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  • Les ours… caméramans

    Les ours… caméramans

    Une nouvelle
    campagne pour la protection des grands carnivores a été mise en place, fin
    novembre, en Roumanie. Lancée par la filiale locale de World Wildlife Fund (soit
    le Fonds mondial pour la nature ou WWF) et ses partenaires, dans le cadre du
    projet LIFE# EuroLargeCarnivores, la campagne a permis aux passionnés de nature
    de suivre sur les réseaux sociaux des images filmées du point de vue de
    l’animal dans son milieu naturel. Tout cela grâce à des caméras embarquées dont
    les ours ont été équipés.




    Gavril Marius Berchi, manager de projet chez
    WWF Roumanie, raconte : « Cette
    idée nous est venue après avoir constaté qu’en fait, on connait très peu sur le
    comportement social des ours, vu les difficultés qu’une telle recherche
    implique, notamment à long terme. C’est donc grâce au Projet européen de
    gestion des grands carnivores EuroLargeCarnivores que l’on s’est proposé d’en
    apprendre davantage. On a donc équipé trois ours de trois caméras embarquées.
    Il s’agit d’un mâle de 4 ans qui a été expatrié dans les Monts Călimani, après
    avoir constaté sa présence aux abords de la ville de Târgu Mureş. Et puis, de
    deux autres oursons, un mâle et une femelle, âgés d’un an, un an et demi et qui
    vivent dans le Centre pour les ours orphelins Bear Again du département de
    Harghita. »










    Qu’est-ce que
    les chercheurs ont découvert une fois récupérés les colliers GPS dotés de
    caméras ? Gavril Marius Berchi, chef de projet chez WWF Roumanie : « On a observé que même orphelins, les
    oursons se débrouillent tout seuls. Ils socialisent les uns avec les autres et
    vivent ensemble. Une fois relâchés dans la nature, ils continueront à rester
    ensemble une période avant de se séparer et devenir solitaires. Dans le cas du
    troisième ours, l’adulte, un aspect très important à signaler fut le constat
    que cet exemplaire a parcouru une distance très grande de presque 500
    kilomètres, à travers la Roumanie et il n’est jamais revenu sur les lieux d’où
    on l’a pris. »






    En fait, aux
    dires de Gavril Marius Berchi, force est de constater que dans le cas des
    grands carnivores, une fois déplacés, ils ne reviennent plus là d’où ils sont
    partis. En plus, ils peuvent parcourir de grandes distances dans très peu de
    temps, ce qui rend leur gestion encore plus difficile.






    Gavril Marius
    Berchi : « Les données recueillies
    nous ont permis de constater que l’ours avait détruit plusieurs ruchers. Il
    s’était déplacé sur plus de 500 kilomètres à travers la Roumanie avant de
    passer en Ukraine où la connexion s’est interrompue. Les seuls dégâts qu’il ait
    fait furent quelques ruchers, aussi bien en Roumanie qu’en Ukraine. »



    On ne saurait
    dire si c’est suite à un problème de caméra ou si c’est parce que l’ours est tombé
    victime des braconniers que les données recueillies à la fin par les
    écologistes se sont avérées insuffisantes.






    Une chose est certaine
    : des informations manquent toujours, affirme Gavril Marius Berchi : « A part les données en rapport
    avec leur organisation sociale et leur comportement, on aurait bien aimé en apprendre
    davantage sur les différents habitats des ours, sur les territoires transités,
    les routes empruntées, les barrières qu’ils doivent surmonter et surtout, sur
    la confirmation de la fonctionnalité de certains corridors écologiques. Tout
    cela parce qu’on a des projets qui se proposent ou qui se sont proposé d’identifier,
    dans les Carpates, de possibles corridors écologiques et on voudrait savoir
    lesquels d’entre eux seraient fonctionnels. Un autre aspect tout aussi
    important serait l’interaction des ours avec d’autres espèces, tout comme leur
    présence auprès des villages. Eh bien, toutes ces données, nous, on aurait dû
    les collecter grâce à l’ours perdu en Ukraine. On aurait aimé en savoir
    davantage sur sa présence, près des villages, si c’était le cas. »







    En tant qu’omnivores, les ours sont attirés par les endroits où l’accès
    à la nourriture est facile, notamment dans les zones peuplées, où la gestion
    des déchets est déficitaire. Souvent, ils sont obligés de chercher de la
    nourriture ailleurs à cause de l’exploitation exhaustive des ressources
    naturelles au sein de leur habitat (par exemple cueillette des champignons ou
    des fruits des bois). Par conséquent, les ours sont perçus comme un danger pour
    la population.






    Et vu que l’on est en pleine période des fêtes de fin d’année, WWF
    Roumanie nous propose d’offrir un cadeau plutôt spécial : une peluche
    représentant un animal protégé, dont le rachat équivaut à un don pour la
    protection des animaux sauvages de Roumanie.






    Gabriel Marius
    Berchi, manager de projet chez WWF Roumanie, ajoute : « La
    conservation demande des ressources financières importantes. Pour certaines
    activités nous ne réussissons pas toujours à couvrir le nécessaire. Par
    conséquent, en achetant une peluche, vous recevez l’animal préféré sous forme
    de jouet, et nous recevons le don qui nous permet de couvrir certains coûts
    (pour protéger les animaux). »







    Quant
    aux deux bébés ours de la campagne dont nous venons de parler, au printemps,
    ils retrouveront la vie en liberté, dans les forêts des Carpates. (Trad. Ioana
    Stancescu, Valentina Beleavski)