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  • La révolution roumaine, 35 ans après

    La révolution roumaine, 35 ans après

    Changement de cap, changement de paradigme

     

    L’on parle souvent d’un changement de paradigme lors d’un changement de cap dans le leadership d’un pays. Ce fut ainsi le cas lors de l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche au mois de novembre passé. Mais les vrais bouleversements sont rares, rabattent les cartes et touchent des espaces géostratégiques étendus. Ce fut ainsi le cas de l’année 1989 en l’Europe centrale et de l’Est. Et, en effet, 1989 fut l’année qui a vu le raz-de-marée anticommuniste ébranler les régimes communistes polonais, hongrois, est-allemand, tchécoslovaque, bulgare et roumain. Des régimes qui se sont écroulés, de manière pacifique ou violente, tel un château de cartes. Le cas de la Roumanie se distingue entre tous par la violence et par le nombre de victimes qui a été nécessaire pour chasser de pouvoir un régime unanimement honni.

     

    La Révolution Roumaine, la voie vers la démocratie

     

    Moment fondateur de la Roumanie contemporaine, la Révolution roumaine du mois de décembre 1989 ne cesse depuis de faire débat et de susciter nombre d’interrogations. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : son héritage, éminemment positif, a projeté la Roumanie comme partie indissociable du monde occidental d’aujourd’hui, membre de l’OTAN, de l’UE, et récemment de l’espace Schengen. La hausse du niveau de vie enregistrée ces dernières décades ne peut pas non plus être dissociée de l’héritage de cette révolution du mois de décembre 1989. Une réussite donc qui n’aurait pas été toutefois possible en l’absence du sacrifice de ces martyres qui, en affrontant les balles du régime, l’ont rendue possible.

     

    Une longue période de transition

     

    L’historien Virgiliu Țârău, professeur à l’université Babeș-Bolyai de Cluj, s’est penché sur ce moment fondateur de la Roumanie d’aujourd’hui mais aussi sur la longue période de transition qui s’en est suivie :

    « La période communiste s’est étendue sur 45 ans en Europe de l’Est. Dans 10 ans nous aurons parcouru un laps de temps similaire, la période d’après. Il faut se rendre à l’évidence : cette période de transition post-communiste nous semble longue et brève à la fois. Le changement de régime s’est accompli en quelques jours. Mais la période de la transition postcommuniste, cette période de réadaptation au régime démocratique, au capitalisme, nous semble longue, inégale, complexe, très diverse dans ses expressions, aux niveaux national et régional. Sortir du marasme économique, social, culturel et politique dans lequel le communisme nous avait plongé ne s’est pas accompli sans peine. Intégrer les nouvelles normes, les nouveaux systèmes de valeur a été un processus couteux et laborieux. Aussi, si le changement de régime a été rapide, le processus de transition fut épuisant. Il nous faut prendre du recul, et tenter de comprendre ce processus dans son ensemble ».    

     

    1989 en Europe

     

    La révolution roumaine du mois de décembre 1989 s’est inscrite dans le changement plus ample qui a ébranlé le monde communiste et en particulier l’Europe centrale et de l’Est cette année-là. Virgiliu Țârău :

    « L’année 1989 a changé la face du monde et a bouleversé les équilibres d’avant. L’on parle de cette année comme de l’année du changement, de l’année qui a vu l’Est de l’Europe abandonner le système politico-économique adopté sous la pression soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce fut l’année de la chute du mur de Berlin, de la réunification allemande, qui ne faisait que préfigurer la réunification européenne qui aura lieu quelques années plus tard. Une Europe politique et économique qui allait s’étendre dorénavant depuis le Portugal et jusqu’aux Etats baltes. Une Europe qui allait aider à dépasser le manichéisme de la guerre froide et ouvrir grande la porte du processus de globalisation. »  

     

     Un régime renversé par la violence

     

    Dans son analyse de l’année 1989, l’historien britannique Timothy Garton Ash détaille la manière dont les régimes communistes d’Europe centrale et de l’Est ont été remplacés, le plus souvent de manière pacifique, plus rarement, et c’est le cas de la Roumanie, par des mouvements révolutionnaires qui ont dû affronter la violence du régime. Virgiliu Țârău :

    « Timothy Garton Ash fait la distinction entre le renversement pacifique des régimes communistes et le renversement violent, sous la pression de la rue, seule en mesure d’écarter finalement les élites communistes au pouvoir en Allemagne de l’Est, en Tchécoslovaquie et, surtout, en Roumanie. Les vieux leaders communistes de ces pays, soit l’Allemand Honecker, le Tchécoslovaque Husak et le Roumain Ceaușescu, se sont démarqué des autres par leur cécité politique et par l’absence de toute disponibilité au dialogue aussi bien à l’intérieur du parti communiste qu’avec les forces d’opposition. Certes, pour beaucoup, la chute des régimes communistes en Europe de l’Est a été assimilée à la chute du mur de Berlin. Mais la manière dont cela s’est déroulé sur le terrain dans chaque pays a été à chaque fois différente. »  

     

    Des régimes révolus

     

    Que ces régimes eussent été renversés de manière pacifique ou violente, une chose est sûre : leur temps avait passé. Virgiliu Țârău :

    « Au-delà de la compétition d’influence entre les grandes puissances, au-delà des jeux géostratégiques, les régimes communistes se sont effondrés par implosion. Les leaders communistes se sont avérés incapables de gérer un système de plus en plus corrompu, de plus en plus dysfonctionnel. Régime illégitime par excellence, le communisme s’est vu trahir par ceux-là même qui administraient sa destinée, technocrates et apparatchiks confondus. L’absence de vision et de perspectives, l’état délétère auquel le communisme a condamné les sociétés qu’il gérait a mené ces régimes dans une voie de garage d’où, pour sortir, la seule issue possible était l’abandon du communisme et un changement de paradigme radical. »    

     

    La révolution roumaine de 1989 s’inscrit dans le mouvement plus large de l’implosion des régimes communistes en Europe centrale et de l’Est. 35 années plus tard, des sociétés ouvertes, démocratiques et prospères ont supplanté les sociétés moroses, tristes et policières d’autrefois. (Trad Ionut Jugureanu)

  • 08.04.2019

    08.04.2019

    Drogues – Plusieurs paquets de cocaïne ont été découverts samedi et dimanche sur les plages roumaines, à proximité de plusieurs stations du littoral roumain de la Mer Noire. Ces drogues font partie d’un transport pesant environ une tonne, découvert il y a deux semaines à Tulcea (sud-est), lorsque la chaloupe qui les transportait s’est renversée. Ces derniers jours, plus de 300 policiers, gendarmes et plongeurs appuyés par 14 embarcations et deux hélicoptères, ont participé à une vaste opération de saisie de drogues sur les 90 kilomètres du littoral roumain. La police a l’intention de poursuivre l’opération de recherche des paquets de drogue, invitant les personnes qui trouvent de tels colis à ne pas les ouvrir et à annoncer tout de suite les autorités. De même, ces drogues sont extrêmement dangereuses, vu leur une concentration très forte, de plus de 90%, a mis en garde la police. Jusqu’ici 131 kilos de drogues en provenance d’Amérique du Sud ont été dépistés et confisqués par la police roumaine.

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    Révolution – Le procureur général de la Roumanie, Augustin Lazar, a fait savoir aujourd’hui que la Section des Parquets militaires a présenté aux juges réquisitoire du dossier de la Révolution anticommuniste roumaine de décembre 1989. Un dossier qui compte plus de 3000 pages, a précisé M Lazar, présentant publiquement les excuses du Ministère public pour la durée excessive de l’enquête, soit une trentaine d’années. Le dossier met en examen l’ancien président Ion Iliescu et l’ancien vice premier ministre Gelu Voican Voiculescu, qui sont accusés de crimes contre l’humanité. Les faits auraient été commis juste après la chute du régime, entre le 22 et le 31 décembre 1989, lorsque les trois personnes mentionnés détenaient des fonctions au Conseil du Front du Salut National, un organisme qui avait repris à l’époque le pouvoir exécutif et législatif. Rappelons que le bilan officiel de la révolution anticommuniste de Roumanie fait état d’un millier de morts et de 3 milliers de blessés, la plupart après chute du régime de Nicolae Ceausescu. Précisons aussi que la Roumanie est le seul pays de l’Europe Centrale et de l’Est où le passage du communisme à la démocratie s’est fait par la violence extrême.

    Motion – Le Sénat de Bucarest doit débattre et voter aujourd’hui la motion simple déposée par le Parti National Libéral (PNL) et l’Union Sauvez la Roumanie (USR), les deux d’opposition, contre le ministre de la Justice, Tudorel Toader. Les signataires du document affirment que les tensions survenues au sein du système judiciaire ne peuvent être apaisées que par le départ du ministre. De même, l’entrée en vigueur des modifications du Code pénal et du Code de procédure pénale, par décret d’urgence, affecte le système judiciaire de Roumanie et serait en total désaccord avec les recommandations des institutions européennes, accuse encore l’opposition. Notons que le 20 mars, la Chambre des députés avait rejeté une autre motion de censure contre le même ministre. Justice – Le chef du Sénat de Bucarest, Calin Popescu Tariceanu, attend aujourd’hui la sentence définitive de la Haute Cour de Cassation et de Justice dans un dossier où il est accusé de faux témoignage et où il a déjà été acquitté en première instance. Le 25 mars dernier, un procureur anticorruption avait demandé que le dossier soit rejugé. Pour sa part, Calin Popescu Tariceanu a qualifié l’enquête de « coup monté ». En mai 2018, le tribunal avait acquitté M Tariceanu, vu qu’il avait été auditionné seulement en tant que témoin par la DNA, malgré les suspicions d’évasion fiscale qui planaient autour de lui. De même, selon la DNA, dans l’enquête sur la rétrocession illégale d’une superficie de forêt et d’une ferme, M Tariceanu aurait fait, sous serrement, des déclarations qui ne correspondaient pas avec la vérité concernant des aspects essentiels du dossier. Cela aurait mis en difficulté la mise en examen des inculpés, accusent aussi les procureurs anticorruption.

    Rroms – La Journée internationale des Rroms est marquée chaque année, le 8 avril. Dans son message transmis à cette occasion, le président roumain Klaus Iohannis affirme que cette journée est une opportunité de condamner fermement les manifestations racistes et celles qui marginalisent les membres de cette ethnie. Cette date sera un vrai jour de fête, au moment où l’émancipation économique, sociale et culturelle des Rroms portera ses fruits. A son tour, la première ministre roumaine, Viorica Dancila, a mentionné la contribution importante de citoyens d’ethnie rrom sur le développement de la société roumaine. Le ministère des Affaires Etrangères de Bucarest souligne de son côté qu’un des objectifs de la présidence roumaine du Conseil de l’UE est de stimuler la solidarité et la cohésion sociale, par la promotion des politiques de lutte contre la discrimination, contre l’intolérance et contre la xénophobie. Selon le site du PE, les Rroms forment la minorité ethnique la plus importante d’Europe qui réunit quelque 10 millions de personnes et ils sont souvent victimes de différentes formes de discrimination et d’exclusion sociale. Selon le recensement de 2011, la Roumanie comptait officiellement plus de 620.000 personnes d’ethnie rrom, soit 3% du total de la population.

    CAE – Le ministre roumain des Affaires Etrangère, Teodor Melesanu, participe aujourd’hui, à Luxembourg, à la réunion du Conseil Affaires Etrangères. A l’agenda des discussions l’on retrouve des sujets d’actualité, tels la situation en Afghanistan ou le Partenariat Oriental. Lors d’un déjeuner informel, les chefs des diplomaties européennes échangeront aussi que les récentes évolutions au Venezuela, lit-on dans un communiqué du ministère roumain des AE.

    Exercice – Les Forces navales roumaines participent jusqu’au 13 avril au plus grand exercice naval multinational, dans les eaux territoriales de la Roumanie et dans les eaux internationales de la Mer Noire. Intitulé «Sea Shield 19», il réunit 14 navires roumains et 6 navires de Bulgarie, Canada, Grèce, Pays-Bas et Turquie. Plus de 2000 militaires effectueront des procédures de lutte contre les menaces subaquatiques, de surface et aériennes, adaptées à la typologie des menaces sécuritaires dans la région de la Mer Noire. Le scénario simule une opération de réponse à la crise sous mandat d’une Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU. Y participent également le Groupe naval permanent de l’OTAN qui est opérationnel en Mer Noire. Le chef d’Etat-major des Forces navales roumaines, le vice-amiral Alexandru Mîrşu, a précisé que « Sea Shield 19 » ne saurait être considéré comme un exercice provocateur. L’OTAN s’inquiète des actions militaires de la Russie dans la région, qu’elle qualifie de significatives et de continues. L’Alliance a d’ailleurs renforcé sa présence en Mer Noire, de 80 à 120 jours par an, alors que le Groupe permanent de lutte contre les mines, témoigne de l’engagement de celle-ci de protéger le flanc est, de prévenir les conflits et de maintenir la paix dans la région.

    Lutte – Bucarest accueille du 8 au 14 avril le Championnat d’Europe de lutte libre et gréco-romaine. Y participent plus de 600 sportifs de 40 pays, dont 30 sportifs de Roumanie. C’est pour la 2e fois que la Roumanie organise cette compétition, après l’édition de 1979.

    Par ailleurs, la Roumaine Elena Andries a remporté trois médailles d’or au Championnat d’Europe d’haltérophilie de Géorgie, à la catégorie des 49 kilos. Dans la même compétition, la Roumanie a décroché 2 médailles de bronze, grâce à Cosmina Pana (catégorie de 45 kilos) et Cristian Marian Luca (catégorie de 55 kilos). 14 sportifs roumains participent à Batoumi, au Championnat d’Europe d’haltérophilie, qui leur offrira la chance d’accumuler des point en vue de la qualification au JO de Tokyo de 2020.

    Météo – Le ciel est partiellement couvert aujourd’hui à l’intérieur de l’arc des Carpates, où des pluies éparses sont signalées. Le ciel est couvert aussi sur le sud et l’est, où les températures approchent la normale saisonnière, avec des maxima qui iront de 13 à 23 degrés. 11 degrés, un temps morose et de la pluie à midi à Bucarest.