Tag: Bessarabie

  • « Une vie roumaine. Tania Ionaşcu, ma grand-mère de Bessarabie », un livre par Cristian Mungiu

    « Une vie roumaine. Tania Ionaşcu, ma grand-mère de Bessarabie », un livre par Cristian Mungiu

    Le réalisateur Cristian Mungiu est connu dans le monde entier pour ses films qui ont mis la Roumanie et la nouvelle vague du cinéma roumain sur le devant de la scène. Il est sans doute célèbre pour avoir décroché en 2008, au festival de Cannes, la première et jusqu’ici la seule Palme d’or de la Roumanie pour son film « 4 mois, 3 semaines et 2 jours ». Après de nombreux succès cinématographiques, en 2023, Cristian Mungiu a surpris son public en se dévoilant en tant qu’écrivain. Son premier roman « Tania Ionașcu, bunica mea. O biografie basarabeană » raconte une histoire de famille très touchante, celle de sa grand-mère maternelle avec laquelle il entretenait une relation privilégiée. La traduction « Une vie roumaine. Tania Ionaşcu, ma grand-mère de Bessarabie », a été lancée au printemps 2024 à Paris et à l’automne 2024 à Bucarest, à la librairie française Kyralina, un endroit incontournable pour la communauté francophone de la capitale roumaine. Cristian Mungiu est aujourd’hui au micro de RRI.

     

  • 28.03.2023

    28.03.2023

    Pologne – Le premier ministre roumain, Nicolae Ciucă a reçu aujourd’hui à Bucarest son homologue polonais, Mateusz Morawiecki, qui fait une visite officielle en Roumanie. Les deux responsables participent à une réunion inter gouvernementale, suivie par la signature de deux mémorandums, l’un dans le domaine du sport, l’autre – de la défense civile. Ils participeront également au Forum économique Roumanie-Pologne, censé faciliter les contacts entre les milieux des affaires des deux pays et assurer une meilleure connaissance des opportunités de coopération. Y participent des compagnies polonaises de domaines divers, tels la défense, l’IT, l’agriculture, l’énergie, les transports, les solutions du type smart city et la mobilité urbaine. Aujourd’hui également Mateusz Morawiecki rencontrera aussi le président roumain, Klaus Iohannis.

    Retraites – Le projet de loi portant sur la réduction des dépenses avec les régimes spéciaux des retraites fait ce mardi l’objet de débats au sein des commissions spécialisées du Sénat de Roumanie. L’adoption des textes législatifs est une condition incluse dans le Plan national de relance et de résilience, pour le versement de la troisième tranche de paiements. Entre temps, la coalition gouvernementale constituée par le Parti national libéral, le Parti social-démocrate et l’Union démocrate – magyare de Roumanie envisage plusieurs modifications afin d’adapter la loi aux demandes de la Commission européenne. Il existe plusieurs propositions : plafonner la pension de retraite au niveau le plus élevé du revenu obtenu durant la période active, taxer le bonus issu du régime spécial de retraite, indexer la pension de retraite au taux annuel d’inflation. Le texte législatif devrait être adopté jusqu’à vendredi, et c’est pourquoi le document sera adopté tacitement par le Sénat, alors que les modifications seront introduites par la Chambre des Députés, en tant que chambre décisionnelle. Ce mécanisme d’adoption pourrait engendrer des problèmes constitutionnels puisque le principe du bicaméralisme ne sera pas respecté, affirment les analystes politiques. L’Union sauvez la Roumanie a demandé lundi au premier ministre Nicolae Ciuca de s’expliquer devant le Législatif au sujet du Plan national de relance et de résilience et des pensions spéciales de retraite.

    Visite à Chisinau – Le président du Conseil européen, Charles Michel, fait aujourd’hui une visite en République de Moldova, voisine de la Roumanie. Lundi il était à Bucarest pour parler au président Klaus Iohannis et à d’autres hauts responsables de l’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen de libre circulation européenne. Charles Michel a affirmé que la Roumanie avait rempli toutes les conditions nécessaires à l’adhésion et a assuré de l’appui au niveau européen à l’adhésion à Schengen au plus vite.

    Chisinau – Les leaders de l’administration de Bucarest ont participé lundi en République de Moldova aux événements organisés en marge du 105e anniversaire de l’Union de la Bessarabie avec la Roumanie. Un de ces événements a été l’inauguration à Ialoveni, près de Chisinau des bustes d’Alexandru Marghiloman, premier ministre de la Roumanie de l’époque et d’Ion Inculet, président du Conseil du pays de Chisinau en 1918. A Balti, un buste du roi Ferdinand Ier a également été dévoilé.

    Exposition – L’exposition « 1907. Nous voulons de la terre », sera inaugurée aujourd’hui à Bucarest au Musée national du paysan roumain. Selon un communiqué du musée, l’exposition propose un regard rétrospectif, objectif et ciblé sur la révolte paysanne de 1907 sur l’importance de ces événements, sur leur caractère tragique pour toute la société roumaine. Le discours de l’exposition est censé illustrer l’image de tous les acteurs impliqués de l’époque, les enjeux politiques, sociales et économiques, retrace le parcours des événements, évoque les discours et voix distinctes ainsi que les différentes opinions sur cet événement.

    Football – La sélection nationale de foot de la Roumanie affronte ce mardi soir à domicile le Belarus, dans un match comptant pour le Groupe I des préliminaires à l’EURO 2024. Samedi, les Roumains ont vaincu l’Andorre, alors que le Belarus s’est incliné devant la Serbie. Dans le même groupe l’on retrouve également Israël et le Kosovo.

    Météo – Ce mardi, les températures sont à la baisse à travers l’ensemble du pays, et elles continueront à baisser dans les deux semaines à venir, pour atteindre même des valeurs négatives durant la nuit. Les maxima de ce mardi vont de 2 à 12 degrés. Temps morose à Bucarest aussi, avec de la pluie et 5 degrés seulement à midi.

  • 105 ans depuis l’Union de la Bessarabie avec le Royaume de Roumanie

    105 ans depuis l’Union de la Bessarabie avec le Royaume de Roumanie

    Un de ces événements a été le dévoilement des bustes d’Alexandru Marghiloman, premier ministre de la Roumanie de l’époque et d’Ion Inculet, président du Conseil du pays de Chisinau en 1918. Présent à la cérémonie, le président de la Chambre des députés du Parlement roumain, Marcel Ciolacu a assuré que la Roumanie, tout comme il y a 105 ans sera toujours là où le devoir l’appelle et qu’elle défendrait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République de Moldova. Marcel Ciolacu: « Ce fut le 27 mars 1918 que devant le Conseil du pays de Chisinau, Alexandru Marghiloman disait que : lorsque le danger à l’adresse de votre intégrité est apparu, la Roumanie s’est dépêchée à garantir l’indépendance et l’unité de ce pays. Aujourd’hui 105 ans plus tard, nous sommes ici et permettez-moi de vous dire clairement que rien n’a changé. La Roumanie sera toujours là où le devoir et la voix du sang l’appellent. La Roumanie défendra la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République de Moldova. » a déclaré Marcel Ciolacu. Et à lui d’ajouter : « la réintroduction récente du roumain en tant que lanque officielle en République de Moldova constitue un acte de courage ».

    Entre temps, le président du parlement de Chisinau, Igor Gresu a déclaré « qu’en Europe, en ce monde, il faut savoir quelle est la langue que l’on parle, quelle est la famille dont on fait partie, quelle est son histoire et ce n’est qu’ainsi, par de telles décisions, même que nous puissions faire partie du monde civilisé, du monde de la paix et non pas du monde de la guerre et du mensonge. » Ce qui plus est, le responsable moldave a apprécié l’aide que la Roumanie accorde à la République de Moldova et a exprimé l’espoir que durant des moments décisifs, la classe politique actuelle puisse avoir le pouvoir d’adopter des décisions historiques. Igor Grosu: « C’est durant des moments difficiles que des caractères puissants apparaissent et ces deux personnalités, Alexandru Marghiloman et Ion Inculeţ, ont adopté une décision historique. C’est pourquoi nous, la classe politique, nous espérons avoir au juste moment le caractère et la détermination d’adopter des décisions historiques ! Je remercie à tous les Roumains, je remercie à la Roumanie pour tout ce qu’elle a fait et pour tout ce qu’elle fait pour la République de Moldova. » a déclaré Igor Grosu.

    A Bucarest, le premier ministre roumain, Nicolae Ciuca a déclaré que « l’histoire nous apprend que l’agression militaire, la domination illégitime et la discrimination des nations ne peuvent pas durer. En témoigne les aspirations des peuples, y compris de celui Roumain de vivre en toute liberté, dignité, union et démocratie. Et l’expression la plus concrète de ces idéaux est à retrouver dans la Grande Union de 1918, démarrée le 27 mars avec le retour de la Bessarabie au sein de la Roumanie ».

    L’événement a constitué un moment essentiel pour l’année historique 1918 qui a culminé le 1er décembre par l’Union de tous les Roumains. L’histoire a marqué pourtant l’existence dans le cadre du même Etat des deux territoires séparés par la rivière Prut pendant 22 ans seulement. En 1940, suite à un ultimatum de Moscou, qui cherchait à mettre en application le pacte signé par Hitler et Staline, la Bessarabie a été à nouveau arrachée et cédée à l’Union Soviétique. (Daniela Budu)

  • Jacques Augustin – “d’où est née l’amitié entre la Roumanie et la République de Moldova?”

    Jacques Augustin – “d’où est née l’amitié entre la Roumanie et la République de Moldova?”

    Mais de temps en temps, il faut rappeler certains repères historiques. Eh bien, l’actuelle République de Moldova faisait partie jusqu’au début du 19e siècle de la principauté médiévale de Moldavie. Durant la période des guerres napoléoniennes et à l’issue d’une guerre russo-turque – soit en 1812 – l’Empire des Tsars s’empare du territoire délimité grossièrement par les rivières Prut à l’ouest et Dniestr à l’est, soit la partie est de la principauté de Moldavie, à l’époque vassale de l’Empire Ottoman. Pendant plus d’un siècle, la région est une province de l’Empire des Tsars, soumise à un processus de « russification » de la population locale, doublé par l’installation de Russes et d’Ukrainiens. Selon les recensements réalisés à la fin du 19e siècle, moins de la moitié de la population se déclarait roumaine ou moldave. Entre temps, l’union des principautés roumaines de Valachie et de Moldavie, en 1859, donne naissance à la Roumanie. A la fin de la Première guerre mondiale, sur la toile de fond du chaos produit par la révolution bolchévique, tous les peuples de la Bessarabie votent pour l’indépendance du pays et puis pour l’union avec le Royaume de Roumanie.

    Pendant une vingtaine d’années, la région fait partie de ce que l’on appelle « la Grande Roumanie » et connait un certain développement par rapport au siècle dernier lorsqu’elle avait tout simplement un statut de grenier. Les chemins de fer sont adaptés aux normes européennes et les écoles bénéficient de davantage de financements. Mais l’attention des autorités de Bucarest est rivée sur la Transylvanie, et la Bessarabie demeure une véritable cendrillon parmi les régions du pays. Le status quo change dramatiquement en 1940, lorsqu’en vertu des accords secrets entre Hitler et Staline, l’Union Soviétique occupe la région suite à un ultimatum lancé aux autorités de Bucarest. Récupérée par la Roumanie, pour trois années seulement durant la Seconde guerre mondiale, la Bessarabie est à nouveau occupée par l’URSS qui la transforme en République socialiste soviétique et entame un processus de russification encore plus intense que celui déroulé par l’Empire des Tsars avec la déportation des Roumains et l’installation de colons russes.

    Economiquement, la République socialiste soviétique moldave demeure un pays agraire, dont les principales industries et sources d’énergie se retrouvent sur la rive gauche de la rivière Dniestr. Et voilà qu’avec la chute de l’URSS en 1991, la République de Moldova déclare son indépendance. Avec deux tiers des habitants roumanophones, le pays aurait pu s’unir avec la Roumanie, comme ce fut le cas en 1919. Mais la situation était beaucoup plus compliquée. La population russophone n’est pas du tout insignifiante, les liens économiques avec les autres Etats ex-soviétiques, et surtout avec la Russie, sont très importants et la petite république doit aussi faire face à la sécession de la Transnistrie, soit le territoire situé à l’est de la rivière Dniestr, qui détenait à l’époque toute l’industrie et surtout toutes les sources d’énergie du pays. Des combats ont opposé les forces de Chisinau aux séparatistes épaulés par l’armée russe. Le pays le plus pauvre d’Europe a connu des périodes très difficiles ces vingt dernières années avec des crises économiques ou politiques et évidemment des scandales de corruption. L’alternance entre les politiciens pro-russes et pro-européens place le pays dans un état d’oscillation entre l’ouest et l’est, entre l’Occident et la Russie. Le seul élément constant dans toute cette incertitude a été l’appui de la Roumanie.

    Le « soft power » de Bucarest se traduit par des aides humanitaires, des financements non-remboursables et des bourses d’étude. La nationalité roumaine accordée à tout citoyen de la République de Moldova est un autre aspect à ne pas négliger, vu que le passeport roumain assure l’accès des ressortissants de ce pays au marché de l’emploi de l’UE. Sur le plan énergétique, un gazoduc entre la Roumanie et la République de Moldova a été construit et depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la petite république ex-soviétique a été branchée au réseau énergétique européen, qui inclut aussi la Roumanie. L’aide accordée par la Roumanie à la République de Moldova a visé plusieurs domaines dont notamment l’enseignement et la santé. Je ne vais donner que quelques exemples concrets. Durant la pandémie, la Roumanie a livré à la République de Moldova des aides humanitaires sous la forme de fournitures sanitaires et de vaccins anti-covid. Conformément au site du ministère des Affaires Etrangères de Bucarest, grâce aux aides offertes par la Roumanie, 200 minibus scolaires ont été achetés et un millier de maternelles ont été rénovées partout dans le le pays, y compris dans la minuscule région autonome moldave de Gagaouzie. L’aide de Bucarest ne tient compte ni de l’ethnicité des bénéficiaires, ni de la langue dans laquelle ils s’expriment, ni de leur opinion politique. Et ce n’est pas tout, puisque la Roumanie est l’avocat le plus actif de la République de Moldova dans ses efforts d’adhérer à l’Union Européenne.

    D’ailleurs dès le début de la crise ukrainienne, plusieurs donateurs européens et internationaux dont l’Allemagne, la France et la Roumanie ont mis en place une plateforme d’aide à la République de Moldova dans le contexte de la guerre en Ukraine. Désormais, les liens entre les deux Etats devraient se renforcer vu que la République de Moldova semble avoir un parcours européen stable grâce à la présidente pro-européenne Maia Sandu. D’ailleurs, dans le contexte de la crise ukrainienne, l’ex République soviétique a accédé au statut de pays candidat à l’UE. En fin de compte, la frontière entre les deux Etats devrait disparaitre de facto suite à son intégration à l’UE.

  • 28.06.2022 (mise à jour)

    28.06.2022 (mise à jour)

    Partenariat
    stratégique
    – Le Parlement bicaméral de Bucarest a adopté mardi une déclaration
    à l’occasion du 25ème
    anniversaire du Partenariat Stratégique roumano- américain. Les deux
    pays partagent les mêmes intérêts et valeurs, le même engagement pour la
    démocratie et une relation stratégique durable, peut-on lire dans le
    document. Dans cette déclaration, les deux parties saluent les progrès
    importants enregistrés dans leurs rapports de coopération dans le domaine de la
    sécurité, pour un meilleur renforcement du flanc oriental de l’Alliance,
    notamment dans la région de la Mer Noire. Les parlementaires roumains ont
    également salué la consolidation du dialogue bilatéral censé permettre à la
    Roumanie de répondre aux critères d’adhésion dans le programme d’exemption de
    visa, Visa Waiver.




    Gaz – Le premier ministre roumain, Nicolae Ciuca, a déclaré mardi que le niveau de
    stockage du gaz dans les dépôts nationaux était actuellement de 41%, mais qu’il
    sera de 80% d’ici le 1 novembre, selon la volonté de l’UE. La Roumanie pourrait
    obtenir son indépendance énergétique, tout en étant un fournisseur de sécurité
    énergétique dans la région et un corridor de transport pour le gaz et les
    énergies vertes de la Mer Caspienne, a fait savoir le ministre roumain de
    l’Energie, Virgil Popescu. Les deux responsables de Bucarest ont participé à
    une cérémonie organisée à Vadu, dans le département de Constanta, à l’occasion
    du début des travaux d’exploitation gazière en Mer Noire par la société Black
    Sea Oil and Gaz. Et le ministre Popescu d’espérer que l’exploitation dans le
    périmètre Neptun Deep par Romgaz et OMV Petrom soit bientôt finalisée afin que la
    Roumanie devienne indépendante envers les ressources gazières en provenance
    d’autres pays.


    Chisinau – La
    République de Moldova a commémoré mardi 82 ans écoulés depuis le moment de l’occupation
    soviétique de la Bessarabie, le 28 juin 1940. Radio Chisinau rappelle que
    l’annexion à l’époque, de la Bessarabie, de la Bucovine du Nord et du Pays de
    Hertsa par les troupes soviétiques a permis la mise en place d’un régime
    totalitaire communiste. Celui-ci a collectivisé les habitants de force, a
    remplacé l’alphabet latin par celui cyrillique, a déporté et russifié la
    population locale. Des dizaines de milliers de personnes ont été déportées en
    Kazakhstan et en Sibérie dont une grande partie est morte dans les camps de
    l’URSS. Aux dires de l’historien Ion Varta, « suite à l’installation du
    régime soviétique sur la rive gauche de la rivière Prut, quelque 400.000
    personnes ont été victimes de la famine, 626.000 personnes se sont trouvées
    sous le joug du travail forcé et entre 120.000 et 130.000 ont été
    déportées » ? Les territoires annexés en 1940 ont gagné leur
    indépendance envers Moscou en août 1991 et appartiennent de nos jours à la
    République de Moldova et à l’Ukraine.








    OTAN – Le président roumain, Klaus Iohannis, participe, jusqu’à jeudi au sommet de
    l’OTAN à Madrid. La guerre en Ukraine et la crise sécuritaire dans la
    région de la mer Noire sont les principaux sujets à l’agenda du sommet. Selon
    l’administration présidentielle de Bucarest, dans le cadre du Sommet, le chef
    de l’Etat doit présenter la manière dont la situation sécuritaire actuelle se
    reflète dans le nouveau concept sécuritaire de l’Alliance. Les principaux
    repères sont la qualification de la Russie comme principale menace à l’adresse de l’OTAN, ainsi
    que la reconnaissance de l’importance stratégique de la région de la mer Noire
    pour la sécurité euro-atlantique. Klaus Iohannis mettra également en lumière le
    soutien accordé par la Roumanie à l’Ukraine, sur le plan humanitaire et celui
    offert à ses partenaires vulnérables du voisinage oriental, notamment à la
    République de Moldova. Klaus Iohannis soulignera aussi l’appui ferme de la
    Roumanie à la politique Ot
    anienne des portes ouvertes, y compris pour ce qui
    est de l’adhésion de la Finlande et de la Suède.




    Ministre de l’agriculture
    -
    Le plénum de la Chambre des Députés de Bucarest a levé mardi avec 251 voix
    pour, l’immunité parlementaire de l’ex-ministre social-démocrate de
    l’agriculture, Adrian Chesnoiu, accusé par les procureurs anticorruption d’abus
    de fonction. Lundi, la Commission juridique de la Chambre basse a donné son
    avis favorable à la demande formulée en ce sens par la Direction nationale
    anticorruption. L’intérim au ministère de l’Agriculture est assumé par le
    ministre des Transports, Sorin Grindeanu.















    Pivoine
    – La pivoine est en passe de devenir la fleur nationale de la Roumanie, sur une
    initiative soutenue à majorité de voix, par le Sénat. La proposition prévoit
    que les autorités locales organisent régulièrement des expositions et mettent
    en place dans les parcs et les jardins publics des espaces où cette fleur soit
    mise à l’honneur. Un festival de la pivoine sera également organisé chaque
    année. Cette fleur a de multiples significations pour le peuple roumain.
    Associée à l’amour, au dévouement et au sacrifice, la pivoine est aussi symbole
    des vétérans de guerre. La proposition a besoin du vote de la Chambre des
    députés pour qu’elle se concrétise.














    Tennis
    – La joueuse roumaine de tennis, Mihaela Buzarnescu, s’est qualifiée mardi au
    deuxième tour du tournoi de Grand Chelem de Wimbledon, après une victoire contre
    l’Allemande, Nastasja Schunk. Une autre Roumaine, Ana Bogdan, s’est également
    qualifiée au second tour après avoir battu l’Ukrainienne, Daiana Iastremska.
    Mardi encore, Gabriela Ruse, de Roumanie, s’est inclinée devant Cori Gauff, des
    Etats-Unis. Lundi, deux autres sportives roumaines – Irina Begu et Sorana Cîrstea-ont
    obtenu leur qualification au second tour du même tournoi.


    TIFF
    – La 29ème Edition du Festival international de théâtre de Sibiu dans le centre
    de la Roumanie se poursuit. Jusqu’au 3 juillet, le festival dont le thème cette
    année est la Beauté continuera d’accueillir des spectacles de théâtre, de
    danse, de cirque, des films, des comédies musicales et des opéras. Mais aussi
    des spectacles de théâtre de rue, des concerts, des lancements de livres et des
    expositions. Dix jours durant, de grands noms de la scène internationale
    offrent au public la possibilité d’applaudir certains des spectacles les plus
    appréciés au monde, reconnus internationalement et récompensés de distinctions
    prestigieuses.








    Météo- Les météorologues annoncent des températures caniculaires mercredi, en
    Roumanie, notamment dans le nord et le nord-ouest. Neuf départements de l’ouest
    et du nord-ouest seront concernés mercredi par une vigilance orange à la grande
    chaleur, en vigueur jusqu’à vendredi. Trois jours durant, les maximales
    monteront jusqu’à 38 degrés. Mercredi, à Bucarest, on aura 35 degrés à midi.

  • 28.06.2021

    28.06.2021

    Coronavirus en Roumanie – Ce lundi,
    les autorités roumaines ont rapporté seulement 37 cas d’infection au SARS CoV 2, sur quelque
    10.700 tests effectués. Un seul décès a été rapporté aujourd’hui, alors que 86
    malades sont en réanimation. Aucun nouveau cas d’infection au coronavirus n’a
    été rapporté dans 17 des 41 départements roumains. Les autorités affirment que
    cette situation est due à la vaccination, qui est l’unique solution pour
    dépasser la crise. Seulement 17 mille personnes se sont fait vacciner au cours
    des dernières 24 heures, dont 6 mille seulement ont fait leur première dose ou
    ont reçu la ose unique de vaccin Johnson and Johnson. Jusqu’ici près de 4 millions 700 mille
    Roumains ont reçu au moins une dose du vaccin anticovid, ce qui compte pour
    environ 25% de la population éligible. S’y ajoute la population immunisée suite
    à la contamination au Covid-19. Le gouvernement de Bucarest prépare une
    nouvelle étape du relâchement des restrictions à partir du 1 juillet.


    Elections – Des élections locales
    partielles ont été organisées dimanche dans 36 localités de 23 départements de
    Roumanie, avec un taux de participation de 50% des électeurs concernés. Dans ces localités s’agissait de postes vacants dont le titulaire est décédé, a opté
    pour la fonction de parlementaire ou bien a été déféré à la justice. Selon
    l’Autorité Electorale Permanente, c’est le Parti Social-Démocrate (PSD,
    d’opposition) qui en rapporté la plupart des mairies, à savoir 18, alors que
    les partis qui forment la coalition au pouvoir – Le Parti National Libéral
    (PNL), l’alliance entre le parti PLUS et l’Union Sauvez la Roumanie (USR-PLUS)
    et l’Union démocrate-magyare de Roumanie (UDMR) se sont adjugés 14 postes de
    maires. Un seuil fauteuil appartient à un membre du Parti du mouvement
    populaire (PMP). Selon le ministère de l’Intérieur, 10 personnes sont enquêtées
    pour de possibles faits de nature pénale, telle la fraude électorale, violation
    de la confidentialité du vote et autres. Quelque 1500 gendarmes, policiers,
    sapeurs-pompiers et membres d’autres structures du ministère de l’Intérieur étaient
    mobilisés pour s’assurer que le scrutin se déroule dans les meilleures
    conditions.


    Motion – Le Parlement de Bucarest doit
    débattre et voter mardi en séance plénière la première motion de censure déposée
    par le PSD contre le cabinet du libéral Florin Cîtu. Selon les
    sociaux-démocrates, 6 mois depuis son investiture, le gouvernement est
    inefficace et n’avance pas dans la bonne voie. Ils l’accusent de mener
    l’économie roumaine au bord du précipice et le tiennent pour coupable pour la
    faible qualité de vie de la population et pour l’échec de la campagne de
    vaccination anticovid et du Plan national de redressement et de résilience. De
    son côté le premier ministre Florin Cîtu affirme ne pas s’inquiéter pour cette
    motion de censure. Les parlementaires du Parti national libéral (PNL, principal
    parti de la coalition à la gouvernance) participeront au débat de la motion,
    mais ils ne la voteront pas, a précisé aussi le leader libéral, Ludovic Orban.




    Sondage – Plus de 80% des
    participants à un sondage d’opinion réalisé par la compagnie INSCOP estiment
    que les Roumains sont vus comme « des citoyens de 2e rang » en Europe, une
    idée rejetée par seulement 15% des personnes interrogées. Pour 70% des
    participants la principale raison de cet état de choses est à retrouver dans le
    comportement inadéquat de certains compatriotes qui ont vécu ou vivent à
    l’étranger, alors que 28% ont pointé du doigt l’attitude de supériorité des
    autres citoyens européens. De même, 56% des personnes questionnées ont dit que
    l’adhésion de la Roumanie à l’UE a été dans l’avantage de la Roumanie et 35% y
    voient plutôt des désavantages. Quant à l’appartenance de notre pays à l’OTAN,
    66% des sujets y sont favorables, car de cette façon le pays est mieux protégé
    d’un point de vue militaire. Par contre, 29% préférerait que la Roumanie soit
    neutre, pour ne pas risquer d’être attaquée. Intitulée « La méfiance
    publique : l’ouest versus l’est, l’ascension du courant nationaliste à
    l’ère de la désinformation et du phénomène des fake news », l’enquête s’est
    déroulée du 1er au 15 juin et a visé un échantillon de 1100 personnes, sa marge
    d’erreur est d’environ 3%.




    BAC – Quelque 130 000 élèves roumains qui ont achevé
    la terminale du lycée sont attendus ce lundi à la première épreuve du BAC, soit
    l’épreuve de langue et de littérature roumaines. Sur le total mentionné, 114 000
    ont achevé le lycée cette année. Pour sa part, le ministre de l’Education,
    Sorin Cîmpeanu, a déclaré que seulement 77% des élèves ayant fini le lycée
    cette année ont l’intention de se présenter au BAC, soit un pourcentage
    inférieur à celui de 2020. Tout comme l’année dernière, il n’y aura que des
    épreuves écrites, alors que les compétences linguistiques et numériques seront
    recevront l’équivalent de la moyenne annuelle. Une seconde session du BAC est
    prévue dans la seconde moitié du mois d’août.






    Bessarabie -
    La République de Moldova voisine commémore ce lundi les 81 ans écoulés depuis
    l’occupation de la Bessarabie par l’Union Soviétique, le 28 juin 1940. A
    l’époque, suite à un ultimatum pour Bucarest, les troupes soviétiques ont
    annexé le nord de la Bucovine et la contrée de Herța, des régions à population
    roumaine majoritaire. Cela a entraîné l’instauration d’un régime totalitaire
    communiste, qui n’avait rien à voir avec l’identité et l’esprit roumain des
    habitants de la Bessarabie, un régime qui s’est traduit par la collectivisation
    forcée, par le changement de l’alphabet, par des répressions politiques et des
    déportations, rappelle Radio Chisinau à cette occasion. Des dizaines de milliers
    de personnes ont été déportées au Kazakhstan et en Sibérie, dont une bonne
    partie ont perdu la vie dans les camps soviétiques. Selon les historiens, sous
    ce régime communiste instauré par la force « environ 400 000 personnes
    sont tombées victimes de la famine organisée ». Les territoires annexés en 1940
    appartiennent de nos jours à la République de Moldova et à l’Ukraine, deux
    anciennes républiques soviétiques. Les deux ont obtenu leur indépendance
    en 1991, suite à l’échec du putsch contre le dernier leader soviétique, Mikhaïl
    Gorbatchev.






    Euro 2020 – A
    Bucarest, quelque 27 000 spectateurs, soit la moitié de l’Arène nationale, sont
    attendus ce soir pour assister au match entre la France et la Suisse, dans les
    8e de finale de l’Euro de foot 2020. C’est le 4e et le
    dernier match accueilli par la capitale roumaine dans le cadre de cette
    compétition. Le président de l’UEFA Aleksander Čeferin devrait y être présent, c’est là un signe
    de reconnaissance pour la bonne organisation de l’Euro 2020 à Bucarest, estime
    le président de la Fédération roumaine de football, Răzvan Burleanu.




    Météo – Une
    alerte à l’instabilité atmosphérique et à l’inconfort thermique est valable
    jusqu’à jeudi dans le sud-ouest et le sud de la Roumanie. D’ici là on attend
    des températures caniculaires avec des maxima allant jusqu’à 36 degrés, mais
    aussi des pluies à verse et des phénomènes orageux.

  • 28.06.2020 (mise à jour)

    28.06.2020 (mise à jour)

    Coronavirus en Roumanie – En Roumanie, le nombre des infections au coronavirus, depuis le début de la pandémie, a atteint les 26.300 personnes, dont 18.814 ont guéri et 1.612 sont décédées. Des chercheurs roumains estiment qu’il est très peu probable que les personnes qui ont guéri de l’infection avec le virus Sars-Cov-2 soient contaminées une deuxième fois. Les conclusions viennent après des études faites sur les souches du virus qui circulent dans le pays. Les chercheurs ont conclu aussi qu’en Roumanie la contamination s’est faite au niveau intracommunautaire, à l’intérieur de chaque région du pays. De son côté, le premier ministre Ludovic Orban a exigé une mobilisation supplémentaire de la part des autorités qui devraient aussi procéder à davantage de contrôles.

    Moldova – La Roumanie et la République de Moldova ont commémoré dimanche, le 28 juin, les 80 ans écoulés depuis l’annexion de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord par l’URSS. La date du 28 juin 1940 reste une date controversée de l’histoire récente. L’Union Soviétique avait adressé à la Roumanie un ultimatum pour demander la rétrocession de la Bessarabie et une partie de la Bucovine du Nord, dans le cas contraire, la Roumanie étant menacée de guerre. De ce fait, Bucarest a cédé à l’URSS une partie de son territoire national et l’Armée rouge a par la suite occupé les quelques 55.000 km² peuplés majoritairement par des ethniques roumains. Des centaines de milliers de familles se sont alors réfugiées en Roumanie et des dizaines de milliers ont été déportées en Sibérie et au Kazakhstan. Les territoires en question appartiennent aujourd’hui aux anciennes républiques soviétiques de Moldova et d’Ukraine.

    Diplomatie – Le ministère des Affaires Etrangères de Bucarest a marqué dimanche un siècle de relations diplomatiques entre la Roumanie et la Finlande, exprimant son souhait de continuer à renforcer la coopération bilatérale, mais aussi au niveau européen et global. Selon un communiqué de la diplomatie de Bucarest, la Roumanie a reconnu l’indépendance de la Finlande le 8 avril 1920. Au niveau économique, les échanges commerciaux entre les deux pays ont été à la hausse depuis 2013, soit de 267 millions d’euros à 402 millions d’euros en 2019. De même, la Finlande est le 30e investisseur étranger en Roumanie, avec plus de 200 sociétés roumaines fonctionnant à capital finlandais et des investissements se chiffrant à plus de 70 millions d’euros. La coopération entre la Roumanie et la Finlande s’est beaucoup accentuée ces dernières années au niveau européen aussi, les deux pays aux côtés de la Croatie faisant partie du trio des Etats membres qui ont détenu la présidence tournante de l’UE entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2020.

    Intempéries – En Roumanie 31 départements sont concernés par une alerte jaune au temps instable jusqu’à lundi matin, notamment dans le nord-est, le nord, le centre et le nord-ouest du pays, ainsi qu’en montagne. Sur le reste du territoire il fera chaud dans les 24 prochaines heures, avec des maxima qui iront de 28 à 34 degrés.

  • 28.06.2020

    28.06.2020

    Coronavirus en Roumanie – En Roumanie, le nombre des infections au coronavirus, depuis le début de
    la pandémie, a atteint les 26.300 personnes, dont 18.814 ont guéri et 1.612
    sont décédées. Des chercheurs roumains
    estiment qu’il est très peu probable que les personnes qui ont guéri de
    l’infection avec le virus Sars-Cov-2 soient contaminées une deuxième fois. Les
    conclusions viennent après des études faites sur les souches du virus qui
    circulent dans le pays. Les chercheurs ont conclu aussi qu’en Roumanie la
    contamination s’est faite au niveau intracommunautaire, à l’intérieur de chaque
    région du pays. De son côté, le premier ministre Ludovic Orban a exigé une
    mobilisation supplémentaire de la part des autorités qui devraient aussi
    procéder à davantage de contrôles.


    Frontières – Le trafic frontalier
    reste particulièrement chargé en Roumanie depuis le début du déconfinement.
    Plus de 93.000 personnes ont franchi les frontières nationales ces 24 dernières
    heures, dont environ 47.000 personnes et 19.000 véhicules sont entrés sur le
    territoire roumain. La frontière avec la Hongrie reste la plus « populaire » :
    plus de 55.000 personnes l’ont franchie, dont près de la moitié pour entrer en
    Roumanie. Suite au tri effectué par les équipes médicales, quelque 1.800
    personnes ont été confinées ou placées en quatorzaine. La Police aux frontières
    recommande aux voyageurs d’utiliser tous les points de passage frontaliers
    ouverts, pour désengorger le trafic au maximum.


    Moldova
    – La Roumanie et la République de Moldova commémorent ce dimanche, 28 juin, les
    80 ans écoulés depuis l’annexion de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord par
    l’URSS. La date du 28 juin 1940 reste une date controversée de l’histoire
    récente. L’Union Soviétique avait adressé à la Roumanie un ultimatum pour
    demander la rétrocession de la Bessarabie et une partie de la Bucovine du Nord,
    dans le cas contraire, la Roumanie étant menacée de guerre. De ce fait,
    Bucarest a cédé à l’URSS une partie de son territoire national et l’Armée rouge
    a par la suite occupé les quelques 55.000 km² peuplés majoritairement par des
    ethniques roumains. Des centaines de milliers de familles se sont alors
    réfugiées en Roumanie et des dizaines de milliers ont été déportées en Sibérie
    et au Kazakhstan. Les territoires en question appartiennent aujourd’hui aux
    anciennes républiques soviétiques de Moldova et d’Ukraine.






    Diplomatie – Le ministère des Affaires Etrangères de
    Bucarest marque aujourd’hui un siècle de relations diplomatiques entre la
    Roumanie et la Finlande, exprimant son souhait de continuer à renforcer la
    coopération bilatérale, mais aussi au niveau européen et global. Selon un
    communiqué de la diplomatie de Bucarest, la Roumanie a reconnu l’indépendance
    de la Finlande le 8 avril 1920. Au niveau économique, les échanges commerciaux
    entre les deux pays ont été à la hausse depuis 2013, soit de 267 millions
    d’euros à 402 millions d’euros en 2019. De même, la Finlande est le 30e
    investisseur étranger en Roumanie, avec plus de 200 sociétés roumaines
    fonctionnant à capital finlandais et des investissements se chiffrant à plus de
    70 millions d’euros. La coopération entre la Roumanie et la Finlande s’est
    beaucoup accentuée ces dernières années au niveau européen aussi, les deux pays
    aux côtés de la Croatie faisant partie du trio des Etats membres qui ont détenu
    la présidence tournante de l’UE entre le 1er janvier 2019 et le 30
    juin 2020.


    Intempéries – En Roumanie, une alerte
    orange à la pluie abondante et à l’instabilité atmosphérique accentuée est en
    vigueur aujourd’hui dans plusieurs départements du nord du territoire. On
    attend de la pluie à verse, du vent fort et des tempêtes, ainsi que de la
    grêle. Les précipitations pourraient
    dépasser les 40 litres par mètre carré, voire les 60 litres par mètre
    carré par endroits. 18 autres départements sont concernés par une alerte jaune
    au temps instable jusqu’à lundi matin, notamment dans le nord-est, le nord, le
    centre et le nord-ouest du pays, ainsi qu’en montagne. Sur le reste du
    territoire il fait chaud en ce dimanche, avec des maxima allant de 28 à 34
    degrés. 29 degrés à midi à Bucarest.

    Inondations – Par
    ailleurs, de centaines de personnes ont été évacuées et de centaines de foyers,
    terrains et routes ont été inondés dans la région de la rivière de Jiu
    (sud-ouest). En même tempos, dans le nord-est, les eaux de la rivière de Prut
    sont toujours à la hausse et placé en alerte jaune et orange aux inondations.
    Les équipes d’intervention sont en alerte. Bien que les autorités assurent
    qu’il n’y a plus de risque pour la population, des dizaines de familles ont été
    évacuées de manière préventive. Les personnes dont les foyers ou les terrains
    ont été détruits par les inondations recevront des dédommagements de la part de
    l’Etat.

  • 27.03.2020

    27.03.2020

    Coronavirus — Le premier ministre roumain, Ludovic Orban, a déclaré aujourd’hui que les mêmes directions d’action dans la lutte contre le nouveau coronavirus seraient maintenues. L’objectif fondamental, c’est de protéger la santé et la vie des citoyens, de réduire la propagation du virus et d’accroître la capacité de diagnostic. Il a fait ces précisions après une réunion qui a eu lieu au ministère de la Santé. Mercredi soir, 45 tonnes d’équipements médicaux de Corée du Sud sont arrivées en Roumanie. Jusqu’à présent, la Roumanie déplore 24 décès des suites de l’infection au nouveau coronavirus. Selon le Groupe de communication stratégique, 1229 cas de personnes infectées ont été confirmés. 115 personnes ont guéri et sont sorties de l’hôpital. A l’étranger, 11 citoyens roumains sont morts à cause de l’infection au COVID-19 : huit en Italie, deux en France et un au Royaume Uni. Ce soir, près de 300 ressortissants roumains d’Italie, des régions de Lombardie, Emilie Romagne et Vénétie, avec des situations spéciales, sans emploi et sans logement, quitteront Venise pour Constanţa. A leur arrivée, elles seront placées en quarantaine pour au moins deux semaines.



    Mesures spéciales — En Roumanie, les personnes physiques ou morales peuvent bénéficier, sur demande, d’un report des mensualités dues aux banques jusqu’au 31 décembre prochain au plus tard. Cette annonce a été faite par le ministre des Finances, Florin Cîţu. Selon une ordonnance adoptée dans la réunion gouvernementale, cette mesure s’applique aux débiteurs dont les revenus ont été affectés — de manière directe ou indirecte – par la situation grave engendrée par la pandémie. Ils peuvent déposer leur demande à la banque jusqu’à la cessation de l’état d’urgence au plus tard. Le ministre a précisé que les normes d’application seraient publiées 15 jours après l’adoption de cet acte règlementaire et approuvées par arrêté gouvernemental.



    Bessarabie — Des manifestations exclusivement en ligne marquent aujourd’hui les 102 ans depuis l’Union de la Bessarabie (est) avec la Roumanie. Le 27 mars 1918, vers la fin de la Première Guerre mondiale, sur la toile de fond de la dissolution de l’Empire des tsars, le Conseil du pays, organe législatif de Bessarabie, a voté l’union de cette province roumaine majoritaire avec le Royaume de Roumanie. Ce fut le premier acte de constitution de l’Etat national unitaire roumain. Ce processus allait s’achever à la fin de la même année par l’entrée sous l’autorité de Bucarest de la Bucovine (nord-est), de la Transylvanie (centre), du Banat, de la Crişana et du Maramureş (ouest), qui se trouvaient jusque là sous l’autorité de l’Empire d’Autriche-Hongrie. A l’automne de 1940, suite à un ultimatum, l’URSS a annexé tant la Bessarabie que le nord de la Bucovine — des territoires appartenant actuellement aux anciennes républiques soviétiques de Moldova et d’Ukraine. En 2018, au moment du Centenaire de la Roumanie, de nombreuses administrations locales de République de Moldova ont adopté des déclarations symboliques de réunion avec la Roumanie.



    Chômage – Le taux de chômage a augmenté à 3,9% au quatrième trimestre de 2019, contre 3,8% au trimestre antérieur, selon les chiffres rendus publics par lInstitut national de la statistique. Le niveau de chômage le plus élevé, 18,5%, est enregistré parmi les jeunes entre 15 et 24 ans. Toujours au quatrième trimestre de l’année dernière, la population active de la Roumanie comptait 9,008 millions de personnes, dont 8,654 millions avec un emploi.



    Théâtre — Le 27 mars – Journée mondiale du théâtre — est marqué, cette année, à Bucarest par des théâtres fermés au public, dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Même dans ce cas, les amateurs de théâtre peuvent suivre différents spectacles, présentés par les théâtres bucarestois dans des transmissions live ou des productions enregistrées postées sur leur page des réseaux sociaux. Lancée pour la première fois à Vienne, en 1961, par l’Institut national de théâtre, la Journée mondiale du théâtre est devenue, depuis 1962, un événement annuel, organisé par les centres nationaux de l’Institut, l’ONG la plus importante du domaine artistique.



    Santé – Plus de la moitié des citoyens de l’UE entre 16 et 74 ans déclarent avoir cherché en ligne, courant 2019, des informations sur les blessures, les maladies, la nutrition, l’amélioration de l’état de santé etc. Parmi les Etats membres, le taux le plus réduit de gens qui cherchent des informations médicales sur Internet est à retrouver en Bulgarie (30% de la population) et la Roumanie (31%), selon Eurostat. Au pôle opposé se trouve la Finlande, avec 76%, suivie par les Pays-Bas, Chypre, le Danemark et l’Allemagne.

  • L’opposition culturelle anticommuniste de Bessarabie

    L’opposition culturelle anticommuniste de Bessarabie

    Intégrée à l’Union soviétique en 1944, à l’issue de la deuxième guerre mondiale, la Bessarabie, région roumaine historique, représentant la moitié orientale de la principauté de Moldavie, verra naître des formes inédites, aux accents nationaux, de ce que l’on pourrait appeler la résistance anticommuniste. Victimes de l’oppression à la fois idéologique et nationale, n’étant pas en mesure de s’ériger ouvertement contre le régime stalinien moscovite, les Roumains de Bessarabie feront naître une forme particulière d’opposition par la culture, en développant des pratiques culturelles subversives, censées tromper la toute puissante censure, tout en faisant fi du canon officiel. Ce sont bien les écrivains qui vont constituer le fer de lance de cette opposition culturelle qui se développe progressivement en Bessarabie, appelée à l’époque la République socialiste soviétique de Moldova.

    Andrei Cușco, professeur à la faculté d’histoire de l’Université d’Etat de Chișinău, nous explique que des tensions surgiront dans le petit monde des écrivains de Bessarabie seulement après la mort de Staline : « C’était pendant la période du dégel qui avait suivi le changement de cap opéré par Nikita Khrouchtchev. Une période caractérisée par l’apparition de certains espaces d’autonomie, une autonomie, certes, toute relative, mais qui s’exprimait dans les milieux intellectuels, aussi bien au niveau institutionnel qu’au niveau privé. Ces espaces d’autonomie s’élargissent à mesure que la dynamique du régime change. En effet, après la mort de Staline, le régime semblait abandonner petit à petit les formes extrêmes de répression qui avaient caractérisé l’époque stalinienne, pour les remplacer par des formes moins apparentes, et plus insidieuses. Mais les mêmes acteurs campent sur les mêmes positions. Il y a d’un côté une résistance au régime, qui commence à s’organiser, et de l’autre la répression ».

    L’Union des écrivains, ayant subie une refonte totale en 1945, avait vu disparaître de ses rangs tous les représentants de la culture roumaine. Après la mort de Staline, l’on voit naître deux pôles de pouvoir.

    Andrei Cușco détaille : « A partir de la seconde moitié des années 1940, les rapports de pouvoir qui s’établissaient au sein de l’Union des écrivains de la République socialiste soviétique de Moldova étaient teintés des connotations politiques très marquées. Il y avait d’un côté le clivage, historiquement explicable, entre les écrivains de la Moldova roumaine, occupée par Staline, et ceux originaires de la Transnistrie, région située sur la rive gauche du Dniepr, qui faisait partie de l’Union soviétique bien avant, et qui avait été abusivement intitulée, par le même Staline, la République socialiste soviétique autonome de Moldova. Et ce n’est qu’après l’occupation de la Bessarabie que ces deux régions vont donner naissance à cette nouvelle république soviétique moldave. Mais le clivage entre les habitants des deux régions demeure. Puis, de l’autre côté, l’on remarque la présence d’un clivage plus classique, commun dans tout le Bloc de l’Est, entre les écrivains adhérents du parti, et les autres ».

    Ces groupes distincts étaient bien marqués. L’opposition anticommuniste naissante au sein de l’Union des écrivains s’est construite par l’alliance entre deux générations d’écrivains roumanophones.

    Andrei Cușco : « L’Union des écrivains moldaves était dominée par deux générations, qui se sont disputé le pouvoir tout au long des années 1970. Il y avait, d’une part, l’ancienne génération, celle constituée par les écrivains de la génération des années 1920, des gens avec une culture et des repères solides, des écrivains formés dans les universités roumaines, au moment où la Bessarabie était partie intégrante de la Roumanie. Puis, d’autre part, la génération récente, qui s’est affirmée après la mort de Staline. Des gens nés à la fin des années 20 et dans la première moitié des années 30, et formés dans les institutions soviétiques. Les deux groupes se livraient des batailles rangées, par exemple sur des sujets en lien avec l’esthétisme littéraire ou encore sur la définition du réalisme socialiste. Mais ces deux groupes issus de deux générations différentes se liguaient contre le groupe des écrivains de Transnistrie. Ce dernier avait détenu une position privilégiée au sein de cette Union, grâce à leur position politique et idéologique dans le parti. Les écrivains de Bessarabie en revanche, même ceux appartenant à la génération des années 60, qui, au fond, avaient été formés par leurs pairs plus âgés, ces écrivains, donc, se revendiquaient tous de la culture roumaine, bénéficiant d’un capital symbolique autrement plus important, même si c’était à un autre niveau. Ces écrivains des années 60 de Bessarabie n’avaient assimilé les slogans soviétiques que de façon superficielle. En revanche, ils avaient développé un certain sens de la réflexion critique. »

    L’opposition culturelle se développe en Bessarabie dans la seconde moitié des années 60, suite à un événement qui a marqué les mémoires.

    Andrei Cușco : « Le point d’inflexion a été marqué par le 3e Congrès des écrivains moldaves, qui a eu lieu en 1965. Ce congrès marque une évolution perceptible et un changement dans la dynamique du pouvoir, dans le rapport des forces au sein de l’Union. Ce congrès a été considéré le point d’orgue de l’expression antisystème de l’intellectualité locale. Il consacra aussi le nouvelle vague littéraire, celle des écrivains qui ont commencé à publier dans les années 60. Ils avaient commencé à écrire et à publier dans la langue roumaine littéraire, même s’ils utilisaient encore l’alphabète cyrillique. Puis, la qualité littéraire de leurs œuvres n’avait rien à envier aux autres, alors que leurs styles résonnaient au vent aux relents libéraux, qui commençait à souffler dans toute l’Union soviétique. Cette génération a été marquée par quelques personnages remarquables, tels Grigore Vieru, Ion Druță, Aureliu Busuioc, Pavel Boțu et bien d’autres. Ce 3e congrès de l’Union des écrivains de Moldova a mis sur le devant de la scène un agenda national, étant la première manifestation de ce type qui se déroulait en roumain. »

    L’opposition culturelle qui se manifesta en Bessarabie contre l’occupation soviétique s’était manifestée par la lutte tenace menée par cette poignée de poètes et d’écrivains pour la sauvegarde de l’esprit, de la langue et de la culture roumaine dans les frontières de ce morceau de Moldavie, occupée par les Soviets. Après la chute de l’Union soviétique en 1991, on ne manqua pas de remarquer la vivacité de l’héritage sauvegardé de la culture roumaine de Bessarabie, même s’il reste encore beaucoup à faire pour fermer la longue et douloureuse parenthèse de ces 46 années d’occupation soviétique de la Bessarabie. (Trad. Ionut Jugureanu)

  • 160 ans depuis l’Union des Principautés roumaines de Moldavie et de Valachie

    160 ans depuis l’Union des Principautés roumaines de Moldavie et de Valachie

    L’union du 24 janvier 1859 des principautés roumaines de Moldavie et de Valachie s’est réalisée à l’aune de la volonté nationale, mais aussi d’une conjoncture internationale favorable. Car le projet national roumain fait partie d’une dynamique européenne plus ample, censée redessiner les contours du continent. L’une des causes de ce bouleversement constitue l’entrée du Danube dans l’attention de Grandes Puissances, et notamment de la France et de l’Allemagne. Le fleuve qui traverse le continent d’ouest en est, du nord au sud, commence à occuper l’imaginaire européen. Il charge ce fleuve d’une mission civilisatrice : celle de faire reculer le despotisme oriental, en y cultivant à la place les semences de la démocratie, de la liberté et de l’émancipation nationale.

    L’offensive des valeurs occidentales s’est traduite en outre par l’Union des deux Principautés roumaines situées au nord du Danube, débouchant sur la création de la Roumanie. Mais l’union de la Moldavie et de la Valachie ne s’est pas réalisée sans peine, la forme qu’allait prendre le futur Etat demeurant sujet à controverses. Les historiens sont aujourd’hui d’accord que l’acte fondateur posé le 24 janvier 1859 a été arraché de justesse, suite à une bataille acharnée, et que les dilemmes identitaires qui en ont résulté ont perduré jusqu’à l’entre-deux-guerres.

    L’historien Adrian Cioflâncă affirme qu’à la fin des années 1850 on voyait s’affronter deux visions distinctes de ce que devrait être l’avenir: « Vers 1859, l’on remarque la convergence des deux thèmes qui produisaient des remous dans la société roumaine de l’époque, mais qui jusqu’à la Révolution de 1848 n’étaient guère reliés entre eux : d’une part, le thème de la modernisation, d’autre part, celui de l’union. C’est qu’avant 1859, l’union nationale n’était en rien synonyme de modernisation, et que le processus de modernisation ne recouvrait aucunement l’idée d’union nationale. Or, après l’échec du mouvement révolutionnaire de 1848, les énergies se réinvestissent dans un projet politique visant la réalisation de l’union, auquel elles sous-tendent le projet modernisateur. Le projet national exige la compatibilité entre l’unité politique et l’unité nationale. L’union arrive à être perçue comme la panacée universelle à tous les maux de la société roumaine. Ce surinvestissement presque désespéré explique l’adhésion quasi-unanime à l’idée de l’unité nationale. Mais ce surinvestissement explique aussi le désenchantement ultérieur, qui ne manque pas d’arriver. Car, d’évidence, l’union n’était point cette panacée universelle tant désirée ».

    Certains historiens considèrent que l’expansion tsariste dans le sud-est européen et surtout l’annexion de la Bessarabie, cette partie de la Moldavie située entre les rivières Prut et Dniestr, par la Russie, en 1812, ont poussé les élites moldaves à souhaiter l’union avec la Valachie. L’historien Andrei Cușco de l’université d’Etat de Chișinău est l’un de ceux qui n’écartent pas ce scénario: « Il y avait, certes, plusieurs alternatives, dont l’union. L’on pourrait se lancer dans l’histoire fiction, et faire des supputations sur ce qui se serait passé si les Russes avaient annexé la Moldavie tout entière, et pas que la Bessarabie. Il est fort possible alors que le projet national roumain se soit vu mis en échec, dans son ensemble, ou qu’il eut pris une toute autre direction. Mais, quoi qu’il en soit, depuis 1812, la partie libre de la Moldavie a plaidé pour l’union avec la Valachie, voyant cet acte comme le meilleur moyen de contrer le poids du colosse russe. Ainsi, l’annexion de 1812 de la Bessarabie par la Russie a poussé indirectement vers l’Union des Principautés de Valachie et de Moldavie, une bonne chose donc. Mais pour les habitants de la Bessarabie, c’est une autre histoire. »

    Mais à quoi allait ressembler le futur Etat roumain? Allait-il épouser une architecture institutionnelle centralisée, à l’instar de l’Etat français, ou bien un modèle fédéral ou confédéral, à l’instar de la Prusse ? Ces questions ont été longtemps débattues par les partisans de l’union des deux côtés de la rivière Milcov, cours d’eau symbolique, séparant les deux principautés. Enfin, c’est la vision centraliste qui a prévalu. Adrian Cioflâncă : « Après 1859, le nouvel Etat a épousé une formule résolument centralisée. Aussi, d’un point de vue culturel, c’est l’uniformisation identitaire a prévalu. Cela dit, la question était ouverte, il pouvait y avoir un choix entre de multiples possibilités. Les séparatistes, si on peut les appeler ainsi, soutenaient un modèle confédéral, respectueux des identités et des intérêts régionaux. Ce qui est drôle, c’est que ces modèles confédéraux ont d’abord été colportés dans les cercles révolutionnaires par ceux qui allaient être plus tard les adeptes de l’union. Le modèle fédéral était promu à l’époque pour sortir d’une certaine façon les nations du giron des empires afin de les préparer ultérieurement à d’autres formes d’organisation. Avant 1859, des figures remarquables et des partisans de l’union tels Mihail Kogălniceanu, Nicolae Suțu, Ion Heliade Rădulescu, Constantin Heraclide et, surtout, Vasile Boerescu, ont soutenu à cor et à cri les formules décentralisatrices ».

    Les deux camps, celui des unionistes et celui des partisans d’une fédération, surnommés, par leurs détracteurs, les « séparatistes », ont, chacun, jeté sur la table des arguments de choix pour étayer leurs thèses. Si la formule centralisée était censée donner cohérence et force au futur Etat roumain, la formule décentralisée, elle, mettait en avant l’égalité entre les deux entités au sein du futur Etat que leur formule était plus à même de défendre. L’historien Adrian Cioflâncă affirme : « Les deux principautés étaient déjà passées, tour à tour, par un processus de centralisation qui avait culminé par ce qui est considéré comme la première ébauche de Constitution roumaine, les Règlements organiques de 1831-32. C’est ainsi qu’au moment de l’union, la seule expérience politico-administrative, la seule pratique qui pouvait se targuer d’une certaine tradition, était le centralisme. Mais le thème de la modernisation a fait évacuer un peu trop vite du débat public le thème du choix de la formule étatique. Et puis, enfin, les menaces externes qui s’amoncelaient à l’horizon appelaient à un Etat fort, et firent pencher la balance du côté du centralisme ».

    Les 5 et 24 janvier 1859, à Iași et Bucarest, Alexandru Ioan Cuza était élu pour monter sur le trône moldave d’abord, sur le trône valaque ensuite. C’était le début du processus unioniste, à l’issue duquel la Roumanie d’aujourd’hui vit le jour. (Trad. Ionut Jugureanu)

  • Le massacre de Galati

    Le massacre de Galati

    A l’été 1940 commençait la descente aux enfers de la Grande Roumanie, celle issue du Traité de Versailles, à la fin de la Grande Guerre. Deux ultimatums sont alors adressés, coup sur coup, au gouvernement roumain. Ce fut tout d’abord un ultimatum des Soviétiques sous forme de lettre, exigeant la cession de la Bessarabie, province que Moscou considérait toujours comme un territoire soviétique, et dont elle n’avait jamais reconnu le rattachement de 1918, à la Roumanie. Plus encore, le gouvernement soviétique exigeait en compensation la cession de la partie nord de la Bucovine, avec Cernauti comme capitale.

    Les exigences soviétiques venaient bien évidemment à l’encontre de la réalité historique, voire du principe de l’autodétermination, édicté par Lénine même, lors de la Révolution bolchevique de 1917. C’est bien en vertu de ces principes que la Bessarabie, suivant la volonté nationale, vota son rattachement à la Roumanie. Le délai de deux jours laissé par les Soviétiques aux autorités de Bucarest pour évacuer ses administrations civiles et militaires de Bessarabie provoqua le chaos généralisé, menant à la déroute. C’est dans ce contexte de panique et de dégringolade qu’a eu lieu l’un des chapitres les plus noirs de l’histoire roumaine : le massacre des Juifs de Galati, comme pour préfigurer les charniers qui allaient s’entasser par milliers au long du continent européen.

    L’historien Adrian Cioflâncă, directeur du Centre d’études de l’histoire des Juifs de Roumanie, fait le lien entre le massacre de Galati du 30 juin 1940 et le climat délétère qui prévalut lors de la perte de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord: « La cession de ces territoires en 1940 était la conséquence directe du pacte Ribbentrop-Molotov. Un épisode particulier aura un rôle déterminant tant dans la naissance du massacre de Galati du 30 juin 1940 que du pogrom de Dorohoi, qui a eu lieu le lendemain. C’est que l’ambassadeur roumain à Moscou, Gheorghe Davidescu, refuse de prendre la carte avec le nouveau tracé des frontières, tel qu’il était dessiné suite aux termes de l’ultimatum. Les autorités locales et les populations de Dorohoi et de Galati ne savaient donc pas si l’Armée rouge s’arrêterait à leurs portes ou si leurs villes passeraient elles aussi sous la souveraineté des Soviets. Vous imaginez la panique et la confusion qui pouvaient y régner. C’est cette panique exacerbée qui a joué un rôle essentiel dans cette explosion de violence qu’a été le pogrom. C’est le cas à Galati aussi. On le voit des notes des services d’information, de ce qui se dit de bouche à l’oreille par les réfugiés roumains qui déferlaient depuis la Bessarabie, ceux-là même qui colportent l’imminence de l’invasion de Galati par l’Armée rouge. Cette panique est la conséquence directe de l’absence d’informations officielles quant aux limites de l’avancée soviétique en territoire roumain».

    Les rapports rédigés par les agents du ministère de l’Intérieur font état du chaos généralisé qui s’est emparé des habitants de la région, des casses, des exécutions sommaires, des Juifs qui se font jeter des trains. Mais les archives font également état de nombre d’humiliations, voire des violences subies par des officiers et des soldats de l’Armée roumaine pendant cette retraite sans lutte, humiliations d’emblée mises au compte des communistes. Dans ce contexte de catastrophe, la presse du temps ne s’attarde pas trop sur le massacre de Galati. Les journaux relataient plus volontiers en revanche une attaque communiste qui aurait eu lieu aux environs de la gare, et qui aurait donné lieu à la réaction militaire qui s’était ensuivie, tout cela sur fond des sentiments antisémites prévalant à l’époque.

    La panique générale provoquée par le mouvement offensif rapide de l’armée soviétique et la haine du Juif dans le chef de certains habitants constituent, selon Adrian Cioflâncă, les causes principales du massacre de Galati: « La seconde cause qui explique la panique qui prévalait sur le terrain, c’était que la pénétration militaire des Soviétiques dans la Bessarabie et la Bucovine du Nord était en avance sur le planning prévu. Les troupes roumaines, dont le plus gros se déplaçait en charrette, à cheval, voire carrément à pied, étaient rattrapées par les parachutistes ou les chars soviétiques. Dès le 29 juin, les Russes avaient occupé, grâce aux unités de parachutistes, les deux premières villes roumaines, Reni et Bolgrad, alors que les troupes roumaines étaient au beau milieu de la province de Bessarabie, encore loin de l’avoir vidée. C’est ce qui provoque une panique folle, parce qu’à la gare de Bolgrad, pas moins de quatre convois de réfugiés sont rattrapés par les troupes soviétiques, et que dans le port de Reni, les Soviétiques interceptent plusieurs navires pleins de réfugiés. Dans ces conditions, certains habitants prennent courage et se mettent à commettre des vols, des casses, à harceler les autorités roumaines en retraite. Les Soviétiques arrêtent les trains, ce qui ne fait qu’accroître la panique jusqu’à son paroxysme. Les colportages, les fausses informations troublent les esprits et provoquent la panique ».

    A Galați, à la gare surtout, se croisent deux flux migratoires opposés, formés par ceux qui veulent passer depuis et vers la Bessarabie la rivière Prut. Il y a d’une part ceux qui veulent rejoindre le territoire censé devenir soviétique sous peu et puis, d’autre part, les réfugiés qui fuient devant l’avancée de l’Armée rouge. Dans ces conditions, les autorités locales se mettent à constituer une douane, et elles commencent à exiger des droits de passage de la part de ceux qui quittent la Roumanie vers la Bessarabie, pour se mettre sous autorité soviétique. Les mêmes autorités se mettent à construire sur un terrain vague, à proximité de la nouvelle frontière, une sorte de camp de transit, destinés à ceux en partance vers la Bessarabie occupée.

    A ce moment-là, la garde est montée par un régiment de marins armés de fusils. Et puis, dans cette atmosphère électrique, un conflit explose entre un marin d’un côté et une famille de réfugiés de l’autre. Le marin tire. Les gardes s’affolent et croient qu’on leur tire dessus, depuis le camp qu’elles gardaient. L’ordre de tir est donné. Suite au massacre débuté dans ces conditions troubles, on dénombra, selon les sources, entre 80 et 300 morts, dont la plupart des victimes sont juives. Plus de cent militaires prirent part au massacre. Certains furent jugés et condamnés après la guerre, certains encore furent condamnés à tort par la justice communiste, mais beaucoup y échappèrent.

    Quoi qu’il en soit, le massacre de Galati représente une tache sombre dans l’histoire roumaine. (Trad. Ionut Jugureanu)

  • Centenaire de l’union de la Bessarabie avec la Roumanie

    Centenaire de l’union de la Bessarabie avec la Roumanie

    Une injustice historique, commise 106 ans auparavant, était ainsi réparée. Les 3 années de guerre en Russie, où la tension sociale était montée suite aux réformes échouées et à la modernisation incomplète du pays, avaient poussé la Bessarabie au bord de la catastrophe. Les révolutions successives de février-mars et d’octobre-novembre 1917, apportaient l’espoir d’un renouveau. Sur la toile de fond de ces remous sociaux, politiques et économiques, la carte politique de la Russie a changé. D’anciens Etats, comme la Pologne, y ont fait à nouveau leur apparition, d’autres ont affirmé leur nouvelle identité politique, alors que certains territoires ont intégré les Etats voisins. La Bessarabie a fait partie de cette dernière catégorie, ayant réintégré la Roumanie.

    Cette union a été notamment l’œuvre des élites, indique l’historien Ioan Scurtu : « Une élite politique s’est constituée en Bessarabie principalement après 1900, surtout après la révolution russe de 1905, qui a été suivie par une certaine bienveillance envers la population de l’Empire, par l’introduction de certaines réformes et par un meilleur accès à la culture et à l’éducation – évidemment, pas en roumain. Les jeunes Moldaves pouvaient désormais aller étudier en Russie. Une élite s’est ainsi formée, qui a joué un rôle très important dans le développement de la conscience nationale des Roumains. De retour en Bessarabie, les jeunes intellectuels ont commencé à éditer des journaux et des revues, à publier des livres – diffusés illégalement. Un des militants de Bessarabie, Constantin Stere, qui a été déporté en Sibérie pour son activité nationaliste et qui, après avoir purgé sa peine, est venu en Roumanie, a promu l’idée d’envoyer des jeunes moldaves à l’Université de Iaşi, pour qu’ils se construisent une culture roumaine solide ».

    Les grands changements politiques qui suivirent ne furent pourtant pas uniquement l’œuvre des intellectuels. Ils ont également été le résultat des efforts de certaines structures organisées et caractérisées par la discipline, comme, par exemple, l’armée.

    Ioan Scurtu : « En 1917, lorsque la révolution éclatait en Russie, une élite intellectuelle bessarabienne était déjà formée, à laquelle se joignaient les militaires. C’était la guerre. La Russie était entrée dans la première guerre mondiale en juillet 1914 et les jeunes de Bessarabie avaient été eux aussi enrôlés dans l’armée russe. En 1917, la révolution éclatait à Saint Pétersbourg où un gouvernement provisoire, dirigé par le prince Lvov, prit deux mesures très importantes pour l’armée. Primo : on accordait aux soldats le droit de ne plus saluer leurs supérieurs. Pour une armée, structure fondée avant tout sur la hiérarchie et la discipline, c’était quelque chose de vraiment exceptionnel. Des comités de soldats commencèrent à être créés, qui procédèrent à l’élection de commandants de leurs rangs, en dégradant les généraux et les colonels, ce qui a profondément déstabilisé les troupes. Secundo : les militaires de l’armée russe avaient le droit de s’organiser suivant des critères ethniques. C’était l’hiver et il n’y avait pas d’hostilités militaires en cours. Alors un mouvement naquit au sein de l’armée russe : les militaires de différentes nationalités quittaient les unités où ils étaient intégrés, pour constituer leurs propres unités. Les militaires moldaves en firent autant, devenant un facteur très dynamique, très actif, au sein du mouvement national, car le gouvernement provisoire social-démocrate avait affirmé reconnaître l’organisation autonome des territoires russes sur des critères nationaux. Des mouvements nationaux d’organisation territoriale selon des critères ethniques et autonomes sont nés un peu partout – en Finlande, dans les pays baltes, en Pologne et, bien sûr, en Bessarabie. »

    Le 27 mars, le Conseil du Pays – soit le parlement de la Bessarabie – décidait, par vote ouvert – l’union de la Bessarabie avec la Roumanie. Sur les 135 députés présents, 86 ont voté en faveur de l’Union, 3 ont voté contre et 36 se sont abstenus. 13 députés s’étaient absentés. Il a été affirmé que la Roumanie aurait influencé le vote.

    L’historien Scurtu commente cette hypothèse : « Ça c’est des légendes, car les documents montrent clairement l’état d’esprit qui régnait en Bessarabie. Le congrès militaire de juillet 1917 décida de la création d’un parlement appelé le Conseil du Pays. Le principal but des élections organisées à cet effet était l’autonomie de la Bessarabie et une future union avec la Roumanie. Ces élections se déroulèrent par professions : les élections des enseignants, des artisans, des prêtres, des étudiants, des militaires. L’autonomie et l’union figuraient dans leur programme. Quand le Conseil du pays s’est réunit le 21 novembre 1917, son objectif était déjà connu. Il était hors de question que quelqu’un achète un vote, surtout que la structure était assez complexe, il ne s’agissait pas de seulement quelques individus faciles à acheter. A noter aussi que les travaux du Conseil s’étaient déroulés dans une ambiance positive, de respect vis-à-vis des points de vue exprimés. On peut se poser des questions sur le nombre relativement élevé d’abstentions. Elles ne signifiaient pas une opposition à l’union, c’était le vote des minorités ethniques. Leurs représentants ont déclaré qu’ils avaient été envoyés au Conseil du pays pour voter l’autonomie et qu’une consultation sur l’union n’avait pas encore été organisée. »

    Le 27 mars 1918, l’union de la Bessarabie avec le Royaume de Roumanie allait être la première d’une série d’événements similaires, qui allait culminer le 1er décembre 1918 avec la réintégration de la Transylvanie, marquant la naissance de la Grande Roumanie. (Trad. : Dominique)

  • La semaine du 26 mars au 1er avril

    La semaine du 26 mars au 1er avril

    Le centenaire de l’union de la Bessarabie avec la Roumanie

    A l’occasion du centenaire de l’Union de la Bessarabie avec la Roumanie, le Législatif de Bucarest a organisé le mardi, 27 mars, une réunion solennelle qui a débouché sur l’adoption d’une déclaration officielle. Le Parlement considère comme entièrement légitime la volonté des citoyens de la République de Moldova qui soutiennent l’unification avec la Roumanie en tant que continuation naturelle du processus de développement et d’affirmation de la nation roumaine. Province à population roumaine majoritaire, occupée par l’Empire des tsars pendant quelque 106 ans, la Bessarabie s’est réunie à la mère patrie, la Roumanie, en 1918. L’Union soviétique a ré-annexé cette région suite à un ultimatum en 1940 et sur une partie de son territoire, l’actuelle République de Moldova a été créée.

    Ecrasé et nié à l’époque de l’URSS, l’élément roumain a été perverti par l’invention d’une langue et d’une identité moldaves, différentes de celles roumaines. Rappelons-le, à l’occasion de chaque scrutin électoral, une lutte acerbe est menée entre les politiciens qui tablent sur l’intégration européenne et ceux qui souhaitent remettre la République de Moldova dans l’aire d’influence russe. La situation est compliquée et la réunification avec la Roumanie n’est pas un aspect qui relève du proche avenir.

    Dans l’attente d’une éventuelle union, les responsables politiques de Bucarest se font une priorité du renforcement de la coopération roumano-moldave et du soutien que Bucarest accorde au parcours européen et euro-atlantique de son voisin, l’Etat le plus pauvre du Vieux continent. La politique de la main tendue mise en place par Roumanie est d’autant plus importante que la société moldave est divisée et que la propagande russe demeure très agressive.

    Mercredi, la compagnie Eurotransgaz, qui appartient à Transgaz, l’opérateur de transport du gaz naturel de Roumanie, a racheté la compagnie Vestmoltransgaz de République de Moldova. L’occasion pour le premier ministre, Mme Viorica Dancila, de déclarer que « A partir de ce moment, on peut parler de Transgaz comme d’un acteur régional. Je profite de l’occasion pour saluer également l’interconnexion énergétique entre la Roumanie et la République de Moldova. » Le contrat facilitera la construction du gazoduc Ungheni – Chisinau, un prolongement du pipeline Iasi – Ungheni. Selon les autorités, le gazoduc vise à assurer la sécurité énergétique de la République de Moldova qui dépend actuellement des livraisons de gaz de Russie.


    L’éternelle modification des lois de la Justice

    Le PNL et l’USR de l’opposition parlementaire roumaine ont saisi pour la deuxième fois la Cour constitutionnelle pour s’attaquer aux modifications apportées par la coalition au pouvoir aux trois lois de la Justice portant sur l’organisation judiciaire, le statut des magistrats et le fonctionnement et l’organisation du Conseil supérieur de la Magistrature. Tandis que le PSD, au pouvoir, affirme que les modifications ont été adoptées par voie démocratique, l’opposition, elle, soutient qu’elles mèneront au contrôle politique du système judiciaire. Le député libéral Gabriel Andronache nous donne un exemple: « Le jour même de l’adoption de toutes ces modifications devant le plénum du Sénat, la majorité parlementaire a fait passer un amendement à la loi 303 qu’elle a présenté comme une sorte de corrélation technique et législative, alors qu’en fait, il s’agissait d’un article censé modifier la définition même de l’erreur judiciaire. Or, une telle approche est, selon nous, complètement inadmissible. Et il y a encore d’autres exemples qui démontrent que ces réglementations s’avèrent toxiques pour le système roumain de Justice. »

    Pour sa part, le PSD, au pouvoir, se défend, en affirmant que tous ces changements avaient été adoptés par voie démocratique. Selon le leader social-démocrate, Liviu Dragnea, « attaquées dans un premier temps à la Cour constitutionnelle, ces modifications ont été déclarées conformes à la loi, à l’exception de quelques articles. Reste à voir pourquoi ils les ont attaquées de nouveau. Ce sera aux juges de la Cour d’analyser et j’espère qu’ils se calmeront. »

    La Cour constitutionnelle tranchera les nouvelles saisines le 19 avril.


    Scandale diplomatique : la Russie contre tous

    La Russie a choisi de poser en victime et de donner la réplique à l’Occident, niant, en même temps, avec véhémence, toute implication dans l’empoisonnement, le 4 mars dernier, en Grande Bretagne, de l’ancien agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille. Selon la police britannique, une grande quantité de substance neurotoxique a été trouvée sur la porte d’entrée de la maison de l’ancien espion. Pour donner un signal fort à Moscou qu’elle ne peut pas défier la législation internationale relative à l’usage des armes chimiques, environ 150 diplomates russes d’Amérique du Nord et d’Europe jusqu’en Australie ont été expulsés en signe de solidarité avec le Royaume Uni.

    En plus, aux Etats Unis, l’administration Trump a fermé le consulat russe de Seattle, argumentant qu’il était trop près de la plus grande base américaine de sous-marins nucléaires. Même à Bucarest, le ministère des Affaires étrangères a annoncé, lundi, qu’un diplomate russe serait déclaré indésirable et expulsé de Roumanie. Le ministre Teodor Melescanu a expliqué qu’un signe de solidarité était nécessaire, surtout dans le contexte du Brexit, pour prouver que l’Union européenne continue de souhaiter une relation très étroite avec Londres dans les domaines de la défense et de la sécurité, même après la sortie de ce pays du bloc communautaire.

    La décision de la Roumanie est, peut-être, « la manifestation de la folie collective » – a commenté l’ambassade de Russie à Bucarest. Ultérieurement, la situation a pris de nouvelles proportions : Moscou a promis des représailles identiques pour tous les pays qui ont choisi de l’affronter. (Trad. : Ioana Stancescu et Ligia Mihaiescu)

  • L’avenir des relations Bucarest –Chisinau

    L’avenir des relations Bucarest –Chisinau

    A l’occasion du centenaire de l’Union de la Bessarabie avec la Roumanie, une atmosphère festive s’est emparée du Législatif de Bucarest qui a organisé une réunion solennelle remplie de discours patriotiques, réunion achevée sur l’adoption d’une déclaration officielle. Le Parlement considère comme entièrement légitime la volonté des citoyens de la République de Moldova qui soutiennent l’unification avec la Roumanie en tant que continuation naturelle du processus de développement et d’affirmation de la nation roumaine.

    La Roumanie et ses citoyens sont et seront toujours prêts à répondre positivement à toute manifestation unioniste de la part des moldaves comme expression de leur volonté souveraine. Province à population majoritairement roumaine, occupée par l’Empire des Tsars pendant quelque 106 ans, la Bessarabie s’est réuni à la mère patrie, la Roumanie en 1918. L’Union soviétique a ré-annexé cette région suite à un ultimatum en 1940 pour créer sur une partie de son territoire, l’actuelle République de Moldova. Ecrasé et nié à l’époque de l’URSS, l’élément roumain a été perverti par l’invention d’une langue et d’une identité moldaves, différentes de celles roumaines. En 1992, les autorités de Moscou ont soutenu avec des troupes les séparatistes pro-russes de la région de Transnistrie. Puis à l’occasion de chaque scrutin électoral, une lutte acerbe se déroule entre les politiciens qui tablent sur l’intégration européenne et ceux qui souhaitent remettre la République de Moldova dans l’aire d’influence russe. La situation est compliquée et la réunification avec la Roumanie n’est qu’une question de temps, affirme aussi le directeur de l’Institut de Sciences politiques et de relations internationales de l’Académie roumaine, Dan Dungaciu :Son : « Si un jour, les citoyens de la République de Moldova souhaitaient unifier leur pays avec la Roumanie, cela se ferait seulement dans le respect des normes internationales et des accords d’Helsinki portant sur l’inviolabilité des frontières et la légitimité d’un geste issu de la volonté des deux parties. Bucarest a tendu la main à son voisin. Pour sa part, Chisinau adopte une approche différente, comme on a eu l’occasion de le remarquer lors de la réunion solennelle du Parlement roumain. Le message des dirigeants moldaves en visite en Roumanie a été sans équivoque : la République de Moldova s’intéresse en tout premier lieu à la réintégration de la Transniestrie, perdue en 1992. Après, toute discussion au sujet d’une union avec la Roumanie doit reposer sur un référendum. Il faudrait organiser une consultation populaire pour laisser aux citoyens moldaves l’occasion de prendre la décision ». Dans l’attente d’une éventuelle union, les responsables politiques de Bucarest se font une priorité du renforcement de la coopération roumano- moldave et du soutien que Bucarest accorde au parcours européen et euro- atlantique de son voisin, le plus pauvre Etat du vieux continent. La politique de la main tendue mise en place par Roumanie est d’autant plus importante que la société moldave est divisée et que la propagande russe demeure très agressive.