Tag: spectacle

  • IN Avignon

    IN Avignon

    Adulé, conspué, admiré, méprisé, envié — quelque soit leur état d’esprit déclaratif, la quasi-totalité des gens de théâtre souhaite ouvertement ou secrètement mettre un jour les pieds à Avignon. Si l’autre Mecque des arts de la scène européenne, qu’est le festival d’Edimbourg, semble être un peu plus ouverte aux Roumains, ces derniers n’ont réussi à entrer dans la section officielle d’Avignon qu’à deux reprises — en 1996, avec « Les Danaïdes » par Silviu Purcarete et cette année avec « Solitaritate – Solitarité » par Gianina Carbunariu, un spectacle du Théâtre national “Radu Stanca” de Sibiu. Le succès de cette dernière dans la cité des papes a été fracassant, c’est la critique qui le dit — l’occasion pour nous de faire le point sur la présence roumaine à ce festival d’Avignon 2014, mais aussi sur la place des Roumains sur la scène théâtrale européenne du moment.


    Quelques pistes de réflexion explorées par la metteure en scène Gianina Carbunariu, Sebastian Vlad Popa, critique, écrivain, professeur des universités, rédacteur en chef de la publication « Inifinitezimal », et Christophe Pomez, attaché culturel de l’ambassade de France à Bucarest et directeur adjoint de l’Institut français de Roumanie.


  • Le Festival du spectacle européen et de la dramaturgie roumaine (FEST-FDR)

    Le Festival du spectacle européen et de la dramaturgie roumaine (FEST-FDR)

    Il est la seule plate-forme élargie de spectacle sur des textes roumains, contemporains et sociaux de surcroît. Cependant, il ne sagit pas dun événement roumano-roumain, car FEST-FDR met toutes ces créations locales dans un contexte européen – et international en général -, mettant en miroir créativité, formats et tendances roumaines et globales, ces dernières puisées dans des endroits pas forcément à portée de main ou dInternet. Le Festival européen du spectacle et de la dramaturgie roumaine, qui se déroule en ce moment même, est organisé par ce pôle culturel qui est le dynamique Théâtre national de Timisoara, dans louest de la Roumanie. Explications avec Codruta Popov, programmatrice artistique et secrétaire littéraire du Théâtre national de Timisoara.


  • “Roméo et Juliette” de Gérard Presgurvic – 10 ans en Europe Centrale et Orientale

    “Roméo et Juliette” de Gérard Presgurvic – 10 ans en Europe Centrale et Orientale

    L’événement dont nous allons parler aujourd’hui ne fait pas forcément la Une et pourtant il le devrait, car le spectacle dont nous allons parler est une rareté en Europe Centrale et de l’Est, pour ne pas dire qu’il est unique par son impact non seulement dans le pays où il a été créé (Hongrie, au Théâtre dopérette de Budapest), mais aussi dans nombre d’autres pays de la région (tels la Roumanie), et ce pour des raisons diverses que nous allons aborder tout à l’heure. L’art qui unit, l’art qui interroge, l’art du spectacle qui n’est pas si éphémère que l’on croit…


  • Le Festival national de théâtre 2013

    Le Festival national de théâtre 2013

    Le spectacle qui a ouvert la 23e édition du Festival national de théâtre et qui a bénéficié, d’ailleurs, du plus grand nombre de représentations dans ce festival a été « Les Troyennes », d’après Euripide, monté par le très connu metteur en scène Andrei Şerban. Ce spectacle, Andrei Şerban l’a réalisé pour la première fois en 1974, à New York, sur la scène du théâtre « La MaMa ». En 1990, il était mis en scène avec les comédiens du Théâtre national de Bucarest, en tant que partie médiane de la « Trilogie antique » ayant marqué, symboliquement, la renaissance du théâtre roumain.



    En 2012, Andrei Şerban a repris « Les Troyennes », cette fois-ci avec les chanteurs de l’Opéra national de Iaşi. Pourquoi, Andrei Şerban ? « C’est que Beatrice Rancea, nommée à la tête de l’Opéra de Iaşi, avait fait partie, dans les années ’90, de l’équipe du Théâtre national de Bucarest où j’ai monté pour la première fois cette tragédie. Et elle a gardé la nostalgie de cette Trilogie, qu’elle voulait reprendre, d’une façon ou d’une autre. Pourquoi à l’Opéra ? Parce que « Les Troyennes » sont une sorte d’opéra, joué et chanté par les acteurs. Cette fois-ci, les personnages sont joués par des musiciens professionnels : chanteurs et cantatrices, chœur et solistes de l’Opéra de Iaşi, qui ont été ravis de vivre cette expérience tout à fait différente de ce qu’ils font d’habitude. Cela a été également une expérience pour les jeunes spectateurs, qui n’étaient pas encore nés en ’90. Certains d’entre eux apprennent à l’école ce qu’a représenté cette Trilogie, entrée aussi bien en Roumanie qu’aux Etats-Unis dans l’histoire du théâtre. »



    Andrei Şerban estime que « Les Troyennes » trouvent très bien leur place dans le contexte social actuel : « C’est une tragédie écrite il y a 2.500 ans, mais qui est universelle. Je pense que toutes les périodes sont marquées par des tensions, dans ce qui se passe sur la scène, on peut trouver des références à ce que la liberté ou la prison signifient sur le plan social ou sur un plan purement humain — car il existe en nous-mêmes une prison et un désir de liberté. Ces deux mots sont extrêmement présents dans le spectacle et les spectateurs qui l’ont vu il y a 20 ans et sont revenus le revoir maintenant, ont affirmé — à ma grande joie — qu’il a la même force, la même vitalité, la même fraîcheur qu’en ’90. »



    Le public de l’édition 2013 du Festival national de théâtre, achevée le 3 novembre, a pu voir en avant-première, pour ainsi dire, le spectacle qui sera présenté en 2014, dans la sélection officielle du Festival d’Avignon, en France, et qui est inclus dans la saison du Théâtre national de Bruxelles.



    Le spectacle, appelé « Solitaritate » – Solitarité et signé par Gianina Cărbunariu, est le fruit d’une collaboration du Théâtre national « Radu Stanca » de Sibiu et du Théâtre national de la communauté française de Bruxelles avec le Festival de théâtre d’Avignon, dans le cadre du projet européen Cities on stage / Villes en scène. « Solitaritate » s’inspire des réalités roumaines, pourtant, ses symboles se retrouvent, sous une forme ou une autre, dans tout espace social du XXIe siècle. Gianina Cărbunariu: « Ce sont des symboles spécifiquement roumains, mais je pense qu’aujourd’hui, le monde entier est confronté aux mêmes problèmes: nationalisme, rejet des valeurs autres que celles traditionnelles, problèmes d’identité. Je ne me suis pas proposé de montrer la Roumanie mais de monter un spectacle à partir de choses que je connais. Il me semble que la question du nationalisme découle de la volonté d’affirmer une identité et, le plus souvent, de l’affirmer beaucoup trop fort, de manière agressive, violentant les autres. Solution perdante à cour, moyen et long terme. C’est plutôt le manque de solidarité qui m’a intéressée — et pas uniquement en Roumanie. Je souhaite poser des questions au public, aux acteurs et à moi-même : Pourquoi ne sommes-nous pas capables d’être solidaires ? Pourquoi ne sommes-nous pas capables d’obtenir ensemble certaines choses ? Ou pourquoi les moments de solidarité sont-ils si rares ? Car ils existent. Il nous faut trop de temps pour nous rendre compte que nous pouvons réaliser des choses si nous unissons nos forces, à un moment donné. »



    Dans section « Les acteurs au premier plan » du Festival national de théâtre a figuré un spectacle impossible à oublier, ne serait-ce que grâce au texte : « Illusions », sur un texte écrit par le dramaturge russe contemporain Ivan Vyrypaev. Ce spectacle, mis en scène par Cristi Juncu raconte une histoire de vie écrite et interprétée avec beaucoup de réalisme. Le comédien Andi Vasluianu raconte comment il a vécu la rencontre avec le texte de Vyrypaev : « Lorsque Cristi Juncu me l’a envoyé pour le lire, je lui ai dit qu’il me semblait terriblement difficile à réaliser. Et non seulement du point de vue du jeu des acteurs. Je me suis posé beaucoup de questions concernant le public, s’il est préparé pour accepter ce texte. Car ce spectacle dépend beaucoup du public, de sa capacité d’accepter et de suivre cette histoire. Ce qui m’a ému, moi, dans cette histoire, c’est l’illusion de la vie. Combien de fois nous tombons dans le piège de cette illusion, combien de fois nous avons l’impression que nous savons de quoi il s’agit et, en fait, une seule phrase peut nous changer la vie. Une phrase qui peut être une illusion, un mensonge. C’est cela, ce texte. »



    Lors de la cérémonie de clôture de la 23e édition du Festival national de théâtre organisé par l’Union théâtrale de Roumanie (UNITER) du 25 octobre au 3 novembre, l’Association internationale des critiques de théâtre a accordé le prix du « Théâtre de demain » au spectacle « Un tramway nommé désir » de Tennessee Williams, mis en scène par Andrei et Andreea Grosu, une production UNTEATRU de Bucarest. (trad.: Dominique)

  • “Paris, mon amour”

    C’est un des grands inédits de l’année en Roumanie — le premier CD 100% roumain avec des chansons immortelles françaises. Pas de traduction pour l’occasion, les textes d’origine sont restés dans la langue de Molière, avec un petit accent local pour plus de couleur. A l’origine de ce projet — le Théâtre national d’opérette « Ion Dacian » de Bucarest, qui a mis sur cet album un de ses spectacles les mieux vendus à Bucarest et à travers le pays — « Paris, mon amour ». Lucian Vladescu, chef d’orchestre à l’Opérette bucarestoise, mais aussi celui qui a musicalement conçu ce spectacle et ce CD, explique cette démarche qui reste unique dans le paysage musical roumain.


  • Evénements culturels dans les mines de sel de Roumanie

    Evénements culturels dans les mines de sel de Roumanie


    Aménagée et ouverte au public en septembre 2009, la mine de sel d’Ocnele Mari compte déjà parmi les plus importantes et les plus visitées de Roumanie. Avec une superficie de 25 mille mètres carrés, elle dispose d’aires de jeux pour les enfants, de magasins de souvenirs, d’une salle de cinéma, d’un mini-terrain de basket et d’une piste de karting. La mine d’Ocnele Mari accueille aussi la plus grande église souterraine de Roumanie, ainsi qu’un musée du sel.


    Rodica Tanasie dirige l’office de Tourisme de cette mine. Elle présente l’église située à l’intérieur de la mine: « L’histoire de cette église commence par l’ouverture de cette attraction touristique en septembre 2009, après la fin de l’exploitation proprement dite du sel. C’est ici qu’a été inaugurée cette église qui est devenue par la suite la plus grande église orthodoxe souterraine de Roumanie, consacrée aux Saints Georges et à la Sainte Barbe, la protectrice des mineurs, des architectes et des constructeurs. Cette église a été aménagée par l’Exploitation minière de Râmnicu Vâlcea et par le paroissien. A commencer par 2009 et jusqu’à l’heure actuelle, la mine a accueilli différents évènements. En 2011 les reliques de sainte Barbe provenant de Grèce y ont été déposées. Un pèlerinage de deux jours a été organisé à l’occasion. A travers le temps nous avons organisé des concerts de musique religieuse, dont un tenu par Felix Goldbach, un clarinettiste très connu. C’est pendant la même soirée musicale qu’a eu lieu un concert de la Chorale de la Cathédrale Archiépiscopale. »


    C’est en raison de l’état excellent de conservation des travaux miniers et des outillages utilisés pour transporter le sel que la mine de Turda est devenue un véritable musée d’histoire de l’exploitation du sel. La mine est actuellement une destination touristique importante pour ceux qui se rendent à Turda, dans le département de Cluj. L’exploitation du sel à Turda a été un élément important pour l’évolution prospère de la ville vu que cette mine date du 17e siècle. Ceux qui étaient présents à l’inauguration de l’attraction touristique il y a deux ans ont été surpris de trouver dans ces espaces une salle de traitement, des terrains de sport et un amphithéâtre. Et les évènements se sont enchaînés jusqu’à nos jours.


    Felicia Ràceanu, directrice de la Maison de la Culture de Turda passe en revue les événements que la mine s’apprête à accueillir: «L’agenda des événements est très riche cette année. La Maison de la Culture de Turda se charge de leur organisation en collaboration avec la mine et d’autres institutions, histoire de rendre les activités plus agréables et d’attirer un nombre plus grand de touristes. Dans le cadre du Printemps culturel à Turda, qui s’ouvre au mois de mars et qui est arrivé à un nombre respectable d’éditions, il y aura une Journée consacrée aux Arts, dont le coup d’envoi sera donné dans la mine même. La mine de sel de Turda accueillera également un concert de musique avec comme protagonistes les groupes musicaux d’enfants et des jeunes de la localité, ainsi qu’une exposition spéciale, lors des fêtes pascales. L’occasion aussi de mettre en place une exposition d’art culinaire. A noter aussi les deux ateliers que la Maison de la Culture de Turda va organiser cet été, dont un en partenariat avec la Société culturelle Filarmonia Turda et l’autre en partenariat avec l’Ecole Populaire d’art Tudor Jarda de Cluj. Nous avons aussi été très contents d’apprendre que la Société « La culture sans frontières » a annoncé sa participation à nos programmes. Les artistes ayant exposé l’année dernière dans notre mine ont connu un grand succès ».


    Et c’est toujours en 2012 que la mine de Turda a accueilli entre autres un spectacle inédit du Théâtre du Silence, d’Italie, lors de la 5e édition du Festival International du Théâtre expérimental MAN.in.FEST organisée par l’Association « Le Théâtre impossible ». L’édition 2012 a réuni des artistes de renommée internationale issus de 6 pays; l’événement a surpris par l’organisation des événements dans des espaces non-conventionnels, tels la Mine de Turda…(trad. : Alexandra Pop, Alex Diaconescu)