New Talent Award) au Festival
    DocLisboa, au Portugal. Le jury du festival de Jihlava a motivé son choix par
    « la manière ludique dont le film recrée l’histoire de la Roumanie en
    utilisant la méthode de la reconstitution historique et en analysant ceux qui
    l’interprètent, dans une narration basée sur l’autoréflexion. ».


    Pentru
    mine tu ești Ceaușescu
    est un mélange expérimental de documentaire et de
    fiction, qui veut découvrir la motivation des actions du jeune Nicolae
    Ceaușescu, le dernier dictateur roumain et le chef de la République socialiste
    de Roumanie depuis 1967 jusqu’à la chute du régime communiste, le 22 décembre 1989.
    Dans le film expérimental de Sebastian Mihăilescu, des jeunes entre 15 et 22 ans,
    de milieux sociaux différents, participent à un casting pour le rôle de Nicolae
    Ceaușescu dans sa jeunesse des années 1930. Les adolescents prennent la pose
    imitant les photos d’archives, transformant en fiction des documents officiels
    et interagissant les uns avec les autres. Ils se rapportent à Nicolae Ceaușescu
    comme à un personnage fictif, sans idées préconçues et en s’appropriant ses
    caractéristiques en fonction de leurs passions, à travers les clichés véhiculés
    par le cinéma commercial.

    Le réalisateur Sebastian Mihăilescu explique: « Je voudrais souligner
    le fait que le personnage de mon documentaire n’a pas beaucoup de points
    communs avec le personnage historique Nicolae Ceaușescu. Celui-ci m’a tout
    simplement servi de prétexte, dans le sens d’avoir choisi de recourir à un
    personnage à la fois caricatural et iconique, à l’exemple du leader communiste
    chinois Mao Zedong et ses portraits réalisés par Andy Warhol – c’est un personnage
    sur lequel tout le monde a une opinion, même si on ne connaît pas beaucoup de
    choses sur lui ou même si on n’a pas
    connu la vie sous un régime communiste. Moi, j’ai eu la chance de collaborer
    avec un historien, ce qui m’a donné accès au dossier sur le jeune Ceaușescu de
    la Sûreté de l’État, le service secret de la Roumanie jusqu’au 13 novembre
    1940. Lorsque j’ai eu l’idée de faire ce film, j’avais en tête de montrer Nicolae
    Ceaușescu comme un personnage iconique, que nous pensons tous connaître, mais
    que nous tous ignorons en fait. Et, puisqu’il m’a été impossible d’imaginer un
    quelconque acteur interpréter ce rôle, j’ai eu l’idée d’un portrait collectif
    et j’ai choisi de m’arrêter sur la période de la vie de Ceauşescu d’avant 1945,
    quand il faisait de la politique dans l’illégalité, quand il est passé par la
    prison. J’ai trouvé que cette période était plus intéressante pour mon film,
    surtout qu’il n’existe pas du matériel filmé avec Ceaușescu dans les archives,
    puisqu’à l’époque, il ne présentait aucun intérêt. Mon défi a été de créer des
    images qui n’existent pas en réalité et de lancer cette interrogation sur la
    possibilité qu’un film construit à partir de cette idée puisse contenir un
    petit bout de vérité. J’ai pensé que le casting d’interprètes aussi jeunes que Ceaușescu
    à cette époque-là pourrait me permettre d’approcher la vérité. J’ai donc
    cherché des jeunes de milieux sociaux différents, plus éduqués, moins éduqués,
    des jeunes qui ont abandonné l’école avant le collège, tout comme Ceaușescu, mais aussi des gens qui ont
    continué leurs études. Par ce casting, j’ai essayé de voir si je pouvais
    trouver le jeune Ceaușescu, mais j’ai aussi essayé de me rendre compte quelle
    serait la graine du futur dictateur, la graine du mal, découvrir quand et
    comment un être humain change, ce qui se cache dans un homme tellement
    controversé. »




    La distribution du film Pentru mine tu ești Ceaușescu/You
    Are Ceauşescu To Me/Pour moi, tu es Ceauşescu
    , du réalisateur roumain Sebastian Mihăilescu, rassemble des
    acteurs professionnels et des non-professionnels. Le documentaire est produit
    par la maison de production Wearebasca, avec le soutien du Centre national de
    la cinématographie et de la Société roumaine de télévision. Sebastian
    Mihăilescu (né en 1983) est diplômé de l’Université d’art théâtral et
    cinématographique « I.L. Caragiale » (promotion 2013), où il a aussi
    fait un master. Son
    film de fin d’études, Appartement de
    l’entre-deux-guerres, dans une magnifique zone, ultra-centre-ville
    , (court-métrage
    sur un scénario de Sebastian Mihailescu et Andrei Epure, produit par la
    société de production HiFilm) a été présenté en première à l’édition 2016 du
    Festival international du film de Locarno – Pardi di Domani Competition. (Trad.
    Ileana Ţăroi)