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  • Le vote des Roumains sous la loupe des sociologues

    Le vote des Roumains sous la loupe des sociologues

    Dimanche, lors du second tour du scrutin présidentiel le président sortant Klaus Iohannis, soutenu par le Parti national libéral (au gouvernement) a recensé deux tiers des suffrages, soit le double par rapport à son adversaire, l’ex première ministre, la sociale-démocrate Viorica Dancila. Sur les trois décennies de démocratie post-communiste, c’est le score électoral le plus faible enregistré par un candidat de la gauche au second tour du scrutin présidentiel. Ce qui plus est, le taux de participation d’un peu plus de la moitié des électeurs inscrits sur les listes électorales est la plus faible de toutes les finales des présidentielles.

    Mais au-delà des statistiques, l’Institut roumain d’évaluation et de stratégie IRES, un « think tank » indépendant qui étudie des thèmes de l’actualité roumaine et internationale a réalisé un profile sociologique des Roumains qui se sont rendus aux urnes dimanche. Près de 6,5 millions de Roumains ont voté pour Klaus Iohannis alors que Viorica Dancila a receuilli les suffrages de plus de 3,3 millions d’électeurs. Les chiffres présentés par IRES illustrent un équilibre parfait entre hommes et femmes dans le cas des électeurs de Klaus Iohannis, alors que Viorica Dancila a obtenu plus de voix de la part des femmes, soit 54% par rapport à 46% hommes. Côté segments d’âge, les électeurs de M Iohannis sont répartis d’une manière équilibrée, près de la moitié (soit 49%) sont âgés de plus de 45 ans. Tel n’est pas le cas pour Viorica Dancila, où 78% des Roumains qui l’ont votée sont âgés de plus de 45 ans.

    Des différences significatives sont à retrouver au chapitre activité professionnelle. Un tiers des électeurs de Klaus Iohannis ont déclaré être à la retraite ou sans activité professionnelle, alors que dans le cas de Viorica Dancila 50% des électeurs sont à la retraité, 32% seulement sont salariés, 11% n’ont pas d’activité professionnelle et 4% sont freelance. Pour ce qui est du milieu où résident les Roumains ayant participé aux présidentielles de cet automne, sachez que 62% des électeurs de Klaus Iohannis habitent le milieu urbain et seulement 38% celui rural, alors que dans le cas de Viorica Dancila le rapport est plus équilibré (52% urbain à 48% rural). Dans le cas de la répartition par régions géographiques, on constate un fort déséquilibre dans le cas des électeurs de la candidate du PSD qui a obtenu 53% de ses voix dans le sud de la Roumanie, soit dans les régions d’Olténie et de Munténie, d’où Mme Dancila est d’ailleurs originaire. Dans ces régions M Iohannis a recueilli 44% de ses suffrages.

    Pourtant, la Transylvanie demeure un fief très fort pour le président qui est originaire de la ville de Sibiu. 37% de ses voix proviennent de cette région, alors que Viorica Dancila y a recensé seulement 25% des suffrages. Dans le cas de la Moldavie, région située dans l’est, la situation est un peu plus équilibrée. Iohannis y a recensé 19% de ses suffrages alors que Dancila a obtenu 22%. De l’avis des spécialistes, tous ces chiffres indiquent l’existence de plusieurs failles entre les différentes catégories sociales, en fonction de plusieurs éléments : âge, études, revenus ou régions historiques. Par contre, même si elle est tout aussi différente du point de vue sociologique, la diaspora roumaine a voté dans sa quasi-totalité pour le président Iohannis. Plus de 90% des près d’un million de Roumains qui se sont rendus aux urnes à l’extérieur du pays ont accordé leur voix à Klaus Iohannis.

  • 27.10.2019 (mise à jour)

    27.10.2019 (mise à jour)

    Militaire – Quelque 1400 militaires
    roumains et étrangers, avec 220 moyens techniques, participent du 25 octobre au
    8 novembre, à Cincu, au département de Brasov (centre de la Roumanie) à
    l’exercice militaire multinational Scorpions Legacy 2019, a fait savoir le
    bureau de presse de la Brigade multinationale du Sud-est basée à Craiova.
    L’objectif en est d’instruire le personnel de la Brigade et celui des unités
    affiliées de Bulgarie, d’Italie et du Portugal, par des exercices de
    commandement assistés par ordinateur, exercices d’entraînement sur le terrain
    et exercices tactiques de tirs de combat. Notons que le commandement de la
    Brigade multinationale du Sud-est de Craiova assure une capacité élevée de
    commande des forces déployées dans le sud-est des frontières de l’OTAN, ayant
    une importante contribution à la défense collective de l’Alliance.


    Energie – La Roumanie
    a importé, au cours des sept premiers mois de l’année, une quantité d’énergie
    qui dépasse de 45 % celle importée pendant la même période de 2018, informe le
    plus récent rapport de l’Autorité nationale de réglementation dans le secteur
    énergétique (ANRE). Pendant cette même période, les exportations ont baissé de
    32%, comparées à celles enregistrées de janvier à juillet 2018. La
    consommation nationale d’énergie électrique a connu une légère baisse, de 0,6%,
    tandis que la production interne a diminué de 5,4%, précise le Régulateur
    national.










    Culture – L’intérêt
    pour la culture augmente en Roumanie, mais cela concerne notamment le
    divertissement facile, indique le Baromètre de la consommation culturelle en
    2018, une radiographie du phénomène culturel national réalisée par l’Institut
    national de recherche et de formation et rendue publique hier. Les auteurs ont
    constaté que les gens préfèrent les festivités et les événements en plein air. La fréquentation des musées et des
    bibliothèques reste inchangée, tandis que celle des salles de théâtre diminue
    par rapport aux années précédentes. La consommation de films dans les salles de
    cinéma a augmenté, tout comme la participation de la population à des concerts
    et des spectacles de divertissement. Selon la même étude, la consommation de
    programmes de télévision, de musique et d’internet s’est accrue dans l’espace
    non-public.


    Théâtre – La
    29-e édition du Festival national de théâtre (FNT) a pris fin, ce dimanche, à
    Bucarest, au bout de 10 jours de spectacles, de vernissages d’expositions et de
    lancements de livres. Cette année, le Festival a célébré « Le théâtre,
    instant magique de l’histoire ». Selon la directrice artistique, Marina
    Constantinescu, l’édition de cette année a été dédiée au 30-e anniversaire de
    la Révolution de décembre 1989, qui a replacé la Roumanie sur la carte
    démocratique du monde.

    Washington – Le
    président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé, ce dimanche, la mort d’Abu
    Bakr al-Baghdadi, le leader du groupement terroriste Etat islamique, au cours d’une
    opération militaire américaine déroulée dans le nord-ouest de la Syrie. Aux
    dires de Donald Trump, les militaires américains avaient encerclé al-Baghdadi,
    qui s’était fait sauter avec sa ceinture d’explosifs. Trois de ses enfants ont
    aussi été tués dans l’explosion. Abu Bakr al-Baghdadi, un des terroristes les
    plus recherchés du monde, avait pris, en 2010, la tête de l’organisation Al-Qaeda en Irak, un des
    groupements à avoir rejoint Daesh.




    Tennis – Au
    tournoi de tennis ATP de Bâle (Suisse), le Roumain Horia Tecău et le
    Néerlandais Jean-Julien Rojer ont remporté, ce dimanche, la finale de double,
    devant les Américains Taylor Fritz et Reilly Opelka, en deux sets 7-5, 6-3.
    Horia Tecău et Jean-Julien Rojer cherchent à obtenir la qualification au Tournoi
    des Champions.






    Météo – En Roumanie, dans les prochaines 24 heures, le ciel se
    couvrira dans le nord-ouest et le nord, où des pluies faibles pourraient faire
    leur apparition. Dans les autres régions, le ciel sera variable, les
    températures seront en légère baisse, pourtant toujours supérieures aux
    normales saisonnières, avec des maximales entre 16° et 23°.

  • 23.10.2019 (mise à jour)

    23.10.2019 (mise à jour)

    Gouvernement -
    En Roumanie, le Bureau politique national du Parti national libéral (PNL) se
    réunira jeudi pour valider la composition du futur Exécutif de Bucarest et son
    agenda, que le premier ministre désigné, Ludovic Orban, soumettra ensuite au
    Parlement. M. Orban a conclu, ce
    mercredi, un second tour de négociations avec les partis politiques
    parlementaires qui avaient soutenu la motion de censure contre le Cabinet
    social-démocrate de Viorica Dăncilă,
    démis le 10 octobre dernier.

    Revenus – Le pouvoir d’achat moyen par habitant est de 5.881
    euros en Roumanie, alors que la moyenne européenne est trois fois plus élevée,
    arrivant à 14.739 euros, indique une étude de la compagnie GfK. La Roumanie,
    située à environ 60% en-dessous de la moyenne européenne, occupe la 32-e place
    dans un classement européen du pouvoir d’achat par habitant. Au plan national, Bucarest
    est en tête des régions, avec un pouvoir d’achat moyen par habitant de 10.452
    euros, la capitale étant suivie par le département de Timiş (ouest) avec une
    moyenne de 7.564 euros, et par le département de Cluj (ouest), avec 7.457 euros. Au pôle opposé, se trouve le département de
    Vaslui (est), avec une moyenne de 3.706 euros. Le pouvoir d’achat est un indice
    du revenu net, y compris toute aide d’Etat reçue, qui reste après le paiement
    des impôts et des contributions.

    Exercice – Defender Europe 2020, le plus ample exercice militaire depuis
    la fin de la Guerre Froide, se tiendra l’année prochaine, de février à août sur
    une dizaine de pays européens, notamment en Allemagne et en Pologne. 37 000
    soldats, dont 29 000 Américains, de 18 pays sont annoncés. La Roumanie aura une
    participation importante, a fait savoir le chef de l’État-major, le général
    Nicolae Ciucă, lors d’une déclaration sur Radio Roumanie. Après s’être
    concentré, ces vingt dernières années, sur les conflits au Proche Orient, le
    Pentagone a décidé, suite à l’intervention russe, de 2014, en Ukraine, de
    canaliser ses efforts sur la défense européenne et sur les moyens de transférer
    ses troupes sur le vieux continent, en cas de crise.

    Heure d’hiver -
    La Roumanie reviendra à l’heure solaire (heure d’hiver) ce weekend, dans la
    nuit de samedi à dimanche. La compagnie CFR Călători (Voyageurs) informe que les
    horaires des trains sont ceux actuellement en vigueur, puisque les pays voisins
    (République de Moldova, Ukraine, Hongrie, Serbie et Bulgarie) passeront
    également à l’heure d’hiver le 27 octobre.








    Football – Le club champion de Roumanie au football, CFR Cluj, rencontre
    jeudi, en France, les footballeurs du Stade Rennais football, dans le cadre
    d’un nouveau match au sein du Groupe F de la Ligue Europa. A l’heure où l’on
    parle, les Roumains ont une victoire contre les Italiens de Lazio Rome et une
    défaite face aux Ecossais de Celtic Glasgow. D’ailleurs, ce sont eux qui
    dominent leur groupe avec 4 points, suivis par les Tricolores de CFR Cluj, les
    Italiens de Lazio Rome et les Français de Rennes.

    Météo – Dans les prochaines 24 heures, le temps sera brumeux dans le sud-est et l’est de la Roumanie. La journée de jeudi apportera un ciel clair et des températures au-dessus des normales saisonnières. L’après-midi, le thermomètre affichera entre 13° et 29°.

  • 23.08.2019

    23.08.2019

    Message – Le
    président de la Roumanie, Klaus Iohannis, a transmis,
    aujourd’hui, à l’occasion de la Journée de commémoration des victimes du
    fascisme et du communisme, un message où il souligne que pour honorer ces
    victimes, en plus de les commémorer, il faut agir fermement, conformément aux
    principes démocratiques authentiques. Quatre-vingts ans après la signature, le
    23 août 1939, du pacte secret entre l’URSS et l’Allemagne nazie, le président de
    la Roumanie souligne que, vu les tentatives de relativiser les crimes du
    fascisme et du communisme, il faut condamner avec force ces deux idéologies,
    sous toutes leurs formes. Dans son message, le chef de l’Etat roumain rappelle
    l’acte salutaire réalisé par le roi Michel I, le 23 août 1944, lorsqu’il a
    décidé de sortir la Roumanie de l’alliance avec l’Allemagne d’Hitler et de
    rallier la coalition antinazie et les alliés anglo-américains
    traditionnels. De l’avis des historiens, cela a permis d’écourter la guerre de
    six mois en Europe et de sauver la vie à
    des centaines de milliers de gens. Trois plus tard, quand le pays était
    pratiquement sous occupation soviétique et dirigé par un gouvernement
    communiste fantoche, le roi Michel a été forcé à abdiquer et à s’exiler en
    Occident. Retourné en Roumanie après la
    révolution anti-communiste de 1989, l’ancien souverain est décédé en 2017, à l’âge
    de 96 ans.










    Candidatures – Le Comité exécutif national du Parti social-démocrate
    PSD, principale composante de la coalition
    au pouvoir en Roumanie, se réunit aujourd’hui, à la veille du congrès du
    parti, pour valider la candidature de la première ministre Viorica Dăncilă à l’élection
    présidentielle de cet automne. Par ailleurs, ont également leur intention de
    candidater le président sortant, Klaus Iohannis, soutenu par le PNL (principal parti
    d’opposition), le leader de l’alliance USR-PLUS (d’opposition), Dan Barna, ainsi
    que le leader de l’ALDE (partenaire de coalition du PSD), Călin Popescu Tăriceanu.








    Le 112 – En Roumanie, le projet d’ordonnance d’urgence visant l’amélioration
    de la performance du système du numéro d’urgence unique 112 fait l’objet du
    débat public à partir d’aujourd’hui. La disposition la plus importante concerne
    les cartes téléphoniques prépayées qui pourraient être achetées seulement sur
    la base d’un papier d’identité. Les ONG critiquent cette disposition et
    affirment qu’il faudrait avoir un projet de loi minutieusement débattu au
    parlement, car il s’agit de droits et de libertés fondamentale de la personne.
    Les autorités considèrent, pour leur part, que ces dispositions décourageraient
    les faux appels aux secours, et que les personnes en difficulté seraient localisées
    plus rapidement. Cette contrainte à l’achat de cartes prépayées existe déjà
    dans de nombreux pays européens.


    Etude – Les jeunes âgés de 12 à 18 ans, originaires d’Europe de l’Est
    qui font des études en Angleterre et en Ecosse se confrontent à un racisme et
    une xénophobie à la hausse, indique une étude réalisée par l’Université
    Strathclyde de Glasgow. Le référendum pour le Brexit et le discours
    anti-immigration de certains acteurs politiques sont à l’origine de la
    multiplication de ce type d’incidents, ces trois dernières années. Selon les
    chercheurs cités par le correspondant de Radio Roumanie à Londres, 77% des élèves
    interviewés ont déclaré avoir été victimes d’actes racistes, xénophobes ou de harcèlement,
    la moitié d’entre eux ayant affirmé que ces abus s’étaient multipliés après le
    référendum de 2016 sur le Brexit. Les adolescents ont décrit des attaques
    verbales dans la rue et dans les transports en commun et des attaques physiques
    commises principalement à l’intérieur des établissements scolaires. Certains
    enfants ont accusé les enseignants d’avoir ignoré ces incidents. L’étude
    réalisée par l’Université Strathclyde de Glasgow a été réalisée entre octobre
    2016 et mai 2018, avec la participation de plus de 1.000 élèves, originaires pour la plupart de Roumanie, de Pologne et de Lituanie,
    et qui vivaient au Royaume Uni depuis au moins trois ans.




    Aviation – Une
    exposition d’aviation générale a été inaugurée aujourd’hui à l’aéroport de Băneasa,
    au nord de la capitale roumaine, Bucarest, pour préfacer la 11-e édition du plus
    grand spectacle aérien de Roumanie, le Bucharest International Air Show – BIAS.
    Cette année, le BIAS est dédiée au 50-e anniversaire de l’aéroport
    international « Henri Coandă »-Otopeni et aux 15 ans d’adhésion de la
    Roumanie à l’OTAN.


    Rapatriement -
    Le ministère des affaires étrangères de Bucarest a annoncé avoir rapatrié,
    depuis le Yémen via l’Egypte et la Turquie, 6 ressortissants roumains et deux
    citoyens yéménites, membres de leurs familles. L’action a été réalisée avec le
    soutien de l’ambassade de Roumaine eu Caire et du consulat général de Roumanie
    à Istanbul, le MAE ayant couvert les frais de rapatriement. Cette mesure fait
    partie des démarches permanentes d’assistance et de protection consulaire
    accordées par le MAE aux ressortissants roumains en situation spéciale, à travers
    les missions diplomatiques et les sections consulaires dans les Etats à risque
    sécuritaire majeur. Le MAE rappelle que le message d’alerte concernant les voyages
    au Yémen, à savoir « Risque majeur, quittez immédiatement la zone ou le
    pays ! », est toujours actuel.




    Football – En football, le vice-champion de Roumanie, FCSB a terminé à égalité, 0 partout,
    la rencontre, à domicile, avec le Portugais Vitoria Guimarães, comptant pour le play-off de qualification dans les groupes de la Ligue Europa. Le match-retour aura lieu la
    semaine prochaine.


    Tennis – En
    tennis, au premier tour de simple dames de l’Open des Etats-Unis, dernier
    tournoi du Grand Chelem de l’année, la Roumaine Simona Halep, numéro 4 mondial,
    affrontera une joueuse issue des qualifications, conformément au tirage aux
    sorts de jeudi. Trois autres Roumaines y sont également présentes. Sorana
    Cîrstea jouera contre la Tchèque Katerina Siniakova, Monica Niculescu
    rencontrera la jeune ukrainienne de 19 ans Daiana Iastremska et Mihaela Buzărnescu
    sera opposée à l’Allemande Andrea Petkovic. Deux autres Roumaines, Gabriela
    Ruse et Ana Bogdan, figurent au dernier tour des qualifications.

    Météo – En Roumanie,
    il continue de faire chaud aujourd’hui, les températures de la mi-journée se
    situant entre 26° et 36°. A Bucarest, à midi, il y avait 30°.

  • 22.08.2019 (mise à jour)

    22.08.2019 (mise à jour)

    Candidatures — Le Comité exécutif national du Parti social démocrate, principale formation politique de la coalition au pouvoir en Roumanie, se réunira vendredi, à la veille du Congrès qui devrait valider la candidature de la première ministre Viorica Dancila aux élections présidentielles de l’automne. Le président sortant, Klaus Iohannis, soutenu par le Parti national libéral, principal parti de l’opposition, Dan Barna, leader de l’alliance formée par l’Union Sauvez la Roumanie et par le Parti de la liberté, de l’unité et de la solidarité (PLUS), ainsi que Calin Popescu Tariceanu, chef de l’Alliance des libéraux et des démocrates (partenaire junior dans la coalition au pouvoir) ont eux aussi fait part de leur intention de se porter candidats à l’élection présidentielle.



    Justice – Lancien chef du Fisc roumain, Sorin Blejnar, a été renvoyé devant les juges, aux côtés de l’ancien vice – président de lAgence nationale dadministration fiscale de Roumanie, Viorel Comăniță, de l’ex – commissaire général adjoint du Trésor public, Sorin Florea, et de sa femme, Andreea Blejnar. Sorin Blejnar est accusé de complicité dévasion fiscale et de constitution dun groupe criminel organisé. Selon les procureurs anti-corruption, entre 2011 et 2012, il a soutenu, de différentes manières, un groupe criminel qui na pas rempli ses obligations fiscales. Trois des personnes mentionnées auraient reçu des pots-de-vin allant de 300.000 euros à 1,2 millions d’euros. Quant à la femme de Sorin Blejnar, c’est elle qui aurait perçu l’argent destiné à celui-ci.



    23 Août — La Roumanie marquera, vendredi, les 75 ans écoulés depuis le 23 août 1944, date à laquelle, le roi Michel 1er décidait de faire arrêter le maréchal Ion Antonescu, chef du régime pro-allemand de Bucarest, de mettre fin à la collaboration avec les forces de lAxe et de faire entrer le pays dans le camp des Alliés. Selon les historiens, cette décision allait écourter la guerre en Europe d’une année et demie et sauver plusieurs centaines de milliers de vies. Trois ans plus tard, alors que le pays était pratiquement occupé par l’armée soviétique et dirigé par un gouvernement communiste fantoche, le roi Michel a été obligé d’abdiquer et de s’exiler en Occident. Le roi, qui na pu regagner le pays quaprès la chute du communisme, est mort en 2007, à l’âge de 96 ans.



    Festival — Coup d’envoi, ce jeudi, à Braşov, au centre de la Roumanie, de la 19-e édition du Festival international de la chanson « Le Cerf d’or ». Le concours d’interprétation se déroule les deux premiers soirs. 12 interprètes de 10 pays se disputeront le Grand Trophée du festival. Ils respecteront plus d’un demi-siècle de tradition et chanteront une chanson de leur répertoire et une création roumaine. Les gagnants seront annoncés au Gala du samedi soir. Dimanche, le spectacle final sera dédié à la musique traditionnelle roumaine. L’affiche du Festival international « Le Cerf d’or » inclut aussi des récitals de vedettes de la pop roumaine et internationale. Le festival, qui a débuté en 1968, a connu 18 éditions, celle de 2018 marquant son 50-e anniversaire.



    Etude — Les élèves originaires d’Europe de l’Est qui apprennent dans des écoles du Royaume-Uni et d’Ecosse sont de plus en plus confrontés au racisme et à la xénophobie, révèle une étude menée par l’Université Strathclyde de Glasgow. Ce sont le référendum sur le Brexit et le discours anti-immigration de certains hommes politiques qui ont conduit à la croissance du nombre des incidents, ces trois dernières années. Selon les chercheurs cités par le correspondent de Radio Roumanie, 77% des élèves sondés ont déclaré avoir eu à souffrir à cause du racisme, de la xénophobie ou du harcèlement, la moitié d’entre eux ayant même affirmé que les abus étaient devenus plus fréquents après le référendum de 2016 sur le Brexit. Ils ont précisé avoir été la cible d’attaques verbales tant dans la rue que dans les moyens de transport en commun et ajouté qu’il y avait eu des agressions physiques aussi, perpétrées, pour la plupart, dans l’enceinte même des établissements scolaires. Certains enfants ont accusé les enseignants d’avoir fermé les yeux sur ces incidents. L’étude en question a été réalisée entre octobre 2016 et mai 2018 auprès de plus d’un millier d’élèves âgés de 12 à 18 ans, dont la plupart originaires de Roumanie, de Pologne et de Lituanie et qui ont résidé au moins trois ans au Royaume-Uni.



    Chisinau — Des tensions surgissent au sein de la coalition au pouvoir en République de Moldova, formée du Parti socialiste, dont est issu le président philo-russe Igor Dodon, et du Bloc pro-européen ACUM (Maintenant) dirigé par la première ministre Maia Sandu et par le vice-premier ministre Andrei Năstase. Le gouvernement a décrété une journée de deuil, le vendredi 23 août, car c’est à cette même date qu’a été signé, en 1939, le Pacte germano-soviétique connu sous le nom de Ribbentropp — Molotov.


    Appelée Journée européenne de commémoration des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires, cette journée marque l’annexion, en 1940, par l’URSSS, suite à un ultimatum, des territoires roumains de l’Est sur lesquels s’est constituée l’actuelle République de Moldova.


    De son côté, la présidence moldave envisage d’organiser, le 24 août, un concert censé célébrer ce qu’elle appelle « le 75e anniversaire de la libération de la Moldova de sous l’occupation fasciste », autrement dit la nouvelle annexion par les Soviétiques, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Y participera le ministre russe de la Défense, Serghei Şoigu, qui a été invité par son homologue moldave, le socialiste Pavel Voicu, à l’insu de la première ministre Maia Sandu. Cette dernière a déclaré que ce serait une visite privée et que par conséquent il n’y aurait pas la possibilité de signer des accords officiels. Maia Sandu a d’ailleurs sollicité au ministre des Affaires étrangères, Nicu Popescu, de rappeler pour consultations l’ambassadeur de République de Moldova à Moscou.



    Météo — La canicule continuera de sévir en Roumanie, notamment dans le sud et le sud-ouest, où le mercure va grimper jusqu’à 36°.




  • Les jeunes de Roumanie – portrait collectif

    Les jeunes de Roumanie – portrait collectif

    Une récente étude sociologique réalisée à linitiative de la Fondation Friedrich Ebert Roumanie met sous la loupe une tranche dâge dont on parle beaucoup, mais dont on sait trop peu en fait et qui est aussi très peu représentée au niveau des politiques sociales: les jeunes. Menée en 2018, cette étude analyse leur approche de sujets tels la famille, léducation, le style de vie, la religion ou la démocratie. Qui plus est, létude cible non seulement des Roumains mais aussi des jeunes de 9 autres pays dEurope du sud-est, membres et non membres de lUE.



    On confirme une fois de plus ce que dautres statistiques ont déjà constaté : les jeunes restent une catégorie vulnérable, affirme Victoria Stoiciu, représentante de la Fondation Friedrich Ebert Roumanie : « Comme le constate notre étude et bien dautres, les jeunes forment sans doute une catégorie défavorisée, premièrement du point de vue économique. Le niveau de pauvreté est très accentué parmi les jeunes de 15 à 25 ans, en fait il est plus élevé que pour dautres tranches dâge. Dhabitude on pense aux personnes âgées ou aux retraités lorsque lon fait ces comparaisons. En fait, la situation économique des jeunes est beaucoup plus difficile. En plus, ils ne sont pas suffisamment représentés au niveau politique non plus. »



    Tous les indicateurs économiques et sociaux portant sur les jeunes de Roumanie sont très bas, constate le sociologue Gabriel Bădescu, un des auteurs de létude. Toutefois, il faut mettre ces indicateurs dans un contexte plus large, européen. Par exemple, plus de la moitié des participants roumains sont daccord avec lidée que la démocratie est une bonne forme de gouvernance. Mais 23% dentre eux estiment que, dans certaines conditions, la dictature serait une forme de gouvernance meilleure que la démocratie. A comparer les 9 Etats inclus dans la recherche, on constate que la Roumanie a un des niveaux les plus bas pour ce qui du soutien à la démocratie, dans le contexte, où lon remarque partout une tendance vers lautoritarisme.



    Ce qui est aussi remarquable, cest que le changement des générations napporte pas forcément de meilleurs citoyens, favorables à la démocratie, estime Gabriel Bădescu : «Ce déclin de lattachement à la démocratie nest pas uniforme à travers les différentes tranches dâge. Lorsque lon parle de la qualité de la démocratie, les jeunes sont une catégorie vulnérable et problématique. Problématique, parce quil existe des études qui indiquent quune fois imprimées certaines attitudes à un jeune âge, elles sont difficiles à changer ; au contraire, elles restent là et se perpétuent



    Outre lattitude socio-politique, létude de la Fondation Friedrich Ebert Roumanie analyse aussi le soutien aux minorités des jeunes. Gabriel Bădescu nous en parle : « Le soutien des droits des minorités est plutôt faible chez les jeunes. Pour plusieurs catégories de minorités, la Roumanie enregistre les valeurs les plus basses des dix pays étudiés. Il sagit notamment des droits des minorités ethniques et des droits des pauvres ».



    La même recherche a mis au jour les décalages existant en Roumanie non seulement entre les régions, mais aussi entre les milieux rural et urbain. Dailleurs, selon des études de 2017, le taux général du risque de pauvreté parmi les jeunes roumains était de 37% en milieu rural et de 6% seulement en milieu urbain. Dans ces conditions, la Fondation Friedrich Ebert Roumanie constate que 23% des jeunes vivant à la campagne font partie de la catégorie appelée NEETs (not in employment, education or training). Ce sont des jeunes qui ne suivent aucune forme denseignement, ni de formation, et qui nont pas non plus un emploi. Le taux en est double en milieu rural par rapport au milieu urbain. Aucun autre pays étudié nenregistre un décalage si important.Et cest toujours la situation économique précaire qui explique le fait quune grande partie des jeunes roumains rêve démigrer, affirment les auteurs de létude. A la différence de lannée 2014, lorsque 60% des jeunes de 14 à 29 ans souhaitaient partir à létranger, en 2018 ils nétaient que 30%.



    Partir à létranger est souvent un simple désir, qui ne se concrétise pas, souligne le sociologue Daniel Sandu, coauteur de létude dont il est question aujourdhui : « Avoir un fort désir de partir nest pas un élément essentiel pour savoir sils veulent vraiment quitter le pays ou pas. Cest plutôt la réponse à la question « comment évaluez – vous vos opportunités de développement dans votre propre pays ? » Si la situation économique de son pays est difficile, comme cétait le cas en 2014, et si les opportunités sont réduites, alors on a cette tendance de planifier son départ ou au moins de souhaiter partir. »



    Mais qui sont ces jeunes qui souhaitent tant quitter la Roumanie ? Les réponses sont tout aussi surprenantes, de lavis de Daniel Sandu : « En fait, à faire une analyse plus profonde, on constate que lintention de partir concerne deux groupes très différents et placés aux extrêmes. Un groupe est formé de jeunes provenant de familles aisées et qui souhaitent poursuivre leurs études à létranger. Lautre est formé de jeunes provenant de familles qui se débrouillent grâce à largent envoyé par certains membres qui travaillent à létranger. Cet argent permet aux jeunes davoir accès aux biens, mais il ne leur offre pas de stabilité, ni de perspective dans leur pays. » Dailleurs, la perception du présent est celle qui donne la perspective de lavenir. Ce qui explique beaucoup de choses. (Trad. Valentina Beleavski)

  • L’économie de la Roumanie – entre perspectives et incertitudes

    L’économie de la Roumanie – entre perspectives et incertitudes

    Les économies de tous les Etats membres se développent malgré des conditions moins favorables et les incertitudes mondiales, est-il affirmé dans un communiqué de la Commission européenne. Le nombre des personnes ayant un emploi a atteint un niveau record, tandis que le taux de chômage na jamais été aussi faible, mais des écarts importants continuent dexister entre les différents pays, régions et catégories de population. « Le semestre européen a réellement contribué à lamélioration de la situation économique et sociale en Europe. Néanmoins, des défis importants persistent, auxquels sajoute une détérioration de plus en plus possible des perspectives économiques », a averti Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne en charge de leuro et du dialogue social, de la stabilité financière, des services financiers et de lunion des marchés de capitaux. Selon le responsable européen, « on fait le constat inquiétant dun ralentissement des réformes dans certains pays. Nous appelons tous les Etats membres à consolider la résilience de leurs économies et à encourager une croissance durable et favorable à linclusion. Une meilleure orientation des investissements peut contribuer de manière significative à la réalisation de ces objectifs », a estimé Valdis Dombrovskis. Mentionnée en février dernier par la Commission européenne parmi les 13 pays communautaires enregistrant des déséquilibres, la Roumanie affichait, au premier trimestre de 2019, une croissance économique de 5%. La Commission ainsi que le Fonds monétaire international avertissent, toutefois, que les déséquilibres se sont creusés, tout comme les déficits fiscal et du compte courant, tandis que les pressions inflationnistes repartent à la hausse. Invitée à Radio Roumanie, Lidia Moise, rédactrice en chef de lhebdomadaire « Reporter global », explique :



    « Malheureusement, la Roumanie est le seul pays européen à enregistrer deux déséquilibres majeurs – un déficit budgétaire plutôt élevé et croissant, autrement dit nous dépensons plus que nous ne réalisons comme revenus ; et un déficit du compte courant, qui représente la différence entre le montant des devises entrantes en Roumanie et le montant sortant du pays, pour faire simple. Seule la Turquie vit une situation similaire en Europe. Ankara a subi une énorme pression sur la monnaie nationale, il y a de linflation, des déficits gémeaux et une chute brutale de la lire. Rouler avec de tels déficits gémeaux représente un danger très élevé pour la stabilité de léconomie, surtout quand cela arrive en période de croissance économique, cest-à-dire quand dhabitude on est en mesure de couvrir les dépenses sans augmenter les déficits. »



    Présente à Bucarest, à la Conférence consacrée aux recommandations spécifiques pour la Roumanie dans le cadre du Semestre européen 2019, Isabel Grilo, directrice de la Direction générale Affaires économiques et fiscales de la Commission européenne, a analysé la situation :



    « Nous constatons quen dépit du fait que, dernièrement, léconomie roumaine a fonctionné au-dessus de son potentiel, donc dun déficit ou dune différence productive positive, la politique fiscale a continué sa progression. Si on regarde la composition de cette politique fiscale, nous verrons quelle ne repose pas tellement sur les investissements. Ce ne sont pas les investissements qui créent ce déficit, mais les politiques fiscales qui encouragent la consommation, à savoir les déductions fiscales, ainsi que les dépenses avec les salaires et les retraites, qui soutiennent la consommation et sont difficilement réversibles. Cest pourquoi nous croyons quil y a des raisons de sinquiéter pour ce qui est de la soutenabilité de cette croissance. »



    Par ailleurs, une étude européenne révèle que 78% des compagnies actives en Roumanie se plaignent du retard enregistré par les paiements, un casse-tête pour le développement des affaires, pour lembauche de personnel et pour le revenu des compagnies. Pour comparaison, seulement la moitié des compagnies européennes se confronte à un problème similaire. Doù la tendance des hommes daffaires roumains de croire quils pourraient se confronter à une nouvelle récession dans les deux années à venir, affirme Simona Mincu, représentante de la compagnie qui a réalisé létude en question :



    «Une éventuelle crise semble imminente. Dici cinq ans, la majorité des compagnies sattend à un déclin économique et à une éventuelle récession. Ces indicateurs sont bien visibles en Roumanie, mais aussi en Grèce et en Italie. Les compagnies sattendent à ce que, dans les cinq à venir, une nouvelle période de déclin économique sinstalle. »



    Au-delà de toutes ces incertitudes, un élément constant se manifeste – la Roumanie détient un moyen puissant de restaurer léquilibre, il sagit de lénorme volume de fonds européens à sa disposition. (Trad. : Ileana Ţăroi)



  • A la Une de la presse roumaine 19.10.2018

    A la Une de la presse roumaine 19.10.2018

    C’est
    la nouvelle de la semaine, nous savons désormais « ce que pensent ceux qui
    éduquent nos enfants » : « la moitié des enseignants de Roumanie
    croient à la dictature, au racisme, à l’homophobie et à l’intolérance ». La presse en parle longuement.

  • Identité et culture nationale un siècle après la Grande Union

    Identité et culture nationale un siècle après la Grande Union

    Réalisée, tout comme les années précédentes, par l’Institut national pour la recherche et la formation culturelle (INCFC), cette étude offre peut-être des surprises à ceux qui s’attendaient à un meilleur niveau de connaissances sur la signification du centenaire – estime Carmen Croitoru, manager de l’Institut : « Les résultats du sondage sur la perception des deux événements par la population ne sont pas ceux escomptés. Le fait que le centenaire semblait un sujet étranger pour la plupart des Roumains n’est pas surprenant, il indique seulement un horizon d’attente inadéquat. Pour nous, les chiffres ne sont qu’un effet, c’est pourquoi nous ne porterons jamais de jugement sur les Roumains qui ne lisent pas, qui ne connaissent pas les fêtes du pays ou qui n’arrivent pas à se repérer dans le domaine culturel. Pour nous, il est clair que l’absence d’une stratégie dans ce domaine ne pourra pas avoir de conséquences positives. »

    Lors du sondage pour le baromètre culturel de cette année, les chercheurs ont enregistré les réponses spontanées des gens à la question : « Quelle est la première chose à laquelle vous pensez quand vous entendez l’expression « le centenaire de la Grande Union » ? 47% des personnes interrogées ont répondu : « Je ne sais pas. », 8% ont choisi de ne pas répondre et 45% ont exprimé différents avis, dont la plupart concernaient l’union, le 1er décembre 1918, de la Transylvanie avec le royaume de Roumanie. « Dans la conscience publique, il n’y a donc pas de signification claire de cet événement » – estiment les auteurs de l’étude. Dans ces conditions, comment ce centenaire, en tant que symbole, se reflète-t-il dans la manière dont les gens construisent leur identité locale ou nationale ?

    Anda Becuţ Marinescu, directrice de recherche au sein de l’Institut national pour la recherche et la formation culturelle : « Dans ce contexte, le Centenaire est pertinent dans la mesure où sa célébration est liée à des événements importants pour une communauté ou une autre. Par exemple : il y a, à travers le pays, de nombreux monuments érigés à la mémoire des héros tombés, pendant la guerre. Si, à l’occasion du Centenaire, on organise des événements liés à ce type de monument, il y a plus de chances que la communauté locale réagisse. »

    La valorisation des communautés locales est d’ailleurs une autre surprise du Baromètre de consommation culturelle 2018 : 65% des Roumains définissent leur identité avant tout par leur appartenance à la commune ou à la ville où ils habitent. La référence au pays où ils vivent, en tant que repère identitaire, arrive en 3e position. De l’avis de l’anthropologue Vintilă Mihăilescu, ce résultat est réjouissant : « Ce qui a été intéressant, cette fois, c’était la façon dont les gens définissaient leur identité. A une question du genre : Qu’est-ce que vous êtes, avant tout : roumain, transylvanien ou habitant du village X ?, la plupart des personnes interrogées ont répondu : Je suis quelqu’un des parages. Pour définir leur identité, 6% à 7% des gens font même référence à leur appartenance européenne – ce qui est nouveau par rapport aux études antérieures. Pourtant, à mes yeux, cette renaissance, cette valorisation du caractère local et des spécificités locales est très importante et réjouissante. »

    Dans ces conditions, on peut s’attendre à ce que le patrimoine matériel local soit une priorité pour les Roumains. Et c’est effectivement le cas: 82% des personnes interrogées considèrent le patrimoine culturel comme très important pour eux et 78% pensent qu’il est important pour la communauté locale. Pourtant, 31% seulement des personnes interrogées ont déclaré avoir visité au moins une fois par an un site du patrimoine culturel. Qui sont, en fait, les visiteurs des sites du patrimoine immobilier ? Selon le Baromètre culturel, le visiteur moyen est féminin, âgé de 50 à 64 ans, avec une éducation moyenne et un revenu supérieur à la moyenne.Les contradictions les plus évidentes concernent la perception que les gens ont du patrimoine immatériel, c’est-à-dire des traditions. 90% des personnes interrogées estiment que les traditions et les coutumes occupent une place importante dans la société roumaine, 82% pensent que les respecter aident à construire un meilleur avenir pour la communauté, contre 50% qui considèrent qu’elles entravent le développement de la société.

    Il y a là une tension entre l’ancien et le nouveau, entre le besoin de conservation et celui de modernisation – estime Anda Becuţ-Marinescu. Vintilă Mihăilescu ajoute, lui, que : « Telle est la réalité. Nous avons un culte bien mérité des traditions, sur lequel prime le culte de la modernité. Ce qui est tout à fait naturel. Si vous vous rendez dans une commune et que vous tentiez de faire revivre les traditions locales, ne vous attendez pas à ce que tout le monde se montre enthousiaste. Eventuellement, les gens seront polis, mais ils ne feront rien. Le culte de la modernisation ne va pas de pair avec celui des traditions. A l’avenir, avec le temps, ils finiront peut-être par converger. » Les politiques culturelles, ainsi que les stratégies de communication publiques doivent tenir compte de ce « portrait » des Roumains, un siècle après la Grande Union. ( Trad. : Dominique)

  • A la une de la presse roumaine le 30.03.2018

    A la une de la presse roumaine le 30.03.2018

    Et le mois d’avril arrive avec du soleil, mais surtout avec une grosse dette à rembourser. Même le mot « crise » est évoqué. Par ailleurs, les patients roumains ne se portent pas bien, et l’avenir n’est pas rose. Pour le moins inquiétant.

  • 10.03.2018 (mise à jour)

    10.03.2018 (mise à jour)

    PSD – Un Congrès extraordinaire du PSD, principal parti de la coalition gouvernementale a eu lieu ce samedi à Bucarest. Les sociaux-démocrates devaient élire un président exécutif, un secrétaire général et plusieurs vice-présidents. Le fauteuil de président du parti, occupé par Liviu Dragnea n’a pas fait l’objet de ces élections internes, puisque les filiales du PSD avaient a plusieurs reprises exprimé leur soutien envers le leader social-démocrate. La deuxième fonction du parti, celle de président exécutif sera occupée désormais par l’actuelle première ministre, Viorica Dancila, celle qui a bénéficié de l’appui de l’homme fort du PSD. Ses adversaire dans les élections internes, une ancienne ministre de l’Education nationale, Ecaterina Andronescu et un ex-ministre de la Santé, Nicolae Banicioiu ont choisi de se retirer de la course. 16 vice-présidents du parti ont été élus, soit une femme et un homme en charge pour chacune des huit régions économiques du pays. Egalement à l’agenda du congrès : le partenariat stratégique avec les Etats-Unis, la poursuite des réformes de la Justice et une aide financière à la République de Moldova. Quelque 4 mille délégués de tout le pays ont participé au Congrès du PSD.

    Grippe – L’institut national de Santé publique de Roumanie a confirmé deux nouveaux décès causés par le virus de la grippe, portant le bilan à 90 morts. La ministre de la Santé, Sorina Pintea, soutient que pour l’instant on ne peut pas parler d’une épidémie de grippe.

    Etude – Selon un rapport de la Banque Mondiale, le niveau de connaissances en langue roumaine et mathématiques d’un adolescent roumain sur trois est inférieur au niveau de base. L’essor de la technologie risque d’approfondir les écarts économiques entre les pays et notamment d’isoler davantage les nations européennes les plus pauvres, mettent en garde les auteurs du document. Ce qui est inquiétant c’est le fait que les jeunes ne sont plus intéressés à apprendre un métier. Ces 15 dernières années, le nombre des pratiquants d’un métier qui implique un travail physique a baissé à travers l’UE de 15%, alors que les emplois qui demandent des capacités d’analyse et de créativité sont de plus en plus nombreux, fait savoir le rapport.

    Handball
    Le club champion de Roumanie de handball féminin, CSM Bucarest a été vaincu
    samedi sur le score de 24 à 25 par le club russe Rostov-Don, au cours de la
    dernière étape du groupe principal 1 de la Ligue de Champions. LE CSM qui a
    terminé en troisième position de son groupe rencontrera dans les quarts de
    finale de la compétition l’équipe française de Metz. Samedi également, le club
    roumain de SCM Craiova s’est qualifié dans les demi-finales de la Coupe EHF
    après s’être imposée sur le score surprenant de 26 à 23 contre Lada Togliatti
    de Russie. Au cours du premier tour, les
    Russes s’étaient imposées sur le score de 25 à 23. Dimanche, dans la même
    compétition, une autre équipe roumaine, HC Zalau, affronte l’équipe turque de Kastamonu Belediyesi. Les
    Roumaines s’étaient imposées à la limite sur le score de 29 à 28. Au cas où
    elle se qualifie dans les demi-finales, le HC Zalau affrontera le SCM Craiova
    dans le cadre d’un derby roumain.

    Livre – Après une pause de 20 ans, la Roumanie est cette année le pays à l’honneur de la Foire internationale du livre de Leipzig en Allemagne. Y participent les écrivains Mircea Cartarescu, Nora Iuga, Andrei Pleşu et Varujan Vosganian. Parmi les 60 événements organisés par le Ministère de la Culture et de l’identité nationale dans le pavillon de la Roumanie, dont le slogan est « Romanie. Zoom in », mentionnons aussi le concert de la chanteuse roumaine Ada Milea sur des paroles traduites de l’Allemand par Herta Muller, écrivaine d’origine roumaine qui s’est vue décerner le Nobel de la littérature en 2009, précise un communiqué du Ministère de la Culture de Bucarest. La foire internationale du livre de Leipzig qui a ouvert ses portes ce vendredi et qui doit s’achever dimanche vise à promouvoir les auteurs contemporains.

    Météo – Temps particulièrement beau dans les jours à venir en Roumanie avec des températures allant jusqu’à 20 degrés. Ciel couvert sur l’ouest, le nord-ouest et le centre. Même si le ciel est plutôt couvert, les pluies ne seront pas au rendez-vous. Ciels variable avec quelques nuages sur le reste des régions et un vent plus fort en montagne.

  • 13.12.2017 (mise à jour)

    13.12.2017 (mise à jour)

    Funérailles – Le cercueil avec la dépouille mortelle du roi Michel Ier est arrivé mercredi en Roumanie et a été déposé au Château de Peleş de Sinaia (sud). Là, les officiels de Bucarest et de la République de Moldova ont présenté leurs condoléances. Parmi ceux qui ont signé sur le registre de condoléances, il y avait le président de la Roumanie, Klaus Iohannis, le premier ministre, Mihai Tudose, et le président du Parlement de la République de Moldova, Adrian Candu. Le public na pas eu accès au château tant que le cercueil sy est trouvé, mais de nombreuses personnes sont sorties sur le trajet du cortège funéraire, entre laéroport et Sinaia, pour dire adieu au dernier roi de Roumanie. Trois jours de deuil national sont prévus. A partir de mercredi soir et jusquà samedi, lorsquil sera inhumé dans la nécropole royale de Curtea de Arges, dans le sud de la Roumanie, le cercueil sera déposé au Palais royal de Bucarest, où tous ceux qui souhaitent rendre hommage au roi décédé le 5 décembre à 96 ans, en Suisse, sont attendus.



    Budget – Les Commissions réunies de budget – finances du parlement de Bucarest ont débattu, ce mercredi, par articles, les projets de lois du budget de lEtat et de la sécurité sociale pour 2018. Ils doivent élaborer le rapport final jusquà la fin de la semaine en cours, de manière à ce que les projets puissent commencer à être discutés lundi en session plénière de lassemblée législative. Dans la variante envoyée par le gouvernement, le budget de lEtat se fonde sur une croissance économique de 5,5%; léducation, la santé, lagriculture et les investissements sont les priorités budgétaires. Le gouvernement a également prévu des ressources pour majorer le salaire minimum et les retraites. Le projet est contesté par lopposition, qui considère que les recettes sont surévaluées, et que le taux de change dépassera les estimations du gouvernement. Les partis dopposition ont avancé près de 4000 amendements.



    Etude – Près de 16.000 médecins roumains ont quitté le pays pour travailler à létranger, notamment dans des Etats membres de lUnion européenne, indique une étude réalisée par la Coalition pour les droits des migrants et des réfugiés (CDMir), qui rassemble plusieurs ONGs de Roumanie. Selon cette étude, le pays a besoin de 600 médecins de famille et de 4.000 médecins spécialistes. Par ailleurs, le nombre des personnes travaillant dans le secteur “recherche et développement” a baissé de 30% ces vingt dernières années. Létude réalisée par la Coalition pour les droits des migrants et des réfugiés a analysé la migration de la main dœuvre hautement qualifiée dans trois domaines – médecine, recherche et développement et technologies de linformation.



    Brexit – Le Parlement européen a adopté ce mercredi une résolution où il exprime son soutien au lancement de la deuxième phase des négociations entre Londres et Bruxelles concernant le Brexit. Les eurodéputés recommandent aux chefs dEtat et de gouvernement des 27 de décider au sommet de ce vendredi de passer à létape suivante des négociations. Le Parlement européen insiste néanmoins sur le fait que le gouvernement britannique doit tenir les engagements assumés auprès de lUE et inscrit dans laccord conclu avec la Commission européenne la semaine dernière. Le Royaume Uni quittera officiellement le bloc communautaire en mars 2019, pendant la présidence roumaine du Conseil de lUE.



    Loi — Le gouvernement de la République de Moldova, Etat dont la population est majoritairement roumanophone, a approuvé un projet de loi qui introduit, dans la Constitution du pays, la langue roumaine comme langue officielle d’Etat à la place de la langue dite moldave. Le projet législatif en question propose le remplacement du syntagme « langue moldave qui utilise la graphie latine » par le syntagme « langue roumaine ». Le président pro-russe de la République de Moldova, Igor Dodon, a qualifié d’inadmissible la modification du nom de la langue officielle et s’est dit convaincu du fait que le parlement de Chisinau n’adopterait le projet.



    Météo – Pour ce qui est de la météo des prochaines 24, des nuages et des pluies éparses seront signalés dans louest et le nord-ouest de la Roumanie. Les températures seront plus élevées que les normales de saison, et pourront atteindre 13° jeudi en milieu de journée.

  • A la Une de la presse roumaine 08.12.2017

    A la Une de la presse roumaine 08.12.2017

    Aujourd’hui la presse roumaine parle
    éducation : selon une enquête, la moitié des Roumains n’hésitent pas à
    frapper leurs petits. Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’offrir un repas
    chaud aux élèves d’une centaine d’écoles.

  • Un Planétarium mobile pour étudier les étoiles

    Un Planétarium mobile pour étudier les étoiles

    En ces temps-ci, où les voyages dans l’espace semblent devenir accessibles aux gens ordinaires, l’observation des planètes attire toujours plus. Comme très peu de villes de Roumanie disposent de planétariums, un passionné d’astronomie a eu l’idée d’un planétarium mobile. C’est ainsi qu’est né le projet du Planétarium mobile éducatif est une initiative de l’Association astronomique Pluton.

    Il s’agit d’un dôme mobile, de 8 mètres de diamètre et haut de 5 mètres, que l’on peut installer dans différents espaces. Il accueille des séances lors desquelles un animateur spécialisé interagit avec les spectateurs, leur offrant des détails sur les constellations, les planètes, les satellites naturels, les astéroïdes et même sur les derniers exploits de l’homme pour ce qui est de l’exploration du cosmos. Le projet en question est unique de par son caractère éducatif et interactif.

    Selon Adrian Filpişan, initiateur et coordinateur principal du Planétarium mobile éducatif, l’astronomie est très sommairement étudiée dans les écoles. Ce qui plus est, les rares présentations que l’on y fait manquent d’attractivité.

    Adrian Filpişan : « Notre aventure astronomique a débuté avec un planétarium de moindres dimensions, à savoir 5 mètres de diamètre. Souhaitant accueillir un public plus nombreux, nous nous sommes dotés d’un autre, plus grand. Les voyages à travers le pays avec notre planétarium itinérant ont commencé il y a trois ans. La majeure partie de nos spectateurs est formée de parentes et d’enfants. Le premier thème que nous avons abordé s’intitulait Que faisaient-ils, le soir, nos ancêtres? Bien sûr qu’ils ne regardaient pas la télé ni n’écoutaient la radio, mais ils contemplaient la voûte céleste. Ainsi a-t-on découvert les constellations, fruit de l’imagination de nos aïeux. Une fois appris les détails sur les ces constellations, nous devons connaître le système solaire aussi. C’est le thème de notre deuxième spectacle, du deuxième épisode, avec pour protagonistes Galilée et le robot Curiosity. Galileo Galilei c’est le père de la science moderne, celui qui inventa, il y a près de 4 siècle, le télescope astronomique et le premier terrien à scruter le ciel étoilé à l’aide de cet instrument. Les enfants ont été heureux de faire la connaissance de ce personnage. Ils ont compris que le soleil se trouve au milieu du système solaire et que la planète Terre tourne autour de lui ».

    Les spectacles accueillis par le Planétarium mobile sont uniques en Roumanie, car il s’agit du premier projet éducatif et interactif de ce type. Son initiateur, Adrian Filpişan, nous a également parlé du périple de ce planétarium itinérant : « Les villes dans lesquelles nous voyageons depuis pas mal de temps déjà sont Cluj Napoca, Timişoara, Iaşi, Braşov, Satu Mare, Râmnicu Vâlcea, Drobeta Turnu Severin et Oradea. Nous n’avons pas pour autant oublier les villages d’autant que les écoles de campagne nous ont généreusement mis à disposition leurs gymnases pour y monter le dôme planétaire itinérant. Les écoliers ont pu voir ce que c’est qu’un planétarium, car il arrive assez souvent de confondre l’Observatoire avec le Planétarium. Pour 90% des participants à ces séances de vulgarisation de l’astronomie c’est leur première expérience de ce genre. »

    Pour un public comme celui-ci il est important de pouvoir poser des questions, d’exprimer librement sa joie, et de se rendre compte de la beauté de l’univers. Et ce d’autant plus que l’astronomie est une science en plein essor, à laquelle le grand public prête une attention accrue. Le planétarium mobile éducatif vient combler l’absence de tels spectacles en Roumanie. Des planétariums il y en a dans très peu de villes roumaines, a-t-on appris par notre interlocuteur qui nous a également expliqué que même là où ils existent, les séances qu’ils accueillent sont plutôt statiques, puisque les visiteurs ne font qu’écouter passivement un discours enregistré au préalable.

    Adrian Filpişan : « Nous avons deux planétariums très connus, ceux de Baia Mare et de Constanţa. Quelques – uns d’autres ont été construits, mais ils n’ont pas, malheureusement, de vocation éducative. Notre planétarium est essentiellement éducatif. Le côté spectacle mis à part, toute la représentation est centrée sur l’animateur qui adapte son histoire en fonction des spectateurs. On n’y mange pas de popcorn et on ne projette pas de films, car il est important de sauvez le planétarium véritable. »

    Pourquoi aller au planétarium, a-t-on demandé à Adrian Filpişan : « Les enfants qui vivent dans des agglomérations urbaines n’ont plus la possibilité de voir les étoiles dans le ciel, même s’ils le souhaitaient et ce à cause de la lumière artificielle trop puissante, de l’éclairage de nuit. En outre, une visite au planétarium permet de se familiariser avec certaines notions, de localiser par exemple la Grande et la Petite Ourse, d’apprendre à repérer l’Etoile polaire ou bien de trouver la réponse à telle ou telle question. Bref, elle est une sortie culturelle, éducative ».Voici ce que notre interlocuteur, Adrian Filpişan, recommande aux passionnés d’étoiles: « Nourrissez votre âme et celle de vos enfants de la beauté et des histoires du ciel étoilé. Profitez des nuits où la lune est visible pour observer, même à l’aide de télescopes très modestes, les cratères lunaires. Partagez ces moments avec vos enfants, car cette graine que vous semez dans leur cœur ne tardera pas à germer. Il est possible qu’il existe parmi eux un futur astronaute, qui succède à Dumitru Prunariu, le seul Roumain à avoir voyagé dans l’espace ».

    Avant de réserver votre billet pour un voyage interstellaire, il serait bon de mieux connaître la voûte céleste. (Trad. Mariana Tudose)

  • L’évolution de la capitale roumaine dans 12 domaines-clés

    L’évolution de la capitale roumaine dans 12 domaines-clés

    Par exemple, la circulation des véhicules si difficile et le fourmillement du centre-ville nous font croire que nous vivons dans une métropole surpeuplée. Pourtant, les statistiques, ne semblent pas le confirmer: le 1er janvier 2016, la ville de Bucarest comptait officiellement 1.844.576 habitants, alors qu’en 1992, la population de la capitale se chiffrait à 2.067.545. Afin d’offrir une description aussi exacte que possible de la ville, la « Fondation communautaire Bucarest » a lancé une étude sur 12 domaines-clés : la démographie, l’éducation, la sécurité, la protection sociale, la santé, la consommation culturelle, la circulation routière, le logement et le sentiment d’appartenance de ses habitants au quartier qu’ils habitent.

    L’étude « Bucarest : une dynamique de la communauté » est réalisée par un groupe de sociologues et d’anthropologues qui ont fait une synthèse des données fournies essentiellement par l’Institut national de la statistique et par les pouvoirs locaux des 6 arrondissements de la ville. Première conclusion : la disparité constatée entre les perceptions des habitants et les données concrètes persiste lorsqu’on compare entre elles les données officielles.

    Pour voir quels étaient les décalages entre les habitants riches et les habitants pauvres de la ville, les auteurs de l’étude ont dû recueillir des données provenant des directions de la protection et de l’assistance sociales de chaque arrondissement. Or, selon Valentina Marinescu, sociologue enseignant à l’Université de Bucarest, cette démarche s’est avérée hasardeuse, avec des résultats inattendus : « Il a été difficile de réaliser des comparaisons entre les différents arrondissements de la ville de Bucarest. Certaines mairies, très bien organisées, ont mis à notre disposition des dossiers avec toutes les données que nous avions demandées, d’autres nous ont envoyé une simple feuille de papier et un minimum d’informations ou rien du tout. Ce qui en dit long sur un appareil administratif payé de l’argent des contribuables. Par conséquent, il nous a été très difficile de comparer la situation des familles monoparentales, des riches et des pauvres, des enfants qui ont besoin d’aide ou des personnes du troisième âge des différents arrondissements. »

    Si la collecte des données a posé problème, parfois le résultat de l’analyse est, lui, paradoxal : les mairies d’arrondissement qui ont une meilleure situation financière ont la charge d’un plus grand nombre de personnes que les arrondissements d’habitude considérés comme moins nantis. Valentina Marinescu : « Au premier semestre 2016, plus de la moitié des aides sociales de la capitale semble avoir été accordée au premier arrondissement. En comparant ces données avec celles provenant des autres arrondissements, on a l’impression que le plus grand nombre de personnes qui ont besoin d’aide sociale provient de la zone à la plus grande densité de compagnies multinationale, celle de Pipera. Le 6e arrondissement a rapporté 108 cas, le 5e arrondissement enregistre 112 cas, le 3e arrondissement – 548 cas. Nous ne disposons pas d’une statistique pour le 2e et le 4e arrondissements, qui ne nous ont pas fournis de données. Tout dépend donc de la manière dont ces cas sont rapportés et dont les sommes destinées aux aides sociales sont gérées par chaque mairie. »

    Côté éducation, la situation de la ville de Bucarest semble tout à fait particulière. Malgré une infrastructure meilleure que celle d’autres villes, Bucarest enregistre un taux d’abandon scolaire plutôt élevé, d’environ 15%, et un taux d’admission au bac de 53%, ne dépassant pas la moyenne au niveau national. Valentina Marinescu : « Côté éducation, nous, les Bucarestois, nous semblons être quelque peu atypiques. On y met davantage l’accent sur la perfection et la performance dans ce domaine par rapport à d’autres villes du pays. Il serait intéressant de réaliser une étude séparée, pour voir combien d’argent on y investit dans les institutions « après école » et les leçons privées. Par ailleurs, le fait qu’à Bucarest, le taux d’admission au bac s’est chiffré à 53% ne signifie pas que nos élèves sont moins bien préparés que ceux des écoles de province, mais que celles-ci évaluent leurs élèves selon des critères moins stricts. »La consommation culturelle est étroitement liée à l’éducation. Selon une étude sociologique réalisée en 2015 et citée par les auteurs de l’étude « Bucarest – une dynamique de la communauté », 54,2% des Bucarestois préféraient le théâtre, 35,1% les spectacles de musique pop et danse et 14,6% les spectacles folkloriques. Pourtant, sur l’ensemble des habitants de Bucarest, 71,8% n’achètent jamais de billets au théâtre.

    Vlad Odobescu, journaliste, anthropologue et un des auteurs de la recherches lancée par la Fondation communautaire Bucarest, explique les préférences culturelles des Bucarestois: « Cela ne veut pas dire qu’ils ne participent pas, d’une façon ou d’une autre, à la vie culturelle de la ville. Depuis un certain temps, la municipalité et les mairies d’arrondissement organisent des événements en plein air. Je ne sais pas dans quelle mesure ces événements peuvent être considérés comme étant culturels, pourtant c’est une façon d’attirer la population vers la culture. En outre, 40% des Bucarestois passent du temps dans les galeries commerciales ou les grandes surfaces. Cela en dit long sur l’infrastructure culturelle de la ville. En 1990, la capitale roumaine comptait 77 salles de cinéma. A présent il n’y a plus que 17.

    Bucarest est une ville dynamique, du point de vue aussi bien économique que de la production culturelle. Pourtant, ce dynamisme n’est pas nécessairement lié à la jeunesse de sa population, vu qu’un quart seulement de ses habitants sont âgés de moins de 24 ans. Ce chiffre est inférieur à celui enregistré dans d’autres grandes villes du pays. Si Bucarest n’est donc pas forcément une ville jeune du point de vue démographique, la capitale roumaine est une ville sûre. Vlad Odobescu : « Ces dernières années, Bucarest se présente comme une ville sûre et, selon les données générales dont nous disposons, dans une hiérarchie des villes européennes, il devance Prague, Bratislava, Vilnius. Parmi les grandes villes roumaines, Bucarest est pourtant moins sûr que Cluj-Napoca ou Iaşi, par exemple. On prend en compte pour en juger le nombre d’infractions contre la personne (vols et brigandages), agressions sexuelles, agressions contre la sécurité routières.

    Bucarest est une ville qui commence à peine à se faire connaître et il est possible que ses paradoxes comptent parmi ses attraits. (Aut. : Christine Leşcu ; Trad. : Dominique)