Category: Radio Tour

  • Râșnov

    Râșnov

    Nous mettons le cap sur le centre de la Roumanie. Ici, aux
    pieds des montagnes, nous découvrons
    une station touristique d’intérêt national : Râșnov. Vieille de près de 700
    ans, la localité a un riche historique et propose des sites touristiques pour
    toutes les familles et pour tous les goûts.




    Sachez d’abord que les bois entourent la ville de Râsnov. Où que l’on jette
    nos regards, on voit la forêt et l’air pur invite au voyage ou aux activités
    sportives plus ou moins difficiles. Daniela Bonta, présidente de l’Association
    Rosenau Tourisme affirme que par ses sites touristiques, Rasnov est une
    destination pour toute la famille : « L’objectif le plus important est la citadelle de Râșnov, qui est
    actuellement en cours de réhabilitation, mais la cour intérieure est toujours
    visitable. Nous avons une multitude de festivals le long de l’été et en automne
    et la cour de la citadelle est celle qui accueille la majorité de ces
    festivals. Ensuite c’est la grotte de Valea Cetatii/la Vallée de la citadelle
    qui se trouve à 2 km et demi de Râsnov et à 7 km de Poiana Brasov. C’est un
    site touristique unique dans la région. Puis, les touristes peuvent visiter le
    plus important parc thématique consacré aux dinosaures dans le sud-est de
    l’Europe, mais aussi un musée en plein air. La vielle église roumaine figure
    également sur la liste des objectifs qu’il ne faut absolument pas rater. C’est
    la plus vieille église orthodoxe du sud-est de la Transylvanie. Et c’est
    également à Râșnov que l’on peut visiter aussi l’église évangélique. L’âge de
    l’église est présent surtout sur les
    éléments architecturaux visibles à l’intérieur et moins sur les documents
    écrits qui apparaissent beaucoup plus tard, vers 1384. Une autre destination,
    sportive cette fois-ci, est le complexe olympique de Sauts aux skis, qui
    accueille chaque année deux étapes de la Coupe du monde tant messieurs que
    dames au mois de février. »


    Une citadelle inexpugnable au sommet d’une colline



    Depuis le centre-ville, vous pouvez utiliser un moyen un transport
    écologique et inédit, un ascenseur sur plan incliné. Celui-ci relie le centre
    de Râșnov à la citadelle. Cette-ci est de nos jours un des monuments médiévaux
    les plus importants de Roumanie et passe par un ample processus de
    restauration. Démarrés en février 2020, les travaux devraient s’achever en
    février 2025, affirme Mihai Dragomir, président de l’Association Mioritic et
    membre de l’Association Rosenau Turism : « La citadelle de Râșnov est le principal objectif touristique de la
    ville de Râșnov actuellement. Grâce aux fouilles archéologiques, nous savons
    que dès l’antiquité, les fortifications construites sur la colline de la
    citadelle ont protégé une localité dace. La première cité médiévale à Râșnov a
    été construite par les Saxons, par les chevaliers teutons de 1211 à 1225,
    durant le règne croisé dans la contrée de Bârsa. Puis, après que les croisés
    avaient été chassés de la citadelle de Bârsa, la citadelle en bois et terre
    battue a été reconstruite en une cité en pierre par la communauté locale et a
    évolué le long des siècles pour résister aux sièges des tartares. C’était un
    lieu de refuge pour la communauté de Râșnov jusqu’au 18e siècle. L’actuelle
    forme de foire médiévale fortifiée est préservée à l’identique. Les visiteurs
    peuvent entrer désormais dans la cour de la citadelle, le lieu le plus bas de
    la citadelle de Râșnov, d’où l’on peut admirer les fortifications et la tour de
    Bathory, alors que dans la partie supérieure, hormis la barbacane, on peut voir
    un très beau paysage des monts de Bucegi et du Massif de Postavarul. Les
    événements de la citadelle de Râșnov se sont poursuivis parce que la plupart
    étaient prévus à se dérouler dans le jardin de la citadelle qui n’est pas
    touchée par des travaux de restauration. »


    Une destination pour le tourisme d’aventure





    Plus qu’une destination pour les amateurs d’attractions culturelles, la
    ville de Rasnov reste la station préférée des amoureux du tourisme d’aventure,
    comme l’affirme Daniela Bonta, à la tête de l’Association de tourisme Rosenau : A 5 kilomètres de la cité de Rasnov se
    trouvent les Gorges de Râșnoava, une région idéale pour faire des randonnées et
    des piques niques au coeur de la nature. Les amateurs d’adrénaline peuvent y
    pratiquer l’escalade, l’équitation, les sauts à l’élastique, la tyrolienne ou
    encore le VTT. Une fois sur place, empruntez la voie de promenade Elisabeth ou
    Sissi, aménagée en 1879. Quant aux chemins de randonnée, sachez qu’il existe
    des sentiers de tous les degrés de difficulté afin de pouvoir randonner à votre
    niveau. Onze chemins de randonnée, de différents niveaux de difficulté, ont
    Râșnov comme point de départ. S’y ajoutent 16 km de pistes cyclables dont
    plusieurs s’adressent aux vététistes. Il existe un centre de location de VTT
    aussi bien à Râșnov, que dans les alentours. A partir de cette année, nous
    proposons chaque samedi, du printemps et jusqu’en automne, deux visites guidées
    gratuites. La première visite offre aux touristes l’occasion d’apprendre
    davantage sur la cité de Râșnov, tandis que l’autre les accompagne au sein de
    la nature pour admirer le paysage. C’est une occasion unique de se détendre au
    milieu de la forêt.


    Sur demande et pour une petite somme, les visites peuvent se dérouler
    en d’autres langues que le roumain. Daniela Bonta mentionne d’autres projets
    touristiques qui seront bientôt mis en place:
    Un autre projet
    concerne l’ouverture dans le cadre du Complexe olympique d’une piste pour les
    sauts à ski et d’une autre pour les VTT. Ensuite, nous espérons terminer les
    travaux de rénovation de la cité ce qui permettrait aux touristes de visiter
    tous les objectifs marqués sur les chemins de randonnée. Par ailleurs, on
    essaie de mettre à profit le centre historique de la ville qui attire les
    touristes aussi bien par les événements culturels qui s’y déroulent que par les
    nombreux restaurants situés à la lisière de la forêt. En été, vous pouvez
    manger en terrasse pour une vue imprenable sur la cité et la forêt.





    Voilà donc, l’invitation a été lancée. La cité de Rasnov est à
    découvrir en toute saison, en couple, avec des amis ou en famille. A bientôt
    pour une nouvelle destination de Roumanie! (trad. Ioana Stancescu, Alex Diaconescu)

  • Le cyclotourisme  en Roumanie

    Le cyclotourisme en Roumanie


    Le cyclotourisme n’a cessé de se développer ces dernières
    années en Roumanie. De nouvelles pistes cyclables ont été créées, ce qui a fait
    augmenter le nombre des touristes qui choisissent de visiter la Roumanie en
    deux roues. Leur voyage s’avère à chaque fois une incursion dans l’univers
    rural roumain, parsemé d’attractions touristiques importantes.



    Au vue de la demande croissante pour ce type de tourisme,
    des agences ciblant exclusivement les visites guidées à vélo ont vu le jour en la
    Roumanie.

    Notre invité d’aujourd’hui, Ionuț Maftei, est lui même à la tête
    d’une telle agence. Il avoue qu’au début, sa décision de promouvoir exclusivement
    le cyclotourisme a été reçue avec scepticisme. Mais les statistiques n’ont fait
    que confirmer que de plus en plus de Roumains se sont procurés une bicyclette
    et se sont mis à pédaler sur les routes, en montagne, sur les sentiers moins
    connus aussi. Sortir à vélo des sentiers battus en Roumanie, cela attire de
    plus en plus de touristes étrangers, constate Ionuț Maftei: « Normalement notre agence organisait des
    groupes de 6 à 12 personnes. Mais on s’est vite rendu compte que la Roumanie
    était un petit paradis pour le cyclotourisme. En fait, il s’agit d’un tourisme
    de niche appelé en anglais « gravel cycling » (« le gravel » en
    français), qui consiste à pédaler sur les routes non pavées. Statistiquement
    parlant, la moitié des routes de Roumanie ne sont pas pavées, donc où que l’on
    aille, on trouve ce type de chemin. En fait, chez nous, c’est plutôt l’infrastructure
    qui pose problème. Puisqu’il est difficile de trouver un endroit qui puisse
    héberger une cinquantaine de personnes dans les villages et les forêts où nous
    pédalons. Plus encore, la plupart de nos invités souhaitent se loger dans une
    chambre simple. Il faut donc encore améliorer cet aspect (de l’hébergement).
    Par ailleurs, il est très agréable de voir notre groupe de touristes occuper
    tout un village. Bien que ce soit logistiquement difficile, nous sommes heureux
    d’avoir réussi à le faire. »



    Autre petit bémol du cyclotourisme ou du gravel – il
    dépend largement de la météo, alors que les journées avec des conditions
    optimales pour pédaler sont plus nombreuses au printemps et en automne. Et bien
    que ce ne soit pas une activité facile à pratiquer en toute saison, il est tout
    de même possible de faire du cyclotourisme tout au long de l’année, y compris
    durant la saison froide. Et ce grâce aux vélos et aux équipements modernes,
    explique notre invité. Il précise aussi que ce n’est pas sur le sport que l’on met
    l’accent lors d’un tel séjout. Ionuț Maftei : « Nos excursions se distinguent moins par leur
    côté sportif que par leur côté touristique. L’idée principale est de rendre
    visite aux gens des environs, voir comment ils vivent, voir des choses que l’on
    ne peut plus voir en Europe, ni ailleurs. Le monde devrait savoir qui nous
    sommes, nous les Roumains, puisque souvent, les touristes que nous accueillons
    connaissent une seule chose sur la Roumanie : qu’elle se trouve en Europe.
    Ils ne connaissent rien des régions, ni des habitants. Alors, au cours des 6 ou
    10 jours de leur séjour, nous voulons leur expliquer le mieux possible la vie de
    chez nous, pour qu’ils rentrent chez eux avec une vision plus claire du pays.
    En retour, les habitants comprennent très bien cette forme de tourisme et ne
    sont pas étonnés de nous voir. D’ailleurs, l’infrastructure s’est développée
    davantage dans la zone des églises fortifiées de Transylvanie, par exemple. A Sighişoara
    aussi. Nous avons constaté l’ouverture des gens envers ce type d’activité et
    nous nous en réjouissons. »





    Le plus jeune participant des visites guidées à vélo
    organisées par notre invité n’avait que 3 mois.

    C’était sa grand-mère qui
    l’avait emmené. Lorsque ce genre de situation se présente, les organisateurs
    peuvent alors offrir aux touristes des programmes supplémentaires ou alternatifs.
    Le cas échéant, on fait appel à une voiture pour se déplacer plus loin, comme par
    exemple dans le Maramures, dans le nord de la Roumanie. Cette région ne cesse
    de charmer les touristes par sa nature, ses nombreuses attractions touristiques,
    ses traditions anciennes et sa cuisine. Il en va de même pour la Bucovine, elle
    aussi dans le nord. De son côté, la Transylvanie se démarque par des services de
    meilleure qualité.


    Mais comment se déroule concrètement, une visite à vélo à
    travers la Roumanie ? Ionuț Maftei, directeur d’une agence spécialisée
    dans ce type de tourisme à deux roues, explique :




    « Théoriquement,
    les tours commencent à Bucarest parce que la majorité des touristes arrivent en
    Roumanie dans la Capitale. Nous offrons la possibilité de visiter la ville
    soit au début, soit à la fin du séjour. Nous proposons un itinéraire de
    découverte de la ville à vélo de quelques heures et c’est très important pour
    eux, surtout que Bucarest ne ressemble pas au reste de la Roumanie. Il y a deux
    images assez différentes pour eux. Ensuite nous nous rendons en Transylvanie. Dans
    cette région, les itinéraires suivent des routes secondaires ou des routes à
    travers la forêt. Parfois, nous utilisons aussi ce que nous appelons les
    « single trails », c’est-à-dire de routes spéciales pour les vélos,
    sur des sentiers aménagés pour les deux roues, à travers les bois. C’est très
    beau. Pour nous, le luxe est dans la forêt. Si quelqu’un cherche le luxe dans
    nos itinéraires, c’est là qu’il le trouve, parce que c’est là que se trouvent
    les animaux et les plantes, et tout ce qu’il y a de plus beau dans nos séjours.
    Evidemment, de temps en temps, nous nous arrêtons pour visiter soit des atelirs
    artisans, soit des endroits de grande importance historique, des sites
    culturels, architecturaux qui ont une grande valeur. »





    Même si ces séjours impliquent beaucoup
    d’activités, il ne s’agit pas de visites sportives à proprement parler

    « Les
    distances que nous parcourons vont de 30 à 80 kilomètres par jour en fonction
    du nombre de segments de montée, ou de l’inclinaison des pentes, de la
    difficulté de l’itinéraire, si la route est goudronnée ou pas ou s’il y a
    beaucoup de sites à visiter. Pour ne donner que quelques exemples, parce que la
    Transylvanie m’est très chère, les églises fortifiées sont désormais assez
    connues et sont prêtes à recevoir des touristes souvent et en grand nombre. Il
    existe une route consacrées aux fortifications transylvaines. Il y a aussi une
    route des eaux minérales. Nous essayons de la promouvoir et elle impressionne à
    chaque fois. Nous essayons d’utiliser le plus de ressources locales possibles.
    C’est-à-dire, les habitants des lieux présentent les sites touristiques. Ce
    sont eux qui fournissent les repas et le vin et d’ailleurs nous proposons le
    plus possible des hébergements dans des gîtes ruraux, pour pouvoir proposer une
    activité encore plus durable. Ce mélange est très apprécié par les touristes et
    surtout par les touristes étrangers. »
    explique encore Ionuț Maftei.


    Les visites thématiques de cyclotourisme peuvent durer entre
    un et sept jours. Dans le premier cas, une visite autour de Bucarest est
    proposée au prix de 35 euros environ par personne. Pour des programmes plus
    complexes, le coût s’élève à 200 euros par jour et par personne et comprend
    l’hébergement, toutes les visites, les transferts, le support et l’assistance technique
    et logistique. (Trad : Alex Diaconescu, Valentina Beleavsky)

  • Le tourisme d’aventure en Roumanie

    Le tourisme d’aventure en Roumanie

    Hiver comme été
    l’aventure continue ! Quelque soit la saison, le tourisme d’aventure reste
    le choix idéal pour les accrocs à l’adrénaline et aux sport d’équipe. Ils
    peuvent allier spéléologie et via ferrata dans une seule et même expérience
    dans la Grotte de la Vallée de la citadelle près de la ville de Râșnov. Une
    autre possibilité consisterait à explorer des itinéraires qui semblent, à
    première vue, impraticables, mais néanmoins très pittoresques, dans la région
    de Brașov. Ou bien, pourquoi ne pas tenter un vol en duo dans un planeur facile
    à piloter ?


    Dan Panțuru est
    un grand amoureux de la nature. Depuis plus de dix ans, il travaille comme
    administrateur dans une entreprise roumaine de tourisme d’aventure et de team
    building, cherchant à attirer de nombreux touristes dans diverses recoins de
    Roumanie.




    « Selon
    nous, la Roumanie est l’une des destinations les plus intéressantes pour le
    tourisme d’aventure au niveau européen. Elle dispose de tous les ingrédients
    nécessaires pour développer ce type de tourisme. On y trouve la montagne, la
    mer et le Delta (du Danube). Que demande le peuple ? Cela n’existe nulle
    part ailleurs. Chaque année, on constate une augmentation du nombre de visiteurs
    qui viennent ponctuellement découvrir ces endroits magiques dont regorge la
    Roumanie. Mais ce qui me semble le plus important, c’est que nous aussi,
    Roumains, nous apprenons des choses. Nous nous renseignons et nous documentons
    avant de voir de nos propres yeux ces lieux dont nous avons entendu parler. C’est
    une chouette expérience d’organiser son séjour : on se prépare, on se
    renseigne, on lit sur le sujet et ensuite on se lance et on part à la
    découverte de tous ces beaux endroits. »












    L’une des
    offres rencontrant le plus grand succès est celle du rafting sur la rivière de Buzău,
    à seulement 150 km de Bucarest, accompagné de guides certifiés. La descente se
    fait dans des embarcations de maximum 10 personnes. Il est possible de le faire
    en famille avec ses enfants, et en toute sécurité. Les enfants bénéficient
    d’ailleurs d’un tarif réduit jusqu’à l’âge de 14 ans. Ces moments de joie et
    d’aventure à bord sont d’ailleurs filmés grâce à des caméras dernier cri. Le
    tout coûte environ 50 euros par personne.




    Il existe aussi
    une autre offre pour ceux qui souhaitent prendre de magnifiques photos des
    Carpates depuis un avion qu’ils peuvent piloter eux-mêmes. De petits avions de
    deux, trois ou quatre places sont disponibles pour environ 210 euros par personne.
    Dan Panțuru, administrateur d’une entreprise roumaine de tourisme d’aventure,
    organise ce type de vols. Il explique que toutes les raisons sont bonnes pour
    tenter l’expérience, qu’il s’agisse d’un rêve d’enfant ou d’une volonté de
    combattre sa peur du vide.




    « Nous essayons de combiner tant les
    points d’intérêt spectaculaires du point de vue de la nature que ceux qui
    impressionnent par la culture et les coutumes locales. Par exemple, le vol en
    avion ultraléger au-dessus des montagnes de Brasov peut s’avérer une expérience
    incroyable. On peut même laisser nos clients conduire l’avion pendant quelques
    moments, se sentir pilote pendant quelques minutes. Et puis, on peut aussi
    pratiquer des sports aquatiques, terrestres et de l’air. Il y a plein d’options
    intéressantes partout en Roumanie.
    »






    Evidemment,
    vous pouvez ajouter d’autres types d’activités à votre liste. Par exemple, des
    visites à la campagne ou des activités culturelles. Dan Panțuru explique :




    « En voici un exemple concret. En ce moment,
    j’accompagne un groupe de touristes roumains qui ont opté pour un tour
    culturel. Nous sommes au Pays de Luana, dans les monts de Buzau, et nous sommes
    en train de visiter le Musée de l’Ambre jaune de Colți. Nous allons ensuite
    visiter la petite église d’Aluniș et les vestiges rupestres se trouvant dans
    ses alentours, puis les vestiges rupestres de Nucu et on finira la journée par
    une visite au musée des Trovanti, à Bozioru ».






    A préciser que
    les « trovanti » sont des rochers qui ne cessent de grandir et de se
    transformer naturellement. Pour revenir au tourisme d’aventure, Dan Panțuru nous
    dit ce qu’il faut faire pour se procurer un tel paquet :




    « Si le client est à la recherche d’une activité spécifique, comme
    le rafting par exemple, alors il peut entrer sur notre site qui lui dira où ce
    sport est pratiqué en Roumanie. L’équipement sera mis à sa disposition par les
    organisateurs. Donc le client ne doit pas se soucier de l’équipement à utiliser
    durant l’activité, il ne doit que se rendre sur place et être préparé d’un
    point de vue psychologique pour une expérience inoubliable. »






    Bref, tout ce qu’il faut faire c’est vouloir vivre une aventure
    inoubliable en Roumanie. Et vous serez bien servis quelle que soit la saison,
    bien que durant la saison chaude, les activités en plein air soient plus
    variées. C’est justement cette diversité qui attire de plus en plus de
    touristes étrangers. Certains voyagent tout seuls, d’autres préfèrent les
    groupes organisés, constate Dan Panțuru :




    « La
    plupart de nos touristes viennent d’Allemagne, d’Israël, d’Italie et d’Espagne.
    Ils sont très nombreux et nous nous en réjouissons. La Roumanie les fascine.
    Ils nous disent tous que la réalité est beaucoup plus impressionnante que les
    informations qu’ils ont parcourues avant de venir ici. C’est la nature sauvage
    qui s’étale sur de très vastes zones qui les fascine le plus, peut-être parce
    que ce n’est pas pareil dans leur pays. A mon avis, c’est un atout de la
    Roumanie et nous devrions le promouvoir davantage. La Roumanie offre une grande
    diversité d’activités en plein air, tout est possible. S’y ajoutent la nature
    sauvage, la culture des lieux et les traditions locales ».




    Voilà, chers
    amis, autant de raisons de mettre la Romanie en tête de votre liste de destinations
    futures, quelque que soit la saison. Vous découvrirez un pays fascinant de tous
    les points de vue ! (trad. Charlotte Fromenteaud, Valentina Beleavski)

  • Les forteresses, châteaux et manoirs du département de Mures

    Les forteresses, châteaux et manoirs du département de Mures

    En quittant Târgu Mureș, ville emblématique du mouvement architectural Art
    Nouveau, et en se dirigeant vers les principaux sites touristiques du
    département de Mureș, nous arrivons dans la plus grande forteresse médiévale d’Europe,
    aujourd’hui encore habitée et classée au patrimoine de l’UNESCO : Sighisoara.
    Ensuite, en passant par le lac Ursu, le plus grand lac héliothermique du monde,
    nous atteignons la vallée de la rivière Mureș. Elle a souvent été comparée au
    Val de Loire en raison de ses nombreux châteaux et demeures prestigieuses.

    La
    visite des touristes devrait débuter par le chef-lieu du département, Târgu
    Mureș, qui, selon les visiteurs, est une ville chic, belle, bien entretenue et
    tranquille, explique Dana Matic, directrice de l’Office de tourisme Visit
    Mureș.

    « En dehors de cela, elle possède une perle
    de l’architecture Art Nouveau, le Palais de la Culture, qui est aussi le
    kilomètre zéro d’une visite touristique autour de la ville. Nous avons la
    chance que notre office du tourisme se trouve directement dans le bâtiment du
    Palais de la Culture. Nous sommes très bien situés, au coin du Palais de la
    Culture et de là, nous pouvons les envoyer faire un tour de la ville. Nous
    avons des documents papier avec un fascicule dans lequel on trouve des
    explications sur les bâtiments, nos suggestions d’itinéraires et ce qu’il faut
    visiter ainsi qu’une brève description de chaque attraction touristique du centre-ville. »




    Si les touristes disposent d’un hébergement
    à Târgu Mureș et souhaitent mieux connaître la région, Dana Matic recommande
    des excursions d’une journée dans les environs.




    « Je leur recommanderais de se rendre dans un
    premier temps à Sighisoara, qui est le joyau de l’architecture médiévale en
    Roumanie. Je suis convaincue que la ville figure dans toutes les
    recommandations des tours opérateurs en Roumanie qui proposent des services aux
    touristes étrangers. Il s’agit d’un classique.
    Sighisoara est un
    site classé au patrimoine de l’UNESCO et est la forteresse médiévale la mieux
    conservée de l’est de l’Europe. J’ajouterais à cette visite celles d’autres
    églises fortifiées. Fondamentalement, la région autour de Sighisoara est la
    zone frontalière avec le déportement de Mureș.
    Ici, je recommanderais également une visite à Saschiz,
    qui possède à la fois une église fortifiée et une forteresse sur la colline à
    côté de l’église. Les visiteurs peuvent également se rendre à Archita, qui est
    encore une fois une église fortifiée très bien conservée et, pourquoi pas, au
    château de Bethlen à Criș, à environ 15 km de Sighisoara. »






    Dana Matic, responsable de l’Office de
    tourisme Visit Mureș, recommande aux touristes de visiter également Sovata, qui
    figure en tête du classement national des plus belles stations thermales.




    « A Sovata, ils verront le lac Ursu
    qui est le plus grand lac héliothermique d’Europe et le deuxième au monde. De
    plus, le complexe est très bien aménagé. Ces dernières années, beaucoup
    d’investissements ont été réalisés et de nombreuses idées ont été mises en
    pratique. Autour du lac, des sentiers éco-didactiques ont été aménagés, à
    travers lesquels, sur des sentiers aménagés avec des bancs et des panneaux
    d’information, les visiteurs peuvent parcourir la zone protégée autour du lac
    Ursu.
    Ici, vous pouvez voir
    d’autres lacs salés ou lacs d’eau douce et vous pouvez atteindre juste
    au-dessus du lac l’un des points les plus élevés de la station où se trouve une
    tour qui peut être escaladée. La vue y est imprenable avec un panorama à 360
    degrés. »








    Selon l’Institut national du patrimoine, il
    existe en Roumanie plus de 600 châteaux, manoirs et domaines. Parmi eux, une
    cinquantaine se trouvent dans le département de Mureș et font partie du
    patrimoine architectural laissé par l’aristocratie transylvanienne au cours de
    l’histoire. Cette année, le bureau d’information Visit Mureș a surtout cherché
    à promouvoir les châteaux du département de Mureș. Dana Matic nous
    raconte :




    « En Roumanie, le département de Mureș peut
    se targuer d’avoir le plus grand nombre de châteaux et de manoirs. On pourrait
    presque le comparer à la vallée de la Loire. Nous avons également la vallée du
    Mureș, où se trouvent de nombreux châteaux. On peut également les observer dans
    d’autres vallées du département. Bien qu’il en existe des dizaines, tous ne
    peuvent pas être visités, certains étant dans un état de délabrement avancé.
    Nous nous sommes concentrés sur la promotion des châteaux visitables, qui ont
    été reconvertis en musée ou en hôtels.
    Nous avons parlé individuellement aux propriétaires de chaque
    château et nous avons même mis en œuvre une stratégie de promotion. Nous avons
    des documents imprimés où sont rassemblés les châteaux et leurs descriptions,
    comment ils peuvent être visités. Nous y organisons également différents
    événements.
    Nous avons conclu des partenariats avec
    leurs représentants et l’idée est finalement de se promouvoir mutuellement, car
    ensemble, nous pouvons rencontrer plus de succès. Visit Mureș organise même des
    journées portes ouvertes au château de Degenfeld à Cuci. Nous souhaitons
    également récolter des fonds pour soutenir son fonctionnement.
    »






    Récemment,
    dans le département de Mureș, s’est achevée la 17ème édition de l’événement
    Hot Air Balloon Parade – Le défilé des montgolfières. Après une
    courte pause pendant la pandémie, tout le monde était heureux de voir à nouveau
    les ballons colorés s’élever dans le ciel. Et si en été Mureș s’anime autour
    des festivals de musique Awake ou Vibe, à l’automne commence le Festival de la
    citrouille de Sovata. Enfin, sur la Place du
    Théâtre de Mureș, depuis plusieurs années, un très beau marché de Noël est
    organisé, où vous pourrez également admirer le travail des artisans locaux.

    Vous pouvez aussi les retrouver dans certains villages du département, explique
    Dana Matic, responsable de l’Office de tourisme Visit Mureș.




    « À Câmpenita, certains artisans fabriquent des objets en paille, des
    chapeaux, des sacs. Nous avons également des luthiers de Reghin. Nous sommes
    fiers du fait que Reghin reste la seule ville de Roumanie où sont fabriqués des
    instruments de musique à cordes et, outre les usines d’instruments classiques,
    il existe de nombreux petits ateliers de luthiers que les touristes peuvent
    visiter et, pourquoi pas, passer commande.
    Nous attendons tous les curieux dans la région de Mureș. Ici, vous
    pouvez faire de l’exercice en plein air, faire des randonnées en montagne, nous
    avons des pâturages avec des chênes centenaires, il existe une très grande
    diversité écologique.
    La région regorge de monuments classés
    au patrimoine UNESCO, des châteaux, etc. Nous avons de tout pour tout le monde,
    pour satisfaire les goûts de chacun. »






    En visitant visitmures.com, vous trouverez
    des informations détaillées sur les sites et itinéraires touristiques. Le site
    est disponible en roumain, en anglais et en hongrois. (Trad. Charlotte Fromenteaud)





  • A la découverte des vins roumains

    A la découverte des vins roumains

    La
    Roumanie offre toute une variété de vignobles étalés sur de grandes collines et
    de belles caves à vin qui cachent des vrais trésors pour les amateurs du
    vin. Qui plus est, ces caves à vin peuvent être visitées dans le cadre des
    programmes spéciaux, qui proposent aussi des randonnées dans les vignobles, des
    explications concernant le processus de vinification et, le plus important, des
    dégustations. Aujourd’hui, nous vous proposons donc de partir à la découverte
    de quelques-uns de ces endroits.


    Alina
    Iancu est la fondatrice du projet « Crame Romania » (Caves à vin de
    Roumanie) et promotrice des vins locaux et du tourisme viticole. Elle a
    constaté que, ces dernières années, plusieurs unités d’hébergements ont été
    ouvert leurs portes tant dans les caves de vin, que dans leurs proximité :


    « A mon avis, à l’heure où l’on parle, la
    situation est beaucoup meilleure par rapport aux deux ou trois dernières années.
    Nous avons une seule association active, l’Association des caves à vin de Dealu
    Mare. Elle réunit une quinzaine de caves à vin qui organisent des « Journées
    des portes ouvertes » plusieurs fois par an. Cela permet aux touristes de
    visiter de plusieurs caves à vin au cours de la même journée sans devoir faire
    une réservation préalable. Par ailleurs, beaucoup de caves à vin des vignobles
    de Dealu Mare, Drăgășani, et même de Transylvanie ont commencé à
    organiser des événements festifs, comme par exemple des concerts ou des Journées
    de la cave à vin ou encore la Journée des vendanges. Du coup, lorsque l’on sait
    qu’il y a beaucoup de caves à vin dans une région, on sait comment organiser son
    weekend. On peut se rendre dans une cave à vin pour les vendanges et dans une
    autre se promener à travers le vignoble. D’autres caves à vin se sont associées
    avec des producteurs locaux de produits de à base de fromage ou de viande. Tous
    offrent une expérience gastronomique inédite, aux côtés d’une expérience
    viticole. Nous avons encore du travail à faire, mais les producteurs locaux de
    quelques régions ont déjà commencé à mettre leurs produits ensemble pour les
    présenter aux visiteurs. »




    Lorsqu’ils
    visitent une cave à vin, les touristes apprennent l’art et la technique de la
    dégustation du vin et ont l’opportunité d’en savoir davantage sur son histoire.
    A la fin de la visite, ils peuvent acheter du vin pour emporter chez eux. Aux
    dires d’Alina Iancu, le tourisme viticole se marie très bien avec d’autres
    formes de tourisme :


    « L’accueil dans une cave à vin comporte aussi une courte
    présentation du processus technologique de la fabrication du vin, une visite de
    la salle où les raisins sont transformés, de la zone de macération en cuve, qui
    en est l’attraction principale. Ensuite la dégustation de vin peut commencer. En
    général, on fait la dégustation de 5 vins et l’on peut associer quelques-uns à
    d’autres produits. La visite d’une cave à vin dure presqu’une heure et demi.
    Quand même, le tourisme viticole est complété par un tourisme actif. On
    organise souvent des activités liées au cyclisme ou à la course à pied. Cela se
    passe au niveau national. On profite d’abord de la nature et, lorsque l’on
    arrive à destination, on peut se réjouir également d’un verre de vin au cœur de
    cette belle nature. La Roumanie est connue tant pour le vin blanc que pour le
    rouge. Ces dernières années, beaucoup de caves à vin sont apparues et elles ont
    lancé des vins de haute qualité. On y met l’accent sur les assortiments locaux,
    sur les types autochtones, et la qualité des vins ne cesse de croître. »




    Aux
    côtés des dégustations de vin aux caves de vin, les touristes peuvent se profier
    des événements tenus dans les grandes villes du pays, nous explique Alina
    Iancu. Par exemple, du 21 au 23 octobre Bucarest accueille la deuxième édition
    du Salon de la gastronomie :


    « Nous invitons des producteurs de vin, ceux de
    bière artisanale, mais aussi des producteurs des produits à base de fromage et
    de viande. C’est ainsi que l’on vit une expérience gastronomique complète,
    plusieurs jours durant, au cœur même de la capitale. De tels événements sont
    organisés chaque année dans les grandes villes roumaines. On commence donc à associer
    le vin aux produits locaux. Qui plus est, cet événement n’est pas destiné
    uniquement au public. C’est aussi une occasion pour les producteurs locaux de
    se rencontrer, car c’est la seule modalité de faire croître la valeur des
    produits et de la région. Lorsque l’on présente un vin aux côté d’un fromage
    produit dans la même région, l’histoire devient plus complexe. Plusieurs
    acteurs y sont impliqués, des personnes et des endroits, tandis que le goût en est
    plus fort lorsque l’ont présente plusieurs produits issus de la même
    région ».






    Les
    caves à vin de Roumanie sont très recherchées par les touristes étrangers, qui
    optent pour une telle activité pour le weekend, durant un voyage d’affaires. Alina
    Iancu explique :


    « Les touristes viennent rarement pour la viticulture en soi. Dans des
    vignobles de Dealul Mare ou Dragasani ou dans ceux de Transylvanie, par
    exemple, les touristes étrangers visitent des caves à vin surtout en weekend. Et
    ils sont impressionnés, car tous ne savent pas que la Roumanie est un grand
    producteur de vins. Ils sont aussi impressionnés par la qualité du vin roumain.
    Et puis, le tourisme viticole peut être pratiqué tout le long de l’année. Toute
    saison a son charme, sa nature spécifique. Mais en fait les périodes les plus
    demandées sont comprises entre les mois de mai et d’octobre, lorsque la nature et
    les températures nous permettent de profiter aussi d’autres expériences, à part
    les dégustations de vin. Il faut pourtant réserver à l’avance et d’habitude les
    groupes doivent réunir au moins 6 personnes. »




    aller ? Où réserver ? Eh bien, la plateforme « Crame Romania »
    vous donnera toutes les informations nécessaires sur les zones où se trouvent
    les vignobles et leurs caves à vin, sur les types de vins autochtones, sur les
    dégustations. Alina Iancu la fondatrice de ce projet, invite vivement les
    touristes à venir connaître les vins roumains :


    « Cela fait 10 ans déjà que nous faisons la promotion du tourisme viticole.
    Il faut continuer à le promouvoir et à éveiller l’intérêt du public, puisque l’expérience
    en est vraiment unique. En plus, de plus en plus de producteurs locaux proposent
    aussi des places d’hébergement, des salles spécialement consacrées aux dégustations
    et du personnel spécialisé qui vous guidera tout au long de cette expérience. Soyez
    curieux quand vous arrivez en Roumanie, renseignez-vous sur les caves à vin de
    la zone où vous vous trouvez, allez les visiter et déguster leurs vins. Je vous
    assure, vous n’allez pas le regretter !»





    Voilà
    donc, une belle invitation à découvrir la Roumanie par les saveurs de ses vins.
    Nous vous attendons nombreux ! (trad. Andra Juganaru, Valentina Beleavski)

  • Via Transilvanica

    Via Transilvanica

    La Via
    Transilvanica est l’itinéraire de randonnée le plus long de Roumanie, s’étalant
    sur 1 400 km du nord au sud-ouest du pays. Il relie des sites inclus au patrimoine
    mondial de l’UNESCO constituant une connexion vitale entre les communautés locales
    et les différentes facettes du patrimoine, car il met aussi bien en valeur l’héritage
    architectural que les joyaux naturels et les traditions immatérielles. Considérée comme une réussite remarquable dans le domaine du patrimoine roumain, la Via
    Transilvanica s’est vu décerner le Prix Européen du Patrimoine Europa Nostra 2023
    par la Commission Européenne.


    Pour nous
    présenter plus en détail ce sentier unique qui traverse la Roumanie, nous avons
    invité au micro Anna Szekely, directrice exécutive de Tășuleasa Social et
    auteurice du Guide du Routard Via Transilvanica. Pour commencer, elle nous explique
    le concept de ce sentier :




    « Cet
    itinéraire de longue distance tente de montrer toutes les beautés de la Roumanie,
    ainsi que sa diversité ethnique et culturelle. Il est conçu de sorte à
    permettre aux randonneurs ou aux cyclistes de découvrir la Roumanie authentique.
    Et pour cause. Je l’ai dit et je le répète, il est très important pour nous les
    Roumains, de redécouvrir les beautés de notre propre pays, puisque nous n’en
    sommes pas tout à fait conscients. En empruntant le sentier Via Transilvanica,
    on passe par 400 communautés très variées et on rencontre plus de 18 ethnies. Bref,
    on a à faire à une diversité culturelle et ethnique extraordinaire ! Et le
    patrimoine est là, à chaque pas. On traverse aussi de nombreuses zones rurales,
    dont certaines sont quasi-abandonnées. Il y a des villages carrément en voie de
    disparition, avec seulement quelques vieillards qui y habitent encore et pas pour
    longtemps. Mais le simple fait que Via Transilvanica passe par là, cela attire
    les jeunes à découvrir ces zones presque oubliées. Et puis, ces zones rurales
    recèlent une énorme diversité en termes de coutumes et de gastronomie. Du coup,
    on peut avoir des expériences culinaires et culturelles impressionnantes tout
    au long de cette route. »




    Les voyageurs
    qui s’aventurent sur cette route ont leur propre blog sur le site officiel viatransilvanica.com
    et peuvent aussi interagir sur le groupe Facebook Transilvanica Official
    Group. Anna Szekely nous explique :




    « Les gens
    entrent sur ces réseaux et posent des questions, trouvent des partenaires de voyage.
    On y trouve plein d’informations utiles, mais la plupart figure dans le Guide Via
    Transilvanica qui se trouve sur notre site officiel. Ce dernier est traduit en
    cinq langues. C’est un projet qui me tient très à cœur. Mes collègues et moi-même
    avons documenté l’ensemble du trajet et créé ce guide qui regroupe absolument
    toutes les informations nécessaires pour parcourir ce sentier de longue distance.
    On peut aussi le télécharger gratuitement. De même, nous invitons les gens à consulter
    notre blog, pour se renseigner sur les logements, les itinéraires, les plans du
    sentier ou encore les régions parcourues. Tout y est présenté dans les moindres
    détails ».






    Le blog
    dont parle notre invitée permet aux touristes de choisir la partie du sentier qu’ils
    souhaitent parcourir, en optant pour un voyage d’un jour ou deux, d’un weekend
    ou encore de deux semaines. On peut très bien faire l’ensemble de l’itinéraire,
    mais, attention, il s’étale sur 1 400 km à parcourir à pied ou à vélo. Car
    c’est là que réside toute la spécificité de ce sentier qui s’inscrit aussi dans
    une démarche écologique.


    Mais
    avant de partir, mieux vaut consulter le Guide Via Transilvanica. Anna Szekely
    nous exlpique concrètement quels types d’informations y retrouver et qui sont
    les touristes qui ont déjà relevé le défi de parcourir le sentier le plus long
    de Roumanie :




    « On
    vous indique comment planifier l’itinéraire sans vous perdre, où vous loger, où
    se trouvent les sources d’eau potable et les commerces ou bien quels numéros
    appeler en cas d’urgence. Nous avons déjà accueilli de nombreux touristes
    étrangers. Ils ont d’ailleurs été les plus nombreux cette année. Ils viennent des
    quatre coins du monde : d’Australie, du Canada, des Etats-Unis, de Grande
    Bretagne, de Suisse, d’Allemagne, d’Espagne ou de France. Tous sont très
    impressionnés par le balisage. Et je dois aussi vous dire que Christine Thurmer
    a été l’une des premières à venir de l’étranger.
    Elle a parcouru l’ensemble du sentier il y a deux ans. C’est une des femmes qui
    a voyagé partout dans le monde, elle a parcouru à pied plus de 60 000 km, notamment
    des itinéraires longue distance. Elle a été la première femme à avoir parcouru
    toute seule l’ensemble de la Via Transilvanica. Et c’est elle qui nous en a
    donné le meilleur retour, nous disant que les bornes qui balisent chaque kilomètre
    et qui présentent différentes sculptures forment, en fait, l’exposition d’art,
    de sculptures, la plus longue du monde.»




    1 400 km,
    soit 1 400 bornes sculptées marquant chaque kilomètre de ce sentier qui part du
    monastère de Putna, en Bucovine, dans le nord de la Roumanie, traverse la Transilvanie,
    et s’achève à Drobeta Turnu Severin, sur les rives du Danube. L’occasion de
    découvrir, à pied, 2 millénaires d’histoire, une nature époustouflante et des
    communautés des plus diverses, des produits du terroir uniques, des monuments architecturaux
    et historiques, des traditions locales qui perdurent depuis la nuit des temps. Rien
    d’étonnant donc, que Via Transilvanica se voit décerner cette année, le
    Prix Europa Nostra, l’une des catégories des Prix du Patrimoine Culturel de l’UE.
    La remise des prix a eu lieu en septembre dernier, à Venise, en présence du vice-président
    de la Commission européenne, Margaritis Schinas. Plus encore, avec 27 000 votes
    réunis, Via Transilvanica a aussi été récompensée du Prix du public, devenant
    le projet européen le plus apprécié du domaine du patrimoine en 2023. C’est
    aussi le couronnement des efforts de l’ONG Tășuleasa Social et de ses 8 000
    bénévoles qui ont travaillé pendant 5 ans sur ce projet. Anna Szekely en est
    très fière :




    « C’est un grand honneur d’être reconnus au niveau
    européen, par la Commission européenne elle-même. Et nous espérons bien pouvoir
    répondre aux attentes du monde entier. J’invite tout le monde, que ce soit des
    visiteurs de l’étranger ou de Roumanie, de venir découvrir les merveilles de
    notre pays, en douceur, car voyager à pied est une de manières les plus saines
    et les plus pratiques de connaître un pays avec ses bons et ses mauvais côtés.
    C’est la meilleure manière de découvrir et d’aimer la Roumanie. »




    1 400 km, 400 villages, 10 départements, 18 ethnies, 7
    contrées historiques, 12 sites inclus au patrimoine mondial de l’UNESCO et d’innombrables
    souvenirs vous attendent sur la Via Transilvanica, la meilleure manière de découvrir
    la Roumanie authentique en sortant des sentiers battus. (Trad. Valentina
    Beleavski)

  • Buzau, contrée des légendes et des saveurs

    Buzau, contrée des légendes et des saveurs

    Nous partons cette semaine à la découverte du département
    de Buzău, connu non seulement pour ses nombreuses attractions touristiques, mais
    aussi pour ses caves à vin. Désormais, il tente de se faire une renommée aussi
    pour un nouveau type de tourisme : le Slow Food Travel – en français un
    tourisme « lent », gourmand, écologique, qui privilégie les moments
    de détente en compagnie des petits producteurs locaux, les rencontres et les
    échanges avec les fermiers, les bergers, les boulangers et les viticulteurs aux
    côtés de cuisiniers qui préparent des plats à base de produits du terroir, vous
    racontent les histoires des lieux et vous présentent les traditions locales. Eh
    bien, en Roumanie, le département de Buzău est parfait pour ce type de
    tourisme.


    Notre guide d’aujourd’hui dans notre aventure
    « lente et gourmande » à travers Buzău est Thorsten Kirschner, membre
    fondateur de la Communauté Slow Food de Buzau. Arrivé en Roumanie il y a 13
    ans, il a passé deux ans dans la capitale, Bucarest, pour se retirer ensuite à Buzău,
    où il a racheté un manoir et a fondé une association qui fait la promotion des
    produits traditionnels. Pour commencer, notre invité nous explique plus en
    détail ce mouvement de la restauration lente, qui est le Slow Food :


    « Le Slow Food est un mouvement global,
    présent dans plus de 160 pays et qui plaide pour l’accès aux aliments sains.
    C’est une alternative au fast-food, la restauration rapide, créée en Italie,
    dans les années 1980. En Roumanie, le Slow Food est très actif dans la région
    d’Ardeal (ouest), à Brasov, Cluj et Sibiu (centre) ainsi qu’à Buzău (centre-est).
    Ici le mouvement a été lancé l’année dernière. Nous sommes une sorte d’ONG qui
    réunit des fermiers, des producteurs d’aliments, des gîtes gastro-touristiques,
    des restaurants et des amateurs de nourriture saine et durable. Notre idée a été
    de créer une plateforme pour faire la promotion des produits artisanaux et du
    terroir et des aliments de qualité de Buzau. Pour vous donner un exemple, nous
    avons un producteur de miel qui utilise une technologie innovatrice : il
    mélange le miel aux fruits frais et crée un nouveau produit que l’on peut
    manger au petit-déjeuner. Les touristes peuvent trouver ce produit dans le magasin
    de souvenirs et ramener chez eux quelque chose d’inédit. Nous avons aussi de la
    bière artisanale, produite par un jeune entrepreneur qui utilise l’hydromel, un
    produit à base de miel faiblement alcoolisé».




    Dans la
    même région, le Géoparc « Ținutul Buzăului » (La contrée de Buzău)
    est devenu site de l’UNESCO en 2022. Il réunit 18 communes avec au total
    environ 40 000 habitants et une multitude d’objectifs touristiques uniques. Ici
    encore, la découverte des sites touristiques va de pair avec les expériences
    culinaires authentiques, comme nous le dit Thorsten Kirschner :


    « Par exemple, vous arrivez dans la commune de Berca, au centre
    d’information touristique. Ici on vous dira tout ce qu’il faut savoir sur la
    Contrée de Buzău (« Ținutul Buzăului »). Vous allez ensuite voir les
    Volcans à Boue et les habitations rupestres de Bozioru et puis vous pouvez vous
    arrêter à un gîte, un restaurant ou chez un producteur local pour déguster des
    plats locaux. Nous vous offrirons par exemple un goûter au fromage. Nous
    produisons un fromage de chèvre à base de lait frais accompagné d’un vin de
    Dealu Mare. D’ailleurs nous avons formé tout un réseau pour promouvoir nos
    produits. Il y a aussi des producteurs de vins bio dans la zone. Vous pouvez
    leur rendre visite, découvrir leurs caves à vin, voir comment ils produisent du
    vin sur place et puis déguster 3 types de vin. Un autre événement que nous
    organisons à Buzău est la chasse aux truffes. Nous allons dans la forêt avec
    des chiens dressés, à la recherche de truffes et puis, en rentrant, on prépare
    et on offre pour dégustation un menu à base exclusivement de truffes ».




    Slow
    Food Buzău s’adresse aux voyageurs curieux et responsables, qui souhaitent
    connaître la vraie culture gastronomique locale, avec un accent mis sur la
    durabilité et la biodiversité. C’est pour eux que Thorsten Kirschner a
    créé une carte en ligne des produits traditionnels :


    « Notre plateforme s’appelle slowfoodbuzau.com, elle est en roumain et en
    anglais. Vous y trouverez toutes les informations sur producteurs locaux, sur
    les restaurants et les pensions touristiques faisant partie de notre réseau. Il
    y a aussi un programme de visites. Nous sommes encore en train de travailler
    sur cette plate-forme et nous espérons bien avoir une offre encore plus riche
    en 2024. »




    Voici
    maintenant un exemple d’événement organisé par la communauté Slow Food, qui a
    mis à l’honneur la bonne nourriture et la convivialité, sans oublier les offres
    de tourisme rural et d’aventure :


    « Nous avons organisé la 3e édition du Marché des Artisans.
    C’est un concept innovateur qui rapproche les consommateurs des fermiers et des
    producteurs locaux du Géoparc de l’UNESCO « Tinutul Buzaului ». C’est
    le premier projet de ce type en Roumanie, qui permet aux producteurs locaux et
    aux fournisseurs de services touristiques de collaborer et de se réunir sur une
    foire. Plus encore, touts les stands ont été fabriqués en matériaux
    recyclables. Les deux jours de la foire ont accueilli plus de 2 000 visiteurs.
    En fait c’est un mélange de foire de produits du terroir et de la ferme,
    street-food, live cooking-show, foire des maitres artisans et ateliers
    éducatifs pour les enfants. Des touristes étrangers nous ont rendu visite
    aussi. Et la plupart d’entre eux étaient surpris de trouver une offre
    touristique si riche à Buzau. Donc il faut faire davantage de promotion pour
    cette zone. Par notre mouvement Slow Food, nous avons réussi à faire du
    marketing, carrément sans budget. Tout s’est fait par les réseaux sociaux. Les
    visiteurs ont partagé leur expérience et ainsi nous avons réuni 300 000 vues
    dans l’espace de deux semaines seulement.»




    Et même
    si vous avez raté cette rencontre annuelle des producteurs locaux, il y aura
    bien d’autres occasions de faire leur connaissance. Il suffit de programmer une
    visite au Géoparc de l’UNESCO « Tinutul Buzaului » pour découvrir les
    légendes des lieux, les histoires des gens et leurs les recettes culinaires,
    nous assure Thorsten Kirschner, membre fondateur de la communauté Slow Food de
    Buzau, qui passe rapidement en revue les principaux objectifs touristiques à
    visiter dans la zone :


    « A part les Volcans à Boue, il y a des habitations rupestres, un mont de
    sel, le Musée de l’Ambre jaune, des monastères anciens. Il y a aussi des offres
    de tourisme actif – tel le rafting ou des tours à vélo électrique. Puis, à
    Dealu Mare, il y a des caves à vin très intéressantes, sans oublier tout notre
    réseau de restauration lente qui réunit les producteurs artisanaux de bière ou
    de miel. Tout est à déguster et à emporter. »


    Avant
    de terminer, disons aussi qu’un des objectifs du mouvement Slow Food est de lutter
    contre la disparition des cultures et des traditions locales, en plus de
    l’attention portée aux aliments que nous consommons. Car, il ne faut surtout
    pas l’oublier : nos choix alimentaires affectent l’environnement où nous
    vivons. (trad. Valentina Beleavski)

  • Les mondes disparus du Pays de Hațeg

    Les mondes disparus du Pays de Hațeg

    Le Pays de Hațeg est une des zones réunissant le plus
    grand nombre d’attractions touristiques, naturels et culturels de Romanie.
    Bisons d’Europe, églises médiévales, anciens manoirs et châteaux, monuments
    historiques d’intérêt national et même des fossiles de dinosaures nains -
    autant d’objets uniques à venir découvrir dans cette partie du sud-ouest de la
    Roumanie. S’y ajoutent une quarantaine d’itinéraires de randonnées en montagne
    à parcourir à pied ou en vélo. D’ailleurs les trajets de cyclotourisme y ont
    été homologuées par le Ministère de l’entrepreneuriat et du tourisme, ce qui
    est une première nationale.


    Un voyage au Pays de Hațeg est avant tout un voyage dans
    le temps, affirme notre invitée d’aujourd’hui, Anca Rusu, manager de cette
    destination écotouristique :




    « Vous
    découvrirez ici des mondes disparus, vous verrez des dinosaures grandeur nature
    qui ont vécu sur l’île de Hațeg il y a 70 millions d’année. Ou bien, vous pourrez
    explorer des volcans et retrouver les traces d’une mer disparue. Il y a aussi
    des paysages de montagne, des lacs, des plantes carnivores datant de l’ère
    glaciaire, c’est-à-dire d’il y a 10 000 ans. On continue avec les traces
    laissées par les Romains dans l’antiquité à Sarmisegetuza Ulpia Traiana
    (ancienne capitale de la Dacie) et par les premiers lieux du christianisme comme
    l’église de Densuș. Sans oublier le Moyen-Âge qui nous a aussi laissé de nombreuses
    forteresses et églises en pierre au Pays de Hațeg. »





    Plein d’histoire donc, mais aussi plein d’activités à
    faire au Pays Hațeg. Les amateurs de tourisme actif n’auront pas le temps de
    s’ennuyer, assure notre invitée :


    « Aux
    touristes actifs, amoureux de nature, nous recommandons vivement les
    randonnées dans le Parc National de Retezat. Pourtant, il faut dire que cette
    montagne n’est pas recommandée aux débutants, bien qu’il existe des itinéraires
    de différents niveaux de difficulté. Les débutants ont à leur disposition deux
    parcs naturels toujours situés dans le Pays de Hațeg : le Parc naturel de
    Grădiștea Muncelului-Cioclovina et le Géoparc international de l’UNESCO du Pays
    de Hațeg. Les deux sont accessibles aux familles avec enfants et sont
    recommandés à tous. Pour davantage de détails sur ces itinéraires en montagne,
    consultez notre site turism-retezat.ro. Les trajets y sont classés par
    catégories, pour chaque aire naturelle protégée ».





    Le Pays de Hațeg ne s’est pas fait remarquer par ses
    maîtres artisans, comme c’est le cas par exemple d’autres contrées du nord de
    la Roumanie, telles le Maramures ou la Bucovine. Il existe quand même quelques
    projets que les gens des environs souhaitent poursuivre pour perpétuer les us
    et coutumes de la zone. Anca Rusu nous en parle :




    «Voici un exemple à succès : la Coopérative
    de Hațeg, qui s’efforce toujours de fabriquer manuellement des blouses
    roumaines et des costumes traditionnels spécifiques de la région de
    Hațeg et de ses alentours. Pour les découvrir, il suffit de rechercher
    leur page Facebook ou de vous rendre dans la ville de Hațeg. Les braves dames
    de cette Coopérative seront ravies de vous accueillir et de vous raconter leur
    histoire impressionnante qui perdure depuis plus d’un demi-siècle.»





    Quels types de touristes se rendent dans la région de Hațeg ? A
    la différence des monts Retezat, ici on voit le plus souvent des familles avec
    enfants à la recherche d’expériences en lien avec les fossiles de dinosaures,
    curieux de tout savoir sur la vie de cette ancienne île tropicale. Pour ce
    faire, il faut se rendre au Géoparc de Hațeg. Et ce n’est pas la seule
    attraction de la zone, comme nous le dit Anca Rusu :


    « C’est
    à Peșteana que se trouve un autre
    point important, le musée du village de Hațeg, d’où vous pouvez partir dans une
    randonnée légère et admirer un marais un peu à part. C’est ici que se trouvent
    des plantes carnivores, telles la Droséra à feuilles rondes. Si vous souhaitez faire
    un voyage dans le passé il y a 70 millions d’années, vivre les expériences d’un
    paléontologue et éprouver toute sorte d’expériences merveilleuses imaginées par
    des gens qui mettent à profit le patrimoine naturel à part de la contrée de
    Hateg, alors vous devez absolument vous rendre à la Maison des volcans de
    Densus. Je vous recommande de téléphoner et de consulter leur site, casa-vulcanilor.ro,
    parce qu’il vaut vraiment la peine de vous y rendre en compagnie d’un guide
    spécialisé. Toutes ces activités, il faut les découvrir en compagnie de
    quelqu’un qui puisse vous les expliquer. Il s’agit des activités pour enfants les plus appréciées et les plus spectaculaires qu’offre la Contrée
    de Hateg.




    Depuis
    2015, le parc naturel des dinosaures de la contrée de Hațeg est connu dans le
    monde entier puisque l’UNESCO l’a classé Géoparc international. Depuis, il
    accueille une multitude de conférences, d’ateliers, de réunions impliquant des
    spécialistes étrangers qui arrivent à le visiter et à le promouvoir ensuite
    dans leurs pays d’origine. Et depuis cet été, la stratégie de promotion a
    changé, explique Anca Rusu, manager de cette destination touristique.




    « Par le biais de toutes
    nos activités et surtout par le biais de la communauté locale et dans le cadre
    du partenariat public-privé que nous coordonnons, l’Association de tourisme de
    Retezat, dans la Contrée de Hateg, nous nous proposons de faire connaître la
    région en tant que capitale européenne des dinosaures. Il y a toujours beaucoup
    de travail à faire puisque nous nous sommes proposé de faire beaucoup de choses,
    mais rien n’est impossible et nous pensons avoir beaucoup de choses à montrer
    au monde. Et c’est le nouveau slogan de la contrée de Hateg, « Histoires
    vivantes », qui résume parfaitement l’offre touristique de la
    région. »



    Le moyen le plus facile pour explorer la contrée de Hațeg est de s’y rendre l’Aéroport international de Sibiu. Vous
    pouvez y louer une voiture et accéder au cœur de la contrée de Hateg en une
    heure et demi seulement. Des bus locaux vous emmèneront au même endroit en deux
    heures environ et un billet coûte une dizaine d’euros seulement. De Bucarest,
    vous pouvez y arriver en car ou par train, mais il faut plutôt compter plus de
    huit heures de route. (trad. Valentina Beleavski, Alex Diaconescu)

  • Les églises en bois du pays vert de Maramures

    Les églises en bois du pays vert de Maramures

    Situé dans le nord de la Roumanie, le département de Maramures nous propose
    une offre touristique pour tous les goûts. On peut choisir entre des activités de
    plein air et des expériences culturelles. On peut entremêler l’observation de
    la flore et de la faune aux randonnées, aux visites des vieilles églises en
    bois ou bien des ateliers des artisans locaux. Si vous voulez avoir accès au
    quotidien des gens de la région, une idée serait de loger chez les habitants
    qui font maison d’hôte. De cette manière, vous pourriez vous conduire en
    habitant ne serait-ce que pour un bref laps de temps. Dans les minutes
    suivantes, nous nous arrêtons au cœur du Maramures historique. C’est une région
    plutôt rurale, sans villes et très bien conservée, comme nous l’explique Edit
    Pop, à la tête de l’Association Eco Maramures :


    « 12 villages traditionnels s’enchaînent sur les rives des cours d’eau de
    Mara et de Cosău. Tout autour,
    le visiteur sera émerveillé de découvrir des monts volcaniques d’une rare
    beauté, des rochers bizarres, des lacs et des tourbières avec des plantes
    rares, des gorges creusées dans des roches volcaniques, ce qui est unique en
    Roumanie. Les villages historiques préservent les traditions jusqu’à nos jours.»


    Une fois sur place, les loisirs sont multiples et des plus divers. D’abord,
    les itinéraires en pleine nature qui permettent aux voyageurs de rejoindre les
    aires protégées. Edit Pop nous en dit davantage.


    « Nous avons des itinéraires de randonnée qui traversent des aires naturelles
    protégées. Il s’agit de sept itinéraires qui totalisent 69 km et dont le niveau
    de difficulté est assez élevé. En revanche, il y en a d’autres, plus accessibles,
    qui contournent les villages et que l’on recommande à tous ceux qui logent chez
    l’habitant. Ces itinéraires sont très beaux et instructifs, parce qu’ils
    permettent aux touristes de découvrir la flore des prairies, les plantes
    médicinales qui y poussent, d’admirer les pâturages ou d’intéragir avec les
    villageois. Les plus audacieux, peuvent même participer aux travaux aux champs
    pour mieux s’intégrer au sein de la communauté locale ».


    Dans la région de Mara-Cosău-Creasta Cocoșului, il y a beaucoup d’églises
    en bois. Construites aux 17e et 18e siècles, ces édifices
    nous impressionnent par leurs fresques anciennes, leurs collections d’icônes en
    bois et sur verre et les éléments d’architecture spécifique au Maramures. La
    plupart de ces lieux de culte sont sur la liste du patrimoine de l’UNESCO. L’église
    la plus ancienne est la petite église des Saints Archanges Michel et Gabriel de
    Văleni, dont la construction remonte à 1521, et la plus nouvelle est celle de
    Hoteni, construite en 1790. Toutes ces églises témoignent du savoir faire des
    artisans locaux de travailler le bois, comme nous l’explique Edit Pop, de
    l’Association Eco Maramures :


    « C’est une histoire vivante qui perdure dans la région. Pratiquement,
    grâce au tourisme, on peut dire qu’aujourd’hui la civilisation du bois continue
    et les constructions, les maisons en bois, spécifiques au Maramures,
    renaissent. Il y a 15-20 ans, les maisons en bois étaient considérées comme un
    signe de pauvreté, à cause de leurs dimensions réduites et de leur simplicité. Et
    bien sûr, les habitants ont commencé à en construire des plus spacieuses. C’est
    dommage que les maisons en bois ont été soit vendues, soit transformées en
    maisons de vacances. Heureusement que de nos jours, ces maisons sont transformées
    en maisons d’hôtes. Les maisonnettes
    sont regroupées dans des structures touristiques qui offrent aux touristes une
    expérience unique. Ceux-ci peuvent y rester quelques jours pour mieux
    comprendre la culture locale.


    On ne saurait nous pencher sur le patrimoine culturel du Pays de Maramures
    sans invoquer le savoir faire des maîtres artisans. Il suffit de leur rendre
    visite ou de vous rendre sur les marchés organisés à travers la région pour
    admirer leur talent de travailler sur le bois.


    « Dernièrement, les maisons en bois gagnent à nouveau du terrain. Or ça,
    c’est plutôt une bonne nouvelle pour les maîtres charpentiers du Maramures qui,
    au lieu de renover les anciennes maisons, ils se lancent à en construire
    d’autres, toutes neuves pour y loger soit des touristes, soit leur famille. A
    la différence des maisonnettes traditionnelles, celles de nos jours sont
    souvent plus grandes et mieux dotées. Mais puisqu’elles sont toujours en bois,
    on peut parler d’une tradition perpétuée qui a fait et continue à faire la
    renommée du Maramures. Les portails en bois sculpté sont aux côtés des maisons
    et des églises en bois les objets phare de cette région roumaine. »


    Edit Pop, à la tête de l’Association Eco Maramures, fait les louanges de la
    savoureuse cuisine du terroir. Les plats délicieux et consistants sont faits à
    base d’ingrédients naturels issus directement des fermes locales. D’ailleurs,
    des dégustations sont organisées sur les marchés locaux et à l’occasion de
    différentes foires touristiques.


    « Prenons l’exemple du village de Breb, le plus touristique de la
    région et qui a su se mobiliser comme nul autre. La localité propose chaque
    weekend de petits marchés de produits locaux et d’autres événements tels le
    Jardin culturel de Breb. A cette occasion, sur une scène aménagée au milieu
    d’un verger, le public est invité à applaudir les violonistes de la région ou
    encore les jeunes impliqués dans la promotion du patrimoine local réunis au
    sein du groupe dit les Coconi de Breb.
    Donc voilà, on a plein d’événements qui ont lieu notamment pendant les grandes
    vacances. »


    Il suffit de cliquer sur Ecomaramures.com pour visualiser l’offre
    touristique et d’hébergements proposés par le Pays du Maramures. Sur le même
    site vous trouverez des informations sur la location de vélos, le
    cyclotourisme et le calendrier des
    marchés de produits locaux. Vous pourriez aussi télécharger sans frais
    l’application pour les téléphones portables Eco Maramures pour avoir accès à
    des cartes et aux trajets à emprunter pour visiter les aires protégées de la
    région.



  • Le tour du communisme

    Le tour du communisme

    Aujourd’hui
    nous découvrons une page de l’histoire de la capitale roumaine grâce à un itinéraire
    spécial, qui a beaucoup de succès auprès des touristes étrangers. A Bucarest,
    le tour du communisme passe par les endroits qui témoignent de la période que
    l’on a appelée « L’époque d’Or », achevée subitement en décembre
    1989. Parmi les objectifs visités l’on trouve le Palais du Parlement, le
    troisième plus large bâtiment administratif du monde, selon World Records
    Academy, ou encore la Maison de Ceaușescu, la résidence de l’ancien dictateur
    de la Roumanie.


    Andreea
    Cosma, guide spécialisé, nous offre des détails sur cet itinéraire pas comme
    les autres. En dehors des visites diverses, les touristes apprennent des
    informations concernant la vie quotidienne des Roumains, du point de vue social,
    économique et culturelle. Ecoutons-la :


    « Premièrement, je pense que chaque
    touriste de l’étranger doit faire ce tour, grâce auquel il comprendra le
    comportement et le style de vie des Roumains. Que ça nous plaise ou non, les
    presque 50 ans de communisme nous influencent toujours. A part les étrangers, le
    tour est utile aux Roumains aussi, surtout aux plus jeunes, qui ne reçoivent pas
    assez d’informations à l’école. Le tour les aidera à mieux comprendre les changements
    et l’impact que le régime communiste a eu pas seulement sur la Roumanie et la
    ville de Bucarest, mais aussi sur le gens en général. C’est notre objectif
    général. Parmi les destinations de notre tour, on retrouve la Maison du People
    ou le Palais du Parlement, ensuite l’Eglise « Le Skite des Sœurs »,
    qui met en évidence l’histoire émouvante des églises qui ont été déplacées à
    l’aide de rails. Ensuite nous visitons une ancienne « alimentara »,
    c’est-à-dire un magasin de produits alimentaires, rue Apolodor, et nous
    continuons par un des sièges de l’ancienne Securitate, c’est-à-dire de la
    Police politique communiste, qui est maintenant le siège de la Police de la
    Municipalité de Bucarest. Nous achevons le tour Place de la Révolution. »




    En ce
    qui concerne son architecture, le Palais du Parlement est toujours l’un des
    monuments les plus controversés de Roumanie. Il s’étale sur une superficie
    totale de 365 000 mètres carrées et occupe la première position dans le Livre
    des Records en ce qui concerne les bâtiments administratifs pour usage civil.
    Il est aussi le troisième bâtiment du monde en termes de volume, ainsi que le
    plus lourd et le plus cher bâtiment au monde. La construction entière est le
    résultat des efforts de plus d’une centaine des milliers de gens, avec presque
    20 milliers d’ouvriers qui travaillaient en trois temps de travail, 24 heures
    sur 24. Le bâtiment a été construit presque entièrement avec des matériaux
    roumains.


    Andreea
    Cosma, notre guide, recommande aux touristes qui ont assez de temps, d’opter
    aussi pour le tour guidé à l’intérieur du Palais. Les visites ont lieu suite à
    une réservation faite 24 heures à l’avance, sur le site de l’institution, et le
    tarif standardisé pour un adulte est de 60 lei (soit 12 euros).


    « Tout au long du tour guidé que
    nous organisons, nous racontons des histoires sur les démolitions qui devaient
    faire place au symbole le plus important de la mégalomanie de Nicolae
    Ceaușescu. En suite, nous expliquons la modalité dont, en presque 5 ans, on a
    réussi à construire plus de 360 000 mètres carrés et nous rappelons que c’est
    encore un bâtiment en cours d’être finalisé. Nous parlons aussi des tunnels
    supposés à exister en-dessous de la Maison du Peuple. Au même endroit nous
    pouvons voir un autre objectif intéressant, lié à l’histoire d’Elena Ceaușescu.
    Le bâtiment qui est maintenant le siège de l’Académie Roumaine avait été
    auparavant La Maison de la Technologie et de la Science. Il devait être
    effectivement une sorte de bureau d’Elena Ceaușescu, celle qui, après avoir parachevé
    « brillamment » seulement trois années d’école générale, a fini sa
    carrière scientifique par sa « thèse de doctorat en chimie », sans
    avoir jamais fait d’études. Quand même, c’est intéressant d’observer comment la
    propagande communiste réussissait à convaincre que les gens issus des milieux
    les plus pauvres de la société pouvaient arriver au sommet de la hiérarchie
    sociale. »




    Le monument suivant a été construit au milieu des
    années 1960 et a été connu à l’époque comme « Le Palais du
    Printemps ». Il a été érigé entre 1970 et 1972. C’était la résidence de la
    famille dictatoriale. Du bois local, aux couleurs diverses, a été utilisé pour faire
    les ornements intérieurs de chaque chambre. La maison dispose d’une collection
    impressionnante de tableaux, de beaucoup de tapisseries et de mosaïques faites
    à la main. Le guidage est disponible en roumain et en anglais et le prix
    standardisé st de 55 lei (soit 11 euros).


    Ecoutons encore notre guide Andreea Cosma, qui nous
    en offre des détails :


    « Le Palais du
    Printemps est extrêmement intéressant. La résidence principale des époux
    dictateurs Ceaușescu est désormais un musée et c’est très intéressant de voir
    leur mode de vie. On y voit le luxe et l’opulence dans lesquels vivait la famille
    entière, contrairement au reste de la population. Ca vaut le coup de vous balader
    dans tout le Quartier du Printemps, idéalement avec un guide qui pourra vous
    raconter des histoires sur chaque maison et sur la famille qui y habitait,
    ainsi que sur la dynamique au sein de chaque famille, y compris en ce qui
    concerne la relation avec les époux Ceaușescu. »




    Andreea Cosma nous a aussi parlé d’un autre édifice,
    autre témoignage de la période communiste. Aujourd’hui on le connait sous le
    nom de Dâmbovița Center, alors qu’avant 2015 on l’appelait La
    Maison de la Radio. Sa construction a débuté en 1986 à la place d’un hippodrome
    et il aurait dû accueillir le Musée National de l’Histoire de la République
    Socialiste de Roumanie. Puis, il aurait dû devenir le nouveau siège de la radio
    publique roumaine. Malheureusement, sa construction n’a jamais été achevée et
    aujourd’hui c’est plutôt une immense ruine pas loin du centre-ville. C’est là une
    autre histoire écrite à une époque dont beaucoup se souviennent avec tristesse,
    mais qui aujourd’hui est tellement fascinante. Andreea Cosma ajoute :


    « Le tour est conçu
    comme une histoire qui nous nous fait passer par tous les changements
    importants que le communisme a apportés et il décrit l’impact de cette époque sur
    nos vies, sans exception. A chaque fois, tous les touristes sont vraiment
    impressionnés et comprennent mieuxl a mentalité des Roumain, chacun ayant, bien
    sûr, sa propre expérience des relations avec les Roumains. En ce qui concerne
    le pays d’origine des touristes, en 2022, nous en avons eu beaucoup provenant
    des Etats Unis, ce qui m’a étonnée un peu. Avant la pandémie, il n’y avait
    aucun tour sans au moins un touriste de Grande Bretagne. La situation a quand
    même changé l’année dernière, lorsqu’au moins un touriste des Etats Unis était
    présent à chaque tour. D’ailleurs, la plupart des touristes viennent d’Europe Occidentale,
    il y en a très peu d’Asie, d’Amérique de Sud ou d’Afrique. »




    Le prix de cette visite intitulée « Le Vrai
    Tour du Communisme » (en anglais « The Real Tour of Communism »)
    varie de 90 à 150 lei (soit entre 18 et 24 euros). Les plus chers sont les
    billets des tours privés. En général, les tours sont publics, réunissant un
    maximum de 15 personnes, afin de pouvoir offrir l’attention appropriée à
    chacun. (trad. Andra Juganaru)

  • Le patrimoine, un régal pour les touristes

    Le patrimoine, un régal pour les touristes

    Ces
    dernières années, l’intérêt pour les anciennes résidences nobiliaires de
    Roumanie n’a fait qu’augmenter. Qu’il s’agisse de touristes curieux qui partent
    à la découverte de vieux manoirs et châteaux à travers le pays ou
    d’entrepreneurs qui relèvent le défi de redonner la beauté d’autrefois à ces
    merveilleux bâtiments, ce nouveau courant est évident et ils est plus ample
    qu’il n’a jamais été.

    D’ailleurs, la Roumanie a un grand avantage sur le
    marché du patrimoine culturel, explique notre invitée, Alina Chiciudean,
    présidente de l’Association ARCHÉ :




    « Nous avons de beaux paysages naturels
    et des éléments anthropiques tout à fait uniques. Moi, j’ai souvent rencontré
    des touristes qui cherchent plus qu’un « monument-vedette ». Si nous
    étions une agence de tourisme comme les autres, alors, le plus probablement,
    nous visiterions Bucarest, nous ferions une excursion d’une journée dans la
    Vallée de la Prahova, avec ses châteaux de Bran et de Peles, ou bien nous nous
    rendrions au delta du Danube, si la météo le permettait. Mais nous, on propose
    des expériences authentiques. Nous partons de Bucarest vers le nord, avec un
    arrêt au domaine de la famille Cantacuzène, à Floresti. Situé près de la ville
    de Ploiesti, c’est un domaine impressionnant, qui s’étale sur 150 hectares
    comportant un ancien parc de chasse, un parc de randonnée, le bâtiment
    principal et des annexes. Nous ne nous limitons pas à la visite du parc. Nous
    invitons les touristes à faire la connaissance de la communauté locale, des
    enfants et des jeunes vivant dans cette commune, qui s’y rendent à chaque fois
    que la fondation en charge du domaine leur propose une activité. C’est une
    belle opportunité de connaître la vraie Roumanie et d’entrer en contact avec la
    fraîcheur des mentalités des gens qui ont passé leur vie en milieu rural et ont
    une autre connexion avec la nature et une approche différente du monde. A mon avis,
    c’est ça l’expérience touristique la plus belle et la plus enrichissante. On nous
    demande souvent de telles expériences, notamment de la part de nos partenaires
    européens. »






    Direction
    maintenant le nord-est de la Roumanie, dans le département de Iași, dans la
    commune de Țibănești. C’est ici que l’on trouve un monument d’architecture pas
    comme les autres construit au 19e siècle. Erigé par la famille de
    boyards Carp, originaire des pays baltes et établie sur ces lieux au 16e
    siècle. Ici la découverte du patrimoine va de paire avec l’univers fascinant des
    artisans locaux.

    Alina Chiciudean nous en parle :




    « Chaque année, nos partenaires y
    organisent des événements, dont une école d’été par exemple, et aussi un
    programme pluriannuel appelé « On forge le fer au manoir » (Batem fierul la conac). En s’y
    rendant, on va rencontrer des artisans qui travaillent le fer sur place et on
    aura droit à une expérience complète. On verra le forgeron travailler dans son
    atelier, puis on aura l’occasion de voir comment son travail est intégré peu à
    peu dans le processus de restauration de ce monument historique. Je vous invite
    aussi, notamment en famille, à l’autre bout de la Roumanie, en Transylvanie, à
    Apoș, où le nom de votre enfant peut être gravé sur une tuile manufacturée par
    un artisan local. En fait, l’enfant apprendra à graver son nom lui-même. Il y a
    plein d’autres options. L’important c’est de chercher ce type d’activité et on
    voit qu’elles sont de plus en plus appréciées. Ainsi créé-t-on des ponts entre
    ceux qui ont toujours vécu cette vie traditionnelle et le monde moderne, ce qui
    est vraiment enrichissant notamment pour les jeunes générations. »






    Voilà
    donc une nouvelle approche touristique, proposée par l’Association ARCHÉ, une ONG à but non lucratif qui met en place des activités de recherche,
    conservation, mise en valeur et promotion du patrimoine culturel. C’est elle
    qui a créé le seul programme consacré à la redécouverte des châteaux moins
    connus de Roumanie, appelé Castle Break. Il a connu un tel succès, qu’à
    l’heure où l’on parle, les grands tour-opérateurs tentent eux-aussi d’intégrer
    dans leurs offres ces monuments, dont quelques-uns ont déjà a été réhabilités.

    D’ailleurs, le profil du touriste a aussi changé ces derniers temps, constate
    Alina Chiciudean, présidente de l’Association ARCHÉ :




    « Du moins après la pandémie, je constate
    que les gens ne se contentent plus d’avoir une découverte purement esthétique.
    Ils veulent aussi laisser leur empreinte sur l’endroit qu’ils visitent. L’année
    dernière, tout, comme il y a deux années, nous avons proposé plusieurs
    initiatives permettant aux touristes, par exemple, de faire du jardinage un
    après-midi. Pour cela, il faut obtenir un avis spécial, car tout le monde ne
    peut pas travailler dans un jardin historique. Alors, cette expérience est
    d’autant plus valeureuse, vu qu’elle respecte toutes les normes et les
    procédures en vigueur. Alors, au printemps et en automne, nous invitons les
    touristes à nettoyer des jardins et nous savons que notre présence sur ces
    lieux comptera pour quelque chose. C’est ça la beauté du patrimoine. Une fois
    sur place, on se rend compte que l’on a devant soi des centaines d’années de
    travail, d’efforts soutenus qui ont mené au domaine ou au monument que nous
    voyons aujourd’hui. C’est un tourisme engagé que nous pratiquons et les
    touristes étrangers en demandent. En fait, eux, ils sont habitués à participer, à avoir une vie assez
    active. De plus, ce sont souvent des jeunes et alors, nous tentons de leur
    offrir des expériences similaires en Roumanie aussi. Pourtant c’est le plus
    souvent sur demande, que l’on organise de tels voyages. Pour ce faire, nous
    avons une équipe interdisciplinaire, réunissant architectes, historiens de
    l’art, responsables de communication, bref tous les métiers en lien avec le
    patrimoine culturel. Ils accompagnent les touristes et leur racontent des
    histoires vraies, pas uniquement des légendes locales. Et puis, après avoir
    travaillé un peu dans le jardin d’un château, nos touristes sont invités au
    repas par les gens et les fermiers des parages qui leur apprennent beaucoup de
    choses. Sans doute, ils en garderont plein de beaux souvenirs immortalisés sur
    de belles photos. Bref : une expérience complète. »






    Alina
    Chiciudean se souvient aussi d’un projet de développement personnel pour les
    jeunes qui ont fait le choix de s’orienter vers des métiers du patrimoine.
    C’était un groupe venu des Pays-Bas, qu’elle a accompagné lors d’une visite au
    centre-ville de Bucarest.




    « Ce ne fut pas une visite classique avec
    guide touristique. Il a été guidé par une architecte qui s’est aussi
    spécialisée dans l’écriture créative à Londres. Ils n’avaient jamais
    imaginé que Bucarest avait tant de choses à offrir ! Ce mélange de styles
    et de cultures, la générosité des gens en matière d’explications – ce sont les
    ingrédients d’une expérience qui marque le visiteur qui arrive en Roumanie. Le
    touriste est agréablement surpris par tout ce qu’il y trouve et c’est peut-être
    ça la beauté de la Roumanie et de ses habitants, y compris de la capitale.
    Cette capacité à surprendre. Car tout n’est pas évident sur les sites web. Il
    faut venir sur place, le cœur ouvert et se laisser surprendre. »






    Un
    millier d’anciennes résidences extra-urbaines des élites locales sont à
    retrouver de nos jours sur le territoire roumain. Elles ont été pour la plupart
    construites entre le 14e et la première moitié du 20e.
    Certaines ont été restaurées, d’autres ont sombré dans l’oubli et ne cessent de
    se dégrader. D’autres encore font l’objet de litiges entre les différents
    héritiers. Les châteaux et les manoirs les plus chanceux sont aujourd’hui des
    hôtels et restaurants ou bien des musées où se tiennent de nombreux événements.
    Une chose est sure, en ruine ou restaurés, ces immeubles du patrimoine méritent
    bien d’être visités.


    (Trad.
    Valentina Beleavski)

  • Șirnea, premier village touristique de Roumanie

    Șirnea, premier village touristique de Roumanie

    Aujourd’hui nous nous rendons dans le centre de la
    Roumanie, sur le versant sud-est du massif Piatra Craiului, pour découvrir le
    premier village touristique de Roumanie, Șirnea, sis à une altitude de 1244
    mètres. C’est dans ce décor tout droit sorti d’un conte de fées que l’on peut
    découvrir une localité isolée, constituée de seulement quelques maisons. C’est
    au sujet de cette expérience à part que s’exprime Eugen Totîlcă, guide local
    certifié et coordinateur d’activités dans le cadre d’une organisation touristique.


    Aux côtés
    de six autres villages situés entre le massif Bucegi et Piatra Craiului, Șirnea
    se trouve dans la contrée de Bran, affirme Eugen Totîlcă




    « En 1972, à l’initiative du
    professeur Nicolae Fruntes, une des figures de proue du village, un projet de
    promotion des traditions et des villages de Roumanie a vu le jour en
    coopération avec l’Académie roumaine. Parmi ces villages figurait aussi celui de
    Șirnea. C’est à partir de cette
    initiative qu’a été lancée le premier village touristique de Roumanie et nous
    en sommes très fiers. La ressource la plus importante et la principale richesse
    du village sont ses habitants qui sont des gens extraordinaires, habitués aux
    difficultés, qui reçoivent à bras ouverts les touristes qui arrivent chez nous
    pour faire leur connaissance. Les sites touristiques sont également extrêmement
    généreux. Le village de Șirnea, avant la Première guerre mondiale se
    trouvait à la frontière entre l’Empire d’Autriche-Hongrie et la Roumanie. C’est
    ici que l’on peut visiter la route du garde-frontière le long de laquelle se
    trouvent toujours les bornes qui marquaient la frontière entre les deux Etats.
    C’est dans ces lieux que la Roumanie s’est impliquée dans la première guerre
    mondiale. C’est ici que furent tirés les premiers coups de canon et que les
    premiers soldats tombèrent sur le champs d’honneur dans les combats de libération
    de la Transylvanie ».






    Depuis
    plusieurs années, Eugen Totîlcă a initié aux habitants du village au centre
    d’activités touristiques, justement pour agir en tant qu’interface entre les
    touristes, les lieux et leurs habitants. C’est la logique des randonnées ou des
    tours guidés qu’il organise.




    « On peut organiser des randonnées visant seulement à faire une
    reconnaissance des lieux, des itinéraires à travers les forêts, les collines et
    les clairières aux pieds du massif de Piatra Craiului. En été, les visites
    guidées tournent notamment autour de la botanique. Les participants peuvent
    cueillir des plantes et nous racontons leur histoire, les propriétés
    thérapeutiques de chacune d’entre elles. Nous organisons aussi des randonnées
    en vélo électrique. Nous disposons d’une flotte de 30 à 40 VTTs électriques que
    les touristes empruntent, accompagnés de guides spécialisés. Les guides sont
    des habitants du village. Il y a aussi un centre d’équitation avec lequel nous
    collaborons pour organiser des cours d’initiation, ainsi que des randonnées à
    cheval en compagnie de guides sur les collines environnantes. Parallèlement, nous
    sommes un point d’information touristique, où les visiteurs sont accueillis. Nous leur faisons part de l’histoire des
    lieux, pour qu’ils se sentent chez eux. »






    Pas
    plus de 17 kilomètres séparent Șirnea du château de Bran. C’est une cité
    médiévale du 14e siècle très prisée. Les touristes y découvrent un
    monument dont l’état de conservation est exceptionnel, sis sur un rocher, à une
    hauteur de 40 mètres. La bâtisse a quatre niveaux, quatre tours, et se
    caractérise par un manque total de symétrie. Le château contient toute une
    série de passages secrets avec une multitude de petites pièces et plusieurs
    tours. Son image est aujourd’hui associée à la légende du comte Dracula. Il y a
    tant de choses à faire à Șirnea qu’il en devient nécessaire de prolonger son
    séjour pour pouvoir aussi profiter des sites touristiques alentours :






    « Chaque weekend nous proposons un évènement avec
    des activités en plein air, des randonnées, du VTT électrique, de l’équitation,
    mais aussi des activités similaires à celles des villageois. Bref, le temps
    d’un weekend, nous pouvons visiter des maisons traditionnelles et contribuer
    aux activités saisonnières. S’y ajoutent les activités strictement
    touristiques, c’est-à-dire un circuit en VTT électrique ou des randonnées à
    cheval. Puis, dans la soirée, il y a un diner composé de plats traditionnels,
    afin de vivre une expérience complète, en rencontrant les habitants des lieux tout
    en découvrant les goûts du village. »






    Les
    traditions les mieux préservées sont celles transmises d’une génération à
    l’autre par les artisans. Par le biais des objets artisanaux, ils préservent
    des légendes et des symboles traditionnels. Mais y a-t-il encore d’authentiques
    artisans traditionnels à Șirnea ? Eugen
    Totîlcă nous explique :




    « Oui, heureusement, mais malheureusement ils sont
    très peu nombreux parce qu’ils sont très âgés et personne ne semble reprendre
    le flambeau. Mais on peut toujours dire qu’il existe des artisans typiques à la
    région qui perpétuent les métiers des
    anciens. Rien qu’un exemple, il y a un artisan qui confectionne des fourches et
    des râteaux en bois, ainsi que des bardeaux en bois, pour les maisons. Une habitante
    organise quant à elle des visites dans le cadre desquelles elle fait découvrir
    aux touristes les techniques de confection des tapis sur métier à
    tisser. »






    Etant
    donné que Șirnea est le premier village touristique de Roumanie, une véritable
    tradition hospitalière s’est développée au fil du temps. Aujourd’hui encore, on
    y retrouve des gîtes ruraux ouverts avant la chute du régime communiste en
    Roumanie :




    « Il s’agit de sites traditionnels, qui ont
    accueilli jusqu’ici des dizaines de milliers de touristes et qui sont toujours
    ouverts. Ce sont des gîtes ruraux mais aussi des hôtels et des complexes de
    loisirs avec plusieurs gammes de prix. Sans aucune fausse modestie, je dois
    avouer que tous les visiteurs avec lesquels j’ai interagi au cours de toutes ces années de gestion du tourisme à Sirnea, sont arrivés en tant que touristes et
    repartis en tant qu’amis. Nous avons même imaginé une application, un guide
    virtuel, par le biais duquel nous offrons des informations traduites en
    plusieurs langues pour les circuits que nous avons cartographiés. »






    Parmi les projets d’avenir à Șirnea, figure aussi le balisage des itinéraires et la
    création de nouveaux. Eugen Totîlcă affirme qu’il souhaite combiner les
    itinéraires à cheval aux visites des bergeries, où les touristes peuvent faire
    une halte et gouter aux produits traditionnels : fromages, pastrami de
    mouton, polenta farcie de fromage.




    « Un projet
    flambant neuf a été inauguré l’année dernière. Hormis l’équitation, nous
    proposons aussi de l’hypo-thérapie. L’une de nos amies, qui est
    psychothérapeute, propose ce genre d’activité. Notre communauté redouble
    d’efforts pour maintenir en vie et promouvoir les traditions à Șirnea, afin de remettre la commune sur la
    carte des destinations d’écotourisme où l’aventure et la tradition sont
    privilégiées, tout en proposant aux touristes des expériences complètes. »






    Pour pouvoir visiter cette destination la variante la
    plus facile pour un touriste étranger est de contacter une agence de voyage qui
    propose un forfait complet. Certes, il
    est également possible de se concocter un séjour sur mesure sur internet. Vous
    pouvez rejoindre Șirnea depuis Bucarest en voiture en quatre heures de route ou
    bien par train de Bucarest à Brasov, puis en bus. Mais sachez aussi que
    l’aéroport international Brașov-Ghimbav, dont la construction vient d’être
    achevée, sera opérationnel à compter du mois de juin prochain. Il se trouve à
    seulement 45 kilomètres de Șirnea, premier village touristique de Roumanie.


    (Trad : Alex Diaconescu)

  • La citadelle de Fagaras, parmi les plus belles au monde.

    La citadelle de Fagaras, parmi les plus belles au monde.

    Nous
    faisons halte aujourd’hui dans le centre de la Roumanie, dans le département de
    Brasov, pour une incursion dans l’un des monuments historiques les mieux
    conservés de Roumanie. De nombreuses publications l’ont classée parmi les plus
    belles forteresses médiévales du monde. En effet, la citadelle de Făgăraș, dont la construction s’est
    achevée au 17e siècle, a été assiégée à plus de 26 reprises, mais
    n’a jamais été conquise.

    Aujourd’hui elle accueille le musée du pays de Făgăraș « Valer Literat »,
    dont la directrice Elena Băjenaru ouvre les portes aux visiteurs :




    « La
    citadelle de Făgăraș, le
    monument historique le plus important de la région de Făgăraș, est un édifice historique érigé il y a plus de 600 ans
    par les princes régnant de la Valachie. C’est une cité dont le projet de
    restauration par le biais de fonds européens est en train d’être achevé.
    L’entrée se fait par un pont levis en bois reconstruit à l’identique avec celui
    du 17e siècle. Cette citadelle est l’une des forteresses médiévales les
    mieux conservées de Roumanie, entourée d’une douve datant également du 16e
    siècle. C’est une cité entourée de deux murailles massives de défense et
    de quatre bastions. D’ailleurs, son système de défense est si bien pensé
    qu’elle n’a jamais été conquise par les armes. Par contre, elle a été saccagée
    à plusieurs reprises. »






    Avant d’accéder au musée et de visiter le
    château-fort, les touristes sont invités à faire un tour extérieur :




    « On
    peut découvrir les bastions, les deux murailles défensives, on peut aussi se
    promener sur le chemin de la garde reconstruit et restauré tel qu’il était au
    17e siècle. Et d’ailleurs, l’un des bastions accueillera une
    exposition consacrée à la garde de la Citadelle de Făgăraș. Nous reconstituons d’ailleurs toute la cérémonie d’ouverture
    et de fermeture des portes, tel qu’elle se déroulait au 17e siècle,
    à l’époque d’Anna Bornemisza, l’une des princesses de la citadelle. Puis on
    accède à une très belle cour intérieure, au milieu de laquelle se trouve une
    fontaine du 17e siècle qui vient d’être restaurée. En montant les
    escaliers on accède au musée qui se trouve au premier étage. Ici, nous
    présentons toute l’histoire du pays de Făgăraș, qui est extrêmement riche. Le visiteur
    peut découvrir aussi des reconstitutions d’époque à travers l’exposition. Nous
    avons reconstitué la Salle de la diète, le gouvernement et le parlement de la
    Transylvanie de l’époque, nous avons reconstitué la chambre à coucher de l’une
    des princesses de Transylvanie, Anna Bornemisza. On peut admirer des
    expositions d’art décoratif, d’artisanat paysan, des expositions temporaires.
    Au deuxième étage quatre pièces sont aménagées. C’est ce que nous appelons la
    salle du trône. Dans les inventaires de la citadelle du 17e siècle, pn parlait
    de Grand Palais, là où les princes de Transylvanie recevaient les émissaires
    des ambassades des grandes puissances européennes. Le chroniqueur moldave Miron
    Costin, mais aussi le roi de la Pologne Sobieski, ont franchi le seuil de ces espaces.
    A l’heure actuelle, ils sont aménagés à des fins purement culturelles. Nous y
    organisons des événements, des concerts de musique classique ou médiévale, des
    activités culturelles généralement très spectaculaires. »






    Le
    projet de restauration devrait s’achever fin mai, puis, à compter du 1er
    juin, le cérémonial de l’ouverture et de la clôture des portes reprendra. Vous
    aurez l’occasion d’admirer la garde de la citadelle, constituée de 12 soldats,
    vêtus d’armures datant du 17e siècle, aux côtés de l’une des
    princesses de la citadelle qui lira un document émis vers 1678.

    Elena Băjenaru,
    directrice du musée du pays de Făgăraș
    « Valer Literat », décrit aussi en détail les mécanismes de torture
    utilisés dans la citadelle au Moyen-Age.








    « Un mécanisme de torture a été apporté dans
    la citadelle, après 1700 : « La vierge en fer ». Ce mécanisme a vu le jour en
    Espagne, vers 1515, lorsque les personnes condamnées à mort devaient embrasser
    une image de la Vierge Marie attachée à ce mécanisme, comme une sorte de
    dernier hommage. Au moment où le condamné s’en approchait, des couteaux transperçaient
    son corps. Son corps tombait alors dans un canal rempli de lances dont les
    pointes étaient orientées vers le haut. Le canal communiquait avec la rivière de
    l’Olt, située à 700-800 mètres de distance. Et puis la citadelle de Făgăraș
    dispose aussi d’une Tour qui a servi de prison médiévale assez rude, avant
    d’être transformée en prison communiste, entre 1950 et 1960. Environ 5 000 prisonniers
    politiques y ont séjourné. »






    De nos
    jours, durant l’été, la forteresse de Făgăraș
    accueille des événements à ne pas rater :




    « A part les projets culturels, les expositions
    temporaires et les lancements de livres, nous organisons aussi un festival
    médiéval le dernier weekend du mois d’août. Des ordres de chevaliers de
    Transylvanie et de toute la Roumanie y participent. Il y a des spectacles de
    théâtre médiéval, des concerts de musique médiévale et classique, des
    démonstrations de lutte, des ateliers de forgerons – bref, toutes les activités
    qui avaient lieu jadis autour de la cité y sont représentées. Puis, en sortant
    du circuit des expositions, vous tomberez sur un magasin de souvenirs bien rempli.
    On y trouve des guides touristiques de la citadelle en anglais et en hongrois et
    des livres en anglais sur la Transylvanie ou sur les principaux monuments de
    Roumanie. »






    Deux
    autres monuments sont à retrouver près de la citadelle de Făgăraș. Elena
    Băjenaru, directrice du Musée du Pays de Făgăraș les recommande vivement aux
    touristes qui passent plusieurs jours dans cette zone :






    « Premièrement, je leur recommande d’aller voir
    l’église bâtie par Constantin Brancovan à la fin du 17e siècle, vers 1697. Il y
    a au moins deux bonnes raisons de le faire. D’abord, pour sa peinture exceptionnelle,
    réalisée par Preda Zugravul. Et puis, parce que l’iconostase de cette petite
    église est peut-être le plus beau de tout l’art bracovan. En plus, c’est tout
    près de la cité, alors cela vaut vraiment le détour. Je recommande aussi aux
    touristes de visiter l’Eglise romano-catholique, autrefois monastère
    franciscain, qui est tout aussi près. Elle est considérée comme l’une des
    premières églises de Transylvanie peintes en style baroque. »





    Voilà
    donc, une destination médiévale très intéressante à découvrir en Roumanie cet
    été. (Trad.
    Alex Diaconescu, Valentina Beleavski)

  • Découverte du delta du Danube, véritable paradis pour la faune et la flore

    Découverte du delta du Danube, véritable paradis pour la faune et la flore

    Le
    delta du Danube, ce véritable paradis naturel, est l’habitat parfait pour toutes
    sortes d’oiseaux aquatiques qui y ont trouvé une zone étendue de cannaie. Il s’agit
    évidemment de l’un des sites touristiques roumains les plus convoités,
    l’occasion de faire des visites d’observation de la flore et de la faune, des
    photo-safari et des excursions en barque ou en kayak. Egalement dans le paysage
    – les traditions, l’histoire et la culture et pas dernièrement une multitude de
    caves à vins.


    Nous
    allons donc découvrir ce fascinant royaume des eaux qui, au printemps, change
    de visage d’un jour à l’autre. Les arbres développent tout leur feuillage et
    allongent leurs rameaux, alors que les oiseaux migrateurs qui rentrent des pays
    chauds offrent un véritable spectacle.

    Ionuț Călin, président de l’Association
    des guides de tourisme du delta du Danube, lui-même guide touristique dans la
    région, explique pourquoi ces lieux sont uniques au monde :




    « Le
    delta du Danube, grâce à sa flore et à sa faune uniques, intéresse les
    chercheurs depuis l’entre-deux-guerres. C’est en 1938 qu’une partie de la forêt
    de Letea a été déclarée réserve naturelle, la deuxième de Roumanie à l’époque.
    Ce n’est qu’en août 1990, qu’un premier pas a été fait vers la constitution de
    la réserve de la Biosphère, qui a sa propre administration et son conseil
    scientifique. Puis, en 1991 était signée la Convention de Ramsar, soit
    la convention relative aux zones humides
    d’importance internationale. A présent, le delta du Danube détient un triple
    statut international. Même s’il s’agit du deuxième delta le plus étendu
    d’Europe, le delta du Danube est la zone humide la mieux conservée et l’unique
    delta au monde entièrement déclaré réserve de la biosphère. La grande variété
    de la flore et de la faune et notamment les oiseaux et les paysages sont, à mon
    avis, ses points forts. »






    Normalement, le point de départ de
    l’exploration du delta du Danube est la ville de Tulcea, une ville facilement
    accessible par voie routière, ferroviaire et aérienne. D’ici, le voyage se
    poursuit par l’eau. En été, plusieurs bateaux de petites et grandes dimensions assurent
    des liaisons régulières entre la ville de Tulcea et toutes les localités du
    delta. Ionuț Călin, notre guide d’aujourd’hui, affirme que les excursions en
    bateau sont le principal loisir dans cette région. C’est ainsi que les
    visiteurs peuvent découvrir le delta de manière authentique, avec ses canaux, ses
    lacs et évidemment ses oiseaux et ses plantes.

    Ionuț Călin : « On organise aussi certains
    programmes d’observation des oiseaux ou des séances de photographie. C’est
    pourquoi nous utilisons des embarcations et des techniques de camouflage, pour ne
    pas déranger les oiseaux. Nous pouvons nous approcher à une distance sûre, sans
    envahir leur habitat, afin de pouvoir toutefois photographier ou observer les
    oiseaux dans leur habitat naturel. D’habitude, ces observations on les fait
    depuis le bateau, mais elles sont possibles aussi par voie terrestre.
    L’avantage c’est qu’en bateau on peut arriver plus facilement dans les endroits
    où les oiseaux se nourrissent ou dans les zones de migration et de
    nidification. Un tel voyage d’observation des oiseaux commence tôt le matin,
    lorsqu’ils sont plus actifs. D’habitude, nous commençons à 6 ou 7 heures du
    matin, en fonction de la région et du
    programme des clients. Moi, je fais une expédition le matin, qui dure trois-quatre
    heures et une autre au coucher du soleil. Les tours photographiques sont similaires
    à ceux d’observation des oiseaux. »






    Les
    offres touristiques n’omettent pas non plus les promebades en kayak et en
    canoë, affirme Ionut Calin, guide touristique : « Ce
    sont des excursions à bord d’embarcations de petites dimensions. Nous parcourons
    les canaux moins empruntés par les barques à moteur. C’est ici que nous
    découvrons le silence du delta, jamais perturbé par les grands bateaux ni par
    les navires commerciaux. J’ai constamment essayé de proposer des nouveautés,
    des programmes inédits censés montrer aux gens aussi le côté moins connu du
    delta. Rien qu’un exemple, je propose à mes clients d’accompagner les pêcheurs
    le matin pour leur montrer comment ceux-ci vident les filets de pêche. Nous
    partons très tôt, à 4 ou 5 heures, et nous accompagnons les pêcheurs locaux, à
    travers les lacs où ils installent leurs filets et nous les observons durant
    leurs activités d’entretien et de nettoyage des filets. »






    Sachez
    aussi que la région historique de la Dobroudja, qui inclut aussi le delta du
    Danube est renommée pour son multiculturalisme. Les communautés ethniques qui
    habitent cet espace sont un exemple de cohabitation. Turcs, Tatars, Grecs, Arméniens
    ou Juifs, ils ont tous contribué à la prospérité de la région et laissé leur
    empreinte sur les traditions locales et surtout sur la gastronomie.




    Ionuț Călin: « On peut trouver dans le delta des artisans qui
    confectionnent encore des toits en chaume et qui en assurent aussi l’entretien.
    Il y a aussi des sculpteurs et des peintres et d’autres artistes locaux. On peut
    visiter les maisons traditionnelles des pêcheurs, où ceux-ci confectionnent et
    entretiennent leurs filets de pêche, confectionnent des paniers et d’autres
    objets en osier. D’habitude nous faisons aussi des haltes dans des gîtes ruraux
    et des restaurants traditionnels pour des repas à base de poisson, évidemment.
    Certes, pour les personnes qui n’aiment pas le poisson ou pour les végétariens
    il y a des menus séparés. Les menus diffèrent en fonction de la localité, puisqu’ils
    y a différentes influences dans le delta. On y trouve toujours des Russes, des Ukrainiens
    mais aussi des influences grecques et turques. Les menus sont le plus souvent à
    base de poisson frais, préparé par les femmes du delta, dans leurs propres
    cuisines. »






    Et si
    vous disposez d’un peu plus de temps libre, Ionuț Călin, guide touristique,
    vous propose d’explorer la région aussi par voie terrestre, pour y retrouver
    une vingtaine de crus.




    « J’organise
    aussi des excursions dans la région de la Dobroudja, dans le département de
    Tulcea, où nous visitons des cités, des monastères et des caves à vin. D’ailleurs,
    nous collaborons très bien avec les
    producteurs de vin du département. Le tourisme viticole s’est très bien
    développé ces dernières années en Roumanie, ce qui est réjouissant. Lorsque
    nous visitons un domaine, on découvre le chai et tout le processus de
    transformation du raisin en vin, mis en bouteille ou en tonneau. Et,
    évidemment, cette visite est suivie d’une dégustation. Qu’il s’agisse de
    spécialistes ou tout simplement de passionnés de la nature, les touristes ont
    été impressionnés par le delta du Danube, par l’authenticité des lieux, par
    l’unicité des paysages, par la variété de la flore et de la faune par
    l’hospitalité des habitants des parages ou encore par la cuisine
    traditionnelle. Je peux affirmer que ce sont les ingrédients parfaits pour des
    vacances inoubliables dans le delta. J’ai accompagné des touristes notamment
    d’Allemagne, de France, du Royaume-Uni, des pays du nord, d’Israël et
    d’Espagne ».






    La
    saison des vacances dans le delta du Danube débute en avril et s’étend jusqu’au
    mois d’octobre. Le calendrier des événements est bien riche et inclut le Festival
    international du film indépendant « Anonimul »,
    Tulcea Fest, les journées de la ville de Sulina, la fête du village Mila 23, la
    fête de la bouillabaisse de Crișan et le marathon du delta du Danube à Sulina.
    Tous ces événements sont prévus en pleine saison, en été.


    Voici
    donc une destination recommandée surtout aux touristes responsables, qui
    souhaitent découvrir le delta du Danube dans sa forme pure, sauvage. (trad. Alex Diaconescu)

  • Observer de près la faune et la flore des Carpates

    Observer de près la faune et la flore des Carpates

    Cela leur a permis de comprendre des détails cachés, de voir les animaux sauvages dans leur habitat naturel et de se réjouir de la beauté des fleurs et des plantes des Carpates. Qui plus est, il est possible de personnaliser ces tours guidés en fonction des préférences des touristes et de les compléter par des visites à différents objectifs touristiques de la zone ou chez les maîtres artisans locaux. Notre invité d’aujourd’hui, Cosmin Zgremția, organise de tels tours ciblés sur la faune et la flore depuis déjà 2014. Ayant grandi au pied des monts Făgăraș, il a toujours imaginé la forêt comme un musée en plein air. Plus tard, il a appris que la Roumanie recense 6,5 millions de forêt, soit une superficie immense, difficile de comprendre dans toute sa complexité même pour l’ingénieur sylvicole qu’il est devenu. Et c’est justement pour ces forêts si vastes que la Roumanie a fait sa renommée ces dernières années au niveau international, devenant une destination pour ceux qui souhaitent explorer la nature sauvage. Cosmin Zgremția nous parle de son métier et de sa passion : « Moi, je fais du « sylvotourisme », qui est une partie de l’éco-tourisme. Et je crois très fort dans l’importance de l’éducation pour la conservation de la nature. Pratiquement, je suis devenu guide touristique par amour de la nature et grâce à mon métier (d’ingénieur sylvicole). J’ai vite découvert que ces services auxiliaires que nous attachons à la sylviculture n’étaient pas valorisés par mes collègues sylviculteurs. En 2011, en tant que manager du fond cynégétique du Fonds de chasse de la municipalité de Brasov, j’ai décidé d’ouvrir au grand public les observatoires destinés à la chasse, pour des tours d’observation des ours. C’est ainsi qu’a commencé ma carrière dans le tourisme. Peu à peu, cela m’a beaucoup attiré. J’ai constaté que j’avais un talent pour expliquer les détails cachés de la vie des ours et de la vie de la forêt. Alors, j’ai décidé de consacrer mon activité à l’écotourisme.»

    Qu’est-ce que le sylvotourisme ? C’est le tourisme durable, en forêt, avec des activités respectueuses de la nature. En plus, tous les tours guidés organisés par Cosmin Zgremția sont ciblés sur des thématiques. En voici quelques exemples : « L’un vous fera découvrir la faune du milieu sauvage. Pratiquement, on suit sur les traces des animaux. On a 90 % de chances de voir des espèces communes et 10 % de chances de rencontrer des espèces protégées, telles l’ours, le loup ou le lynx. Un autre tour propose une exploration du milieu rural dans le cadre d’une visite thématique qui mélange les informations sur les arbres, aux informations sur les différentes espèces de plantes et aux détails sur l’identité culturelle roumaine. Un autre tour vous emmènera à un chalet. Vous serez accompagnés d’un guide naturaliste spécialisé et il y aura de nombreux arrêts. Et puis, la visite la plus populaire c’est la randonnée en forêt. C’est comme une sorte de safari, où l’on s’arrête tous les 10 mètres pour observer les plantes, les oiseaux et même les insectes. Je tente de raconter quelque chose sur chaque espèce rencontrée. J’ai aussi l’habitude d’impliquer les visiteurs. Comme ça, ils vivront l’expérience d’un véritable documentaire en plein air, dont ils sont les protagonistes. Enfin, le tour le plus spectaculaire, à mon avis, est celui dans les monts de Făgăraș. Il est plus difficile, mais il permet de voir tant des ours que des chamois en liberté. Pratiquement, à chaque sortie dans la forêt, je me sers de l’environnement pour offrir aux touristes les informations nécessaires pour éveiller leur amour de la nature et d’atteindre aussi mon objectif : celui de l’éducation à l’écologie. »

    Parmi les touristes qui optent pour ces tours d’observation de la vie sauvage des Carpates, il y a pas mal de photographes. Selon Cosmin Zgremția, ceux-ci s’intéressent notamment aux ours, aux piverts et même aux loups, dans une tentative de les surprendre en photo dans leur milieu naturel. La photographie est donc une partie importante de ces tours guidés. Cosmin Zgremția explique : « Chaque espèce peut être photographiée. Certes, il y a des périodes optimales pour observer ou pour prendre en photo un animal ou un oiseau. Par exemple, il y a très peu de chances de voir ou de photographier un ours en liberté pendant l’hiver. Par conséquent, la saison pour photographier les ours commence d’habitude le 10 avril et finit le 15 septembre, lorsque les ours ce retirent pour hiberner. Par ailleurs, pour avoir une expérience dans la nature sauvage, les visiteurs doivent se doter un minimum d’équipement de randonnée en montagne. Et là je pense aux bottes antidérapantes, pantalons chauds, 3 couches de vêtements surtout pour la poitrine et de l’abdomen, et quelque chose pour se couvrir la tête. Enfin, pour moi en tant que guide, le plus grand défi c’est d’avoir des touristes très en forme. »

    Ces tours guidés au cœur de la nature sont de plus en plus recherchés et, à chaque fois, les touristes sont premièrement surpris par les informations qu’ils reçoivent, a pu constater notre invité : « En deuxième lieu, ils sont impressionnés par l’interaction avec l’environnement sauvage, avec la forêt elle-même, par la manière dont ils se sentent connectés à la nature. En troisième lieu, ils sont impressionnés par notre relation et par la manière dont ils sont accueillis par les habitants des parages. Lors de mes tours, je tente d’intégrer mes visiteurs tant dans le milieu naturel, qu’au sein de la communauté authentique roumaine de la zone. Pratiquement, je veux leur faire découvrir l’identité de la Roumanie tant du point de vue des ressources naturelles, que d’un point de vue culturel. La plupart de nos touristes étrangers viennent de Grande Bretagne, puis de France et d’Italie. On a même reçu aussi des visiteurs d’Australie et de Nouvelle Zélande, d’Amérique du Nord aussi, notamment des Etats-Unis. »

    En fait, la plupart des touristes qui optent pour ces tours guidés en nature sont des étrangers, affirme Cosmin Zgremția, alors qu’il aimerait voir aussi davantage de Roumains venir le rejoindre et manifester un plus grand intérêt pour ce type de tourisme. D’où l’importante de l’éducation au tourisme écologique, insiste Cosmin Zgremția : « Pratiquement, la plupart des touristes que j’accueille sont des étrangers parce qu’ils sont déjà formés dans un esprit écologique, ils ont déjà reçu cette éducation. Ils réussissent à identifier les mots-clés dans la description de nos programmes et acceptent très facilement de faire une excursion dans la nature sauvage. Plus encore, les touristes étrangers font beaucoup plus de confiance aux guides touristiques. »

    Autant de tours guidés en nature, l’un plus fascinant que l’autre, à la portée des Roumains, pour découvrir la flore et la faune sauvage de leur pays. Il suffit de s’adresser aux centres nationaux d’information et de promotion touristique situés à proximité des parcs naturels ou nationaux pour obtenir les coordonnées d’un guide touristique qui vous accompagnera à la découverte de la nature. Ce sera une expérience vraiment unique comme nous l’assure notre invité. (Trad. Valentina Beleavski)