Tag: environnement

  • Les loups des Carpates

    Les loups des Carpates

    La
    Roumanie compte une des plus grandes populations de loups d’Europe, mais même
    ainsi, l’espèce est menacée à cause du morcellement de l’habitat, du
    braconnage, des conflits avec les chasseurs ou de l’absence d’une gestion de la
    situation par les autorités. Le manque d’un plan de management au niveau
    national et l’absence d’informations concrètes sur la structure et la dynamique
    de la population de loups peuvent conduire à la mise en place de mesures de
    gestion erronées qui affectent l’existence de cette espèce sur le long terme.
    Afin de maintenir une population viable et saine de loups dans les Carpates,
    sur le long terme, l’Agence pour la protection de l’environnement du comté de
    Vrancea (est), en collaboration avec les agences de ceux de Harghita et Covasna
    (centre) et avec une ONG locale, mènent le projet européen WolfLife. Il s’étale
    sur 4 ans, jusqu’en 2018, dans la partie centrale et méridionale des Carpates
    orientales, sur l’étendue de six départements. Bien qu’au niveau national et
    international, les loups soient protégés par toute une série de lois et
    conventions, telles que la Convention de Berne, la Convention Cites, la
    Directive européenne ou la Loi de la chasse, cette espèce continue d’être
    menacée, et le projet WolfLife pourrait améliorer leur situation. Une année
    après le lancement du projet, quelques données importantes ont été collectées
    sur la vie des loups des Carpates.






    Silviu Chiriac,
    chef de projet et expert en conservation des grands carnassiers à l’Agence de
    protection de l’environnement de Vrancea : « Nous avons identifié,
    tout d’abord, la présence de chiens errants dans les habitats peuplés par le
    loup comme étant une menace sérieuse en raison des maladies et de la
    concurrence de ces chiens errants. Nous avons également considéré que le grand
    nombre de dégâts produits par le loup aux fermiers pouvait mener à une escalade
    des conflits entre les fermiers et cette espèce, ce qui pouvait se solder par
    une mortalité élevée parmi les loups. Nous avons pensé aussi que l’image
    négative du loup parmi la population rurale et urbaine de la Roumanie pouvait
    intensifier les conflits à l’avenir aussi. En partant de ces menaces, nous nous
    sommes proposé d’appliquer sur le terrain, dans l’espace des 6 comtés concernés
    (Vrancea, Bacău,
    Mureş, Covasna, Harghita şi Neamţ), des actions concrètes
    de préservation et de protection de cette espèce. »






    Parmi les actions menées
    dans le cadre du projet, un inventaire des meutes présentes sur le terrain a
    été dressé, et aussi de leur mortalité. Les habitudes des loups ont été
    étudiées, en matière d’établissement des territoires et de leur superficie, de
    déplacement des meutes, leur taille ou encore la diète de ces animaux.






    Silviu
    Chiriac: « En ce qui concerne la grandeur des territoires
    et des meutes ainsi que le nombre d’individus dans chacune, nous avons appris
    que les meutes des Carpates de Courbure ne sont pas si fortes point de vue
    nombre que celles d’Amérique du Nord. Ici, la grandeur moyenne d’une meute
    pendant l’hiver les de 3-4-5 individus, alors qu’en Amérique du Nord, les
    meutes de loups peuvent atteindre même 24 individus. La taille des meutes est
    directement proportionnelle à la quantité de nourriture disponible, car même si
    nous avons des populations viables d’espèces de proies (chevreuil, cerf,
    sanglier), elles ne sont pas pour autant si importantes que l’affirment
    les administrateurs des fonds cynégétiques. Nous avons appris
    que les chiens errants représentent 20% des proies des loups. D’où la
    conclusion que soit les chiens errants vivant dans les forêts sont très
    nombreux, ce qui confirme la menace que nous avons identifiée, soit que la
    nourriture traditionnelle des loups, à savoir les espèces d’ongulés, n’est pas
    suffisante. »








    Les informations recueillies grâce au projet
    WolfLife montrent que les chiens errants et les chiens de bergers non
    surveillés ont un impact significatif sur les espèces faunistiques sauvages.
    Pour résoudre ces problèmes, les éleveurs de bétail sont conseillés de renoncer
    aux chiens métissés en faveur des traditionnels chiens de bergers.






    Explications avec Silviu Chiriac: « A compter de mars, le
    ministère roumain de l’Environnement sera l’unique institution européenne du
    domaine à disposer d’un chenil destiné à l’élevage des chiens de berger roumain
    des Carpates. Les exemplaires de cette race homologuée en Roumanie ont fait la
    preuve de leur efficacité en tant que gardiens de troupeaux. C’est un chien
    docile, qui ne s’attaque pas aux hommes et ne s’éloigne pas trop du périmètre
    de la bergerie pour chasser les bêtes fauves. Avec l’aide de cette race, nous
    essayons d’aider les bergers à mieux protéger les enclos. Nous souhaitons
    mettre en place un réseau de propriétaires de chiens de berger. Dans une
    première étape, nous allons leur donner, gratuitement, un mâle et une femelle
    de cette race. Ensuite, les bergers s’engageront, sur la base d’un contrat, à
    prendre soin de cette famille canine et à offrir, à leur tour, des chiots à
    d’autres éleveurs d’animaux. Nous espérons que ce réseau s’élargira et qu’il
    sera vraiment utile aux bergers. »








    Le projet
    WolfLife vise aussi à une meilleure cohabitation entre les loups et les
    habitants, précise Silviu Chiriac: « Dans les 6 comtés concernés par le
    projet, nous avons créé une aire de démonstration, pour montrer aux bergers
    comment réduire les dégâts causés aux bergeries par les loups, les ours et les
    lynx. 6 fermiers de ces 6 départements ont reçu à titre gracieux des barbelés
    électrifiés et toute sorte de systèmes acoustiques et olfactifs qui aident à diminuer les dégâts produits
    par les loups. A partir de l’été prochain, nous y emmènerons des fermiers de
    certaines autres contrées pour de courtes visites leur permettant de voir sur
    place comment ça fonctionne. »









    Les loups jouent un rôle
    essentiel dans le maintien de la viabilité de la faune sauvage et dans
    l’existence d’écosystèmes naturels sains et précieux d’un point de vue
    écologique, scientifique et touristique. Les Carpates roumaines abritent plus
    de 2700 exemplaires de loup. (Trad. Ligia Mihaiescu)

  • Education écologique pour des écoles vertes

    Education écologique pour des écoles vertes

    Depuis 2009, l’organisation ECOTIC déroule un projet qui consiste à récompenser les meilleurs exemples de bonnes pratiques en matière de protection de l’environnement et des programmes de responsabilisation sociale mis en œuvre par des compagnies, des institutions publiques, des écoles et des ONGs.

    Fin 2015, l’organisation ECOTIC a primé les gagnants de la 7e édition du Gala des Prix pour un environnement sain. Il s’agit de quatre des 87 projets entrés en lice dans les quatre catégories du concours, à savoir compagnies, institutions publiques, ONGs et établissements d’enseignement. Dans la catégorie des ONGs, le grand prix est revenu au projet Plate – forme Ecoles – vertes – Advocacy, éducation écologique et appui aux écoles , réalisé par l’Association Greenitiative (Initiative verte), en partenariat avec la branche roumaine du Fonds mondial pour la nature et Avenir Plus. Le projet en question se propose de faciliter la mise en place de cours optionnels de protection de l’environnement. Ceux-ci aideraient les élèves à trouver plus facilement des solutions aux problèmes environnementaux auxquels ils sont confrontés, à devenir des citoyens actifs et responsables.

    Cătălina Murariu, coordonnatrice des programmes d’éducation pour le développement durable de la branche roumaine du Fonds mondial pour la nature, nous a fourni des détails sur la plate-forme « Ecoles vertes » : « La plate-forme « Ecoles vertes » est une idée à nous qui ne date pas d’hier. Elle concentre toutes nos expériences antérieures et tout ce que nous jugeons utile pour l’enseignement roumain. Le projet a formellement débuté il y a une année et demie. Nous nous sommes proposé, tout d’abord, de consacrer l’éducation environnementale comme discipline scolaire, d’éduquer les élèves dans l’esprit du développement durable, et ce d’une manière interactive, plus attractive et agréable, sous la forme des sorties ‘découverte nature’. Pour ce faire, il est important d’offrir les instruments appropriés, à savoir un cours optionnel à l’intention des collégiens et qui s’étende sur une année scolaire. Il importe aussi que les enseignants, les directeurs d’école et les inspections scolaires locales croient en cette formule, raison pour laquelle nous avons pensé les coopter dans ce projet. Les ONGs aussi peuvent s’y impliquer, en collaborant avec les écoles pour donner vie aux différents projets environnementaux, pour rendre plus pratique cet enseignement. Bref, nous envisageons de créer un réseau d’ONGs qui puissent nous aider à matérialiser nos idées en matière d’éducation à l’écologie, telle que nous la souhaitons. »

    Par ailleurs, la plate-forme « Ecoles vertes » met à la disposition des enseignants un espace d’échanges d’informations en ligne, de sorte qu’ils puissent contribuer en permanence à l’amélioration de ce cours d’environnement optionnel. 47 écoles de 6 départements du pays et de la capitale ont jusqu’ici testé cette formule éducationnelle interactive. (Trad. Mariana Tudose)

  • La qualité de l’air à Bucarest

    La qualité de l’air à Bucarest

    Ces dernières années, un des
    problèmes sensibles de la Roumanie est celui de la qualité de l’air urbain. La
    capitale, Bucarest, de même que Iaşi, deuxième ville roumaine située dans l’est
    du pays, ont été, à de nombreuses reprises, dans le rouge en matière de
    particules en suspension, à cause du trafic routier intense et des différents
    chantiers ouverts dans le BTP.






    Une situation similaire à
    celle d’autres grandes villes de l’Union européenne, telles Budapest, Paris,
    Prague, Rome ou Sofia, selon les données rendues publiques par L’Agence européenne pour l’environnement. Selon elle, plus
    de 40% de la population urbaine de l’Europe a été exposée, ces dernières
    années, à des concentrations de particules en suspension excédant de loin les
    limites fixées par l’UE et l’Organisation mondiale de la santé. La Roumanie, en
    général, est un mauvais élève en matière de pollution – elle deuxième au sein
    de l’Union, juste derrière la Bulgarie, au classement des pays qui polluent le
    plus en rapport avec la production économique. Les deux pays du sud-est
    européen sont suivis par l’Estonie et la Pologne.




    Que faire pour améliorer la
    qualité de l’air à Bucarest? Voici les propos de Costel Popa, président du
    Centre pour les politiques durables, Ecopolis: La qualité de l’air est un
    des problèmes majeurs de la Roumanie et de Bucarest, un secteur où le pays fait
    l’objet d’une procédure d’infraction à la législation européenne. Au-delà de
    l’aspect légal, la situation est délicate surtout parce qu’elle porte
    directement atteinte à la qualité de notre vie quotidienne. Et je ne parle pas
    des mesures à long terme qui doivent être prises, mais du manque de systèmes de
    surveillance des particules fines dans l’air. La législation roumaine en
    vigueur nous oblige à surveiller de près la qualité de l’air, ce que nous ne
    sommes pas en mesure de faire. Les institutions publiques se trouvant sous la
    tutelle du ministère de l’Environnement ne font pas leur travail, les stations
    qui mesurent la qualité de l’air ne présentent pas les données recueillies en
    temps réel, car l’affichage électronique n’est pas fonctionnel. Les
    responsables de ces institutions trouvent nombre d’excuses, telles la mise à
    jour défectueuse des logiciels ou encore l’absence du service après-vente sur
    le long terme pour les équipements de ces stations. Pour remédier à ces difficultés, nous devons tout
    d’abord cartographier les zones les plus vulnérables et déterminer les causes
    objectives. Nous, en tant qu’organisation indépendante, nous avons fait nos
    propres recherches et analyses. Le trafic routier intense est la cause
    principale de pollution, à laquelle s’ajoute la présence des poussières et des
    particules très fines en suspension, particulièrement dangereuses pour la santé
    des gens; dans le même temps, nous souffrons d’un manque accru d’espaces verts
    dans les villes.Or, ces coins de verdure
    pourraient éliminer une partie de la pollution que le trafic routier accentue.
    Enfin, une autre cause principale de cette situation est l’absence d’une
    alternative de transport personnel à la voiture privée, car l’infrastructure de
    transport en commun et de transport écologique est plus que déficitaire.










    Pour mesurer la qualité
    de l’air, la Roumanie dispose actuellement de 142 stations fixes et de 17 autres
    stations mobiles, réparties sur l’ensemble du territoire. A Bucarest, la
    situation est délicate, car ses 8 stations sont obsolètes, avec des équipements
    usés moralement. Un plan de remplacement est à l’étude au ministère de
    l’Environnement. C’est au chapitre « parcs et espaces verts » que le
    bât blesse. Si Vienne dispose, aux termes de la loi autrichienne, de 70 m² de
    verdure pour chaque habitant, un Bucarestois ne peut bénéficier que de deux
    mètres et demi tout au plus. (Trad. Andrei Popov)

  • Qu’est-ce que la globalisation ?

    Qu’est-ce que la globalisation ?

    Le terme de globalisation est sur toutes les lèvres. En effet, il est censé définir le monde dans lequel nous vivons. Doù une certaine difficulté à la définir correctement. Pour tenter de cerner les phénomènes qui lenglobent, Antoine Heemeryck reçoit lanthropologue Bernard Hours. A travers les maladies globales, la moralisation de la politique et limportance prise par le marché dans la vie quotidienne, se dessine un monde plein de contradictions.


  • Les ONGs luttent pour protéger les rivières des Carpates

    Les ONGs luttent pour protéger les rivières des Carpates

    Les investisseurs vont jusqu’au cœur des montagnes pour chercher des endroits propices pour produire de l’énergie verte, mais au prix de la destruction de la nature sauvage. Dans d’autres pays européens, la biodiversité alpine a été irréversiblement endommagée par l’intervention humaine alors qu’en Roumanie, les Carpates sont toujours caractérisés par leur remarquable biodiversité. On peut y croiser des espèces sauvages qui existaient jadis sur tout le continent européen.

    A l’exception de la Russie, dans les Carpates roumaines on peut trouver la plus nombreuse population de gros carnassiers d’Europe formée d’ours, de loups et de lynx, ainsi que des régions entières couvertes de forêts vierges. Les rivières de montagne sont également peuplées d’une riche variété d’espèces de poissons. Malheureusement la construction des micro centrales a transformé l’eau pure des rivières et ruisseaux de montagne en un mélange de boue et de pierres qui rend impossible toute forme de vie. La faune des invertébrés aquatiques est touchée, ainsi que les lieux de reproduction des poissons.

    Les chantiers exigent la construction de routes forestières jusqu’aux cours d’eau, des bulldozers et des excavateurs agissent au cœur de la nature pour modifier la configuration du sol. L’apparition de constructions en béton ne fait qu’interrompre les connexions naturelles des différents cours d’eau produisant une fragmentation des habitats. La productivité est plus importante si la vitesse de l’eau qui passe par les turbines des micro centrales hydrauliques est elle aussi plus élevée. C’est pourquoi ces constructions sont placés dans des aires protégées ou à la limite de celles-ci, c’est-à-dire dans des régions protégées par les législations roumaine et européenne.

    Evidemment les ONGs de protection de l’environnement s’opposent vivement à de tels projets énergétiques. La fédération de la Coalition Natura 2000 vient de gagner un procès contre le ministère de l’Environnement et d’arrêter les projets de construction de pas moins de 4 micro centrales hydrauliques sur les rivières Bistra Marului, Sucu et Olteanu des monts Ţarcu. Le directeur de cette coalition environnementale, Liviu Cioineag, explique : « Il s’agit d’une bataille que nous menons depuis des années par le biais de nos membres World Wildlife Roumanie et l’Association Altitudine de Timisoara. Cette association qui gérait le site Nature 2000 a même perdu son rôle d’administrateur parce qu’elle a donné un avis négatif à ces projets énergétiques. Malheureusement l’Agence de protection de l’environnement de Caras Severin n’a pas tenu compte de cet avis, ni des saisines déposées par la coalition des associations environnementales et c’est alors que nous avons été obligés à recourir à la Justice. Le procès a duré plus d’une année, nous avons remporté chaque étape et finalement la Cour d’appel a rendu une décision irrévocable annulant les avis d’environnement des quatre projets énergétiques. Il s’agit de micro centrales hydrauliques qui produisent beaucoup plus que l’on peut s’y attendre. Leur impact sur les habitats autour des rivières, sur les zones ripariennes donc est extrêmement important alors que leur contribution au réseau énergétique national est plutôt faible. »

    Le massif Ţarcu est une zone naturelle compacte sans aucune localité, à l’exception de Poiana Marului et de la station touristique Muntele Mic. Plus de 10 mille hectares sont couverts de forêts vierges et près de 2000 hectares sont couverts d’arbres âgés entre 165 et 185 ans. La région a été désignée site d’importance communautaire pour la protection de certaines espèces et habitats vulnérables spécifiques aux rivières, y compris des espèces de poissons, d’écrevisses et de loutres, protégées en Roumanie et en Europe.

    Les poissons peuvent souffrir des modifications de leur habitat naturel. Pour se développer, ils ont besoin d’un volume d’eau et d’une diversité des micro-habitats relativement importants, alors que les micro centrales constituent une menace pour ces espèces. Liviu Cioineag : SON « Ces projets sont plus que des simples turbines qui utilisent la force de l’eau. Les micro centrales hydrauliques utilisent aussi d’immenses conduits longs de plusieurs kilomètres qui traversent le lit des rivières. Pour les poser, il faut inévitablement couper des arbres, détruire les paysages, les plantes, les animaux, l’ichtyofaune, les poissons fuient parce que ces capteurs d’eau assèchent les rivières. Je ne sais pas si vous avez déjà vu une rivière asséchée, où ne subsistent que des pierres. C’est ce qui se produit au moment où il existe une captation d’eau en amont, une micro centrale hydraulique qui a drainé toute l’eau pour produire de l’énergie. Si de tels projets arrivent à voir le jour, ils laissent les rivières dépourvues d’eau. »

    Quelques micro centrales hydrauliques existent déjà sur les rivières des Monts Ţarcu. Elles ont été construites pendant les années précédentes lorsque la mise en application de la législation européenne n’était qu’à ses débuts et personne n’anticipait leur impact sur les rivières. Liviu Cioineag : « A l’étranger de tels investissements ne reçoivent plus des avis favorables parce qu’il a été démontré qu’ils ne sont pas utiles, leur impact sur l’environnement est considérable alors que leur contribution énergétique et assez petite. Les investisseurs ont continué d’arriver en Roumanie dans des endroits inexplorés jusqu’ici et utilisent les rivières de montagne justement parce que la chute d’eau est plus importante. Le débit est faible, mais la force de l’eau est supérieure, donc grâce à un investissement relativement petit, ils réussissent à réaliser un projet qui rapporte beaucoup d’argent aux investisseurs uniquement par des subventions et non pas suite à l’énergie produite. Ces subventions sont supportées par nous par le biais des factures d’électricité que nous payons. Nous payons des certificats verts qui vont à ces investisseurs qui théoriquement produisent de l’énergie verte. »

    Plusieurs rivières des Monts Retezat, où se trouve le plus ancien Parc National de Roumanie, ainsi qu’un site Natura 2000, ont été captées et déviées. Dans d’autres départements de Roumanie, tant la population locale que les institutions publiques ont compris l’impact négatif de ces centrales et se sont opposés à de tels investissements. Les ONG environnementalistes organisent des colloques et des conférences pour demander l’arrêt de telles constructions. Jusqu’ici environ 200 micro centrales hydrauliques ont été bâties sur les rivières des Carpates. (trad. Alex Diaconescu)

  • 30.11.2015 (mise à jour)

    30.11.2015 (mise à jour)

    COP21 – Laccord international visant les changements climatiques doit être juridiquement contraignant, les pays signataires devant apporter une contribution adéquate, a affirmé lundi, à Paris le président roumain, Klaus Iohannis. Lors de son discours en ouverture de la COP21, la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, le chef de lEtat roumain a évoqué le défi planétaire majeur que représentent les changements climatiques tout en plaidant pour une action concertée des nations. Les chefs dEtat et de gouvernement de 149 pays sont présents aux travaux de cette conférence qui doit sachever le 11 décembre. L’enjeu de cette réunion est de faire adopter un nouvel accord international en la matière qui soit juridiquement obligatoire et applicable à tous les Etats au 1er janvier 2021.



    Incendie – Ce 30 novembre, lon a marqué le mois écoulé depuis lincendie meurtrier ayant ravagé la discothèque Colectiv de Bucarest, dont le bilan se chiffre à 60 morts et à près de 200 blessés. 37 personnes sont toujours hospitalisées à Bucarest, tandis que 29 autres se trouvent dans des établissements hospitaliers à létranger. Cet incident a provoqué damples protestations de rue, suite auxquelles le premier ministre social-démocrate, Victor Ponta, et son gouvernement ont démissionné. Des poursuites pénales ont été engagées contre les trois patrons de la discothèque, le maire démissionnaire du quatrième arrondissement de Bucarest, Cristian Popescu-Piedone, et plusieurs employés de lInspection pour les situations durgences, en charge de la protection anti-incendie.



    Par ailleurs, lincident du club Colectiv a rallumé le débat public sur létat de certains lieux publics et la sécurité de la clientèle. Des dizaines de cinémas, théâtres, bars et restaurants de Bucarest ont fermé temporairement leurs portes après que le président Klaus Iohannis a promulgué une loi interdisant toute activité destinée au public dans des immeubles à risque sismique élevé.



    Noël – Près de trois millions dampoules décoratives ont été allumées lundi soir à Bucarest, à loccasion des fêtes dhiver. Ces décorations convergent vers le grand Marché de Noël aménagé sur la Place de lUniversité, au cœur de la capitale. Une campagne humanitaire est organisée à cette occasion – “Sois généreux, sois meilleur – vous pouvez être un Père Noël, vous aussi”, cest le slogan de cette campagne qui encourage les Roumains à offrir des livres et des jouets aux enfants démunis ou confrontés à des situations difficiles. Le Marché de Noël de Bucarest fait partie du réseau des plus importants événements de ce type dEurope.



    Météo – Le ciel sera plutôt couvert sur louest, le centre et le nord de la Roumanie. Les températures minimales devraient descendre jusquà moins 3 degrés, tandis que les maxima ne devraient pas dépasser les 15 degrés. Les météorologues ont émis une alerte aux intempéries pour lensemble du pays, valable jusquà mardi soir. Orages, vent, pluies neige et verglas devraient être au menu météorologique des prochaines heures. Le vent devrait sintensifier en montagne jusquà une vitesse de 80 km/h en montagne et à plus de 50 km/h dans les autres régions. Le verglas et la neige feront leur apparition en montagne et des tempêtes de neige sont attendues à plus de 1500 mètres daltitude. Par ailleurs, le sud du pays est en alerte jaune aux crues.

  • Environnement, astuces à la portée de tous

    Environnement, astuces à la portée de tous

    Nous vous invitons dans le sud-ouest des Carpates à la découverte dune des zones de nature sauvage les plus étendues dEurope. Elle sétale sur quelque 300.000 hectares, sur le territoire à cinq parcs qui méritent dêtre protégés pour toutes les merveilles naturelles quils abritent. Lorganisation écologiste WWF Roumanie a récemment finalisé le premier guide consacré aux zones de nature sauvage de ce coin de Roumanie. Lidée de ce guide est née au moment où lorganisation a lancé des projets dans la région des Carpates méridionales. Cest à ce moment là quelle a observé que parmi les obstacles au développement durable des communautés locales figure le manque déducation dans le domaine de la protection de la nature. Or, le guide a bien servi aux intérêts de la population.



    Par le projet « Les jeunes actifs au service de la nature sauvage des Carpates » qui a démarré au printemps 2015, lorganisation WWF sest proposé de créer un réseau de citoyens actifs qui se battent activement pour protéger les zones de nature sauvage. Le projet se déroule en partenariat avec 5 lycées des villes de Resita, Anina, Orsova, Baile Herculane et Lupeni qui se trouvent chacune à proximité dun des parcs naturels de la zone. Le guide se veut un outil qui serve aussi bien aux professeurs et aux élèves quaux représentants des réserves naturelles et à tous ceux qui souhaitent lutter pour la nature.



    Catalin Gavrila chargé de la communication au sein de lorganisation WWF Roumanie : Le guide que lon vient de lancer se veut une alternative aux manuels dans les lycées. Bien sûr, on ne se propose pas de remplacer les classes de biologie ou de géographie, mais juste doffrir aux élèves loccasion dapprendre davantage sur lenvironnement. Cest un manuel que les professeurs pourraient utiliser lors des sorties avec leurs classes au sein de la nature. A la différence dun livre décole classique qui présente seulement des informations, ce guide propose également des méthodes déducation et même des jeux que lon peut faire avec les enfants au cœur des zones de nature sauvage.



    Le guide comporté trois chapitres : un consacré au concept de zone sauvage et aux informations dintérêt général sur les Carpates du sud-ouest de la Roumanie. Un deuxième consacré à la présentation des cinq parcs nationaux qui abritent la plus riche zone de nature sauvage dEurope. Il sagit du Parc National Semenic-les Gorges du Caraşului, de celui des Gorges de la Nerei-Beuşniţa, le Parc National Porţile de Fier, celui de Domogled-la Vallée de la Cerna et le Parc National Retezat. Le dernier chapitre est dédié aux activités déroulées par cinq clubs ouverts dans cinq lycées et qui se proposent de rendre les jeunes conscients des risques que courent les zones de nature sauvage. (trad.: Ioana Stancescu)

  • 30.11.2015

    30.11.2015

    Sommet — Le président roumain Klaus Iohannis a rejoint lundi les chefs d’Etat et de gouvernement de plus de 145 pays pour la COP21 – la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, qui a commencé à Paris. L’enjeu de cette réunion est de faire adopter un nouvel accord international en la matière qui soit juridiquement obligatoire et applicable à tous les Etats au 1er janvier 2021.



    Auparavant, le chef de l’Etat roumain a participé, à Bruxelles, au sommet UE — Turquie. La Turquie joue un rôle-clé dans la solution de lactuelle crise migratoire, a affirmé le président roumain, tout en précisant que Bucarest souhaite et appuie la poursuite des démarches dadhésion dAnkara à lUE. Le chef de lEtat roumain sest également dit en faveur de laccélération du processus délimination des visas pour les ressortissants turcs souhaitant voyager dans les pays communautaires, à condition que la Turquie observe ses obligations assumées en ce sens. A la fin de la réunion, lUE a annoncé loctroi dune enveloppe de trois milliards deuros pour aider Ankara à mieux accueillir les réfugiés syriens, ainsi quune “redynamisation” des négociations dadhésion de la Turquie à la communauté. En échange, Ankara sengage notamment à rendre ses frontières avec lUE plus imperméables aux migrants économiques irréguliers et à coopérer dans la lutte contre les passeurs qui opèrent depuis les côtes turques, selon lAFP.



    Sécurité – Les chefs des diplomaties des pays membres de lOTAN se réunissent mardi à Bruxelles pour évoquer les actuels défis sécuritaires internationaux. Les ministres, dont le Roumain Lazăr Comănescu, doivent discuter du renforcement du flanc sud de lAlliance, de la relation avec la Russie, ainsi que de la coopération entre lOTAN et lUE en matière de défense. La situation en Afghanistan devrait également refaire surface à lagenda des pourparlers.



    Incendie – Ce 30 novembre, lon marque le mois écoulé depuis lincendie meurtrier ayant ravagé la discothèque Colectiv de Bucarest, dont le bilan se chiffre à 60 morts et à près de 200 blessés. 37 personnes sont toujours hospitalisées à Bucarest, tandis que 29 autres se trouvent dans des établissements hospitaliers dAllemagne, Autriche, Belgique, Israël, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni. Plusieurs actions caritatives ont été dernièrement organisées en Roumanie et à létranger afin dapporter une aide supplémentaire aux victimes et à tous ceux ayant été affectés par le sinistre, dune manière ou dune autre. Samedi, à l’Athénée roumain de Bucarest, la soprano roumaine Angela Gheorghiu a donné un concert extraordinaire, dont la recette a été versée au traitement des blessés dans l’incendie provoqué par un show pyrotechnique. Pour sa part, la communauté chinoise de Roumanie a fait don, elle aussi, dune importante somme dargent pour financer les traitements au laser des brûlures.



    Religion — Les fidèles chrétiens orthodoxes (majoritaires), grecs-catholiques et romains-catholiques de Roumanie fêtent ce lundi la Saint Andrei (André). L’apôtre André est considéré le saint protecteur de la Roumanie, car il a prêché la religion chrétienne en Dobroudja, sur la rive occidentale de la Mer Noire. Lundi, c’est la fête des 700 mille Roumains qui portent le prénom Andrei ou ses dérivés.



    1er Décembre — Plus de 2.600 militaires et 360 équipements techniques des ministères de la défense et de l’intérieur ainsi que des services spéciaux participeront mardi au défilé militaire du 1er décembre, à Bucarest, à l’occasion de la Fête nationale de la Roumanie. S’y ajouteront des compagnies de la République de Moldova voisine et de Bulgarie, Etats-Unis, Pologne et Turquie — tous les quatre alliés de la Roumanie au sein de l’OTAN. La Fête nationale roumaine est marquée, par ailleurs, à travers le pays ainsi quà létranger par des concerts, expositions, projections de films et cérémonies diverses. Devenue Fête nationale après la révolution anti-communiste de 1989, le 1er décembre est la date à laquelle, après la fin de la Première guerre mondiale, en 1918, le processus de constitution de l’Etat national unitaire roumain s’est parachevé par l’entrée sous l’autorité de Bucarest de toutes les provinces à population roumaine majoritaire des empires multinationaux voisins.



    Noël – Près de trois millions dampoules décoratives seront allumées ce soir à Bucarest, à loccasion des fêtes dhiver. Ces décorations convergent vers le grand Marché de Noël aménagé sur la Place de lUniversité, au cœur de la capitale. Une campagne humanitaire est organisée à cette occasion – “Sois généreux, sois meilleur – vous pouvez être un Père Noël, vous aussi”, cest le slogan de cette campagne qui encourage les Roumains à offrir des livres et des jouets aux enfants démunis ou confrontés à des situations difficiles. Le Marché de Noël de Bucarest fait partie du réseau des plus importants événements de ce type dEurope.



    Météo – Le temps se réchauffe légèrement en Roumanie, notamment dans le sud et le sud-ouest. Le ciel est couvert sur les régions se trouvant à lintérieur de larc carpatique où il pleut par endroits, tandis que la neige et les giboulées sont au rendez-vous, en montagne. Les maximales de lair vont de 2 à 14 degrés. Les météorologues ont émis une alerte aux intempéries pour lensemble du pays à compter de cet après-midi et jusquà mardi soir. Orages, vent, pluies neige et verglas devraient être au menu météorologique des prochaines heures. Le vent devrait sintensifier en montagne jusquà une vitesse de 80 km/h en montagne et à plus de 50 km/h dans les autres régions. Le verglas et la neige feront leur apparition en montagne et des tempêtes de neige sont attendues à plus de 1500 mètres daltitude. Par ailleurs, le sud du pays est en alerte jaune aux crues. 5 degrés à Bucarest.

  • A la découverte de Nicolae Georgescu-Roegen

    A la découverte de Nicolae Georgescu-Roegen

    Nos débats sur la décroissance comme projet de société nous ont menés sur des chemins sinueux. Nous sommes partis de la critique de la société de consommation, de sociétés polluantes et stressantes, pour en arriver à une économie plus locale, plus attentive à l’humain, plus respectueuse de l’environnement. Cette dernière étape nous ramène à une figure de l’économie de la décroissance. Et il s’agit d’un Roumain. Nicolae Georgescu-Roegen s’inscrit en effet dans la lignée des grands penseurs de l’Europe de l’est comme Karl Polanyi, Janos Kornaï, Bronislaw Malinowski. A l’heure où « le présent n’a plus d’avenir », il est peut-être tant de redécouvrir cette pensée complexe et d’y trouver des clefs de lecture pour notre destin collectif. Avec Vincent Liegey, spécialiste de la décroissance.


  • Protéger les zones naturelles d’Europe

    Protéger les zones naturelles d’Europe

    Les Européens souhaitent protéger les zones naturelles d’Europe en gardant la variante actuelle des Directives Natura 2000. C’est le message envoyé par environ un demi-million de personnes et par plus de 120 ONGs de notre continent, qui ont répondu à la consultation populaire lancée par la Commission européenne au sujet des deux actes normatifs – la Directive Oiseaux et la Directive Habitats, grâce auxquelles l’Europe s’est enrichie du plus grand réseau d’aires naturelles protégées au monde. Cette législation environnementale concerne 20% du territoire de l’UE. En Roumanie, les 531 sites Natura 2000 couvrent environ 23%.

    Ovidiu Bufnilà, responsable de la communication à la Société ornithologique roumaine, explique les conclusions de cette consultation publique : « Plus de 90% des Européens veulent vivre dans un environnement propre et protéger la nature. Nous avons été extrêmement surpris de décompter plus de 500 mille personnes de l’UE qui ont signé pour appuyer ces lois dont la Directive Oiseaux est la plus ancienne, elle date depuis une quarantaine d’années déjà. Nous, les ONGs, nous nous battons d’habitude contre des lois mal conçues. Mais cette fois-ci, il a été question de défendre des lois très bien faites mais que des ennemis de la nature remettent en question. Les deux Directives sont aussi à l’origine du plus large réseau de réserves naturelles Natura 2000. C’est un réseau qui concerne les activités humaines et la protection de la nature et qui produit aussi du profit financier. Malheureusement, alors que nous avons mis sur pied une campagne européenne pour que les gens défendent deux lois bien rédigées, d’autres organisations ont mené une campagne contraire, dans le but les faire changer. Je pense à ceux qui travaillent dans l’agriculture intensive, à l’heure actuelle le plus grand ennemi prouvé de l’environnement ; aux organisations de chasseurs et de propriétaires de forêts qui veulent exploiter le bois aussi longtemps que possible. Tandis qu’eux n’ont pas réussi à collecter beaucoup de signatures, nous, nous en avons collecté un nombre record. Cela dit très clairement que les Européens aiment la nature de leur continent. »

    Les deux directives protègent plus de 27 mille sites et un millier d’espèces animales et végétales. La Roumanie détient plus de 530 aires protégées et de nombreuses espèces de la flore et de la faune, telles les ours, les lynx, les piverts, les cigognes, les loutres ou les papillons.

    Ovidiu Bufnilă: « Si, par exemple, la Directive Oiseaux n’avait pas existé, nous n’aurions plus eu d’aigle barbu, le plus grand rapace d’Europe, ainsi que de nombreuses autres espèces d’oiseaux en Roumanie. Ou, si la Directive Habitats n’avait pas existé, le loup aurait disparu en Europe. La Commission européenne va collecter les données, vérifier les réponses et devra agir en conséquence. Cela signifie que la Commission doit décider, jusqu’en 2016, si elle apportera ou non des modifications à ces directives. »

    Plus de 6.000 Roumains se retrouvent parmi les signataires de la pétition pour le maintien des variantes actuelles des Directives Natura 2000. (Trad.: Ileana Taroi)

  • 08.08.2015 (mise à jour)

    08.08.2015 (mise à jour)

    Holocauste — Le premier monument à la mémoire des victimes de l’Holocauste contre la communauté rom a été dévoilé samedi au Musée de la culture rom de Roumanie, à Bucarest. Ce monument a été érigé à la mémoire des Roms déportés et exterminés entre 1940 et 1944 en Transnistrie (région se trouvant, de nos jours, dans l’est de la République de Moldova), ainsi que dans les camps d’Auschwitz-Birkenau, ont fait savoir les responsables du musée. L’installation de ce monument intervient après que le Parlement européen a adopté, le 15 avril dernier, une résolution qui fait de chaque 2 août un Jour mémorial de l’Holocauste européen des Roms. Le document qualifie également l’antitziganisme d’attitude incompatible avec les valeurs communes de l’UE. Il y a une semaine, le premier ministre roumain, Victor Ponta, avait salué l’initiative de la société civile rom de Roumanie de commémorer « cet événement tragique de l’histoire moderne de l’humanité », tout en appelant à la solidarité, à la tolérance et à l’entente entre tous les êtres humains vivant sur la planète. Rappelons que le 2 août 1944, près de trois mille Roms — enfants, femmes et hommes — détenus dans le camps d’Auschwitz ont été envoyés par les nazis dans les chambres à gaz.



    Marine — L’Etat roumain organisera prochainement des appels d’offres afin de moderniser ses deux frégates « Regele Ferdinand » et « Regina Maria » et de les doter d’équipements électroniques et de l’armement de dernière génération, a affirmé le ministre roumain de la Défense, Mircea Duşa. Lors d’une cérémonie organisée par l’Etat major des Forces navales roumaines dans le port militaire de Constanţa, sur la mer Noire, le responsable s’est félicité de l’activité de la Marine militaire nationale, qui marquera cette année, le 15 août, les 155 ans écoulés depuis sa création. Samedi a été une journée « portes ouvertes » dans les ports militaires sur la côte roumaine de la mer Noire et sur le Danube — à savoir à Constanţa, Mangalia et, respectivement, Brăila et Tulcea. Des expositions de technique militaire mais aussi dart plastique à thématique marine ont été proposées aux visiteurs. Dans le même contexte, les Forces navales roumaines ont également présenté leurs offres de stages et de filières de formation.



    Coopération — La Hongrie et la Roumanie n’ont d’autre choix que d’entretenir des relations de partenariat et de coopération car ceci est la seule manière de résoudre les problèmes bilatéraux, a affirmé le conseiller chargé de la politique nationale au ministère hongrois des Affaires étrangères, Ferenc Kalmár. Le responsable vient d’être également nommé par le premier ministre hongrois Viktor Orbán aux fonctions de coprésident des commissions mixtes qui défendent les intérêts des communautés magyares en dehors des frontières de la Hongrie. L’approche sera ainsi coordonnée dans les négociations visant ces communautés de Slovénie, Croatie, Serbie, Roumanie, Ukraine et Slovaquie, a encore ajouté Ferenc Kalmár. Concentrée dans le centre et l’ouest de la Roumanie, la communauté magyare du pays compte environ 1 million et demi de personnes, à savoir 6% du total de la population du pays. Sa principale formation politique, l’Union démocratique des Magyars de Roumanie est représentée sans interruption au Parlement de Bucarest, depuis 1990, et elle a fait partie de la quasi totalité des gouvernements de coalition ayant dirigé le pays.



    Environnement — Quelque deux millions de personnes vivant des deux côtés de la frontière roumano-serbe bénéficieront d’un nouveau programme environnemental transfrontalier, d’un montant total de plus de 88 millions d’euros. Ce projet doit aboutir à la mise en place d’une infrastructure de transport efficace et écologique, créer de nouvelles opportunités d’emploi, améliorer l’accès aux soins médicaux et à l’éducation. Financé de fonds structurels, ce programme concerne trois régions frontalières roumaines et six serbes, lit-on dans un communiqué de la Représentation de la Commission européenne à Bucarest.



    Enquête — Le Service roumain de renseignements extérieurs a fait savoir qu’il ne pouvait pas déclassifier les documents portant sur l’enlèvement, il y a dix ans, de trois journalistes roumains. Jeudi, l’ex-président roumain, Traian Băsescu, avait été entendu par la Haute Cour de Cassation et de Justice dans le cadre d’une enquête visant la rançon qui aurait été versée par l’Etat roumain aux ravisseurs en échange de la libération des journalistes. Chef de l’Etat entre 2004 et 2014, Traian Băsescu a qualifié de « mensonges abjects » les accusations lancées à son encontre par le leader du Parti de la Grande Roumanie (populiste, extra-parlementaire), Corneliu Vadim Tudor. Selon ce dernier, Traian Basescu se serait approprié 4 ou 5 millions de dollars, soit un tiers de cette rançon. Les autorités de Bucarest n’ont jamais confirmé avoir payé 12 millions de dollars de rançon contre la mise en liberté des reporters Marie Jeanne Ion et Ovidiu Ohanesian et du caméraman Sorin Miscoci, enlevés en mars 2005 et relâchés deux mois plus tard. En 2008, la justice roumaine a condamné l’homme d’affaires d’origine syrienne Omar Hayssam à vingt ans de prison ferme pour avoir orchestré cet enlèvement.



    Sécheresse — Trois départements de louest de la Roumanie sont, dimanche aussi, en vigilance orange à la canicule et à linconfort thermique accentué, les températures y devant grimper jusquà 38 degrés. Plusieurs autres régions de l’ouest, du centre, du sud et du nord de la Roumanie seront en vigilance jaune contre la chaleur extrême. Sur l’ensemble du pays, les météorologues n’attendent des pluies, et très faibles, que pour la fin de la semaine prochaine.



    En Roumanie, les cultures agricoles sont fortement endommagées par la sécheresse. Le manque de pluie a compromis les récoltes et a fait reculer les nappes phréatiques ; dans certaines communes du sud du pays, les puits destinés au ravitaillement de la population restant sans eau. A certains endroits, la navigation sur le Danube se déroule difficilement, mais le chenal n’est bloqué sur aucun des secteurs roumains du fleuve. Dans le Delta, réserve de la biosphère, l’accès des embarcations sur plusieurs dizaines de canaux a été temporairement suspendu, vendredi, à cause du manque d’eau.



    La chaleur extrême perturbe les activités sur une bonne partie du continent européen. De ce fait le ministère des Affaires étrangères de Bucarest a publié une mise en garde à l’intention des ressortissants roumains souhaitant voyager dans plusieurs pays. Une vigilance rouge à la canicule a été instituée en Hongrie, en Italie et en Croatie, les températures atteignant les 40 degrés. Des restrictions du trafic routier et ferroviaire y ont été imposées. Même cas de figure dans l’est de la Bulgarie, où des incendies de végétation peuvent se produire. Les prévisionnistes affirment que cette vague de chaleur devrait camper sur l’Europe tout au long de la semaine prochaine aussi.

  • Une campagne en faveur des directives Natura 2000

    Une campagne en faveur des directives Natura 2000

    Perdre sa biodiversité – voilà un des plus grands risques quencourt lenvironnement. De nombreuses espèces doiseaux et danimaux ont déjà disparu, les habitats sont dégradés. Pour une gestion durable de la biodiversité, lUE a créé un réseau daires protégées fondé sur 2 Directives visant à protéger les zones naturelles les plus précieuses dEurope. Cest grâce à ces deux lois majeures, que lEurope compte actuellement plus de 26.000 sites terrestres et marins, soit le réseau daires naturelles protégées le plus grand au monde, qui couvre un cinquième de la superficie de la Terre et 4% de la superficie marine du continent.



    La Roumanie compte 531 sites Natura 2000 qui sétalent sur 23% de son territoire. Cest pourquoi, le pays occupe la première place en Europe en termes de biodiversité et détient les derniers écosystèmes à 100% naturels du Vieux Continent. Après des années defforts pour conserver et protéger la nature partout en Europe, la Commission Européenne a proposé que les deux Directives Natura 2000 soient évaluées afin de déterminer leur efficacité. Les écologistes sinquiètent, car la disparition des Directives pourrait affaiblir le cadre législatif destiné à la conservation de la nature et annuler les progrès législatifs réalisés aux cours de plusieurs années. Cest pourquoi, une centaine dONGs européennes, dont le World Wide Fund (le Fonds mondial de la Nature) et la Société Ornithologique de Roumanie, ont lancé une campagne pour sauver les deux Directives, appelant les citoyens européens soucieux de leur environnement à signer la pétition en ligne intitulée «Nature Alerte».



    Ovidiu Bufnilă, responsable de communication dans le cadre de la Société Ornithologique de Roumanie, explique lorigine et limportance de ces deux Directives : «La Directive Oiseaux est apparue en 1970 à un moment où elle était vraiment nécessaire. Par exemple, le faucon blanc était en voie de disparition à lépoque, il nen restait que quelque couples sur lensemble de lEurope. Heureusement, cet oiseau vit en Roumanie au Delta du Danube et tout le long du fleuve. Cest donc au moment où cet oiseau majestueux, le plus grand en Europe, était sur le point de disparaître, qua été édictée la Directive Oiseaux : une loi qui fixait des objectifs très clairs pour la protection des oiseaux et des animaux en Europe. Ensuite, en 1992, voit le jour la Directive Habitats qui réglemente les aires naturelles protégées, notamment lhabitat des animaux sauvages. Lenjeu en est notre environnement, lair que nous respirons dans les forêts, les pâturages, bref des zones qui nécessitent de très grands efforts pour être récupérées. Le non respect de ces deux Directives peut entraîner des conséquences extrêmement néfastes pour lenvironnement et pour la santé. »



    De nombreux habitats et espèces ont survécu justement grâce aux projets de conservation, affirment les représentants des ONG environnementales. Rien quen Roumanie, les deux Directives ont aidé à protéger des sites importants, dont le Plateau du Hârtibaci en Transylvanie, les Monts Tarcu, Buila-Vânturariţa, Grădiştea Muncelului-Cioclovina, Apuseni ou encore le Delta du Danube. Ovidiu Bufnilă nous en dit davantage: «Le faucon blanc était en voie de disparition il y a quelques décennies, alors quà lheure actuelle on recense plus de 10.000 couples en Europe : non seulement en Roumanie, mais aussi en Norvège, en France ou en Ecosse. Donc il est possible de protéger la nature à petits pas et de ramener différentes espèces en Europe. Cest le cas de lours brun en Espagne. Il ny en avait plus, mais ils y sont revenus grâce au réseau Natura 2000. Sy ajoutent les martes, les lynx. La Roumanie a encore des loups, mais lespèce était à un moment donné menacée dextinction en Pologne. Il sagit donc dun réseau qui couvrira bientôt toute lEurope et qui permettra aux animaux sauvages de se multiplier, car les chiffres sont désastreux à lheure actuelle. En fait, 60% des animaux et des plantes importantes au niveau européen et 77% des habitats sont en danger. Au sein de lUE, pas moins de 25% des mammifères marins et 15% des mammifères terrestres risquent de disparaître. Il sagit de 38% des poissons deau douce, 41% des mollusques deau douce, 22% des amphibiens, 21% des reptiles ; sy ajoutent libellules, oiseaux et papillons – tous risquent la disparition.»



    Au cours de quelques décennies seulement, lEurope a perdu plusieurs centaines de milliers doiseaux suite à la disparition de leur habitat engendrée par lagriculture agressive, les constructions, la pollution ou lexploitation à outrance des forêts, des océans, des rivières, des lacs et du sol. Sy ajoutent les changements climatiques, affirme Ovidiu Bufnilă : «Ces 30 dernières années, plus de 420 millions doiseaux ont disparu des pays de lUE. La principale cause en a été lagriculture intensive. Rien que dans le secteur agricole nous avons perdu plus de 300 millions doiseaux par rapport à 1980. Les papillons des pâturages ont diminué de 60% par rapport à 1990. La manière dont lagriculture est pratiquée de nos jour – voilà le principal ennemi des sites Natura 2000 et de la nature européenne. Cest pourquoi les efforts de conservation sont énormes. Par exemple, le pélican frisé, le plus grand oiseau de Roumanie, vit au Delta du Danube et le long du fleuve, où il passe lhiver. Mais la population de pélicans frisés était peu nombreuse à un moment donné. Elle a augmenté grâce à des projets spéciaux et aux mesures de préservation. Malheureusement, la Roumanie a perdu cette année une centaine de pélicans frisés, suite à la grippe aviaire de ce printemps. 26 pélicans frisés ont également disparu en Bulgarie pour les mêmes raisons. »



    Les bénéfices du Réseau Natura 2000 sont estimés à quelque 200 – 300 milliards deuros par an provenant des services décosystémiques. Les sites marins rapportent annuellement 1,5 milliards deuros de bénéfices, tandis que les sites Natura 2000 attirent environ 2,4 milliards de visiteurs par an et ont généré entre 4,5 et 8 millions demplois sur lensemble de lUE.



    Le 24 juillet a été la date butoir de la consultation publique en ligne pour sauver les Directives Natura 2000. Près dun demi-million de personnes ont exhorté la Commission européenne à ne pas modifier la législation visant la protection de lenvironnement sur le continent. Les résultats définitifs de ce sondage seront publiés cet automne, tandis quune décision finale sur lavenir du paquet législatif Natura 2000 est à prévoir pour 2016.

  • Histoires de vie vraies

    Histoires de vie vraies

    Aujourd’hui nous parlons de l’image en tant que support pour des histoires racontées par la caméra. Deux festivals de film ont eu lieu dans la première moitié de juin, chacun mettant en lumière des productions particulières, dans le but assumé de produire une prise de conscience parmi les publics. Des histoires de vie vraies, des rencontres avec des personnalités roumaines sont également à découvrir grâce à une plate-forme interactive en ligne mise au point par une équipe d’enthousiastes.

    Les invités d’Ileana Taroi:

    – Raluca Mateiu, chargée de la culture et de communication à l’Institut Français de Cluj sur le Festival Très Courts (métrages),

    – Benjamin Ribout – directeur du Festival International du film Pelicam, le seul de Roumanie consacré à l’environnement

    – Mirel Bran, journaliste et membre de l’équipe chargée de la plate-forme DECS qui propose des rencontres virtuelles avec des personnalités roumaines en tout genre.



  • Protéger l’environnement  de Roumanie

    Protéger l’environnement de Roumanie

    La commissaire européenne aux Politiques régionales, Corina Creţu, a exprimé son inquiétude à l’égard du danger de destruction du paysage alpin par la création d’une nouvelle décharge publique au département de Suceava, dans le nord – est de la Roumanie. Cette déchetterie devrait s’étaler sur 4,4 hectares dans le voisinage d’un des plus beaux cols des montagnes roumaines, appelé Mestecăniş. Une fois terminée, elle devrait collecter toutes les ordures ménagères ramassées dans les montagnes de la région de Suceava.

    En apprenant la nouvelle, Corina Creţu a envoyé une lettre ouverte à la ministre roumaine de l’Environnement, des Eaux et des Forêts, Graţiela Gavrilescu, et au ministre des Fonds européens, Marius Nica. En voici un extrait: «Le paysage des Carpates est une des plus grandes richesses de la Roumanie et de l’Europe et je veux m’assurer que les fonds européens ne sont pas utilisés pour mettre en danger cette ressource inestimable», souligne Corina Creţu.

    Elle se joint ainsi à la population et aux médias de Roumanie qui tirent la sonnette d’alarme sur la construction de cette décharge écologique en tant que partie intégrante d’un projet plus ample de gestion des déchets dans le comté de Suceava. La commissaire européenne demande aux responsables roumains de vérifier si la construction respecte la législation en vigueur, rappelant que tout projet doit tenir compte de ses effets sur l’environnement.

    Par conséquent, les constructeurs sont tenus à consulter les autorités publiques, ainsi que les responsables locaux et nationaux en charge de l’environnement afin d’obtenir les autorisations et les accords nécessaires. Il faut également organiser des consultations publiques de la population, dès les premières étapes du projet. Dans sa lettre, Corina Cretu souligne toutefois qu’il s’agit d’un projet plus ambitieux, qui veut de jeter les bases d’un système solide de gestion intégrée des déchets au niveau du département de Suceava, soucieux des normes environnementales européennes en vigueur et des objectifs établis pour la Roumanie dans son Traité d’adhésion, au chapitre gestion des déchets.

    Par ailleurs, dans le sud-ouest de la Roumanie, au département de Hunedoara, plusieurs dizaines d’activistes venus des quatre coins du pays ont protesté ces jours-ci contre les déforestations à outrance et les exportations massives de bois. L’occasion également de dénoncer les constructions réalisées dans des aires naturelles protégées, dans les réserves et les parcs naturels ou dans leur voisinage immédiat, ainsi que la construction d’une micro centrale hydraulique sur la rivière Râul Alb, considérée comme une des dernières rivières de Roumanie qui n’a pas encore été affectée par l’intervention humaine directe.

    Cette manifestation a eu lieu une semaine après l’incident dans le Géoparc des Dinosaures ( aire protégée située dans le sud-ouest de la Roumanie), survenu entre les militants pour l’environnement et les représentants de la compagnie qui a démarré la construction de la centrale sur la rivière mentionnée. Suite à cet incident, les responsables sont en train d’examiner les permis de construire de la micro centrale hydraulique en question. (Trad. Valentina Beleavschi)

  • Protéger l’ours brun

    Protéger l’ours brun

    Le projet a été déroulé
    entre 2010 et 2014 et il a été mis en œuvre par l’Agence pour la protection de
    l’environnement du département de Vrancea, en collaboration avec d’autres
    institutions, sur le territoire de 3 comtés : Vrancea, Covasna et
    Harghita. D’ailleurs, les forêts de cette région représentent un habitat pour 2
    mille ours bruns, soit la plus nombreuse population de cette espèce en
    Roumanie.




    Le manager du projet
    Silviu Chiriac explique : « Nous avons commencé par évaluer le
    nombre d’ours bruns de cette aire, pour voir quelle est la densité de cette
    espèce et de quelle façon ces ours utilisent les habitats naturels. Cette
    activité a été très intense, nous avons passé plusieurs mois sur le terrain
    pour inventorier les traces laissées par les ours. Nous avons également
    installé des caméras vidéos dans leurs tanières pendant l’hiver pour
    enregistrer tout ce qui ce passe pendant leur période d’hibernation. Ainsi nous
    avons pu voir comment un ours femelle a mis bas des oursons et comment elle les
    a élevés, sous nos yeux, jusqu’au début du mois de juin, quand ils ont commencé
    à la suivre dans la forêt. Les autorités locales nous ont souvent demandé de
    protéger, d’une façon ou d’une autre, contre les ours les bergeries, les
    vergers ou les cultures des paysans de la zone. Nous avons dû ainsi installer
    plus de 120 clôtures électriques sur les propriétés où les ours ont provoqué de
    nombreux dégâts. Nous sommes souvent intervenus pour sauver les ours tombés
    dans les pièges mis en place par les braconniers. Ceux-ci tentent de capturer
    des exemplaires d’espèces qui peuvent servir de nourriture : sangliers,
    daims, cerfs. L’ours, en passant par les mêmes sentiers, peuvent y tomber,
    accidentellement. Nous disposons d’une sorte d’ambulance pour sauver les
    animaux sauvages et d’un centre de soin pour les exemplaires blessés. Nous
    intervenons en urgence et nous avons réussi à dégager plusieurs dizaines d’ours
    de ces pièges et à sauver leur vie. Très souvent, au printemps, dans les forêts
    de ces départements, il y a des oursons orphelins. Durant les 4 années du
    projet nous en avons découvert plus de 37 que nous avons placés dans les
    centres de soin des ours de Bălan, dans le département de Harghita… »





    La Roumanie compte actuellement
    quelque 6.500 ours qui vivent dans toute la
    chaîne des Carpates. Ils représentent environ 40% de la population d’ours
    bruns d’Europe. Pour la période 2014-2020, le programme Life de la Commission
    européenne de financement des projets de protection de l’environnement dispose d’un budget de 3,4 milliards
    d’euros. L’année dernière, la Roumanie a obtenu un financement de près de 5
    millions d’euros pour dérouler 6 projets Life, visant des problèmes très divers
    – depuis la réduction de la pollution à Bucarest à la protection des loups et
    des ours ainsi que des grottes des Carpates. (Trad. :
    Dominique)